
Tagada Jones ✘ High Parasite ✘ Sick N' Beautiful ✘ Lucie Sue ✘ Darken ✘ Monolyth
Furios Fest 2026 - Jour 1 : Quand le Cantal se transforme en chaudron incisif et pyrotechnique !
Salut les banguy, les métalleux, les squatteurs de fosses et les amoureux de décibels qui font saigner les esgourdes ! C’est Xylia pour Yog Sothoth Photography, prête à vous débriefer cette première journée de folie furieuse. Cette sixième édition du Furios Fest marque un tournant historique pour la toute première fois, le festival s’étale sur trois jours entiers ! Et quelle ascension fulgurante quand on repense aux débuts une seule journée dans un simple gymnase ! Aujourd'hui, l'événement a élu domicile en plein air au magnifique Stade de l'Ander à Saint-Flour (Cantal), juché à environ 900 mètres d’altitude. Côté météo, après quelques gouttes taquines en tout début d'après-midi, un grand soleil a vite embrasé la pelouse... avant qu'une fraîcheur montagnarde ne vienne nous mordre les os à la tombée de la nuit (heureusement que le sweat zippé était de la partie !). Le son et les lumières envoient du lourd, le cadre naturel est exceptionnel, et l'ambiance est tout simplement légendaire.
Attachez vos ceintures, voici le récap' du running order de ce vendredi de tous les diables !
Monolyth – Le thrash mélodique en mode commando
Le Furios Fest 2026 a ouvert le bal sous haute tension ! Pour lancer les hostilités, les Oisiens de Monolyth n'ont pas été épargnés par les péripéties. Apprenant à quelques jours du rendez-vous que leur guitariste lead Larry manquait à l'appel pour des raisons personnelles, le groupe a dû repenser tout son set en urgence pour tourner avec une seule guitare, injectant quelques pistes samplées pour ne rien perdre en impact. Et autant te dire que ça n'a pas tremblé.
Forts de leur dernier album Seeds Of Perseverance et d'une solide réputation forgée en partageant la route avec des pointures comme Gojira, les boys ont balancé leur thrash/death mélodique avec un abattage redoutable. Menée par une section rythmique de rouleaux-compresseurs emmenée par Batt Cauchy à la batterie et portée par le chant habité d'Amaury Durand entre clairs et hurlés, la machine a tourné à plein régime. Une entrée en matière redoutable qui a instantanément réveillé les troupes. Sur des titres comme Betrayed Again, This Void Deep Inside ou l'implacable Perseverance, la fosse s'est embrasée. Pas là pour tricoter des chaussettes, ça atomise les tympans au marteau-piqueur ! Le public bien qu’encore clairsemé, a pris sa dose d'adrénaline pure dans la veine.
(Petite info en passant pour les plus motivés : ne ratez surtout pas leur passage à la Firemaster Convention le 24 octobre prochain aux côtés de Klone et Rotting Christ !)
Darken – Le retour des vétérans
Formé à Laval en 1987, pionnier absolu de la scène metal mayennaise avant de s'éclipser en 1991, Darken a fait trembler le bitume en se reformant en 2021. Et pour fendre le silence de trente ans, les vieux briscards sont venus défendre leur tout premier album studio officiel, Welcome to the Light. Sur les planches du Stade de l'Ander, autant vous dire que l'énergie est totalement intacte. Dès les premières notes de Rising to valhalla, le ton est donné, le combo déroule une setlist en forme de rouleau compresseur
Guitares acérées menées par Lorenzo, structures techniques et mélodies ciselées sur End Of Time ou N.D.E. les zicos étaient au charbon pour nous sortir une prestation dantesque. Mention spéciale au batteur de la formation, Liam (le fiston), qui a d'ailleurs récolté les éloges appuyés du batteur de Tagada Jones en backstage. Une vraie cohésion de groupe redoutable sur scène comme en coulisses, pimentée par une franche partie de rigolade avec les filles du merch et un grand moment de partage avec Francis Segut arborant fièrement le t-shirt de Darken !
les vieux briscards ont prouvé qu'ils avaient encore le feu sacré.
Lucie Sue – L'ouragan grunge-rock
Après avoir enflammé les plus grands festivals hexagonaux comme le Hellfest avec son projet solo taillé dans le roc, Lucie Sue a débarqué sur la pelouse de Saint-Flour avec une rage communicative. Accompagnée de Mitch à la batterie, Laura à la basse et d'Enzo à la guitare, l'ancienne bassiste du groupe Furies a déversé son rock alternatif puissant, nourri d'influences nineties à la PJ Harvey ou L7. Portée par les brûlots de son récent album Battlestation et une énergie solaire et détonante, la bande a balancé ses accords comme des pavés dans la mare, la frontwoman a totalement hypnotisé la foule. Entre wall of love, humour cinglant, autodérision et une efficacité frontale redoutable, le set de Lucie Sue s'est avéré être une véritable décharge d'adrénaline brute, prouvant que le projet a définitivement tout d'une grande machine de scène.
Sick N' Beautiful – L’ovni Intergalactique
Portés par leur furieux album Horror Vacui et une réputation de bêtes de scène insatiables, les Italiens de Sick N' Beautiful ont débarqué au Furios Fest avec leur cirque intergalactique. Entre metal alternatif, indus et shock rock, le festival a instantanément basculé dans une dimension de science-fiction trash et colorée !
Dès les premières notes de "March of the Scolopendra", on est kidnappé par des punks du futur. Au centre de cette tornade visuelle, la sublime et incandescente Herma crève l'écran. Véritable créature de scène au magnétisme animal et au look cyberpunk-gothique, elle harangue la foule avec une intensité théâtrale redoutable. Sa voix transperce la brume des amplis, transformant la fosse de Saint-Flour en cocotte-minute sur "(Human) is overrated". L'enchaînement avec "Tonight we go to war" et la reprise de "God of Thunder" enfonce le clou, le groove est massif et la frontwoman impose son charisme qui tient le public en respect du début à la fin.
Mais ne croyez pas qu'Herma soit seule à mener la charge ! Derrière ses fûts, la batteuse Evey (surnommée "la chirurgienne") assure une assise rythmique d'une précision chirurgicale. Sa frappe puissante et impitoyable est le moteur nucléaire de la soucoupe Sick N' Beautiful, propulsant les riffs acérés de L0R1 et Nemes et la basse lourde de Big Daddy Ray avec une énergie dévastatrice.
L'anecdote rock'n'roll de la journée ? C'est Herma qui en fait les frais ! Dès le premier morceau, l'attache de son soutien-gorge de scène lâche au sternum. S'en suivent des SOS paniqués en coulisses et l'intervention salvatrice de leur régisseur Yves, obligé de jouer les mécaniciens de Formule 1 en backstage entre chaque chanson pour tout rafistoler au ruban adhésif gaffer. Une gestion de crise menée avec un second degré et un aplomb remarquables !
Le show repart de plus belle avec les implacables "Raise the Dragon", "Drop it 2 the B" et "Hate Manifesto". Porté par son tandem féminin de choc, le groupe ne lâche rien. Le final arrive déjà trop vite avec "New Witch 666" et "Makin' Angels", laissant un parterre totalement conquis, les bras levés en V.
Une claque visuelle et musicale monumentale !
High Parasite - La messe noire de la Death Pop
Il y a des voix qui racontent les ténèbres mieux que personne. Celle d'Aaron Stainthorpe, figure tutélaire et icône absolue de la mélancolie gothique avec My Dying Bride, résonne comme un repère. Mais sur les planches du Furios Fest, l'homme n'était pas venu pleurer sous les linceuls, aux côtés du bassiste Tombs, il nous a ouvert les portes d'un tout autre royaume avec High Parasite.
Leur mission ? Nous propulser dans un univers de « Death Pop » aussi ténébreux qu'addictif, sculpté sous la houlette bienveillante d'un certain Gregor Mackintosh (Paradise Lost), producteur de leur redoutable premier album, Forever We Burn. Une mue théâtrale et incisive
Voir Stainthorpe libéré des chaînes de la lourdeur funèbre de ses projets historiques a de quoi revigorer le cœur des plus sombres adeptes. Dès les premières notes de Parasite, le ton est donné. La setlist s'emballe rapidement avec l'enchaînement tranchant de Concentric Nightmares et Grave Intentions, embarquant la foule dans une frénésie ténébreuse.
Sur scène, l'exercice prend une dimension théâtrale saisissante. Finies les longues génuflexions mélancoliques place à une intensité rock percutante, frontale, portée par des guitares acérées et des nappes de synth-pop crépusculaires qui transpercent l'atmosphère lors de Drag Me Under et My Syndrome. Le groupe enchaîne sans répit avec le glaçant Cold et l'imposant Widowmaker, avant de faire imploser le pit sur le diptyque We Break We Die et Wasn't Human.
Le quintet, taillé pour les grands espaces après des faits d'armes remarqués aux côtés de Cradle of Filth et Paradise Lost, a littéralement hypnotisé la foule. Après un Hate Springs Eternal incandescent, le concert s'achève en apothéose sur le souffle suspendu de Let It Fail, fondu en un ultime frisson avec le puissant Forever We Burn. Entre l'élégance racée de son frontman et une efficacité mélodique redoutable, High Parasite a signé une véritable claque gothique, aussi racée que viscérale.
Tagada Jones - L'incendie Punk-Metal
Le soleil est maintenant couché, mais la température monte de dix crans d'un coup. Le moment est venu de parler de ces infatigables militants du punk-rock hexagonal Tagada Jones. Avec plus de trente ans de carrière au compteur et un bagage contestataire intact, le quatuor rennais débarque sur les planches du Furios Fest avec la ferme intention de tout brûler sur son passage.
Alors que leur douzième album studio, À Fleur de Peau, vient de pointer le bout de son nez en ce mois d'octobre 2026 (porté par des brûlots comme « Les Flammes de la fête » ou le morceau éponyme qui épinglent les dérives de notre époque connectée), le combo est en roue libre totale. Sur scène, l'énergie est redoutable.
Mais la grosse claque visuelle de ce set auvergnat, c'est l'intégration inédite d'un jongleur et d'une jongleuse de feu et de drapeaux ! Des flammes virevoltent dans le ciel de Saint-Flour, se mariant aux riffs acérés de Stef et aux rythmiques implacables de Job. C'est simple, la scène se transforme en une véritable fournaise pyrotechnique et humaine. Dès les premières mesures de « Le dernier baril », le public de l'Ander s'embrase. Les pogos explosent en un tourbillon de poussière et de t-shirts noirs, tandis que les slams s'enchaînent à un rythme effréné. Niko, fidèle à lui-même, oscille entre discours engagés qui percutent les consciences et un humour potache désarmant, créant une communion immédiate et sincère avec la fosse. L'alternance entre les pépites du petit dernier (À fleur de peau) et les hymnes transgénérationnels massifs comme le mythique « Vendredi 13 » fonctionne au-delà des espérances. Quand résonne « Nous avons la rage », c'est tout le festival qui hurle en un seul homme. Le spectacle visuel offert par les jongleurs de feu amplifie cette sensation viscérale d'appartenir à une grande famille rebelle et vivante. Tagada Jones ne fait pas que jouer de la musique : ils insufflent une force de vie brute qui résonne encore longtemps après la dernière note.
Conclusion : Un premier jour d'anthologie dans le chaudron sanflorain !
Entre les rafales de thrash death mélodique assénées par Monolyth en mode commando, le retour fracassant des vétérans de Darken, la rage solaire de Lucie Sue et l'ovni intergalactique Sick N' Beautiful avec son soutien-gorge rebelle, ce premier jour du Furios Fest 2026 aura tenu toutes ses promesses. High Parasite nous a ensuite transportés dans sa messe noire death pop avant que Tagada Jones ne transforme le Stade de l'Ander en une fournaise pyrotechnique absolue sous les étoiles du Cantal. Une entame historique sur trois jours qui pulse, qui brûle et qui redéfinit les contours du metal en altitude ! C’était Xylia pour Yog Sothoth Photography on reprend son souffle, on secoue la poussière, et on se retrouve demain pour la suite des réjouissances !

Restez connectés, les banguy !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)
Live Report Volcanic Fest 2026 Jour 3

JJAX ✘ EON ELEMENT OF NOISE ✘ BARDS OF BACKWATER ✘ SMYU ✘ MESS OUT ✘ FAITH IN AGONY ✘ BANGALORE CHOIR ✘ NAHEULBAND ✘ HRAFNGRIMR ✘ EIHWAR
Chronique Live : Journée 3 – Dimanche 26 Juillet 2026
Salut les affreux. C'est Xylia, encore debout sur le front pour Yog Sothoth Photography, même si mes cervicales hurlent à la mort et que mes godasses ont fini par fusionner avec le béton du C.A.B.L. On y est ! Troisième et dernière journée de cette première édition historique du Volcanic Fest 2026 à Andrézieux-Bouthéon. Si vous espériez qu'après deux jours de pelleteuse auditive et de moiteur en salle on allait se reposer sagement, c'est que vous ne connaissez décidément pas la maison. Ce dimanche 26 juillet, la météo extérieure s'est un poil radoucie, mais à l'intérieur du complexe, l'atmosphère reste lourde après trois jours de riffs écrasés et de houblon bien frais. Le Village Volcanic ronronne, les distros tournent à plein régime, et le public, bien qu'au bout de sa vie, est prêt à en découdre. Pas le temps de pleurer sur son sommeil en retard, le planning ne fait pas de cadeaux. Accrochez vos ceintures, voici le déroulé exact des hostilités par ordre de passage avant de plonger dans le cambouis :
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JJAX (13H05 > 13H25)
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EON ELEMENT OF NOISE (13H45 > 14H15)
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BARDS OF BACKWATER (14H35 > 15H15)
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SMYU (15H35 > 16H15)
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MESS OUT (16H35 > 17H20)
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FAITH IN AGONY / PASCAL VIGNÉ & COMBATS DE CATCH (17H40 > 18H25)
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BANGALORE CHOIR (18H55 > 19H40)
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NAHEULBAND (20H10 > 20H55)
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HRAFNGRIMR (21H25 > 22H25)
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EIHWAR (22H55 > 00H25)
JJAX : Hard Rock Moderne et Riffs Asphalte
Putain, 13h05 au compteur ! Alors que les comateux essaient encore de décoller leurs paupières, les Savoyards de JJAX débarquent sur les planches avec la ferme intention de réveiller les cadavres. Formé en 2020 par le multi-instrumentiste Julien Jacquemond le sorcier qu'on croise dans Inner Visions ou Ecclesia, le quatuor est venu défendre son tout premier album studio officiel, Reason to Hope, balancé en février 2026 chez Ellie Promotion.
Dès les premières notes de "Reason to Hope", le ton est donné : c'est un Hard Rock moderne et organique, teinté de Heavy Metal bien burné qui navigue entre la rage d'un ouragan cathartique et la puissance tellurique d'un monolithe de magma en fusion. Karim Attoumane (que les forcenés reconnaissent chez Zuul FX) nous balance des solos de guitare ciselés au scalpel, affûtés comme des lames de rasoir qui font trembler les amplis. Le set s'ouvre sans respirer avec "Gehenna", "Old Age" et "Extand". Le public, encore un peu songeur en ce début d'après-midi, se fait rapidement happer par ce raz-de-marée de décibels bruts. Quand retentit l'hymne "Reason", la fosse commence à frémir, le soufflé monte, et "Are You" puis "Ulysses" achèvent de transformer ce parterre de zombies matinaux en marée humaine prête à secouer la tignasse. Une mise en route sur les chapeaux de roues qui force le respect !
JJAX a plié le match avec l'assurance des grands. Pas de poses de midinettes, juste du Hard Rock racé et couillu injecté à haute pression. Une véritable décharge de 220 volts dans les esgourdes pour lancer cette ultime journée !
À écouter la vitre baissée sur l'autoroute du retour, en vérifiant si tes cervicales tiennent encore le choc !
Eon Element Of Noise : Le Marteau Piqueur du Var
On ne baisse pas la garde, on monte même d'un cran dans la bauxite avec eOn (Element Of Noise). Vingt-cinq ans d'acharnement souterrain au compteur pour ces Toulonnais qui trimbalent leur Groove Metal et leur brutal metalcore depuis 1999. Venu défendre leur quatrième album Angel Of Terror sorti fin 2025, le combo s'impose d'emblée comme une machine de guerre.
Flanqué de Flo au chant et de Ranko (batteur qu'on croise aussi chez Svart Crown ou Loudblast) derrière les fûts, le quintet transforme la scène en zone de quarantaine. Des brûlots comme "Your hate is my pleasure" ou "Heads on pikes" font l'effet d'un direct du droit dans les gencives. Les riffs sont massifs, la rythmique défonce et l'ambiance vire instantanément au désordre dans le pit. C'est brut, c'est sincère, ça transpire le plomb.
Les gaillards n'ont pas fait le déplacement pour distribuer des bons points : c’est autopsie en direct. Dès les premières mesures de "Heads on pikes", Ranko envoie une salve d'artillerie lourde sans sommation, posant un béton armé sur lequel Flo déploie une voix abrasive. Le set déroule une setlist en forme de rouleau compresseur : de "Bullshit avertwhere" à "Lost not found", les Toulonnais démontrent une science du break redoutable. Ça découpe au laser, ça matraque les fûts avec une hargne communicative, et les guitares crachent du feu par tous les pores. Mention spéciale pour "Angel Of Terror" et "Legacy of shame" qui achèvent de transformer le parterre en essoreuse. Pas de fioritures, juste une démonstration de brutalité exécutée au millimètre.
eOn a tout rasé sans demander son reste. Une baffe monumentale du début à la fin qui nous rappelle que le metal hexagonal a encore de beaux restes sous le capot.
Bards Of Backwater : Le Tavern Hardcore
Accrochez vos ceintures et débranchez vos pacemakers, mes zinzins, le folklore médiéval-fantastique a débarqué au C.A.B.L. pour tout raser sur son passage ! Venus tout droit de Meaux et formés en 2022, les costauds de Bards of Backwater ont investi les planches pour défendre leur bouillant EP Welcome To Backwater. Et autant vous le dire tout de suite, le combo a sorti le concasseur industriel. Escortés de leur mascotte officielle ce bon vieux Howard le chevalier chèvre les ambassadeurs autoproclamés du Power Metal celtique ont mis le feu aux poudres sans sommation.
L'infatigable Lise Gimenez, alias "Beth", mène la barque au chant et à la basse avec une ironie mordante qui ferait pâlir un banquier. Avec un groove plus gras qu'une friteuse de festival, elle tient la baraque de main de maître pendant que le combo déroule une set-list taillée pour le pillage : The edge of the glade, l'hymne à leur bouc favori Howard is a looser, l'incendiaire Heaven’s on fire, Saxon are here, The defenders, pour achever le tout avec Tonight we raise our drinks. Entre des structures de chansons de guerre taillées à la serpe et des odes absurdes à la gloire de leur ruminant fétiche, la salle s'est prise au jeu de plein fouet. Ça headbangue avec le sourire aux lèvres, ça reprend les chœurs en chœur. C'est théâtral, c'est totalement déjanté, et ça pose une ambiance de fin de banquet de pillards tout à fait savoureuse.
Une affaire classée avec les honneurs du chapitre Metal ! Les Bards of Backwater nous ont collé une torgnole sous un signe chevaleresque et caprin.
SMYU : Post-Hardcore sous tension
Les Tourangeaux de SMYU (Show Me Your Universe) débarquent sur les planches du C.A.B.L. pour nous rappeler ce qu'est un vrai break metalcore. Formé en 2015, le groupe emmené par Jeremy Dubray (Jem Dolgon) trace sa route après une série de dates au printemps 2026 pour défendre leur EP Queen Spirit.
Dès les premières notes de "Numb By Design", l'impact est immédiat. Le mélange de haine et de mélancolie propre au post-hardcore fait son effet, même si l'ensemble manque parfois d'un peu de mordant. Les guitares lacèrent l'espace et les breakdowns secouent la salle, offrant à la fosse l'occasion de se bouger un minimum. Le combo balance ses riffs avec efficacité : Gygabitch, Dark room & cigars, DD smoker, Sharks, Rhino herd, Violence, BBQ season, Johnny B goode, Number by design, Girl in a truck, et Lousy boy. Les musiciens font le job sur scène, mais la sauce peine parfois à prendre totalement. Une prestation correcte qui fait le travail sans transcender les foules. Ça joue carré, mais on attendait un peu plus de folie pour vraiment marquer les esprits. À revoir lors d'un prochain passage.
Mess Out : La Déflagration Punk-Metal Lyonnaise
Rappelez-vous, c'était le mois dernier : nous avions croisé la route de ces furieux au brutal afterwork à Arnas. Inutile de vous ressortir les vieilles archives du placard, mais gardez bien ça en mémoire : ces bougres-là ne sont pas venus pour cueillir des pâquerettes. Porté par l'actualité incandescente de leur premier album studio complet, We Will Set This Place On Fire, balancé en mai 2026, le quatuor débarque au Volcanic avec la ferme intention de tout cramer.
Dès les premières secondes avec "One Last Time" et "The Fray", le ton est donné. Le combo balance son punk rock aux refrains accrocheurs entremêlé d’une lourdeur propre au metal moderne dans une fournaise moite digne d'une cave de squat en juillet. Maxence, véritable pile électrique au chant, harangue la foule et crache sa colère sociale avec une urgence absolue. C'est engagé, et ça réveille les derniers somnolents au fond de la salle.
La machine s'emballe sur des brulots comme "Crève", où la basse de Maxime vous décolle la plèvre à grands coups de sub-bass. Quand le groupe enchaîne "Idiocratie Généralisée", "Give Our Chance Back" et un "Awake" dantesque, le public est déjà en fusion. Et puis, c'est le moment choisi pour que le concert bascule dans le surréalisme le plus total : une reprise survitaminée du mythique "Bad Touch" des Bloodhound Gang. Le quatuor achève les survivants sur "Kick Me To Death" avant de tout incendier avec le morceau-titre, We Will Set This Place On Fire.
Emballé, c'est pesé : Mess Out a transformé le Volcanic en champ de bataille festif. Un set intense, humain, engagé et complètement déjanté qui prouve que la scène alternative lyonnaise a un sacré train d'avance. Allez, je file au bar m'éponger le front avant la suite des hostilités !
Pause Improvisée : Catch et Guitares Divines
Petit coup dur dans l'après-midi : le groupe Faith In Agony a du, à notre plus grand regret, annuler sa prestation, la chanteuse étant malheureusement souffrante. Mais au Volcanic Fest, on ne se laisse jamais abattre par les imprévus ! L'organisation a immédiatement rebondi pour le plus grand bonheur des festivaliers. À la place, on a eu droit à une session totalement lunaire de combats de catch ultra-violents hommes femmes où les cordes du ring ont failli lâcher sous les descentes de la tête des gladiateurs du dimanche. Et pour couronner le tout, le virtuose de la guitare Pascal Vigné est monté sur scène en solo pour une démonstration de shred et de rock instrumental d'une propreté chirurgicale. Armé de sa technique en legato irréprochable et de son groove légendaire, il a hypnotisé les amateurs de guitare les yeux rivés sur ses manches. Une parenthèse baroque et survoltée !
Bangalore Choir : Le Glam Rock US
Changement d'époques et de continents, les enfants ! L'heure est venue de troquer la brosse à reluire contre un bon vieux perfecto élimé. C'est au tour des légendaires américains de Bangalore Choir de fouler la scène du Volcanic Fest. Fondé en 1991 à Los Angeles par le charismatique David Reece brièvement croisé chez Accept à la fin des eighties le groupe débarque en pleine résurrection après la sortie fin 2025 de leur double album monumental Rapid Fire Succession: On Target Part II. Autant dire que ça sentait la poudre dès les balances !
Dès les premières notes de "One Last Time", le ton est donné. David Reece, arborant une sobriété retrouvée et une clarté vocale bluffante, nous emmène directement dans un voyage temporel tout droit sorti du Headbanger's Ball des années 90. Le combo déroule une setlist menée tambour battant, balançant les watts avec une énergie redoutable.
Porté par des hymnes taillés pour les grands espaces comme "Driver’s Seat" ou les classiques intemporels "Angel In Black" et "Loaded Gun", le public replonge tête la première dans l'âge d'or du Hard Rock mélodique et du Glam US. Les harmonies vocales font mouche, les guitares hurlent avec classe et l'énergie est palpable. Ça joue carré, c'est lourd, c'est puissant : du grand art ! Les mecs ne sont pas là pour faire de la figuration : ça défouraille sec en bas de l'ampli et les riffs crachent du feu. La fosse, chauffée à blanc, reprend les refrains à s'en péter les cordes vocales. Une leçon de Heavy à l'ancienne !
Bangalore Choir nous a collé une torgnole mémorable sans même s'excuser. Une affaire classée avec les honneurs du chapitre Metal qui prouve que les vétérans en ont encore sous le pied !
Naheulband : La Taverne en Délire
Changement d'ambiance radical au festival ! Après des heures de guitares saturées et de décibels, le Naheulband a transformé la salle en véritable taverne fantastique. Inspiré par l'univers culte du Donjon de Naheulbeuk, le collectif est venu insuffler une bouffée d'air frais, déjantée et profondément chaleureuse, au cœur d'une programmation majoritairement metal. C'est pourtant en comité restreint que la troupe s'est présentée sur les planches, avec seulement quatre artistes dont l'incontournable Julien Escalas au chant et à la guitare, accompagné de Ghislain Morel aux bodhrán, cuillères, tambourin et guimbarde. Malgré cette configuration réduite, l'impact a été immédiat. Dès les premières notes, le public entassé en nombre s'est embrasé dans une euphorie collective. Les festivaliers, visiblement conquis par cette parenthèse nostalgique et humoristique, ont repris en chœur et par cœur les morceaux phares du groupe tels que La Bière du Donjon ou Dix Sous Dans Ma poche.
Entre deux vannes, et une reprise complètement barrée de The Final Countdown jouée à la flûte avec une foule mise à contribution pour assurer le chant et la promotion de leur nouvel album, les musiciens ont prouvé une solide maîtrise technique derrière les costumes et l'autodérision. Avec une bonne dose d'humour, des sonorités médiévales et un public survolté ont fait de ce concert un moment suspendu, fédérateur et résolument festif. La setlist a déroulé les hymnes de la taverne, de L'Aventure, Compagnons jusqu'à l'apothéose finale avec Crom. Une sauterie mémorable où Naheulband a plié le match avec un sens de la fête et du foutoir absolu qui a mis tout le monde d'accord. On en redemande !
Hrafngrimr : Le Rituel Neo-Nordic Suspendu
Le soleil commence à baisser et l'atmosphère devient occulte. Place au projet Hrafngrímr, fondé en 2020 par Mattjö Haussy (ex-Skáld). Les adeptes du « Nü-Nordic » et d'ambient pagan prennent le contrôle du festival pour un set qui va littéralement suspendre le temps.
Chanté intégralement en vieux norrois et porté par des instruments traditionnels anciens mêlés à des textures électroniques modernes, le spectacle est un véritable rituel poétique et mystique. La dualité entre la clarté des voix féminines (portées par Christine Roche) et la hargne des chants gutturaux masculins de Mattjö crée une tension magnétique. La fosse, d'habitude prompte à slamer et tout casser, se tait, écoute, les yeux fermés, transportée dans les contrées glaciales de la mythologie scandinave. Une parenthèse hypnotique et d'une beauté à couper le souffle.
Le combo déroule sa setlist avec une précision clinique : Niflíngar Koma (intro), Níu, Bylgjur, Allt Till Valhallar Dura, Niflheims, Auga, Einherjar, Brýr, Blót, suivi de l'Interlude, puis Yfir, Tárin, Holmganga, Óvinr et enfin Skuggar.
Pour l'ultime morceau, le chanteur enfile le masque qui était posé sur scène, une conclusion que l’on peut qualifier de chamanique.
Une baffe monumentale du début à la fin. Une incantation païenne qui vous remet les idées en place et vous laisse le palpitant en lévitation. À consommer sans modération avec les potes !
Eihwar : La Transe Guerrière pour Clore le Fest
Pour clore cette première édition du Volcanic Fest en apothéose, il fallait bien un cataclysme. Le duo Eihwar monte sur scène à 22h55 pour administrer le coup de grâce. Masqués et enveloppés dans une aura mystique, Asrunn et Mark viennent défendre leur terrible deuxième album Hugrheim, sorti en mars 2026 chez Season of Mist.Dès les premières frappes sur les tambours rituels et les beats électroniques de "Nauðiz", le C.A.B.L. se transforme en une immense cocotte-minute. Leur « Viking War Trance » cette fusion agressive et frénétique de folk néo-nordique, de percussions tribales massives et de rythmes techno/EBM met le feu aux poudres. Oubliez la quiétude de Hrafngrímr : ici, c'est la grosse fiesta sauvage et tribale ! La fosse entre en transe collective, ça saute, ça hurle, ça transpire à grosses gouttes dans une communion païenne totalement folle. La machine tourne à plein régime, les infrabasses font vibrer les tripes du premier rang et les percussions dictent une cadence d'enfer.Un final dantesque pour un festival qui restera gravé dans les annales ! Les gaillards ont plié le game sans demander leur reste.
Mission Accomplie pour le Volcanic Fest !
Minuit et demi sonne la fin de la récréation. Le C.A.B.L. ressemble à un véritable champ de bataille jonché de gobelets écrasés et de festivaliers rincés mais heureux. Pour une toute première édition, la Teamduc's Production a placé la barre tellement haut qu'on se demande bien comment ils vont faire l'an prochain. Une organisation aux petits oignons, un village d'artisans vivant, des animations déjantées entre deux concerts et une programmation artistique couillue qui a su mélanger la crème de la scène émergente et des vétérans légendaires. Saint-Étienne et Andrézieux-Bouthéon ont officiellement été rayées de la carte par un séisme magnitude 9 sur l'échelle de Richter du metal.
Mais l'apocalypse a un coût, les affreux. Si la fête a été totale, la réalité financière derrière cette folie furieuse pique un peu plus qu'un bain d'acide.
Comme l'a rappelé le festival dans son communiqué officiel, lancer un tel monstre à partir de zéro en 2026 relève du pari suicidaire :
« Lancer une première édition à partir de zéro, c’est un pari fou. Vous avez répondu présent, l’énergie dans le pit était incroyable, et le Volcanic Fest a enfin pris vie !!! [...] Mais sortir de terre un nouveau festival metal en 2026 n’a pas été facile et a laissé des séquelles. Entre la réalité des coûts de production d’une première année et les imprévus du direct, l’équilibre financier est difficile à atteindre. »
Pas question de laisser le volcan s'éteindre ! La famille des métalleux est appelée en mission commando. Si vous avez aimé suer dans la fournaise et que vous voulez que l'aventure continue, une cagnotte solidaire a été ouverte.
Un partage ou un don, c'est le moment de sauver les meubles et l'avenir du fest!
Je range mon calepin, je vais m'enfiler une Verveine glacée pour faire passer tout ça, et je ne peux pas repartir sans saluer ceux qui ont rendu cette boucherie possible. Un immense merci à l'orga, à Elodie Briffard, à tous les bénévoles qui ont bossé comme des bêtes au charbon, et bien sûr à vous, festivaliers en folie !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)
----> Live report de la première journée
----> Live report de la deuxième journée
Live Report Volcanic Fest 2026 Jour 2

Sickmind ✘ Klone ✘ Silver Dust ✘ Eight Sins ✘ Heavylution ✘ Feat The Sun ✘ Waking The Sleeping Bear ✘ Charcoal ✘ Emerald Moon ✘ Naraka ✘ Amon Sethis ✘ Wedingoth ✘ Crystal Throne
Chronique Live : Journée 2 – Samedi 25 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia, toujours en direct du front pour Yog Sothoth Photography ! Si vous croyiez qu'après le séisme de la veille on allait s'accorder une grasse mat' et une camomille, c'est que vous n'avez jamais mis les pieds à Andrézieux-Bouthéon.
Ce samedi 25 juillet 2026, la météo du Forez a décidé de changer de costume. Finie la chaleur écrasante : place à un ciel instable, un peu de vent pour balayer l'esplanade et surtout de sacrées bonnes averses orageuses. Une bénédiction pour les températures, qui ont plafonné autour de 28 °C bien plus respirables, mais un sacré bordel céleste !
Heureusement que Teamduc's Production avait eu la lumineuse idée d'installer l'unique scène à l'intérieur du C.A.B.L. ! On a même pu observer un petit côté "authenticité underground" assez cocasse : la toiture de la salle laissait s'infiltrer quelques gouttes, forçant l'équipe à disposer des seaux au sol pour ramasser l'eau. Mais est-ce que trois fuites d'eau vont arrêter un bon millier de metalleux assoiffés ? Jamais de la vie ! Entre deux sessions de lèche-vitrine sur les stands du Village Volcanic, pendant que les gladiateurs en armures de carton sont de retour sur l'esplanade et que la bière coule à flot la foule s'est engouffrée dans la salle pour suer du gros sel.
Attachez vos ceintures, on retourne dans le brasier !
Crystal Throne : L'apocalypse Heavy/Power
Toi l’ami métalleux qui pionçait encore sous ta tente au camping, sache que si t'étais pas là, t'as carrément raté ta vie. Après plus de 7 heures de routes, les Messins de Crystal Throne sont montés sur les planches pour ouvrir cette deuxième journée avec la dalle d’un Grand Ancien sorti d’un sommeil séculaire. Pas de chichis, le quatuor nous a balancé son Heavy Power/Progressif à l'ancienne en plein buffet. Un véritable rouleau compresseur pour tympans encore mal réveillés.
Dès les premières cartouches, la guitare incisive de Max Waynn (alias Max YME, le vidéaste qu'on ne présente plus) te découpe la viande à vif. Le mec affiche une aisance scénique indécente et manie la six-cordes comme une tronçonneuse. Ça riffe à Mach 2, c'est d'une précision chirurgicale, ça ne bave pas d'un millimètre. Derrière, la section rythmique verrouille le pit comme un bunker : la basse grondante t'éviscère le bide pendant que la frappe martiale de la batterie martèle le plexus. Un son massif, léché, qui te remet direct les cervicales à l'endroit sans passer par la case ostéo. Et que dire du chant de Terry DeFire ? Le type a manifestement trois poumons. Il monte dans les aigus avec une facilité déconcertante, ressuscitant sans vergogne les fantômes de Queensrÿche, Fates Warning et Judas Priest. Ça transpire l'authenticité, la sueur et la confiance absolue. Les mecs envoient des solos harmonisés supersoniques qui te balayent le cerveau. Une ouverture royale, point barre.
Wedingoth : Le voyage hybride et envoûtant
Changement d'ambiance radical avec les Lyonnais de Wedingoth. Actifs depuis 2007, les piliers du Metal Progressif/Alternatif investissent les planches avec une aisance scénique impressionnante. Dès les premières mesures, le contraste fait mouche. Porté par la voix polymorphe de Céline "Nephtys" Staquet, le groupe déploie un show d'une richesse sonore captivante.
Sur scène, pas une seconde de répit : Céline occupe l'espace sans s'arrêter, passant d'envolées cristallines à des tessitures rock beaucoup plus mordantes. Les riffs complexes et les envolées atmosphériques de Steeven Segarra se mélangent à la perfection avec la basse groovy de Manon Fortin.
Défendant l'esprit de leur dernier album live Five Stars (A)live, le quintet fait voyager la fosse entre gros breaks metal et passages lunaires insufflés d'esprit Pink Floyd. Le public du Volcanic Fest se laisse cueillir par cet équilibre parfait entre technicité et émotion. Une parenthèse hypnotique d'une classe folle.
Amon Sethis : la déferlante du péplum égyptien
Rangez vos manuels d'histoire, les Grenoblois d'Amon Sethis sont de sortie ! Les patrons du Power Metal Progressif Symphonique ont transformé la scène du C.A.B.L. en un véritable temple de l'Égypte antique. Inspiré par la 7ème dynastie égyptienne, leur spectacle tenait plus du péplum sanglant sous amphétamines que du simple concert de province. Dès les premières notes, le son t'attrape par les tripes. Julien est tout simplement impérial au micro. Le mec ne se contente pas de chanter : il théâtralise le set comme un grand prêtre en pleine invocation sacrée, alternant entre narrations ténébreuses et envolées Power d'une puissance colossale. En soutien, Laetitia détruit les cervicales du premier rang avec des lignes de basse d'une lourdeur tellurique. Le groupe déroule sans pitié les pièces épiques de leur opus Part III - Dawn Of An Apocalyptic World. Côté instruments, c'est de la haute voltige. Les orchestrations symphoniques et orientales s'encastrent dans des riffs heavy monstrueux assénés par des guitares incisives. La technicité est démoniaque : les nappes de claviers posent une atmosphère cinématographique moite et lourde, pendant que la batterie martèle le sol du C.A.B.L. à coup de double pédale jusqu'à faire trembler les fondations. BOUM. BOUM. Un rouleau compresseur. Mais l'apothéose du spectacle frôle carrément le rituel païen. L'apparition de Mélainya B a fait basculer le show dans une autre dimension. Quand elle s'empare de ses accessoires pour lancer ses jonglages de feu, l'air du C.A.B.L. devient irrespirable. Les flammes dansent, fendent l'air en frôlant les musiciens et illuminent les visages en sueur du pit. La chaleur te brûle les sourcils tandis que le parfum de pétrole lourd se mêle aux pharaons métalliques. C'est hypnotique, dangereux, viscéral, Amon Sethis n'a pas juste joué de la musique : ils ont soulevé une tempête de sable en plein cœur du Forez et nous ont balancés sans sommation en plein désert, entre la poussière, le sang et la braise. Une prestation magistrale, carrée, théâtrale et d'une violence esthétique rare.
Naraka : Un pacte de sang, de riffs et de flammes
La température grimpe de dix crans d'un coup, mais le ciel vient de se couvrir d'un voile poisseux : Naraka débarque au Volcanic Fest,et autant te dire que les mecs n’ont pas traversé la France pour faire du tricot.Dès les premières notes, le combo déboule pour nous faire visiter les gouffres de l'Enfer à coups de Modern Death/Thrash assaisonné d'arrangements Black symphoniques de très haute volée. Sur scène, pas de blabla. C'est un pur rouleau compresseur. Derrière les fûts, le bonhomme aux baguettes a balancé une sauce inhumaine, de la double pédale qui te décolle les tympans et des blast beats réglés comme un métronome sous stéroïdes. Frontman colossal, hargneux au possible, le chanteur domine la fosse de toute sa hauteur et recrache ses growls comme s'il voulait nous dévorer tout crus. S'appuyant sur les brûlots de leur album In Tenebris, le groupe enchaîne les parpaings sans laisser le temps de reprendre son souffle. La guitare découpe l'air à coups de riffs telluriques et la basse fait vibrer le béton armé sous nos pieds. Tu sens immédiatement la bouteille des mecs qui ont arpenté les routes d'Europe aux côtés de géants comme Cradle of Filth ou Fleshgod Apocalypse : la machine de guerre est blindée, rodée, affûtée. Résultat des courses ? Le premier circle pit sauvage de la journée est déclenché. Et soudain, au beau milieu de ce pilonnage auditif, l'ambiance a vrillé vers une ritualisation impie.Comme si les riffs de Naraka n'étaient pas suffisants pour invoquer les Grands Anciens, la scène a été envahie par une vision cauchemardesque mais diablement érotique, la performeuse Mélainya B est de retour. Si t'étais pas là pour voir ça, t'as clairement raté l'instant où le concert a basculé du simple moshpit à la messe noire visuelle. Elle déboule, créature cornue sortie des tréfonds, d'abord drapée dans une élégance funèbre avant de se révéler dans une nudité impériale, à peine masquée par quelques artifices sombres . C'était pas juste de la figuration, c'était une performance organique, crue, viscérale. On l'a vue se barbouiller d'un fluide noir et poisseux, transformant son corps en une toile d'obscurité. C'était d'une beauté dérangeante, un blasphème graphique sous les lights verdâtres. Et puis, il y a eu ce moment... cette interaction avec le guitariste, une bénédiction impie, une onction du chaos ! La tension était palpable, la dévotion totale. Et quand tu croyais que le blasphème visuel avait atteint son paroxysme avec l'onction poisseuse, le chaos a pris une autre dimension. Mélainya B a décidé qu'il fallait qu'on crève tous d'hyperthermie. Juste au moment où les blasts beats et les riffs telluriques fusionnaient en une tempête de distorsion infernale, la performeuse a sorti l'artillerie lourde le feu. Si t'étais au premier rang et que t'avais encore des sourcils, tu peux remercier le Dieu des Ténèbres. L'objectif de Yog Sothoth Photography a eu chaud aux lentilles, mais le résultat est là, sanglant et brûlant. Elle a commencé avec de simples étincelles, un présage lumineux sous les lumières rouges avant de transformer la scène en un bûcher rituel. Le moment où elle a brandi cette chaine enflammée, comme une Furie sortie tout droit de Lovecraft, c’était l'apocalypse. C'est pas une simple jonglerie, c'est une invocation. Elle manie ces flammes avec une fluidité dérangeante, un blasphème graphique où la nudité impériale côtoie la destruction pure. La tension avec Naraka a explosé. Les mecs continuaient de canarder leurs riffs alors que la scène semblait sur le point de fondre. Ce n'était plus un concert, c'était un pacte de sang et de feu scellé en direct. La violence du son et la beauté brute de cette performance pyrotechnique...Le verdict ? Naraka et Mélainya Bathory Naraka et Mélainya B ont sorti le grand jeu et ont rasé le Volcanic Fest en règle, en mode "terre brûlée".
Emerald Moon : La déferlante Hard 70's
BOOM. Changement d’ambiance radical, retour au Classic Rock pur jus, sans filtre et sans concession avec Emerald Moon. Autant te dire que ce supergroupe réunissant des pointures de la scène hexagonale avec des morceaux d'anciens de Laura Cox et Dyslesia dedans n'était pas venu pour distribuer des hosties à la kermesse du coin. Ils sont venus insuffler une sacrée dose de feel-good spirit dans une salle au bord de l'asphyxie. Dès les premières notes, la magie des twin-guitars façon Thin Lizzy t'allume à bout portant. Fabrice Dutour et Michaal Benjelloun se renvoient des solos harmonisés d'une élégance rare, se croisant les pelles comme deux duellistes en plein délire mystique. Au micro, Vanessa Di Mauro t'attrape par le colback : une voix monstrueuse, gorgée de soul et d'énergie rock sudiste, qui te balaye le sous-sol. La nana a bouffé un compresseur au petit-déjeuner, c'est pas possible autrement. Défendant leur brûlot The Sky's The Limit, le quintet déroule un son chaud, organique et terriblement efficace. La section rythmique tenue par le monstre Laurent Falso qui martyrise sa batterie et Anthony Prudent qui martèle sa basse insuffle un groove irrésistible. Ça tourne comme un V8 américain retapé au fond d'un garage délabré. Un show généreux, solaire et vibrant qui prouve une bonne fois pour toutes que le Hard Rock des seventies n'a pas pris une seule ride. Une vraie démonstration de force. Une claque monumentale, distribuée avec le sourire mais calibrée comme un coup de double pédale en plein sternum. Emerald Moon a retourné la salle en rappelant à tout le monde d'où vient le feu sacré.
Charcoal : Du Sleazy taillé au marteau-piqueur
Si vous aimez le cuir, la bière tiède et le rock qui tache, Charcoal était là pour vous ! Le quartet débarque sur les planches en mode commando Sleazy Hard Rock 'n' Roll, bien décidé à faire renaître l’esprit crasseux du Sunset Strip au cœur du Forez. Pas de sombres cérémonies ce soir, juste du rock bête, méchant et diablement jouissif.
Au micro, Cyrille Hawlicki pose ses tripes sur la table. Ça pousse la voix comme si le type avait bouffé des lames de rasoir trempées dans le bourbon. À côté, Damien Leboucher aligne les solos endiablés avec une attitude de guitar hero complètement assumée poseur, hargneux, rapide comme une frappe d'Ancien Dieu. Derrière eux ? Une section rythmique en béton armé qui pilonne sans sommation, un vrai rouleau compresseur qui te fait vibrer la cage thoracique à chaque impact.
Le groupe déroule les morceaux d’une efficacité redoutable tirés de leur EP Rocks. Pas de fioritures, pas de chutes de tension : les brûlots originaux taillés pour la route s’enchaînent comme des coups de poing. Et quand ils balancent leur reprise décapante du traditionnel Whiskey In The Jar, c’est l’émeute. La fosse se transforme en un pub survolté, un moshpit improvisé où les coudes volent et où la sueur gicle jusqu’au plafond. Ça suinte le fun, c’est brut, c’est sans prise de tête. Une pure décharge d'adrénaline qui fait un bien fou par où ça passe !
Charcoal est venu, a posé son paquet sur la table, et a pulvérisé tout ce qui bougeait. Pas de quartier, pas de pitié, juste un concentré d'énergie pure qui te laisse les cervicales en bouillie et les oreilles qui sifflent jusqu'à mardi.
Waking The Sleeping Bear : Secousse sismique et tatanes jurassiennes
Attention, déflagration majeure ! Les Jurassiens de Waking The Sleeping Bear déboulent sur les planches avec la ferme intention de terrasser tout ce qui respire. Pas le temps de dire ouf que ça t'envoie un coup de tatane virtuel bien placé en pleine carotide. Leur Néo Metal / Metal Fusion moderne teinté de rapcore et d'indus ? Une véritable arme de destruction massive, calibrée sur mesure pour t'exploser les cervicales sans sommations. Le quartet déploie un show hyperstroboscopique qui frôle la démence. Ça bave pas d'un millimètre, c'est taillé au scalpel. Porté par un chant intégralement scandé et hurlé en français qui te rentre dans le crâne comme un burin, le combo défend sur scène son tout récent EP Grands Maux, Grands Remèdes - Partie 1. Et bordel, quand ils balancent leurs missiles comme « Le goût de la peur au ventre » , tu sens direct la patte de Fred Duquesne au mixage : c'est lourd, c'est gras, ça fait l'effet d'une division de tanks lancée à pleine balle. Dans la fosse, c’est l'explosion instantanée. Pogo culture activée ! Les samples industriels ultra lourds s'engouffrent dans tes tympans pendant que les riffs accordés au plus bas de la Terre te décollent les plâtres du thorax. La communion avec le public est totale, violente, organique. Une gifle d'énergie pure balancée en pleine gueule qui te laisse KO debout, les oreilles sifflantes et le sourire jusqu'aux tempes.
Waking The Sleeping Bear n'a pas juste réveillé l'ours : ils ont démoli le festival et piétiné les ruines. Si le Néo metal français cherchait ses nouveaux patrons pour la décennie, il vient clairement de se faire braquer par quatre mecs du Jura.
Feat The Sun : L'invocation en mélodies
Au moment où la masse de chevelus commençait à reprendre son souffle, les projecteurs ont braqué la scène. Une tension électrique a traversé la fosse. Des faisceaux de lumière froide ont percé la brume, dessinant des architectures de cathédrale impie. Au centre, la silhouette gracieuse mais menaçante de Lucie dans sa robe ajourée captivait tous les regards, les mains levées pour invoquer des forces telluriques. Les zicos étaient déjà en transe, les muscles tendus, prêts à tout faire péter. Le décor était posé, après le chaos, place à l'énergie mélodique et explosive de Feat The Sun. Les Grenoblois, armés d'un passif de plus de 100 concerts, ont investi la mainstage avec une assurance remarquable. Dès les premiers rangs, l'aisance du combo t'encaisse le buffet. Pas de temps mort, pas de chipotage, leur Rock Alternatif francophone teinté d'accroches Pop et de riffs Metal fait mouche d'entrée de jeu. Défendant l'édition deluxe de leur EP Fragments et leur single Paralysed, le groupe sait comment faire sauter une foule. Ça saute, ça hante le pit, ça ne bave jamais. Le show est visuel, dynamique et ultra généreux. Feat The Sun aura su capter l'attention du festival avec un set taillé sur mesure pour la scène. Carré et ultra-efficace Feat The Sun a plié le Volcanic fest avec un show taillé pour les grands espaces, prouvant qu'on peut allier la puissance des distorsions à des mélodies qui restent gravées dans le crâne.
Heavylution : Le Speed/Heavy Des Locaux
Quand les Stéphanois d'Heavylution déboulent pour jouer à domicile, autant te dire que la pression est à son comble. Jouer devant les copains et la famille, c'est soit le crash en flammes, soit le carnage mémorable. Spoiler alert pour toi l'ami métalleux : ce fut un triomphe absolu, une vraie leçon de violence à l'ancienne. De retour sur les planches avec leur dernier pavé The Cycle sous le bras concept inspiré d'un livre de Science Fiction Cycle de Fondation d'Isaac Asimov. Dès les premiers décibels, c'est un mur de Speed/Heavy à l'ancienne qui te balaye la tronche avec une puissance retrouvée. Carré, affûté, sans le moindre temps mort. Devant, Paul Eyssette est dans une forme tout simplement étincelante. Le type a manqué de bouffer son micro à plusieurs reprises tant la fureur l'habitait, balançant des envolées haut perchées dans la pure tradition de la New Wave of British Heavy Metal. La chair de poule garantie. Côté grattes, le duo Olivier Dupont et Loïc Chalindar s'est livré à un duel de riffs magmatiques et de solos pyro-techniques qui ont littéralement fait voler les étincelles jusqu'au plafond. En embuscade sur les arrières, la section rythmique tourne au marteau-piqueur, quatre cordes hypnotiques et une artillerie lourde au fûts. Le public stéphanois, déchaîné du premier au dernier rang, a réservé un accueil « VOLCANIQUE » et passionné à ses héros locaux. Du headbanging généralisé, des cervicales en compote et une vraie célébration du metal traditionnel comme on n'en fait plus beaucoup.
Eight Sins : Le Destruction Derby
L’atmosphère avant qu’Eight Sins ne foule les planches ? Une cocotte-minute prête à exploser sous la pression. Les regards aguerris des mosheurs en disaient long : ce soir, le sol allait trembler. Le groupe est arrivé sur scène avec une seule idée en tête foutre un bordel monstre, et autant te dire tout de suite qu'ils ont largement dépassé leur objectif. Le Set ? Un carnage sonorisé, cartons et flammes de l'Enfer.
Dès l'attaque de Straight Hate, le mur du son nous a balayés sans sommation. C'est d'une précision chirurgicale, ça dégaine à coups de riffs thrash ultra lourds sans jamais sombrer dans le bâclé, avec juste ce qu'il faut de crasse hardcore pour vous choper aux tripes. Le chant de Loïc ? Un growl affamé, comme s'il avait bouffé le micro au petit-déjeuner. Ça enchaîne sur Slice of Doom puis le rouleau compresseur Acid Hole, la section rythmique pilonne les tempes à coups de double pédale assommantes. Mais là où ça devient véritablement magique, c'est dans le pit. Les enfants, on a assisté au pit le plus complètement déjanté et furieux des trois jours du festival ! Pendant les attaques punk/hardcore d'un Straight to Namek, un circle pit dantesque s'est formé autour d'un combat de chevaliers en armure en carton, immédiatement suivi d'un wall of death titanesque prêt à fracturer des côtes.
Mention spéciale au groupe qui a dédié un titre où le moshpit était réservé exclusivement au public féminin et elles s’en sont données à cœur joie, balançant des coudes et des smileys en plein dans la tronche du patriarcat !
Entre l'incontournable bataille de frites de piscine géante, le traditionnel circle pit tournant autour de la régie et le chanteur Loïc porté en slam royal au-dessus d'un océan de mosheurs survoltés, la démence était totale.
Pour achever ce qui restait de vertèbres dans l'assemblée, le groupe a balancé ses cartouches ultimes, assénant un final démolisseur sur Beers & Moshpit.
C'est au milieu de ce chaos sonorisé qu’est survenu le moment le plus dément de la soirée : un cracheur de feu officiant carrément au milieu du pit avec des flammes de plus de deux mètres ! Un décor post-apocalyptique digne de Mad Max
De la sueur qui vole en gouttes rétroéclairées à la lueur aveuglante des flammes découpant les silhouettes du moshpit au milieu de ce boxon, l'objectif de Yog Sothoth Photography qui fige le massacre.
Eight Sins nous a livré une prestation totalement survoltée qui a marqué cette édition du Volcanic Fest au fer rouge. Un KO technique sur toute la ligne.
Silver Dust : Le Cabaret Macabre
Changement d'univers total avec la déferlante suisse qui s'empare des planches. Au centre du pandémonium, Lord Campbell, vissé dans son haut-de-forme emblématique, mène la danse tel un maître de cérémonie macabre. Le type a un charisme magnétique : une présence scénique qui te hante l'esprit dès les premières secondes.
Leur Metal Gothique teinté de Rock Théâtral balance une sauce d'une précision chirurgicale. Ça ne bave pas d'un millimètre : les riffs lourdissimes viennent te fracasser les côtes, enchevêtrés dans des nappes électroniques synthétiques et une ambiance sombre, très burtonienne. C'est théâtral, c'est grandiloquent, c'est vicieux.
Pendant que les six-cordes et la basse arpentent la scène avec une classe arrogante pour pilonner les cervicales du public, le batteur enchaîne les facéties derrière ses fûts, alternant frappe de sourd et jeu de scène grotesque. En live, leur dernier opus prend une dimension grandiose, quasi hypnotique. Tu te prends une claque visuelle et auditive qui te remet les idées en place.Un show sombre, fascinant et exécuté de main de maître. Une démonstration d'une efficacité redoutable qui te laisse les oreilles sifflantes et les yeux écarquillés.
Klone : Au Sommet De L'hypnose
Après la boucherie des groupes précédents qui nous ont poncé les cervicales à coup de blast beats sauvages, le plateau s'éteint. Le silence s'installe. Pas n'importe quel silence : celui, lourd et poisseux, qui précède la tempête. Les patrons du metal progressif hexagonal débarquent pour refermer les portes de la réalité et nous balancer en plein vortex hypnotique.
Dès les premiers riffs, la clarté sonore te met une gifle chirurgicale. Les gratteux tissent des toiles sonores d'une densité terrifiante. C'est lourd, c'est massif, ça te compresse la cage thoracique comme un étau lovecraftien, mais c'est pourtant empreint d'une mélancolie absolue. Pas de fioritures, pas de démos techniques pour frustrés du manche : de la pure tension atmosphérique. La basse te décolle les plâtres du fond de la gorge pendant que le martèlement de la batterie insuffle une dynamique organique, oscillant entre frappe subtile et rouleau compresseur.
Et puis, il y a la bête au micro. Yann Ligner. Le type ne chante pas, il invoque. Une présence presque chamanique, un charisme magnétique qui te cloue sur place. Sa voix passe d'une douceur cristalline à une puissance brute capable de fissurer le plafond. C'est d'une justesse affolante, te chopant directement aux tripes sans passer par la case départ.
Les textures de synthés et les samples hypnotiques viennent draper cette orgie de riffs dans une brume cosmique, créant un contraste saisissant entre la violence sourde de la rythmique et la poésie tranchante des mélodies.
Dans le public, le pit s'est métamorphosé. Exit la baston, place à la transe. Tout le monde oscille les yeux fermés, balayé par des vagues d'intensité sonore qui te font passer du fond de l'abysse au sommet de la montagne en une fraction de seconde.
Un voyage cosmique hors du temps, une leçon de maîtrise pure et dure. Ces gars-là ne jouent pas de la musique, ils façonnent la matière sonore avec la précision d'un scalpel. Tu ressorts de là le cerveau essoré, l'âme à vif, persuadé d'avoir assisté à une messe noire d'une beauté dévastatrice. Une véritable gifle d'élégance et de lourdeur.
Sickmind : Massacre À La Tronçonneuse Pour Cervicales En Fin De Vie
Il est plus d'une heure du matin. Les cervicales du public ressemblent à un jeu de Mikado après un séisme force 8 sur l'échelle de Richter. Les corps sont concassés, ramassés à la petite cuillère, mais pour clôturer cette deuxième nuit de folie au Volcanic Fest, l'extermination n'est pas tout à fait terminée. Ce sont les Bordelais de Sickmind qui ont la lourde tâche de martyriser les derniers rescapés. Et bordel, ils ne sont pas venus pour distribuer des hosties. Issus des catacombes de la scène underground girondine, les gars débouchent sur scène sans la moindre sommation et nous balancent leur crossover Metal/Thrash/Death en pleine tronche, sans aucune concession. Pas de fioritures, pas de samples préenregistrés pour midinettes, pas d'effets de manche pour briller sur Instagram, du gros son lourd, gras, méchant, balancé avec la violence d'un coup de pelle dans les dents. Dès les premières mesures, c'est l'invocation des forces occultes. La section rythmique pilonne à la double pédale comme une batterie d'artillerie lourde bombardant un cimetière. Les riffs, acérés comme des scalpels rouillés, évoquent la fureur primitive d’un Slayer sous stéroïdes couplée à la lourdeur d'un Bolt Thrower de la grande époque. Le chanteur recrache ses textes avec un growl à décoller le papier peint, haranguant les survivants avec une morgue réjouissante. La fosse résiduelle une poignée de guerriers en vestes à patchs complètement déshydratés et de métalleux en phase terminale puise dans ses toutes dernières réserves de glycogène. Pas besoin d'attendre un wall of death poli, le moshpit se déclenche spontanément dans un élan morbide. On se rentre dedans, les coudes volent, la dignité vole en éclats. Sickmind délivre un set brut, organique et totalement instinctif, scellant cette deuxième journée dans un maelström de décibels saturés où le néant a fini par engloutir ce qu'il restait de nos tympans.Une vraie leçon d'agression pure qui prouve que l'underground français a encore des cartouches pleines de plomb.
Le Verdict
Bordel de merde, quelle boucherie ! Si la flotte a essayé de noyer Andrézieux-Bouthéon par la toiture, le Volcanic Fest a répondu en cramant la baraque à coups de napalm auditif et de pyrotechnie impie ! Entre la démonstration de force Heavy/Power chirurgicale de Crystal Throne, la messe noire viscérale scellée dans le sang et le feu par Naraka et la vénéneuse Mélainya B, le groove saignant d'Emerald Moon et la distribution gratuite de tatanes jurassiennes signée Waking The Sleeping Bear, cette deuxième journée n'était pas un simple festival : c'était une purge cathartique en bonne et due forme. Les seaux du C.A.B.L. ont peut-être ramassé les fuites d'eau, mais dans le moshpit, c'est de la sueur, du sang et de la bière tiède qu'on a récolté à litres entiers ! On a les cervicales en plastique, les tympans réduits en compote et les yeux encore brûlés par les flammes, mais le mugissement de la meute en redemande. Prenez vos tisanes, ramassez vos dents et rechargez vos batteries le carnage n'est pas encore terminé, et Yog Sothoth garde l'œil ouvert sur la suite des hostilités.
L’Œil du Cyclone
Un live report sans sueur, coups de coude et chaleur humaine n'en est pas un. On s'est immergés directement au cœur du réacteur.
Résultat : une sélection de clichés capturés sur la ligne de front. Mosh pit survolté, visages crispés, sourires extasiés… Tout l'esprit de cette deuxième journée résumé en quelques images brutes et intenses.
Stay Heavy, espèces de sauvages !
----> Live report de la première journée
Live Report Volcanic Fest 2026 : Le line-up du Jour 1 a enflammé la Loire

Black Bomb A ✘ Locomuerte ✘ Dropdead Chaos ✘ Sangdragon ✘ Stone Horns ✘ Perseide ✘ Barth Sky ✘ Oozer Pit
Chronique Live : Journée 1 – Vendredi 24 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia en direct du front pour Yog Sothoth Photography.
Si vous pensiez que la Loire n'était célèbre que pour sa verveine et ses mines de charbon, détrompez-vous : cette année, c'est la terre elle-même qui s'est ouverte en deux. Oubliez le Hellfest et ses autoroutes de touristes blindées de poseurs, on est allés poser nos objectifs, nos bouchons d'oreilles et nos foies à la toute première édition du Volcanic Fest.
Niveau logistique, l’équipe de Teamduc's Production n'a pas fait les choses à moitié pour ce baptême du feu. Le spot ? Le complexe d'Andrézieux-Bouthéon, juste à côté de Saint-Étienne. Oubliez la galère des parkings boueux à trois kilomètres du site, ici on a droit à un parking énorme et surtout royalement ombragé, le Saint-Graal absolu quand le thermomètre affiche plus de 40 et que ta bagnole menace de se transformer en four à micro-ondes.
Une fois les fouilles passées on découvre le Village Volcanic, un sacré morceau avec un nombre impressionnant d’exposants alignés, transformant les allées en un véritable temple de la culture alternative et metal francophone. Au milieu des amplificateurs à lampes 100 % fabriqués à la main par AmS Amplifiers et des tatoueurs en plein flash, impossible de louper le stand du merch des Poulettes Sisters pris d'assaut par les metalleuses (et les mecs branchés) en quête de sapes rock qui ont de la gueule.
Mais le pèlerinage ne s'arrête pas là. Juste à côté les festivaliers se pressent devant les stands de merch officiel pour choper les vinyles et t-shirts de Klone, Black Bomb A, Eihwar ou encore du Naheulband. Les "distros" indépendantes débordent de cassettes et de raretés underground, tandis que les artisans maroquiniers et créateurs de bijoux en métal forgé peaufinent le look du public.
Les festivaliers ont pu également croiser le chemin de Lady Tinetine InTheDark sur son stand de maquillage elle était présente pour proposer des maquillages médiévaux, fantastiques et festifs, parfaitement dans le thème du festival. Petits et grands pouvaient repartir avec un look personnalisé (guerrier, elfe, viking ou créature légendaire).
C'est aussi l'occasion de tenter sa chance au grand concours organisé pour remporter une borne d'arcade rétro-gaming haut de gamme, conçue de manière artisanale par Arcade Vintage, tout en découvrant les stands ludiques comme celui de Rolliver, le fameux jeu de société qui cartonne dans la communauté metal.
Un Village ultra-complet où la scène émergente, les festivals copains et les passionnés partagent bien plus que de la musique.
Et pour le son ? On s'engouffre dans la salle immense du C.A.B.L. (Complexe d'Animation des Bords de Loire), un espace moderne de 2600 m² parfait pour encaisser les infrabasses. Le concept est roi : une scène unique à l'intérieur pour éviter de courir comme des poulets sans tête sous le cagnard. La jauge reste humaine environ 1 000 enragés venus suer du gros sel mais l'ambiance est électrique.
Entre les sets, pas le temps de s'emmerder : l'esplanade extérieure s'est transformée en cour des miracles version Mad Max. Des combats de catch ultra-violents font trembler les cordes et craquer les os, des cartonnades géantes voient des festivaliers en armures de carton s'auto-détruire dans un rire général, tandis que des jongleurs, cracheurs de feu et des dresseurs de dragons déambulent au milieu de la foule en balançant des étincelles. Un joyeux bordel médiéval-apocalyptique !
Petite larme de sang avant de lancer les hostilités : les monstres de Magoyond ont dû annuler leur venue au au dernier moment pour cause de bébé imminent dans les rangs de la horde. Félicitations au Mago, mais aujourd'hui, on va quand même devoir affronter les secousses sismiques des survivants du jour par ordre d'apparition.
Allez, serre les dents, sors ta plus belle grimace et ton t-shirt noir le moins troué, je t'emmène dans le pit.
OOZER PIT : Une claque Stoner/Doom en ouverture de festival
Il est à peine 15h45 et les Stéphanois d'Oozer Pit déboulent sur scène avec la lourde tâche d'ouvrir les hostilités de cette première édition. Autant vous dire qu'Adrien, Loïs, Olivier et Bastien n'ont pas fait le voyage depuis Saint-Étienne pour cueillir des pâquerettes. Eux, leur truc, c'est plutôt de décaper le tarmac à coups de riffs monolithiques. Grand bien leur a pris de remporter le Tremplin du festival quelques mois plus tôt : ils ont gagné le droit de nous rouler dessus en premier pendant 30 minutes chrono.
Le quatuor attaque direct dans le vif du sujet avec "Lonely Knight". Le son de basse est tellement gras qu'il pourrait boucher les artères d'un bûcheron canadien. On enchaîne sans respirer sur le lourd et poisseux "Dirt" qui transforme instantanément la fosse en un hochement de tête collectif et synchronisé. Leur Stoner/Doom Metal teinté d'une vibration Post-Rock te plaque littéralement au sol. Sur les planches, ça joue serré, ça sue à grosses gouttes et ça balance du lourd. Quand retentissent les premières notes mystiques de "I am the Wizard", l'air du C.A.B.L. devient définitivement irrespirable.
Pour achever les survivants, Oozer Pit sort l'artillerie lourde et achève son set dantesque sur le rouleau compresseur "Black Dog". Les mecs sortent tout juste d'un concert mémorable à Lyon au Rock n'Eat et préparent activement l'enregistrement de leur tout premier EP. Autant dire que ces 30 minutes de pure fuzz graisseuse ont laissé le public sur les genoux. Une sacrée mise en bouche tellurique !
BARTH SKY : La droite Glam-Rock en pleine poire !
Changement radical d’ambiance. Le "Guitar God" de la vieille école, Barth Sky, débarque de cuir rouge vêtu. Après 15 ans à écumer le monde aux côtés de Franck Carducci, le bonhomme sait comment tenir une scène. Flanqué de sa rythmique infernale, il vient défendre son tout premier brûlot solo, Rockstars, sorti fraîchement en juin 2026. C'est une décharge électrique de Hard/Glam Rock ultra-sensuel, infusée aux Guns et à Mötley Crüe. Le son est brut, la voix superbement rocailleuse. Les morceaux "Shake Your Bones" et "Naked Like An Animal" secouent le public comme un prunier.
On retrouve instantanément cette fureur qui sent la sueur, la bière et la route, celle-là même qui nous avait foutu une baffe monumentale à l’Over Eighteen Motors en août 2025. Sauf que ce soir, ils poussent le vice encore plus loin. En plein milieu du set, l'ambiance vire aux meilleurs clubs underground de Los Angeles : Barth délaisse momentanément son micro et sa gratte pour descendre directement faire le tour de la fosse ! Une bouteille de cocktail de sa propre fabrication à la main, il abreuve au goulot les fans assoiffés de son poison maison. Un geste digne des plus grands pour un panache total ! De retour sur les planches, il enchaîne les solos de haute voltige avec un clin d'œil complice permanent au public, avant de finir son show ruisselant de sueur. Du vrai rock'n'roll puissant qui ne s'excuse pas d'être là.
SANGDRAGON : La fureur médiévale à l'état brut
Quand Sangdragon investit la scène, le temps s'arrête. Le combo mâconnais débarque en costumes médiévaux, posant d'entrée de jeu une atmosphère occulte, mystique et résolument théâtrale. Mené par un Lord Vincent Akhenaton plus habité que jamais, le groupe déploie son Symphonic Black/Death Metal avec une puissance dramatique absolument folle. On navigue en pleine Mystic Trilogy, et croyez-moi, l'immersion est totale.
Sur scène, le contraste visuel et sonore est saisissant. C'est un maelström où les hurlements primaux et les assauts chirurgicaux de double pédale se marient à merveille avec la noblesse des chœurs masculins, la voix lyrique envoûtante de leur nouvelle choriste, venue insuffler une dimension mystique inédite à l'ensemble. Récemment, le groupe confiait en interview sa volonté de pousser encore plus loin l'aspect brut et authentique de leur univers sur scène, refusant le tout-échantillonné pour offrir du sang et des tripes. Promesse tenue. Les titres du dernier opus Hierophant, à l'instar du dantesque "Under My Stigmata", transforment instantanément le C.A.B.L. en une gigantesque cathédrale païenne.
Le son est immense, épique, porté par des mélodies glaciales et des blast-beats qui te martèlent le cortex jusqu'à l'alignement des vertèbres. La scène du festival est pourtant très grande, immense même, offrant un terrain de jeu taillé pour les ambitions démesurées du groupe. Et pourtant, malgré cet espace colossal, l'armada visuelle et la déferlante sonore de Sangdragon sont si massives qu'elles semblent presque à l'étroit, comme prêtes à faire imploser les murs. Le groupe transcende les limites physiques pour transformer cette immense scène en un véritable champ de bataille sonore. On sent le sol trembler, les murs suinter la noirceur d'un donjon oublié. C'est un set martial, sombre, magistral. Une prestation qui prouve le travail de longue haleine et l'implication totale d'un line-up soudé et impitoyable. Une expérience auditive intense, un vrai voyage dans les tréfonds de l'âme du métal dont on ne ressort pas indemne.
PERSEIDE : L'Artillerie Lyonnaise !
C'est maintenant aux quatre potes d'enfance de Perseide d’envoyer le bois. Autant vous dire que les mecs ne sont pas venus pour enfiler des perles ou faire de la figuration. Et pour cause : voilà plus de 20 ans que cette fratrie soudée écume les scènes sans aucun changement de line-up ! Autant dire que les automatismes sont gravés dans leur ADN. Fraîchement débarqués avec leur deuxième opus P.I.E.C.E.S. sous le bras et armés de leur tout nouveau single ravageur "Shadows" qui ouvre officiellement l'ère de leur troisième album, les Lyonnais balancent un Metal Alternatif ultra moderne, teinté de samples sombres qui te percutent directement le sternum.
Dès les premières notes, le combo impose son univers sans demander la permission. Le son est massif, compact, sans concession. Les refrains ultra accrocheurs rappellent la grande époque du Nu-Metal des années 2000 (les mecs ont grandi bercés par Korn, Linkin Park et In Flames), mais avec une prod actuelle, lourde et tranchante qui te démonte les cervicales.
Sur scène, c'est une véritable pile électrique : ça bouge dans tous les sens. Adrien et Julien croisent le fer aux guitaires, balançant des rythmiques old-school ultra efficaces pendant que la section basse-batterie de Guillaume et Anthony enfonce des clous de dix centimètres dans les tympans. Le public, bien que cuit par le soleil de l'après-midi, se laisse rapidement séduire par l'énergie communicative des morceaux. Les têtes commencent à bouger en rythme et les premiers rangs s'agitent sérieusement sous l'effet de ces brûlots calibrés pour que « la mort elle-même ait peur de leur musique », comme ils aiment le balancer en interview. Une sacrée mise en bouche qui pose les bases de la journée : la scène hexagonale est bouillante !
LOCOMUERTE : Pura Violencia en immersion
On les avait laissés au printemps à la Xion Metal Night en train de martyriser des crocodiles en plastique. Depuis ? Les locomuerte ont tout simplement hacké le game. En pleine bourre après leur tournée monstrueuse de mars avec les légendes de Luicidal (Suicidal Tendencies spirit !) et leur annonce explosive sur la Mainstage du Hellfest, le gang du 91 est arrivé à Andrézieux avec le statut de patrons absolus. Quand l’intro de La Canción Del Mariachi retentit entre les quatre murs de la salle, tu sens que les fondations du bâtiment vont prendre cher. Ce n'est pas du Crossover, c'est un art martial ! El Termito déboule avec sa dégaine de flibustier de l'Essonne, micro-sabre au poing, prêt à découper tout ce qui bouge. Le mec enchaîne les sauts élastiques déments tandis que son flow en espagnol mitraille la fosse à bout portant.
Le son en salle est d'une lourdeur monolithique : El Mitcho (guitare) et Nico Loco (basse) balancent des parpaings thrash-hardcore ultra-groove, solidement cimentés par les frappes de bucheron d'El Floco derrière les fûts. Dès "Tiro Pa Matar" et "Parano Booster", c'est une avalanche de "violence positive". Le mosh pit devient sauvage, permanent. Les t-shirts "B91" volent dans l’air moite de la salle pendant l’hymne du crew. C'est l'anarchie, mais une anarchie fraternelle. Les crocodiles gonflables font leur apparition et surfent sur une mer de mains moites pendant "Barrio" et "Mi Familia".
Mais le clou du spectacle, le moment où le thermomètre de la salle a littéralement implosé, c'est sur le terrifiant "Pura Violencia" (et les rappels massifs sur "Los Narcos"). El Termito hurle l'ordre de tout cramer : le groupe invite le public à envahir la scène ! C’est l’invasion totale. Une cinquantaine de furieux grimpent sur les planches, micro partagé, sueur partagée. C'est le chaos organisé, le vrai, à s'en briser les côtes ! Ils achèvent les survivants rongeant le sol avec le final cataclysmique sur "La Vida Loca". Une prestation d'une générosité brute et d'une intensité physique rare. Du gros son, du corazón et de la démence pure.
DROPDEAD CHAOS : Le monstre est lâché
La pression ne redescend pas d'un iota avec l'arrivée du rouleau compresseur Dropdead Chaos. Pour ceux qui roupillaient au fond de la classe ces dernières années, ce collectif est né durant le confinement. Ce qui n'était qu'un exutoire à distance est devenu une véritable hydre de scène, un monstre à plusieurs têtes qui a d'ailleurs blindé son line-up et peaufiné sa formule en studio après avoir écumé les plus gros festivals.
Avec son armada de musiciens chevronnés on parle quand même de pointures comme Boris (ex-Betraying The Martyrs), Jacou (Black Bomb A), ou encore Nils (Sirenia) le groupe déploie une énergie cinétique dingue. Ils sont tellement nombreux et survoltés qu'ils se marchent presque dessus sur les planches, mais c'est précisément ce chaos organisé qui fait leur force. En interview récente, les mecs confiaient d'ailleurs à quel point la scène était devenue leur drogue dure, loin des sessions Zoom des débuts, et ça se sent à des kilomètres.
La double formule vocale entre Renato Di Folco et Raphaël Pener apporte une dynamique théâtrale ultra-violente, un jeu du chat et de la souris version uppercut dans les dents. Visuellement et vocalement, c'est une baffe monumentale. Les morceaux issus de leur méfait Underneath The Sound résonnent comme des marteaux qui s'abattent sur l'enclume de nos tympans saturés. Impossible de décrocher quand résonnent les brulots comme "Save Yourself" ou l'oppressant "Black Thoughts" : le son est lourd, moderne, chirurgical, et l'actualité récente du groupe (qui ne cache pas ses ambitions internationales) transpire à chaque accord.
Le point d'orgue du cataclysme ? Le moment où le set bascule dans la folie pure : El Termito (Locomuerte) et Arno (Black Bomb A) déboulent sur scène comme des damnés pour venir prêter main-forte à Renato. Une collision de générations et de styles qui transforme le pit en un gigantesque brasier. Les micros saturent, les postillons volent, et la foule capitule.
Pour couronner le tout, les lascars nous gratifient d'une communion totale avec le public réclamant des walls of death. Ils quittent la scène en laissant la fosse complètement lessivée, le sol jonché de gobelets écrasés et de cervicales brisées. Monstrueux, tout simplement.
BLACK BOMB A : Trente ans de fureur !
On entre dans le money time avec les patrons du Hardcore/Thrash hexagonal : Black Bomb A. Trente ans de bouteille, trente ans de fureur, et les bougres n’ont pas pris une seule ride de fatigue. Au contraire, ils ont développé une sorte d'immunité contre le temps, transformant chaque scène en un réacteur nucléaire à ciel ouvert.
Le set démarre et l’atmosphère est instantanément irrespirable. Poun et Arno forment ce duo vocal légendaire, une symbiose animale où les deux frontmen se renvoient la balle comme des damnés, alternant chant saturé viscéral et hurlements de détresse urbaine. Ils sont venus défendre leur héritage, et le public le sait. Le groupe est en pleine forme, porté par une actualité brûlante avec Unbuild the World qui continue de sonner comme une prophétie apocalyptique parfaitement orchestrée. "The Point of No Return" et "Kill Yourself" enfoncent le clou.
Mais le moment de bascule, l'instant où le temps s'arrête, c'est leur reprise du "Beds Are Burning" de Midnight Oil. Attaque frontale. Ils ont réussi le tour de force de transformer cet hymne rock engagé en une déflagration hardcore sauvage, presque violente dans son intensité. C’est la marque des grands : prendre un classique, lui arracher les entrailles et le recracher avec une urgence nouvelle. Le public a hurlé chaque mot, le poing levé vers ce ciel Stéphanois qui menaçait de nous tomber sur la tête.
Avec "Bulletproof" en guise de coup de grâce, les BBA quittent la scène, laissant derrière eux des corps en sueur et des sourires dévastés. Une prestation d'une sauvagerie absolue qui rappelle, s'il le fallait, pourquoi ces gars-là siègent sur le trône de la scène française depuis trois décennies.
STONE HORNS : Chronique d'une démolition programmée !
Il est minuit passé. Les organismes sont rincés, les genoux grincent, les foies crient grâce et l’air du C.A.B.L. est saturé d'une odeur de bière tiède et de sueur accumulée. Le moment idéal pour achever les survivants, non ? C’est exactement ce que se sont dit les tueurs à gages de Stone Horns. Débarqués de Marseille non pas avec des valises, mais avec une armée de bulldozers sonores, les sudistes étaient là pour fermer le cercueil de cette édition du Volcanic Fest. Et spoiler : ils n'ont pas fait de prisonniers.
Dès les premières notes de "No Mercy", le ton est donné. Le son est d'une lourdeur pachydermique, le genre qui te remue les viscères et te décolle les plombages. Visuellement, le groupe a passé un cap depuis leur récente tournée européenne et les grosses interviews données dans la presse spécialisée cette année, où ils confiaient avoir bossé leur jeu de scène comme des damnés. Ça se voit. Devf, le frontman, est tout simplement impérial. Habité par une rage communicative, il harangue la foule comme un prédicateur de l’apocalypse. Le bougre alterne growls abyssaux et hurlements hardcore avec une aisance insolente. À ses côtés, la paire de grattes balance des riffs cyclopéens.
Le groupe surfe sur une actualité brûlante : entre la sortie récente de la version remasterisée de leur tout premier méfait The Beast Inside, et les morceaux issus de leur brûlot de 2024 Chimaira, la setlist est un enchaînement de parpaings dans la tronche. L’enchaînement "Terra Genesis" et le terrible "Invocation" (petit retour aux sources de Rise of Apophis, 2021) transforme la fosse en un vortex de violence pure. La section rythmique est d'une précision chirurgicale, une véritable machine à broyer de la viande. Les mecs défendent leur tambouille Groove/Death avec la dalle des grands jours. Pas de fioritures, pas de chichis, juste de l’énergie pure balancée en pleine poire.
La surprise du chef arrive en milieu de set avec les missiles "Outta Range" et "Thebes' Chronicle", tirés de leur tout récent EP Chimaira: Lost Chronicles (2025). Le public, pourtant épuisé, trouve des ressources insoupçonnées pour répondre aux assauts. C'est l'anarchie la plus totale dans le pit. Le final sur "In the Clutches of the Abyss" scelle définitivement le sort des festivaliers. Stone Horns unit les derniers rescapés dans un ultime et titanesque mosh pit de fin du monde. Un KO debout.
Conclusion : Le Bilan des Hostilités (Jour 1)
Voilà, les survivants. Passé une heure du mat' le C.A.B.L. ressemble à un champ de bataille après le passage des Huns. Si on m'avait dit qu'on survivrait à ce combo infernal "canicule du Forez + tsunami de décibels", j'aurais parié mon dernier vinyle de Motörhead que c'était impossible.
Pour une première édition, la Teamduc's Production vient tout simplement de poser ses couilles sur la table du metal hexagonal. Entre une organisation carrée, un village d'artisans qui a régalé les bourses (et les yeux), et des animations médiévalo-punk qui ont tenu le public éveillé entre les sets, c'est un sans-faute absolu.
Niveau musique, on est passés par tous les états de la démence : la lourdeur grasse d'Oozer Pit, le show ultra-rock 'n' roll et alcoolisé de Barth Sky, la messe noire théâtrale de Sangdragon, l'efficacité moderne de Perseide, l'invasion de scène chaotique de Locomuerte, le all-star game survolté de Dropdead Chaos, la baffe intergénérationnelle des patrons de Black Bomb A, pour finir sur la démolition chirurgicale signée Stone Horns. Nos cervicales sont officiellement en arrêt maladie, nos t-shirts noirs pèsent trois kilos de sueur pure, et je ne vous parle même pas de l'état des caleçons.
L’Œil du Cyclone
Parce qu'un live report sans la chaleur humaine et les traces de coups, ce n'est pas un vrai report. On a posé notre objectif au cœur du réacteur, là où ça fait mal, entre les barrières de sécurité et les premiers rangs de furieux.
Voici notre sélection de photos capturées depuis la ligne de front.Les corps qui s'entrechoquent dans le mosh pit, les grimaces de douleur et les sourires de pure extase. Bref, toute la violence positive et la folie de cette première journée résumées en quelques clichés.
Le verdict de Xylia : Saint-Étienne n'est plus seulement la ville du charbon, c'est désormais le nouvel épicentre du séisme metal. On va aller éponger tout ça avec une Verveine glacée, tenter de retrouver nos dents dans la fosse, et essayer de dormir trois heures avant de remettre le couvert. Restez branchés, les affreux, parce que si le Jour 1 nous a mis KO, le reste va nous achever !
----> Live report de la deuxième journée
Plane R Fest 2026 : Journée 2 sous le signe de la sueur, du métal et des paillettes

Shaârghot ✘ The Browning ✘ Wind Rose ✘ Knuckle Head ✘ Insomnium ✘ Calva Louise ✘ Smash Into Pieces ✘ Imparfait ✘ After The Outbreak ✘ 111 Trio ✘ Formula Juan
Le Réveil des Guerriers : Cadre, Sueur et Poussière
Oubliez le café et les croissants. Ce matin, le réveil à Colombier-Saugnieu a le goût du houblon tiède et de la poussière qui colle aux dents. Pour cette deuxième et dernière journée de la cuvée 2026 du Plane R Fest, le soleil a décidé de jouer les prolongations en mode "thermostat 8", transformant le site en une arène volcanique prête à imploser. L'orée du bois offre un semblant d'ombre aux premiers festivaliers qui traînent la patte, les yeux rougis par les excès de la veille, mais l'ambiance est déjà électrique.
Avec une jauge de public qui ne désemplit pas et une organisation aux petits oignons, le festival rhônalpin confirme son statut de rendez-vous incontournable pour les passionnés de musiques metal. En tant que photographe de concert à Lyon, immortaliser une telle ferveur sous la canicule est un défi brut il faut capturer l'énergie des groupes et festivaliers qui convergent inexorablement vers les deux scènes, là où les amplis chauffent et l'odeur des foodtrucks se mêle à celle de la bière fraîche.
Enfile ton armure de cuir, hydrate-toi au houblon, et prépare tes tympans : Xylia t'embarque pour le récit de ce Jour 2.
Alors que les tentes du camping tremblent encore des rires de la nuit, les balances lointaines annoncent la couleur : aujourd'hui, on ne fait pas de prisonniers.
Mais avant de libérer les fauves et de lancer les premiers circles pits de l'après-midi, il y a un pèlerinage obligatoire pour lancer la machine... Direction le mythique Diskopéro, le rendez-vous incontournable des puristes où le nanar musical côtoie la pinte de la survie, histoire de lubrifier les cordes vocales avant le grand chaos ! Accroche-toi, ça va secouer !
Formula Juan : Le Dancefloor de la Sainte Trinité : Bières, Paillettes et Nuques Brisées !
Alors, on pose le contexte : il est à peine midi, les corps sont encore endoloris par la fessée monumentale de la veille, les foies crient grâce, une bonne grosse meute de rescapés bien décidés à en découdre se rassemble sous les tonnelles. Ce moment-là, c’est le grand choc thermique musical. Un concept gratuit, ouvert à tous, pensé à la base pour reposer « Montcul » avant les gros riffs de l'après-midi, se restaurer et aller choper le merchandising tranquillement sans faire une heure de queue.
Aux platines ? Formula Juan, l'électron libre de la nuit lyonnaise.
Le mec est un mythe : en dehors de ses sets survoltés à La Rayonne ou au Grand Bal de l’Université Lyon 1, il paraît qu'il anime aussi des enterrements et des Bar-mitsvah pour tontons nostalgiques. Un mercenaire du BPM, le type.
Quand il lance son set, c'est un véritable coup de massue. Oubliez la pop gentillette, Formula Juan nous balance un mix frénétique à mi-chemin entre l’Eurotrance rétro, la Hard House et la Hard Groove. C’est ultra-rapide, ça dépasse le mur du son, et c’est surtout truffé de Funky Remixes et de samples improbables des années 90/2000 qui te déconnectent instantanément le cerveau. Imaginez des gros durs en battleJackets, recouverts de paillettes biodégradables, entamant une chenille géante et chaotique dans la poussière en hurlant les paroles de Céline Dion sur une ligne de basse techno à 160 BPM ! Les verres de bière se lèvent en l'air, les hanches s'échauffent sur du gros beat retro-futuriste, et on se surprend à slamer sur des remix improbables de Gilbert Montagné version rave party. C'est l'anarchie la plus totale, un kiff pur et sans concession où toutes les barrières du « true metal » s'effondrent dans une franche camaraderie.
Un grand n'importe quoi magnifique qui décrasse les foies et prépare idéalement le terrain.
Quelle entame de journée ! Ce Diskopero version Formula Juan aura été la meilleure idée du monde pour réveiller les morts et injecter une dose massive d'adrénaline rétro dans les veines des festivaliers. Les sourires sont là, les nuques sont prêtes, et l'ambiance est survoltée. Maintenant que les hanches ont bien remué sous les paillettes, on est parés à voir les portes se rouvrir à 14h30 pour laisser place aux grosses guitares saturées qui vont finir de nous violenter les tympans.
111 : Le Power Trio Lyonnais met le feu au brasier
Ce sont les locaux de 111 qui ont la lourde et noble tâche de brancher les amplis pour ouvrir les hostilités de cette deuxième journée. Et autant te dire, camarade, que le power trio n'est pas là pour faire de la figuration ou amuser la galerie. C'est une performance frontale, volcanique et viscérale qui nous saute direct à la gorge dès les premières secondes. La recette de ce commando rhodanien ? Une noise post-punk abrasive, totalement folle et délivrée sans aucune politesse.
Aux manettes, on retrouve une section rythmique en béton armé : une batterie implacable tenue par Jules Barras qui cogne comme si sa vie en dépendait, et une guitare enragée distillée par Yvain Poncet. Mais le véritable choc visuel et sonore vient de la frontwoman incendiaire, Emma Cordenod. Oublie les artifices, la tornade s’installe armée d'une basse qu'elle martyrise avec une rage pure. Elle fracasse ses cordes électriques pour balancer des riffs saturés, massifs et telluriques qui te secouent les cages à miel. Un jeu physique, hyper agressif, transformant son instrument en une véritable arme de destruction massive au service du groove noise.
Signés chez Le Cri du Charbon, les Lyonnais ne font pas dans la dentelle. Le combo est venu défendre son brûlot, l'album 12 titres Oh Wow ! sorti début 2025. Les textes, hurlés avec les tripes au cœur des lèvres, balancent un féminisme frontal et sans concession, revendiquant la liberté des corps face aux violences et à l'absurdité de notre monde. C'est de la musique pour aller faire la révolution, le genre de bande-son idéale pour foutre le feu aux conventions. La setlist est une véritable déflagration dans la fosse.
On s'est pris l'enchaînement de Again of All et du single éponyme Oh Wow ! en pleine poire, avant de se faire piétiner par le vindicatif Dear Violence. Le groupe crée la surprise générale en balançant ses autres pépites gardées en exclusivité pour le futur album : le public a ainsi pu vibrer sur les brûlants My Demon et Another Murder, des morceaux en cours de production qui s'annoncent déjà redoutables en live, avant que After of All et 61st Second ne viennent enfoncer le clou. Le set se termine dans une rage pure avec l'hymne How Dare Ya ?, laissant le public complètement lessivé et sur les rotules. Malgré la violence du son, l'ambiance sous le cagnard reste éminemment humaine, solidaire et chaleureuse. Une invitation à lâcher prise, à danser sans négocier notre existence, pour oublier la chaleur étouffante et la réalité extérieure. Une entrée en matière incendiaire.
After The Outbreak : Le réveil-matin au marteau-piqueur
À peine le temps de s'essuyer le front que la scène locale vient nous rappeler qui dicte la loi ici. C’est au tour d’After The Outbreak de monter sur les planches, et autant vous dire que les gones ont ramené les gros arguments pour nous découper en rondelles. Il faut dire que les petits gars n'ont pas atterri sur la grande scène par hasard : ce sont eux qui ont fièrement remporté le tremplin du Plane R Fest cette année, gagnant haut la main leur ticket pour venir secouer le festival. Formé en 2020, le combo balance un Metalcore moderne et massif, fortement teinté par des influences à la Polaris ou Architects. C'est simple, leur entrée en matière a la délicatesse d'un 38 tonnes lancé à contre-sens sur l'A43.
La force de frappe du groupe repose sur un duo de frontmen d'une efficacité redoutable. C'est une véritable double décharge de haute tension : pendant que Kev assène ses screams arrachés venus du fond des tripes, Tib lui balance une énergie brute et complémentaire qui pousse le public dans ses derniers retranchements. Derrière eux, c’est une machine de guerre. Leandre martyrise ses fûts avec une précision chirurgicale, imposant un tempo lourd et massif qui sert de fondation au reste de la bande. Soudé comme un bloc de béton, le line-up se complète avec Aymo à la guitare solo, Pith à la rythmique et Aurel à la basse lourde, balançant des riffs écrasants qui te cisaillent direct les genoux.
Le groupe revisite avec une rage folle son premier EP Black Box sorti en novembre 2024. Les morceaux comme "Red Lake" ou "Stone Sword" prennent une dimension proprement titanesque en live. La fosse devient instantanément chaotique, la poussière s'élève à s'en choper une silicose, mais tout le monde s'en fout. On est là pour ramasser nos dents. La vraie mandale de cow-boy arrive cependant avec leur toute dernière actualité : le brûlot "R.I.O.T. (Rebellion Is Our Trigger)", sorti en février 2026. Ce morceau, véritable hymne à l'insurrection auditive issu de leur effort Off My Skin, déclenche les premiers vrais circle pit de l'après-midi. Ça se rentre dedans avec le sourire, les corps s'entrechoquent et l'énergie brute est palpable. Le secret du quintet ? Une science parfaite de la nuance. Ils te cueillent avec des mélodies captivantes et des atmosphères planantes qui te figent sur place en plein cagnard, pour mieux te cisailler les jambes l'instant d'après sous le poids d'un breakdown absolument dévastateur. Ne t'y trompes pas : ce set était une pure démonstration de force brute qui installe définitivement les Lyonnais parmi les clients sérieux de la scène hexagonale. Une tuerie sans concession.
Imparfait :Quand le Nu-Metal flirte avec le Rap
Attention, OVNI sonore en approche. Si tu t'attendais à du metal de papa bien sagement aligné, tu t'es trompé de chapelle. Imparfait déboule sur la scène et impose instantanément son "laboratoire d'expérimentation" musical. Ce combo francilien passe la vitesse supérieure: après s'être fait les dents en ouvrant pour les Nova Twins et avoir retourné les charts alternatifs avec leur premier effort Telema, le groupe est en pleine mutation. En interview récente, ils confiaient vouloir aller encore plus loin dans la violence brute et l'honnêteté crue. Mutation réussie. Ils nous balancent une fusion lourde et hybride de Metal moderne, de Heavy Rock et de Hip-Hop qui te chope par la gorge et ne relâche la pression qu'une fois le set terminé.
Au centre de ce chaos parfaitement orchestré : Prisca Kalengay. Cette meuf possède la scène à un niveau presque effrayant. C’est une pile électrique dotée d’un charisme magnétique sauvage. Elle harangue la foule d’une gestuelle habitée, les yeux exorbités, balançant un flow rap chirurgical avant de basculer, sans transition pour tes pauvres oreilles, sur des hurlements bruts à réveiller les morts. C'est théâtral, c'est viscéral.
Derrière elle, c'est le grand asile. Ça bouge dans tous les sens, la section basse-batterie livre des tempos écrasants qui te vibrent directement dans la cage thoracique. Mention spéciale au batteur, Léo, une véritable pieuvre sous amphétamines : cloué à son siège mais d'une fureur d'exécution terrifiante, il martèle ses fûts avec une telle démence qu'on jurerait qu'il veut traverser la scène. Sa double pédale sonne comme un peloton d'exécution à cadence maximale.
Le set est une déflagration cathartique pure et simple. On passe des missiles sonores de Telema à leur tout dernier single sorti le 1er mai, "Paye Paye". Et parlons-en, de ce morceau ! Taillé pour le live, c’est une machine à pogo d'une efficacité redoutable qui transforme instantanément le pit en un immense shaker humain. Pas de chichis, pas de samples sur-utilisés pour cacher la misère : c'est physique, c'est visuel, c'est du live sans filtre et sans pitié. IMPARFAIT vient d'injecter une dose de pure folie pure et dure dans les veines du Plane
Smash Into Pieces : Les Cyborgs ont Brisé Montcul !
Quand les mecs d’Örebro déboulent sur la scène du Plane'R Fest, la canicule prend instantanément une teinte néon futuriste. Pour leur seule et unique date estivale française de 2026, avant de squatter le Trabendo en novembre prochain, le quatuor suédois est venu nous asséner les missiles de leur tout dernier brûlot, Manifesto, balancé à la face du monde à l'automne 2025.
Sous un soleil de plomb et en plein après-midi, pas besoin d’artifices technologiques pour nous plonger dans leur univers cyberpunk d’Arcadia. Le groupe se présente à nous avec pour seul décor un immense backdrop, laissant la musique et leur présence brute faire tout le boulot. Et au milieu de ce chaos de rock moderne trône le grand prêtre de la machine : The Apocalypse DJ (APOC). Derrière ses fûts, son masque LED clignote furieusement en plein jour, défiant les rayons du soleil et changeant de couleur comme un prédateur cyborg hypnotisant sa proie.
D'entrée de jeu, le groupe ne fait pas de prisonniers avec l'enchaînement destructeur de "Man Or Machine" et "Venom". Les riffs de guitare modernes balancés par Benjamin Jennebo et Per Bergquist coupent l’air étouffant comme des scalpels laser. Mais la véritable baffe à s'en décrocher la mâchoire, c'est la performance de Chris Adam Hedman Sörbye. Comment ce mec peut-il sortir des lignes vocales aussi monstrueusement puissantes, mélodiques et rocailleuses sous une chaleur pareille, sans même avoir l'air de transpirer une goutte de liquide organique ? C'est de l'ordre du miracle ou de l'hybridation humaine !
Le public, à genoux mais hurlant, bascule dans la folie pure lorsque retentit l'hymne "Six Feet Under" (le morceau qui a tout emporté au Melodifestivalen). Le refrain est repris par des centaines de poitrines, créant une onde de choc vibratoire qui secoue tout le champ de foire. Le set alterne habilement les classiques d'Arcadia et les nouveautés explosives. Un intermède instrumental sauvage, le "Apoc Drum Part", permet au batteur de marteler ses pads comme s'il tentait de hacker le système nerveux du public, immédiatement suivi d’un "Guitar Solo" tranchant et électrique.
L'intensité ne faiblit jamais. Sur "Heroes Are Calling", c'est l'implosion générale. Le mix parfait entre les grosses guitares lourdes du metal alternatif et les samples électroniques massifs brise les dernières barrières des puristes. Ça jumpe, ça pogote, la poussière du crash-barrière s'élève jusqu'au ciel lyonnais. Smash Into Pieces achève les survivants avec l'historique "Hollow", laissant la foule exsangue, les oreilles sifflantes de bonheur cybernétique.
Calva Louise : L’éruption Metal-EDM sous perfusion DIY
Quand le trio basé à Londres débarque sur la Mainstage, l'ambiance change instantanément. Oubliez les artifices high-tech et les fioritures des méga-productions. Avec Calva Louise pas de mur d'écrans LED géants, ce groupe farouchement indépendant gère tout à la sueur de son front, et leur univers scénique est brut, viscéral, 100% DIY. Mais aujourd'hui, le concert prend une dimension humaine particulièrement poignante.
La frontwoman Jess Allanic, originaire du Venezuela, porte sur ses épaules le poids d'une actualité terrible. La récente catastrophe humanitaire provoquée par les deux séismes majeurs qui ont ravagé son pays d'origine le 24 juin dernier l'a profondément touchée. Sa détresse et sa rage transpirent dans chaque note. Sur scène, juste à côté du stand de clavier, une affiche "SOS VENEZUELA" est scotchée à la vue de tous, arborant des QR codes pour inciter la foule à faire des dons pour les sinistrés. C'est aussi ça la magie du metal : une putain de grande famille solidaire quand le monde s'écroule.
Musicalement ? C'est une baffe monumentale en pleine face. Un monstre à trois têtes combinant Metal Alternatif, Post-Hardcore et EDM industrielle qui vous chope à la gorge sans jamais relâcher la pression. Jess est une force de la nature : elle passe d'un chant espagnol ultra-mélodique et envoûtant à des cris post-hardcore déchirants, tout en swappant frénétiquement entre sa guitare et ses synthés. Ces derniers sont posés sur un support sur mesure, fabriqué de ses propres mains par le bassiste Alizon. Alizon, parlons-en : il enrichit le mix avec des beats techno crasseux et des samples industriels massifs à la The Prodigy qui font trembler le sol sous nos pieds.Défendant leur quatrième album Edge Of The Abyss sorti à l'été 2025, le groupe balance ses brûlots avec un sourire immense et une sincérité désarmante qui balaie toute distance avec le public. Face à cette décharge d'énergie pure, la fosse capitule et explose en moshpits . Épuisant et viscéral.
Insomnium : Quand la Finlande climatise le Plane'R Fest en plein cagnard !
Le soleil refuse de crever, le thermomètre affiche encore un bon 35°C à l'ombre des scènes de Colombier-Saugnieu, et pourtant… c’est le moment choisi par les darons absolus du Death Metal Mélodique finlandais pour débarquer.
Pour les affamés d'actu qui ont suivi les derniers potins, c’est surtout le baptême du feu ultime. On attendait au tournant le combo avec sa toute nouvelle recrue : le guitariste permanent Tomy Laisto (évadé de Mors Principium Est), officiellement greffé au line-up en janvier 2026 pour pallier le départ de Jani Liimatainen. Verdict ? Le courant passe à 220 volts et la complicité sur les planches saute aux yeux, même sous la lumière rasante d'un début de soirée étouffant. Le set démarre et on se prend la lourdeur d’une tempête de grêle en pleine poire avec l’ouverture magistrale tirée de leur chef-d'œuvre conceptuel, Anno 1696.
Le son qui sort des enceintes est d'une clarté chirurgicale, presque indécente pour un festival en plein air. Les riffs glaciaux s'abattent sur la plaine lyonnaise, portés par le growl d’outre-tombe, surpuissant et possédé, de Niilo Sevänen. Les mecs maîtrisent leur sujet sur le bout des doigts, alternant les agressions sonores pur jus avec des passages acoustiques éthérés d'une beauté à chialer. Enchaîner ça sous un ciel encore orangé, fallait oser, mais la magie opère : le temps suspend son vol et la poussière du pit s'enflamme.
Sur scène, c'est une véritable démonstration de force. Les musiciens balancent les morceaux avec une précision millimétrée, tandis que la section rythmique, déployée comme un rouleau compresseur de l'Est, vient littéralement te remuer les tripes à chaque impact de double pédale. C'est une vague de froid scandinave qui tente de submerger une assistance en sueur, tétanisée par tant de puissance et de splendeur mélancolique sous le cagnard.
Le contraste est d'ailleurs saisissant – et c'est là qu'on reconnaît les grands bonhommes – entre la noirceur absolue de leur musique et l'attitude ultra-chaleureuse de Niilo, qui harangue la foule entre deux morceaux. En coulisses et dans leurs récentes interviews, le groupe ne cache pas sa dalle : ils sont dans une phase de créativité folle et bossent activement sur leur 10e album studio prévu pour cette année 2026. Si on se fie à l'énergie brute balancée ce soir sous le soleil couchant, la prochaine galette va faire de sacrés dégâts.
Insomnium au Plane'R Fest, même avant la nuit ? Une claque magistrale, une leçon de Death Mélo qui te fout les poils en mode stalagmites, peu importe la météo. Une pure merveille d’efficacité.
Knuckle Head : L'Asphalte a fondu, le "Dark Country" a tout cramé !
Quand le duo strasbourgeois déboule sur la scène du Plane’R Fest ce samedi 4 juillet 2026, l’atmosphère change instantanément de dimension d'un coup de médiator, on est propulsés au fond d'un trip halluciné et occulte. Visuellement, le duo casse les codes avec une classe désinvolte et totalement barrée. Derrière ses fûts, Jock arbore fièrement un peignoir à motifs cachemire, lunettes noires vissées sur le nez et tatouages faciaux bien en évidence, brandissant une bouteille de Jack Daniel's comme un trophée de guerre. À ses côtés, Jack balance ses riffs saignants en t-shirt noir sans manches, arborant une barbe impeccable et des lunettes de soleil sombres. Pas de fioritures, juste une attitude de bad boys magnétiques prêts à tout défoncer, flanqués d'un pied de micro surmonté d'un crâne de bélier fixé à une grosse chaîne en acier.
C’était la première fois que je voyais ce groupe en live, et autant vous dire que j’ai pris une sacrée calotte ! Dès les premières notes, la question que tout le monde se pose sur le festival s'évapore : "Mais comment font-ils pour faire autant de bruit à seulement deux ?". C’est simple, Jack (au chant et à la guitare) alterne entre une Flying V blanche agressive et une Telecaster vintage au son poisseux, balançant son signal splitté en direct dans une double décharge d'amplis guitare et basse saturés qui te repeint les tympans au gros sel, tandis que Jock martyrise ses fûts avec une violence rare, levant le genou et frappant ses cymbales Paiste comme si sa vie en dépendait. Le son est lourd, colossal, digne d'un groupe de cinq musiciens.
Le duo est en pleine possession de ses moyens, fort d'une actualité brûlante avec la sortie fin 2025 de leur troisième album studio, le très sombre et acclamé The Dark Road Ahead (chez Klonosphere). Ce concert s'inscrit au cœur de leur gigantesque tournée européenne 2026, et on sent que la machine est parfaitement huilée. Le set mixe habilement les pépites de leur précédent opus Interbellum (2022) et les nouveaux morceaux de The Dark Road Ahead, véritables scuds taillés pour le live. Le public du Plane'R Fest capitule dès le troisième morceau. Le groove hypnotique de leur "Heavy Blues" graisseux s'infiltre sous la peau. Le pit se transforme en un gigantesque et improbable dancing rock où le headbanging le plus furieux copine avec une danse de saloon survoltée. Le charisme brut de Jack, levant sa guitare vers le ciel avec une énergie stoner/sludge ultra-efficace qui rappelle Clutch ou Red Fang, subjugue la foule. Jock, véritable métronome du chaos en peignoir, relance la machine à coups de breaks dévastateurs. Knuckle Head quitte la scène sous une ovation gigantesque, nous laissant K.O., trempés de sueur et la bouche pleine de poussière.
Wind Rose : La taverne des nains en furie
Changement radical d’ambiance sur la Mainstage 2. Le soleil de plomb commence enfin à capituler, laissant place à une lueur crépusculaire idéale pour les forces de l'ombre... ou plutôt pour une joyeuse bande de mineurs transalpins. C’est le moment choisi par les Italiens de Wind Rose pour débarquer sur scène. Et attention, les mecs ne font pas les choses à moitié : ils se pointent en lourdes armures de fantasy, fourrures et tuniques de nains de la Terre du Milieu. Autant vous dire qu'avec la chaleur résiduelle qui transforme le pit en hammam pour Vikings, c'est un pur acte de masochisme héroïque.
Bienvenue dans le temple absolu du "Dwarf Metal". C’est simple : dès l'intro symphonique et les premiers riffs galopants, la fosse n'est plus qu'un gigantesque champ de bataille festif. Le public, chauffé à blanc, a sorti l'artillerie lourde : épées en plastique, boucliers en carton et surtout des centaines de pioches gonflables qui s'agitent dans tous les sens. On se croirait dans un MMORPG sous ecstasy.
En frontman impérial, Francesco Cavalieri mène la charge. Le bougre a une puissance vocale monstrueuse qui balaie le site, appuyé par des chœurs de taverne guerriers qui feraient trembler les fondations de la Moria. Récemment, Francesco confiait en interview que le groupe avait voulu insuffler une énergie encore plus brute et "in-your-face" à leurs shows suite à la sortie de leur dernier opus Trollslayer (fin 2024). Eh bien, promesse tenue !
Les hymnes s'enchaînent sans laisser le temps de respirer. Le break dévastateur d'Army of Stone fait lever les poings, suivi du frénétique Mine Mine Mine!, véritable déclaration d'amour à l'or et à la mine. Visuellement, c'est un régal de folie furieuse : le claviériste Federico Meranda lâche régulièrement ses machines pour venir sur le devant de la scène, haranguant la foule comme un cheerleader survolté sous stéroïdes, tandis que le bassiste Cristiano Bertocchi headbangue à s'en décrocher les cervicales.
Le paroxysme de la démence est bien sûr atteint sur leur reprise virale de Diggy Diggy Hole. À ce moment-là, c’est l'anarchie la plus totale. Le groupe et la masse compacte des festivaliers sautent en chœur, créant un séisme de magnitude 8 sur l'échelle du Metal. La poussière s'élève, les verres volent, les slammers se multiplient. Une communion absolue dans le fun et la puissance brute. Historique, festif et furieusement heavy !
The Browning : quand le Hardstyle te démonte les vertèbres
Disons les choses clairement : si tu es venu ici pour écouter du solo de guitare néo-classique en sirotant une bière sans alcool, tu t’es lamentablement trompé de stand. The Browning, c’est un blender géant dans lequel Jonny McBee a balancé du Deathcore graisseux et de la techno indus à 160 BPM, avant d’appuyer sur "Pulse".
Le combo américain débarque sur la scène du Plane'R Fest avec la bave aux lèvres, pile en pleine promotion de leur monstre Burn This World [EVOLVED] largué en février 2026. Pas un simple remaster de feignasse, non : une reconstruction totale, piste par piste, de leur classique de 2011. Autant te dire que le rendu en live à l'impact d'une cyber-attaque en plein vol qui ferait grignoter le tarmac à un drone de combat. . Jonny McBee, qui vient tout juste de monter son projet parallèle Indus/Metalcore The Deffect, maîtrise son sujet et mène son commando à la baguette.
Le set s'ouvre et c'est l'anarchie immédiate. Le son est d'une propreté clinique mais d'une lourdeur écrasante, un vrai rouleau-compresseur qui te broie la cage thoracique. C'est le paradoxe absolu de The Browning : ça sample du Hardstyle et de la Trance ultra-festive, et la seconde d'après, ça te balance un breakdown bien lourd qui te tasse les vertèbres dans les chaussettes.
Dans la fosse, c'est un joyeux chaos cybernétique. Les kids ne savent plus s’ils doivent sauter comme à la Love Parade ou s'entretuer dans un moshpit. Les versions régénérées de Time Will Tell ou de l’incontournable Bloodlust font gentiment monter la température et trembler le sol de Colombier-Saugnieu. C'est frénétique, c'est dystopique, et ça fait le job sans fioritures.
Pour terminer le set et vider les dernières réserves d'énergie du public, le groupe choisit de clore les débats avec Poison. Jonny McBee balance ses dernières lignes de chant sur un beat techno-indus bien senti qui s'achève sur un breakdown final ultra-efficace. Une jolie communion collective sous le ciel du 69 pour finir de s'essorer avant de rentrer. Les cervicales ont couiné, mais tout le monde est encore debout pour la suite.
Shaârghot : L'invasion des Shadows bienvenue dans la Cité-Ruche
Il est tard, les nuques sont en compote, les foies crient au secours, et c’est précisément le moment choisi par la créature la plus toxique du paysage indus français pour surgir des ombres : Shaârghot. Oubliez la notion même de "concert", on parle ici d'une messe noire industrielle, d'une expérience théâtrale immersive totalement déjantée qui vous agrippe par les tripes pour vous traîner dans le caniveau cyber-punk de leur Cité-Ruche.
Dès l'intro instrumentale, l’atmosphère s’épaissit. Les musiciens déboulent, intégralement recouverts de ce maquillage noir luisant, cette mixture visqueuse devenue leur signature visuelle immortelle. Ils ressemblent à des démons cybernétiques échappés d'un cauchemar post-apocalyptique. Dans le public, c’est le délire : une armée de festivaliers s'est elle-même transformée en "Shadows" pour l'occasion, arborant la fameuse peinture noire. La transe collective est immédiate.
Au centre de ce chaos, Étienne Bianchi le Shaârghot en personne règne en maître absolu du malaise et de la puissance.
Toujours porté par l'onde de choc de leur dernier opus Vol. III - Let Me Out, le groupe balance d’entrée le titre éponyme. C'est l'artillerie lourde. Le son de basse est tellement gras et martial qu'on dirait un défilé de blindés sur nos cages thoraciques.
Le groupe enchaîne sans pitié. Des classiques comme Kill Your God ou Traders Must Die réveillent les morts, alternés avec des missiles ultra-efficaces du troisième volume comme Life and Choices ou le frénétique Cut Cut Cut. Sur scène, le spectacle est total : des comédiens costumés incarnant des "troopers" armés et des "mantis" flippantes arpentent les planches, haranguant et menaçant la foule. Le lightshow, monumental, coupe la nuit à coups de stroboscopes chirurgicaux tandis que la pyrotechnie crache des flammes qui lèchent le ciel de Colombier-Saugnieu.
La fosse ? Un hachoir à viande. Une tempête de sable. Un pogo frénétique géant où la poussière aveuglante se dégageant du sol se mélange à la sueur. Sur Uman Iz Jaws et le rouleau compresseur Great Eye, les corps s'entrechoquent dans une frénésie primitive. Étienne harangue ses troupes avant de lâcher l'hymne Jump : le public s'exécute comme un seul homme, transformant le Plane'R Fest en trampoline géant.
Après avoir traversé le Red Light District et invoqué le titre éponyme Shaârghot, le final explose les derniers thermomètres avec Are You Ready et Something in My Head. Le groupe quitte la scène en laissant le festival totalement exsangue, carbonisé, recouvert de peinture noire et de fluides indéterminés. Une baffe monumentale.
L’Œil du Cyclone : Au Cœur du Brasier (Jour 2)
Avant de clore définitivement ce deuxième chapitre de pure démence et de compter les nouveaux hématomes, on pose les binouzes cinq minutes. Loin de la lumière crue des projecteurs et du fracas des amplis qui fument encore, l'objectif de Yog Sothoth Photography notre photographe de concert à Lyon et région Auvergne-Rhône-Alpes s'est à nouveau engouffré là où ça fait mal : pile au milieu du pit. C’est là, dans la zone de turbulences de Montcul en plein cagnard, que bat le véritable pouls du Plane'R Fest. Regardez-moi ces sourires suspendus au-dessus de la foule, ces slams héroïques portés à bout de bras par une marée humaine, ces accolades poisseuses entre parfaits inconnus. Entre deux slameurs en plein vol, on croise un Père Noël en goguette, un panda déchaîné aux premières loges ou une licorne prête à charger dans le circle pit. C'est l'épicentre du chaos, là où la poussière des pogos ne retombe jamais vraiment sous le soleil de plomb, là où les corps s'entrechoquent et s'agrippent aux crash barrières dans une fraternité brute et violente. Une communion sauvage, costumée et transpirante, capturée sur le vif, au cœur de la mêlée.
Le Bilan du Chaos
Et voilà, camarades du pit, le couperet est tombé. Les derniers stroboscopes de Shaârghot se sont éteints dans la nuit borgne de Colombier-Saugnieu, laissant derrière eux un champ de bataille fumant. Si tu cherches tes dents, elles sont probablement quelque part entre la Mainstage 1 et le stand de crêpes, piétinées par la chenille techno-pailletée de Formula Juan ou ensevelies sous la poussière des nains de Wind Rose.
Cette cuvée 2026 du Plane R Fest n'a pas seulement confirmé son statut de festival incontournable de la région lyonnaise : elle a agi comme un véritable accélérateur de particules métalliques. On est venus chercher de la sueur, on a récolté une canicule biblique à 39°C, des acouphènes collectors et une fraternité brute qui fait chaud aux tripes. Ces deux Jour auront été un marathon de pure démence. L'organisation a frôlé la perfection, le public a prouvé qu'il avait le foie et les cervicales en titane, et les groupes ont tous joué comme si l'apocalypse était pour demain matin.
Le Plane R Fest a refermé ses portes, mais le bourdonnement dans nos oreilles, lui, va rester un bon moment pour nous rappeler qu'on y était.
Pour terminer ce carnet de bord, un immense coup de chapeau s'impose aux artisans de l'ombre. Faire vibrer un festival de cette envergure par 34°C avec la précision d'une horloge suisse est un exploit exceptionnel. Tout notre respect va à l'association Les Sonorités de Montcul, à Mediatone et à l'ensemble des organisateurs. Piloter une programmation internationale tout en gardant un ancrage local et associatif est une prouesse qu'ils réitèrent chaque année. Mentions spéciales également à Élodie Briffard d’Ellie Promotion. Quant aux bénévoles : vous êtes les héros absolus de ce week-end. Servir la bière fraîche sans jamais perdre votre sourire, braver la chaleur pour nettoyer le site et les gobelets, ou veiller sur tout le monde au cœur des moshpits... Rien de tout cela ne serait possible sans vous. Vous êtes l'âme, l'énergie et le moteur du Plane'R Fest. Merci pour tout !
Allez, rentrez bien, hydratez-vous (à l'eau, cette fois), nettoyez cette peinture noire qui vous colle à la peau, et préparez vos armures pour l’année prochaine. Xylia pose le micro, va s'ouvrir une dernière binouze tiède de fin de festival, et vous dit à très vite dans le pit pour de nouvelles chroniques sauvages !
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
---> Report de la Première journée !

































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































