Live Report Havok à Lyon
Havok ✘ Blood Red Throne ✘ Xonor ✘ Eradikated
Salutations les métalleux, c’est Xylia pour Yog Sothoth Photography ! Préparez vos cervicales, dépoussiérez vos plus belles vestes à patchs et astiquez vos cartouchières, parce que ce vendredi 25 septembre 2026, on a débarqué en terrain conquis au Totem à Rillieux-la-Pape. Dehors, une petite fraîcheur automnale nous rappelle que l'été est sur le point de se terminer, mais à l'intérieur, c'est l'apocalypse thermique assurée.
Organisée de main de maître par la redoutable association Sounds Like Hell Productions (que l'on remercie chaleureusement pour l'accréditation et l'accueil toujours au top !) en accord avec Garmonbozia, cette date affichait un plateau international ultra-généreux. Entre l'asso The Rocking Gones qui fait vibrer la région lyonnaise et une programmation de musiques extrêmes toujours irréprochable, la salle fait figure de véritable temple du genre. Le public, lui, a répondu présent en masse, une magnifique marée de battle jacket décousues, de t-shirts vintage élimés et de chevelures prêtes à tournoyer.
Eradikated – Le rouleau-compresseur suédois
Dès 19h00, le ton est donné sans sommation. Les Suédois d’Eradikated débarquent sur les planches de la MJC O Totem avec la ferme intention de transformer le public lyonnais en purée de pois. Porté par le frontman charismatique Elvin Landaeus Csizmadia anciennement connu sous le bandeau de The Generations Army le quatuor n'est clairement pas venu faire de la figuration. Venu défendre leur deuxième album studio Wiring of Violence (sorti en mai 2026 chez Indie Recordings), le groupe balance un thrash metal moderne, ultra-brutal et totalement allergique aux pistes d'accompagnement. C'est simple : ce que tu te prends en pleine face correspond exactement à leur hargne studio, brut de fonderie. Sur scène, c'est une véritable démonstration de force brute et une leçon de bûcheronnage en bonne et due forme. Les riffs de Ragnar Östberg lacèrent l'espace aérien, affûtés comme des lames de rasoir et balancés avec un son de gratte lourd comme un char d'assaut. Le bonhomme envoie des parpaings à chaque coup de médiator, transformant le premier rang en zone sinistrée. Pendant ce temps, la batterie de Calle Frogner Moberg pilonne la nuque des spectateurs à coups de mitraillette à médiator et de blasts d'une précision supersonique qui font vibrer la dalle en béton jusqu'à la régie. Le combo déroule sa setlist en forme de rouleau compresseur, mettant les potards dans le rouge d'entrée de jeu. L'énergie est totalement communicative : la salle s'embrase en un temps record, se transformant en une fournaise moite où les têtes partent en essorage. Pas le temps de contempler le plafond ou de checker son smartphone : la fosse, devenue une véritable essoreuse, vibre au rythme des assauts d'un thrash affamé. Une entrée en matière d'une efficacité redoutable qui prouve que la relève scandinave a les dents très, très longues. Une torniole monumentale du début à la fin qui nous rappelle que le genre a encore une sacrée descente. Les cervicales vont douiller sévère demain matin, mais on en redemande une louche. Une affaire classée haut la main avec les honneurs du chapitre Metal !
Xonor – La tornade helvétique sous cagoule
On monte d'un cran dans la subversion avec les Suisses de Xonor. Né sur les forums en plein marasme pandémique, le groupe s'est forgé une réputation de tank incontournable, s'offrant même le luxe d'aller secouer l'Ukraine lors du Destroyer Fest à Kiev. Forts du succès de leur premier album All Honor Lost (qui dépasse allègrement le million d'écoutes) et déjà penchés sur la suite, Donagh Ramseyer et sa clique débarquent en mission commando. Dès les premiers accords, le public du Ô Totem comprend que les Suisses ne sont pas là pour jouer les chœurs d'église, mélangeant l'agressivité du thrash, des crochets punk rock bien acérés et des breakdowns lourds dignes d’un caterpillar. Dès les premiers accords, les Helvètes débarquent sur les planches avec la subtilité d'un char T-34 Donagh Ramseyer et sa clique envoient du bois comme jamais, balançant des mandales à chaque palm-mute dans un assaut d'une violence cathartique. Le frontman mène la charge avec une morgue absolue le poing levé au milieu d'un mur d'amplis qui vous décolle les tympans, transformant la salle en véritable cocotte-minute. La sauce prend instantanément. C'est provocateur, ultra-dynamique, et ça laisse des bleus mémorables. Les guitares crachent du feu par tous les pores avec des riffs affûtés comme des lames de rasoir, tandis que la section rythmique sous haute tension cale des mandales à la chaîne. Devant la scène, c’est le souk absolu ça mosh, ça slamme, ça headbang , bref c'est le bordel dans la fosse ! Les circle pits s'enchaînent comme des tornades sous les assauts répétés d'un combo qui déroule un set tendu comme une crampe. Pas de temps mort, que des briques les mecs envoient une patate magistrale du début à la fin dans une ambiance d'émeute pacifique.
Blood Red Throne - L'artillerie norvégienne
Changement d'ambiance radical on passe du thrash acéré au death metal poisseux et massif avec les vétérans norvégiens de Blood Red Throne. Formé en 1998 par le guitariste Daniel « Død » Olaisen (ex-Satyricon), le groupe roule sa bosse depuis près de trois décennies. Actuellement en pleine promotion de leur douzième méfait Siltskin (sorti chez Soulseller Records), les Vikings débarquent pour rappeler à tout le monde qui dicte sa loi sous les pavés des catacombes.
Dès le premier titre, un mur de son d'une lourdeur abyssale s'abat sur la salle à taille humaine du Ô Totem une configuration idéale pour maximiser la communion avec le public, d'ailleurs, au beau milieu de la foule en fusion, on a même croisé Julien Truchan de Benighted en plein headbanging au milieu du public ! Les gaillards ne sont pas venus pour faire de la diplomatie : c'est pilonnage de vertèbres d'entrée de jeu.
La frappe chirurgicale et surpuissante de Freddy « the Shred » Bolsø derrière ses fûts qui les martèle comme s'ils lui devaient du pognon tout en envoyant des parpaings à la double pédale, fusionne à merveille avec les riffs acérés du duo Olaisen / Gujic. Au chant, Sindre Wathne Johnsen (qui a rejoint les rangs en 2023) habite littéralement la scène, crachant sa bile avec une rage communicative. C'est du death metal old-school sans le moindre artifice, taillé pour déclencher des vagues de crowd surfing massives. Un véritable récital de brutalité pure !
Havok – La tornade de Denver
Il est 21h45 passées, et la tension est à son paroxysme dans une salle pleine à craquer. C'est l'heure de la messe finale orchestrée par les patrons du thrash revival américain Havok. Mené d'une main de fer par le guitariste et chanteur David Sanchez, le quatuor débarque sur les planches pour clore cette soirée sous les bombes. Alors que le groupe sillonne les routes européennes pour défendre ses brûlots (prolongations de l'EP New Eyes) tout en préparant activement l'écriture de leur prochain album, la setlist s'annonce d'une violence absolue.
Dès les premières salves de Hang 'Em High (tiré de Conformicide) et Prepare for Attack (Burn), la fosse du Totem se transforme en véritable zone de guerre. Le batteur Pete Webber martyrise ses fûts avec une précision redoutable "relentless battery", tandis que Nick Schendzielos à la basse et Brett Rechtfertig à la guitare lead se démènent sur les devants de la scène. Les titres s'enchaînent à un rythme de TGV en détresse, de la fureur engagée de Fifth Generation Warfare jusqu'aux classiques inévitables comme Time Is Up, No Amnesty ou Phantom Force.
Musicalement et textuellement, Havok opère au lance-roquettes leurs morceaux sont de véritables brûlots contestataires qui pointent du doigt la corruption des gouvernements, les dérives de la guerre moderne, l'injustice sociale et l'emprise des médias de masse sur les consciences. Porté par la voix venimeuse et caustique de Sanchez, chaque texte résonne comme un appel à la révolte et transforme le plateau en squat surchauffé, le public répond par des vagues de stage diving ininterrompues. L'énergie surpuissante est palpable dans chaque centimètre carré de la salle. Après près d'une heure d'un set ultra-carré, mené pied au plancher, Havok quitte la scène sous un tonnerre d'applaudissements.
Bilan de la soirée
Quatre groupes, zéro temps mort, une salle survoltée et une organisation au poil signée Sounds Like Hell Productions cette soirée du 25 septembre 2026 restera gravée dans les annales des concerts mémorables de la MJC Ô Totem. Entre la fougue d'Eradikated, l'insolence de Xonor, la lourdeur implacable de Blood Red Throne et la masterclass de thrash menée par Havok, nos cervicales n'en demandaient pas autant. Allez, un coup de pansement, une bière fraîche au bar, et à très vite pour de nouvelles aventures métalliques !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)








































































































