Affiche Beaujo'Fest 2025 (Acte III)

BenightedSolitaris ✘ LocoMuerte InvernoTARLD After The Outbreak Nøcide

 

Jour 2 : le samedi des survivants !

Après une première journée à se faire remettre les tympans en place, on remet le couvert pour ce samedi 15 novembre. Le Beaujo’Fest, niché dans son écrin de terre beaujolaise, ne fait pas les choses à moitié. Si la météo nous gratifie d'un ciel typiquement automnal, bien gris et humide, l'ambiance, elle, est électrique. Mais avant de parler gros son, il faut mentionner cette idée de génie des orgas : la course "Number of the Beast". À 15h, alors que les premiers riffs résonnaient, une horde de zombies, de vikings et de rockers en cuir dévalait les 6,66 km du parcours entre bitume et gadoue. Voir des gamins en mode "Ozzy" ou "Lemmy" sprinter sous les encouragements, c’est ça l’esprit famille du Beaujo’Fest. Une édition qui mixe sport, déguisements douteux et violence auditive, tout ce qu'on adore !

 

Nøcide & After The Outbreak : Le Parking de l’Apocalypse

J'ai vu des groupes jouer dans des lieux improbables, mais sur le parking de la Pirogue, le Beaujo'Fest a sorti l'artillerie lourde : la scène extérieure était une remorque de camion ! Une idée dingue pour balancer le Métalcore direct dans la gueule des premiers arrivants. Les Savoyards de Nøcide ont ouvert cette scène alternative avec la brutalité qu'on leur connaît. Le public, compact comme un bloc de béton, a encaissé le Métalcore frontal. Le groupe, qui a fait parler de lui récemment avec sa reprise au coté de Eight Sins de 'APT.', a transformé ce cube de métal en une arène de combat rapproché. Juste après, les Lyonnais After The Outbreak sont montés sur cette plateforme sur roues. Pour eux, c'était la confirmation du nouveau line-up, avec la nouvelle section rythmique (Orell Monroe à la basse et Léandre Chatagnat à la batterie). Et putain, le "sang neuf" a fait son effet ! Le groove du nouvel EP Blackbox (sorti en fin 2024) était plus serré, plus violent. Le public, en plein headbang sur le bitume du parking, a salué ces deux sets qui ont prouvé que même l'intimité forcée d'une remorque peut générer une énergie nucléaire.

 

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TARLD (2005-2025) : Vingt ans de chaos, conclus par l’ultime embrassade !

C'était le moment que tout le monde redoutait et attendait. L’ultime concert de TARLD. Après 20 ans d'existence DIY (Do It Yourself) faits de sueur, de tournées mondiales et de passion viscérale, les Lyonnais tirent leur révérence (enfin, une "pause indéterminée").

Ce n'était pas un concert, c'était un exorcisme. Dès les premières notes, le chanteur est devenu un projectile humain. J'ai vu des choses, mais le mec n'a pas cessé de faire des allers-retours entre la scène et le centre de la fosse, escaladant les barrières comme si sa vie en dépendait. Une communion totale avec le public qui venait dire adieu à ces maîtres du Hardcore/Metalcore. Ils nous ont balancé les hymnes de leur carrière, tout en nous laissant un dernier cadeau : l'annonce de leur nouvel EP éponyme de cinq titres pour le 21 novembre. Cet EP, c'est leur chant du cygne, une dernière dose d’amour, de chaos et de fraternité. Une claque émotive et physique qui restera gravée. Le rideau est tombé, et on ne sait pas si la lumière reviendra un jour. Chapeau bas, messieurs.

Le Folk Métal, c'est souvent la fête. Mais les Grenoblois de Wesmaguhl ont prouvé que la fête, ça pouvait être une putain d’invasion Viking bien vénère ! Leur arrivée sur scène a été l'événement du week-end : leur premier show avec de la pyrotechnie. Ces guerriers alpins ont fait mieux que jouer un concert : ils ont transformé la salle en une véritable galère de forçats ! Ordre a été donné au public de s’asseoir et de… RAMER ! Les mecs se sont pliés au jeu, l’énergie était au max. Entre les blasts de flûte et les riffs Folk Black, la foule transpirait déjà pour sa survie. Après s'être bien défoulés, ces cinglés repartent dans leurs montagnes, boostés à bloc pour leurs futures conquêtes en 2026. On est prêt à monter sur le drakkar, avec ou sans gilet de sauvetage.

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Inverno : Le Froid Clinique et la Précision Géométrique

Après l'ouragan émotionnel TARLD, il fallait quelque chose de précis, de froid, pour reconstruire le mur du son. Le quartette Inverno a débarqué pour offrir une bouffée d’air glacial, fidèle à leur nom. Leur Métal Moderne est une machine bien huilée, où chaque riff, chaque break est à sa place, clinique. Leur performance, c’est l’anti-chaos : une démonstration de force technique, avec des ambiances froides, presque cinématographiques. C’est le genre de musique qui vous prend aux tripes non pas par la rage, mais par la complexité. Le public, toujours bouillant, a apprécié cette pause technique avant le grand déchaînement final.

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LocoMuerte : Fiesta Thrash-Punk Chicano et Paranoïa Festive

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu ces dingues cette année. Plane R Fest, Bridge to Hell, et maintenant le Beaujo’Fest. Et à chaque fois, la même déflagration, la même fiesta. LocoMuerte, c’est le Thrash-Punk HxC avec un goût de tequila et de poudre à canon.

Leur show est rodé, millimétré, mais c’est le côté festif qui l'emporte toujours. Ils sont venus nous balancer des titres de leur excellent album Parano Booster (sorti en septembre 2024). Mention spéciale au titre 'B91' (et son clip inspiré de Breaking Bad) qui a transformé la fosse en un mosh-pit de cartels mexicains. Le chanteur, charismatique en diable, a tenu la foule par la gorge tout en lui offrant des shots. Une performance brute, sans prise de tête, qui fait du bien au corps et à l’esprit. ¡Que viva la Muerte!

 

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Solitaris : L’Ascension Sombre et Atmosphérique

Après le Thrash frontal, Solitaris est venu nous offrir un Métal Moderne plus aérien, plus chargé en atmosphère, mais tout aussi dense. Leur set était une montée en puissance progressive, explorant des textures sonores complexes. Solitaris, c’est le pont entre la brutalité la plus pure et l’émotion la plus travaillée. Le public a plongé dans ces compositions, respirant un peu avant la déferlante finale. Un set qui a rappelé qu'il n'y a pas qu'une seule façon de jouer du Métal, et que la violence peut aussi être belle, sombre, et introspective.

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Benighted au Beaujo’Fest : La chirurgie de l’apocalypse

C’est l’heure de l’abattoir sonore, l’heure de la purge. Les Stéphanois de Benighted sont montés sur scène pour tout dévaster. Têtes d'affiche de ce Beaujo’Fest, ils ont prouvé pourquoi ils sont les patrons du Brutal Death français. Malgré une année charnière et l'intégration de leur nouveau batteur, Matthias Biechler (officiel depuis septembre), le set fut d’une précision chirurgicale. Matthias, déjà aguerri par ses expériences passées, a relevé le défi avec une aisance déconcertante. Loin de n'être qu'un simple remplaçant, il s'est imposé comme le nouveau moteur V12 de cette machine de guerre : un samouraï du rythme capable de jongler entre des gravity blasts absurdes et des passages groovy où l'on sent la bête ramper. Son énergie et sa passion, palpables dès les premières secondes, ont été immédiatement saluées par ses nouveaux compagnons, garantissant que la cadence effrénée du groupe ne faiblisse jamais. Leur dernier album, Ekbom (axé sur l'inspiration psychiatrique de Julien Truchan), était au centre des débats, transformant les troubles mentaux en un maelström de violence cathartique. Le frontman, Julien, alternant Growls caverneux et son mythique "Gruiiiik!", était possédé, appelant le public "ses amis" avant de les inviter à se fracasser les uns les autres dans une communion brutale. Leur final apocalyptique sur "Let the Blood Spill Between My Broken Teeth" a été le point d’orgue d’un week-end de folie. Avec Biechler derrière le kit, Benighted confirme sa capacité à attirer des musiciens de haut calibre pour propulser son son vers de nouveaux sommets de brutalité. 

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Le bonus "frappadingue" : Brawl Spirit Wrestling

Impossible de clore ce report sans mentionner le ring de catch installé en extérieur. Regarder Gareth Logan, Rafael Belmont, Red Light et Dadou Bazooka se mettre des raclées épiques entre deux sets de métal, c’est la signature unique du Beaujo’Fest. Entre deux pintes de bière locale, assister à ces voltiges et ces provocations théâtrales au milieu du public, c'est ce qui rend ce festival irremplaçable.

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Conclusion Jour 2 : L'Épilepsie Métallique

Ce samedi a été la confirmation que le Beaujo'Fest n’est pas un petit festival de campagne : c’est une émeute parfaitement organisée. Des sets de jour en plein air sur un camion (Nøcide, ATO) jusqu’à la consécration du soir, on a eu le droit à la quintessence du Métal français.

L'émotion de l'adieu de TARLD, la violence chicano de LocoMuerte, et la démolition finale orchestrée par Benighted. Deux jours de ferveur, de camaraderie, et de brutalité, orchestrés par une équipe de bénévoles en or. Le Beaujo’Fest Acte III est déjà dans les livres, et pour nous, il est temps de faire réparer les objectifs et de soigner les courbatures. On reviendra l’année prochaine, c’est une putain de certitude.

 

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Xylia pour Yog Sothoth Photography.