Report Brutal Afterwork 2026 à Arnas : Le Beaujo’Fest lance l’Équarrissage !

Mess Out ✘ Nøcide ✘ Red Gordon ✘ Ashed Winter
Salut à tous les acharnés du pit, les briseurs de cervicales et les adorateurs de la sainte double pédale ! C’est Xylia, votre chroniqueuse tout-terrain dépêchée par Yog Sothoth Photography.
En ce jeudi 11 juin 2026, j’ai troqué mes escarpins pour mes rangers les plus étanches et j'ai foncé direction Arnas (69) pour le Brutal Afterwork mitonné par la joyeuse équipe du Beaujo’Fest. Alors que le commun des mortels range nerveusement ses dossiers Excel en pensant au barbecue du weekend, la faune métallique de la région Auvergne-Rhône-Alpes a mis le cap sur Arnas. L’équipe de choc du Beaujo’Fest, qui prouve une fois de plus sa science de l'accueil et sa capacité à fédérer les troupes underground pour ce Brutal Afterwork, alors oubliez les cacahuètes rances et la bière tiède de fin de séminaire d'entreprise. L'orga nous a dégoté un spot royal : la Grange Vieille. Un corps de ferme typique, rustique en diable, avec une cour centrale où squattent de gros canapés en cuir bien vintage, parfaits pour béquiller son gobelet entre deux torgnoles. Mais le vrai coup de génie architectural, c'est cette scène nichée complètement en hauteur, tout au fond de la bâtisse. Les zicos dominent la plèbe depuis leur perchoir séculaire comme des gladiateurs du décibel. Côté météo, le ciel a décidé de jouer raccord avec l’affiche : une lourdeur moite, étouffante, carrément orageuse. La fréquentation ? Un carton plein absolu, la cour affichant une armée compacte de t-shirts noirs prêts à s'offrir un essorage de cervicales en règle. Pour occuper les mains entre deux headbangs, l’orga a sorti l’artillerie lourde. Deux baby-foot trônent fièrement dans un coin, pris d’assaut par des métalleux en furie qui enchaînent les demis et les gamelles avec la même intensité qu'un blast beat. Tout autour, la cour s'est transformée en véritable village de flibustiers. Tu veux purifier ton aura avant la guerre ? Le stand d’Amelycia te propose ses minéraux et sa dose de spiritualité pour aligner tes chakras avant le wall of death. Juste à côté, changement d'ambiance avec Les Mercenaires du Désert des Larmes : ces passionnés de reconstitution historique médiévale te propulsent direct au temps des épées et du sang. Si tu préfères l’art sombre et le fantastique, les créateurs d’imaginaires d’Okitsumi t'en mettent plein les yeux, flanqués de leur alter-ego Okitsumi-tattoo pour ceux qui voudraient graver ce pèlerinage dans leur couenne à coups d'aiguille.Au centre de la cour, c’est le passage obligatoire : le stand de merch du Beaujo’Fest fait de l'œil aux collectionneurs, entouré par le merch des groupes de la soirée. Et pour survivre à cette étuve ? Le bar tourne à plein régime pour désaltérer les gosiers asséchés, tandis qu’une odeur divine de graillon nous aimante vers le stand de burgers et frites maison. De quoi se blinder le bide avant la boucherie. Allez, rentre tes dents, on passe à l'équarrissage musical !

Mess Out : Rupture de Vertèbres, Idées Noires et Madison Sauvage !
Ce sont les gones de Mess Out qui grimpent les premiers sur le ring suspendu. Le combo lyonnais, né en 2018 mais qui a trouvé sa véritable trajectoire artistique destructrice autour de 2020 , est en ébullition complète. Logique : ils viennent de lâcher une véritable déflagration dans la presse spécialisée avec leur tout premier album studio de 13 titres, We Will Set This Place On Fire, sorti le 15 mai dernier. Un brûlot longue durée brut, frontal et taillé pour le mosh pit, qui fait suite à leur EP Kick Me To Death balancé en 2024. En interview ces derniers mois, le quatuor ultra-soudé insistait sur leur philosophie purement DIY ("Do It Yourself") et leur volonté d'affirmer un son 2026 plus lourd, plus organique, loin des productions coreuses trop lisses. Mission accomplie. Dès l'intro avec "One Last Time" suivi de "The Fray", le groupe balance son crossover explosif entre Punk Rock, Hardcore old-school et Metal moderne. Le son est lourd, massif. Maxence, véritable pile électrique au chant principal, arpente le bord de la scène, alternant avec une aisance insolente entre une voix punk-rock ultra-fédératrice et des screams metalcore d'une violence chirurgicale. Derrière lui, Nicolas martyrise ses fûts sur "Old Days" et "In The Name Of Faith" tandis que Boris balance des riffs de guitare acérés comme des scalpels. Mais Mess Out, ce n'est pas que du bruit pour faire bouger les tignasses ; c'est un haut-parleur social et politique sans filtre. Quand résonne le single "Crève" (sorti en janvier dernier), l'ambiance devient viscérale. Les lignes de basse de Juliette te décollent la plèvre. Bossant en parallèle dans le milieu hospitalier psychiatrique, elle apporte cette vision brute et engagée qui nourrit l'écriture du groupe. Ce morceau, inspiré de son quotidien, attaque frontalement le burn-out des soignants et l'effondrement de l'hôpital public. Le public hurle les paroles, touché en plein cœur par les thématiques du combo qui aborde aussi bien la santé mentale, l'urgence environnementale que le deuil ou la maladie d'Alzheimer. Après avoir enchaîné l'hymne "Idiocratie Généralisée", le puissant "Give Our Chance Back" et un "Awake" dantesque, l'ambiance bascule dans le surréalisme total. Le groupe lance sa reprise survitaminée du mythique "Bad Touch" des Bloodhound Gang. Et là, c'est le grand n'importe quoi ! Portés par l'intensité électrique et l'éthique fun du groupe, les mecs du pit décident de saboter joyeusement les codes du genre. Au milieu des sourires, le public lance... un madison géant! Voir une chenille de métalleux velus se déhancher en rythme sur des saccades de double pédale sous des poutres du XIXe siècle, c'est du pur génie underground. Le quatuor achève les survivants en jouant l'hymne de leur EP "Kick Me To Death" avant de finir en apothéose sur le morceau-titre de leur nouvel album, "We Will Set This Place On fire", salué par une foule en sueur. Actuellement en pleine tournée hexagonale pour défendre ce manifeste d'urgence, Mess Out a littéralement cramé les planches d'Arnas. En conclusion pour cette entame de festival : Mess Out a idéalement lancé la machine du Brutal Afterwork. Un set intense, humain, engagé et complètement déjanté qui prouve que la scène alternative lyonnaise en a sous le capot. Allez, je file au bar m'éponger le front avant la suite des hostilités !
Nøcide : Le TGV Chambérien qui t'arrache la glotte
On monte d'un cran (ou plutôt de douze) dans l'agressivité brute avec les mecs de NØCIDE, venus tout droit de Chambéry. Si le projet est né confiné dans la chambre du guitariste Simon pendant le COVID avant de se cimenter au comptoir du Dixon (le rade rock/métal local), on peut dire qu'aujourd'hui, la cage est grande ouverte et que les fauves ont la dalle. Le quatuor a récemment confié dans les webzines vouloir assumer à 200 % sa mutation vers un son beaucoup plus sombre et abrasif. Fini les structures classiques, les mecs flirtent ouvertement avec la noirceur lourde et pachydermique du deathcore, et croyez-moi, l'évolution est terrifiante d'efficacité. Sur scène, l’effet de hauteur renforce l’impact : on dirait des bourreaux administrant la sentence depuis leur échafaud. Les tympans ramassent sévère dès les premières notes de New Dawn. Le frontman, Tom, hurle comme s’il jouait sa peau à chaque mesure, balançant des screams et des growls d'outre-tombe sortis des tripes, soutenu par la basse lourde de Nico et le pilonnage chirurgical de Tim derrière les fûts. Simon, véritable cerveau, compositeur et DA du groupe, balance des riffs qui coupent comme des rasoirs. C'est l'essence même de leur premier album conceptuel, Resilience, qui prend vie sous nos yeux, explorant les phases psychologiques du deuil avec une violence thérapeutique. Les influences métalcore des années 2000 à la As I Lay Dying se mêlent à des drops ultra-modernes à la Currents. Et alors qu'on pense avoir atteint le sommet de la démence, le groupe balance sa toute dernière cartouche : leur reprise métal complètement déjantée du tube pop APT. (de Rosé & Bruno Mars). Même sans Loïc d'Eight Sins ce soir pour les épauler au micro, le morceau transforme le pit en un wall of death dantesque sous la charpente. Au fil du concert, l'appel du sang est trop fort : Tom et Nico descendent régulièrement de leur piédestal pour venir au contact direct du public, micro et basse au poing, directement au cœur du cataclysme dans le pit. Le son est compact, massif, ne laissant aucun répit. NØCIDE n’est pas venu pour faire de la figuration ou trier les lentilles, ils sont venus purger leurs névroses. Après avoir écumé le Place 2B à Chalon ou retourné le Rock'n Eat à Lyon pour la finale du Plane'R Fest, ils ont emporté la moitié de la grange avec eux ce soir. Épuisant, mais tellement bon. Retenez bien leur nom, car ils s'en vont retourner la première soirée du SYLAK 2026 très prochainement ! NØCIDE a prouvé qu'en matière de métalcore aux hormones, la Savoie n'était pas là pour rigoler.
Red Gordon : La baffe thermique au parfum de sueur et de masque de nuit
Pas le temps de retourner s'affaler sur les canapés en cuir de la cour pour cuver sa première pinte. C'est au tour de Red Gordon d'investir le perchoir d'Arnas. Le quatuor clermontois, né en 2017 sur les cendres encore chaudes de Smoke River, s’est taillé une solide réputation de rouleau compresseur scénique dans la région. Et si leur nom fleure bon la bière de fin de répét’, sur scène, c'est plutôt de la gnôle frelatée qu’ils nous injectent de force dans les veines. Le set démarre pied au plancher avec l’enchaînement destructeur "404.Exe" et "Useless". D’emblée, leur mixture saute à la gorge : un Groove/Nu-Metal teinté de Metalcore, ultra-moderne et organique, qui te chope par les amygdales pour ne plus te lâcher. Visuellement, c’est l’anarchie organisée. Tao, le frontman, débarque arborant son fameux demi-masque noir et blanc. Loin d'être un bête gimmick de carnaval, ce masque matérialise sa part sombre, une bestialité refoulée qu'il vomit au micro pour une communion cathartique totale avec la fosse. Derrière lui, la machine est d'une précision chirurgicale. Aurel aligne les riffs tranchants comme des couperets, soutenus par la basse pachydermique de Yohann et les frappes sismiques de Lucas. On sent l'épaisseur du son hérité de leur deuxième opus Nothing Less Than Everything, mixé par le sorcier HK Krauss au Vamacara Studio. Les morceaux comme "The Nameless" et l'hymne ultra-fédérateur "Scream Motherfucker" transforment le pit en un mosh-pit géant. Le rythme ne faiblit jamais. "Inner Repeat", "Inside Of Me", le groupe broie les cervicales du premier rang qui lance des moulins à vent mémorables. Puis arrive le missile "Deep Breath". Pour la petite histoire balancée en interview, ce refrain ultra-efficace a été modifié à la dernière minute en studio pour maximiser l’impact. Eh bien, l'impact est là : c'est un séisme. Sous la lumière crue des spots, la sueur ruisselle sur les visages et s'évapore dans l'air saturé, créant une brume tropicale digne d'une fin du monde moite et poisseuse. Le quatuor enfonce définitivement le clou de sa tournée 2026 (qui les a vus cartonner au Off du Hellfest et ouvrir pour Resolve) en achevant les survivants avec "One More Light", "Quizzical Mind", "Suffer Claim" et l'apocalyptique "Like A Virus". L'heure du bilan (et des points de suture)La communion avec le public du Beaujo'Fest est totale : ça encaisse les décibels à grosses gouttes, les corps s'entrechoquent avec bonheur dans la fosse, et les sourires sont édentés mais heureux. Red Gordon a livré une démonstration de force brute et d'efficacité, confirmant son statut de valeur montante incontournable de la scène alternative française.
Ashed Winter : La Belle et la Bête Réunies en une Seule Voix d'Outre-Tombe
Pour clore cette soirée dantesque, place à l'univers mystique et écrasant d'Ashed Winter. Changement radical d'ambiance après les tornades précédentes. Le combo, originaire de Roanne et désormais ancré sur l'axe Roanne / Lyon, fait grand bruit dans l'underground. Forts d'un premier album complet autoproduit fin 2024, baptisé Papa Legba, ils ne distillent pas du death metal classique mais ce qu'ils nomment avec ferveur du Tribal Death Groove ou Death Métal Mélodique Vaudou. Dès que les premiers accords résonnent, la scène prend des airs d'autel sacrificiel. Le line-up est soudé, ultra-énergique : la section rythmique imposante tenue par Grégory Barbero (basse) et Vincent Cucco (batterie) nous pilonne les cages à miel sans sommation. Devant, la paire de guitaristes Nicolas Jullien et Lana Perrard balance un mur de son combinant des riffs tranchants d'inspiration scandinave et des cassures rythmiques (breakdowns) d'une lourdeur pachydermique totalement moderne. On navigue en pleine transe rituelle, loin des clichés "gimmicks" habituels du genre. Le set démarre pied au plancher avec l'enchaînement dévastateur d'In the name of prophecy, Illusion of knowledge et Criminal for my survival, des brûlots qui ont déjà retourné l'Amarok Metal Fest en début d'année. Le public est hypnotisé par cette puissance chamanique où la violence brute fusionne avec des forces de la nature invisibles. On enchaîne sur la violence de Mass Suicide, le mystique Ro’y Pytuna et l'anthropophagie musicale d'Antropophago, confirmant la maturité scénique du groupe qui se prépare à envahir le prestigieux Wacken Open Air en juillet. Mais la véritable déflagration de leur set tient en une personne : leur vocaliste, Marie, alias “Taastyicetea”. Visuellement, c’est un contraste ambulant. On dirait une frêle et sage jeune fille échappée d'un pensionnat, mais dès qu'elle agrippe son micro, c'est un démon d'outre-tombe qui prend possession de son corps. Sa performance vocale, absolument maîtrisée, laisse la grange entière sur le flanc. Marie passe d'une voix pure, cristalline, au growl le plus abyssal en l'espace de quelques mots. Elle nous balance des growls hyper profonds, d'une violence inouïe. Le point culminant est atteint sur le morceau phare We Won’t Fall ! Marie balance des vociférations crasseuses et possédées qui font trembler les vieilles pierres d’Arnas. Une claque monumentale, viscérale et d'une efficacité redoutable. Alors qu'on pense le rituel achevé la foule en transe en réclame encore. C’est le patron du Beaujo'Fest en personne, Micka, qui exige le coup de grâce. Le groupe s'exécute et relance de nouveau Papa Legba pour un rappel improvisé et sauvage, achevant de transformer la fosse en un brasier de sueur et de poussière. Quelle claque ! Ashed Winter a prouvé qu'il n'était plus seulement un secret bien gardé de la scène rhônalpine, mais une véritable machine de guerre prête à rouler sur l'Europe. Si vous les avez ratés ce soir, pas d'excuse : la caravane de l'enfer passe bientôt par Saint-Étienne au Parc Couriot en août et au Bridge To Hell en septembre. Allez y secouer vos cervicales, votre âme leur appartient déjà.
Le Bilan du Carnage
On est sortis de la grange totalement essorés, les acouphènes sifflant une douce mélodie de fin du monde et les t-shirts collants de bière et de la sueur des voisins. Quel bonheur immense de retrouver la fraîcheur relative de la cour et de s'écrouler enfin sur ces fameux canapés en cuir pour débriefer ce joyeux bordel ! On ne va pas se mentir : le réveil va piquer très fort demain matin. Pour un vendredi, la journée de boulot s'annonce d'une longueur infinie, mais chaque courbature en vaudra la peine. L'équipe du Beaujo’Fest a transformé ce jeudi soir de juin en une véritable célébration de la culture métal locale. Entre le madison de Mess Out, la violence de Nøcide, le groove de Red Gordon et la performance possédée d'Ashed Winter, on a pris quatre claques monumentales dans un cadre unique. Mais l'esprit du Beaujo'Fest, c'est avant tout une affaire de famille. C’est d'ailleurs à la fin du set survolté de Red Gordon que le patron en personne, Micka, est intervenu pour microphoniser une surprise de taille : fêter dignement l'anniversaire de trois membres piliers de l'orga. Souffler des bougies dans la sueur, entre deux vagues de mosh-pit et un public en ébullition, c'est ça la magie underground. Cet afterwork n'était qu' un avant-goût de la suite, réservez vite vos places pour le Beaujo' Fest 2026. Préparez vos cervicales, la région va trembler !. Allez, je vais aller hydrater mes cordes vocales avec un bon canon du coin pour éponger tout ça. Stay Brutal, bon courage pour demain, et à la prochaine dans le pit !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)




























































































































