
Lordi ✘ Greenleaf ✘ Sun Brutal Pop ✘ 7 Weeks ✘ Zuul Fx ✘ Voorhees ✘ Hrothgar ✘ Faith In Agony
Salut les banguy, les mordus de décibels et les irréductibles de la fosse ! C’est Xylia, votre envoyée spéciale de choc et de charme pour Yog Sothoth Photography, de retour sur le pont pour vous conter la suite de nos aventures en terres auvergnates ! Après une première journée d'anthologie qui a fait trembler les fondations de Saint-Flour, on remet le couvert pour le deuxième acte de cette sixième édition historique du Furios Fest 2026, la toute première à s'étaler sur trois jours.
Côté décor, on ne change pas une équipe qui gagne ce magnifique écrin en plein air du Stade de l'Ander, juché à environ 900 mètres d'altitude dans notre cher Cantal, continue de nous offrir un panorama à couper le souffle. Côté météo, après la fraîcheur piquante de la soirée d’hier, le soleil a décidé de chauffer les têtes dès le zénith, transformant rapidement la pelouse en véritable fournaise pour accueillir le line-up ultra-gourmand de ce samedi. Le public a répondu présent en masse, les t-shirts noirs s'entassent par centaines, et l'odeur de l'aligot-saucisse mêlée à la transpiration commence déjà à embaumer l'air. Alors, ajustez vos clous, vérifiez vos lacets de combat et préparez vos cervicales : voici le récap' déjanté et sans filtre du running order de cette deuxième journée de tous les dangers !
Faith In Agony – Le réveil des grottes grenobloises !
Formé en 2016 autour de la complicité entre Guillaume (guitare) et Madie (ex-Nightmare, pour ceux qui dorment au fond de la classe), épaulés par la redoutable section rythmique de la fratrie Éva et Quentin Riché (basse/batterie), le quatuor isérois vient poser sur la table son impressionnant opus Insight (sorti fin octobre 2025), un concentré de grunge/alternative metal sombre et poisseux.
Entre nous, il y avait comme un compte à régler avec le destin... Souvenez-vous, lors de notre passage au Volcanic Fest, le sort s'était acharné et la formation avait dû déclarer forfait, Madie étant malheureusement souffrante. Autant vous dire qu'on attendait les musiciens au tournant avec une grosse faim de loup !
Dès 14h00 pétantes, pas le temps de cuver la bière de bienvenue, Faith In Agony investit la scène avec la dalle des grands jours. Et bordel, quelle déflagration ! Si la formation se définit parfois modestement à la croisée du grunge et de l'alternative metal, ce qu'elle balance sur les planches cet après-midi tient plus de la démolition contrôlée à coups de masse. Dès les premières déferlantes de "Pandora" et "Nasty Mary", la revanche est consommée. Madie n'est pas seulement rétablie; elle semble possédée ! Naviguant avec une aisance insolente entre des murmures intimistes chargés d'électricité et des poussées vocales saturées à faire baliser un routier au long cours, elle bouffe l'espace scénique comme si sa vie en dépendait.
Derrière elle, la fratrie Riché déroule un mur du son en béton armé. Le groove massif d'Éva à la basse colle aux tripes, pendant que Quentin matraque ses fûts avec une précision d'horloger suisse sous caféine. Guillaume, quant à lui, sculpte l'air avec des riffs acérés et poisseux, distillant cette touche novatrice très sombre qui caractérise leur dernier album Insight.
Quand résonnent les premiers accords de "Red Pills" suivis de l'explosif "Bipolar", le public, encore un peu engourdi par la chaleur de ce début d'après-midi, se prend une tannée monumentale et réalise vite qu'on n'est pas venus là pour faire trempette. Entre l'énergie explosive, l'émotion à fleur de peau et cette hargne communicative de retrouver la planche, Faith In Agony nous livre une prestation d'une intensité rare. Une véritable manchette dans les quenottes pour ouvrir le bal ! La barre est placée particulièrement haut dès la mi-journée ! Les Grenoblois ont remis les pendules à l'heure, effaçant d'un revers de manche le faux pas involontaire du Volcanic Fest, et laissant un public en sueur.
Hrothgar – La furie des fjords en terres auvergnates
Rappelez-vous il y a quelques mois à peine, au Lions Metal Fest, on s'était déjà pris cette horde en pleine poire, au point de finir sous anti-inflammatoires pendant trois jours. Autant dire que la rechute au Furios Fest était hautement surveillée par les services de santé... et par nos soins.
On change donc radicalement de mythologie (et de braquet) avec Hrothgar, fier combo de death metal mélodique épique fondé à Montélimar en 2012. Même si la Drôme n'a pas franchement le climat des fjords norvégiens, ces gars-là ont clairement le sang de Thor qui coule dans les veines. Ils débarquent pour défendre leur tout dernier brûlot, l’immanquable Tales of Valhöll, tout juste lâché dans les bacs en juillet 2026.
D'ailleurs, entre deux interviews promotionnelles données pour la sortie de la galette, le clan ne s’en cachait pas : « ce nouvel album a été pensé de A à Z comme une machine de guerre taillée pour la scène, plus organique et agressive que ses prédécesseurs ». Et ça se voit ! Renforcé récemment par l'arrivée du guitariste Benoît Mourenas, qui vient plaquer une couche de lourdeur supplémentaire et chirurgicale au line-up, le combo avance sur les planches comme une véritable armée de conquérants.
Devant un backdrop flanqué de boucliers nordiques et sous des stroboscopes sanguinolents, le frontman Quentin Peyrouse (« Quantum ») fait irruption avec une prestance de chef de clan prêt à piller le village. Son growl caverneux décroche la tapisserie de la régie son dès les premières notes. Dès que la double pédale de Seb se met à pilonner le sol avec une précision mécanique redoutable, les vannes s'ouvrent sur les monstrueux "Ulfhednar" et "Rise of Ragnarök".
La fosse auvergnate se transforme immédiatement en un champ de bataille miniature où les slammers jouent leur vie. Les riffs acérés comme des haches de guerre, balancés de concert par Tristan et Benoît, lacèrent l'air pendant que la poussière locale monte à l'assaut du ciel. Et quand déboule le single "Jörmungandr", c'est le serpent de Midgard en personne qui vient s'inviter au milieu des pogos pour un headbanging généralisé et salvateur. Les refrains guerriers et les chœurs de bataille hurlés à pleins poumons par un public en fusion achèvent de transformer le concert en messe païenne. Une sacrée claque, encore une fois. Skål !
Voorhees – Jason t'invite à danser dans le sang
Changement brutal d'ambiance, direction les sous-bois embrumés de Crystal Lake. Voorhees déboule sur les planches pour administrer une leçon de death metal old school, pur, crade et délicieusement jouissif. Porté par la sortie en fin d'année 2025 de son quatrième album chez Great Dane Records, le quintette messin n'est pas venu pour faire de la figuration, mais bien pour distribuer les mandales par paquets de douze.
Dès l'intro glaciale "Slashed From Guts", Maxime et sa bande posent les fondations de leur univers, un hommage vibrant au cinéma d'exploitation et aux classiques du slasher des années 80. L'air se fait lourd, saturé de samples d'écrans cathodiques, de cris étouffés et du bruit sourd d'une lame qu'on aiguise. Puis, le couperet tombe. La formation enchaîne sur un groove brut de décoffrage qui puise autant dans la lourdeur moite d'Autopsy que dans la hargne directe de Cannibal Corpse.
Le morceau "Voorhees 4" transforme le pit en un véritable terrain de chasse, les riffs tronçonneuses décrivent l'inlassable traque de Jason Voorhees, tandis que la section rythmique déroule un tempo implacable, martelant le sol comme les pas d'un tueur masqué que rien ne peut arrêter. L'inspiration gore se fait encore plus palpable sur des titres coup de poing comme "The Lucky Ones Die First", directement inspirés par le fameux adage du cinéma d'épouvante où la pitié n'a pas sa place. Les textes, véritables hymnes à la survie impossible et au carnage explicite, font voler les tignasses et déclenchent des moshpits instantanés et sauvages. Sur scène, pas de fioritures les éructations vocales de Maxime égrène ces chroniques macabres avec une générosité communicative, haranguant la foule entre deux décapitations sonores. C'est bête, c'est méchant, c'est diablement efficace, et le public du Furios Fest en redemande encore une louche. Une véritable orgie de sang et de décibels qui confirme que Voorhees reste l'un des plus redoutables gardiens de la boucherie death metal hexagonale.
Mais au-delà du carnage acoustique, ce Furios Fest réservait un moment d'émotion tout particulier aux Messins. Installés juste à côté du stand du mythique Tonton Zegut, Chris et sa bande se sont soudainement retrouvés comme des gosses de 15 ans. Pour cette génération biberonnée aux décibels du début des années 80, l'animateur de l'émission culte Wango Tango sur RTL fait figure de pionnier absolu, véritable artisan de l'émergence du hard rock en France. Entre deux dédicaces, échanger quelques mots avec cette légende d'une gentillesse et d'une humilité rares aura procuré au frontman autant de frissons et de plaisir que d'envoyer la sauce sur scène avec Voorhees.
7 Weeks – Le stoner qui fait trembler les fondations
L'air était devenu poisseux, l'odeur de la bière tiède et de la sueur rance collait aux t-shirts, et la météo nous crachait sa moiteur en pleine tronche : le terreau parfait pour une messe noire à gros watts. Et là, le vent a tourné. Une lourdeur presque sacrilège s'est abattue sur la fosse du Furios Festival, saturée d'un fuzz si épais qu'on aurait pu le couper au surin. Place aux sorciers limougeauds de 7 Weeks.
Alors que leur nouvel opus Going Back Home s'apprête à déferler le 18 septembre 2026 (mis en boîte en Angleterre par la pointure Adrian Bushby 2 Grammys au compteur pour ses travaux avec Foo Fighters et Muse, s'il vous plaît !), le power trio débarque sans fioritures. Pas de chichis, pas de bande-son d'intros à la mord-moi-le-nœud pour combler le vide : juste trois gars, du matos qui chauffe à blanc et un coffre monstre capable de réveiller un Grand Ancien au fond du Pacifique.Les mecs ouvrent le feu directement avec le rouleau compresseur du titre éponyme "Going Back Home", suivi de près par "Up The Pressure". Julien Bernard (bassiste/chanteur au charisme brut) colle son micro au fond de la gorge et envoie la purée, épaulé par la frappe chirurgicale mais dévastatrice de Jérémy Cantin-Gaucher derrière ses fûts. À côté, Gérald Gimenez martyrise sa six-cordes avec une aisance presque insolente. Le trio te colle un wall of sound monumental en plein thorax. Dès "Blackhole Your Heart", quel plaisir sadique de redécouvrir ce morceau incendiaire après leurs passages déjà mythiques au Hellfest ! La fosse se prend une mandale mémorable. Mais les bougres n'étaient pas venus que pour recycler les classiques en plus du morceau-titre, le public a eu le privilège de se faire décapiter en avant-première par la nouveauté "Shape Me" (dont le single vidéo tourne déjà en boucle dans nos têtes). Entre deux missiles ("Idols", "Gorgo", "Wax Doll" ou l'incontournable "Insomniac"), le groupe démontre une maîtrise scénique totale avant d'achever les survivants sur "Four Again" et le décapant "667 Off". Une setlist en forme de uppercut distribué sans aucune pitié !
Si le concert a tout rasé sur son passage, l'esprit du festival était, lui, d'un accueil tout simplement aux petits oignons. Les mecs de 7 Weeks ont d'ailleurs savouré l'expérience à fond. Côté coulisses et stands, ça a taillé la bavette en voisins avec le tonton national du rock, Francis Zegut, dont le stand jouxtait le leur. Gros kiff d'inconditionnels également, tout le groupe s'est calé dans le public, les yeux écarquillés et la bave aux lèvres, devant le set magistral des Suédois de Green Leaf. Et pour la touche de surréalisme pur qu'on aime tant en festival, le combo a eu droit au spectacle le plus improbable du week-end : les costumes démesurés de Lordi séchant gentiment sur le fil à linge, suivis par le convoyage du chanteur jusqu'à la scène... en camionnette ! Il faut dire qu'avec des platform boots de 30 centimètres aux pieds, le moindre faux pas dans l'herbe se transformerait en crash test géologique. Après cette gifle au Furios, une chose est sûre 7 Weeks est plus affûté que jamais. Si vous avez raté le coche ou si vos cervicales en redemandent, le groupe reprend la route pour une gigantesque tournée automnale à travers toute la France (avec des passages explosifs prévus en co-plateau avec Psykup ou Dirty Deep).
Préparez vos bouchons d'oreilles, ramassez vos dents : le power trio limougeaud est de retour, et il va tout balayer sur son passage !
Zuul FX – L'usine à énergie nucléaire
18h30. Les estomacs gargouillent, le foie réclame grâce, mais l'heure n'est pas à la pause chichi-merguez ZUUL FX débarque sur la scène du Furios Fest pour achever définitivement ce qu'il restait de notre calme. Et bordel, quel retour !
Pour ceux qui roupillaient au fond de la cave ces neuf dernières années : oui, 9 ans d'absence ! C’est long, très long. Pour vous donner une idée, 9 ans, c’est exactement l’âge du gamin de Steve, le chanteur ! Entre la marmaille à biberonner (les gosses des musiciens et de l’ingé son Antoine ont bien grandi) et le boulot de l'ombre, les mecs n'ont pas chômé. Mais ce soir, l'heure des couches et des histoires du soir est révolue : la machine est de retour pour tout raser. Emmenée par l'infatigable Steve « Zuul » Petit (également retourné prêter sa voix aux bouchers de No Return), la formation balance son metal indus/groove en fusion absolue. Dès la première seconde de "Here Is Pure Hatred", Steve virevolte sur scène tel un diable monté sur ressorts, ses dreadlocks balayant l'espace pendant qu'il harangue la foule. Le bonhomme tient la baraque d'une main de maître et prend la tête du combat. Les bastos s'enchaînent comme des coups de bélier, ("Punisher", "The Torture Never Stops", "I Hate You"), l'efficacité est totale, le public répond au quart de tour en formant des cercles de la mort bien virils. Les mecs déroulent un set réglé au millimètre grâce à une équipe technique et une orga au sommet de leur art. La machine industrielle tourne à plein régime et ne laisse que des cendres sur son passage. Pas le temps de filmer ou de geindre sur son smartphone, les artistes ont littéralement mis KO la 5G ! Ce qui frappe dans le pit, c'est ce joyeux bordel transgénérationnel. On croise des minots de 6 ans sur les épaules de leur daron et des vétérans de 60 ans avec le maillot élimé, tous réunis dans le même élan de démence. Des cercles de la mort bien virils, du pogo lourd, des slams à la chaîne... Et au milieu de ce chaos héroïque, L'IMAGE du festival : un fan en fauteuil roulant porté à bout de bras par la foule, slammant au-dessus des têtes jusqu’au crash-barrières !ute et poignante comme seul le Metal sait nous en offrir. Au-delà de la violence sonore, on sentait une vraie chaleur humaine. Le groupe retrouvait ses potes musiciens, ses techniciens et toute la smala du metal français après une décennie d'attente. L'impression de revenir dans la famille, mais une famille qui aime faire sauter les cloisons à la dynamite. Si vous pensiez que la fureur s'arrêterait aux dernières notes de "I Hate You", c'est que vous n'avez pas vu la file d'attente post-concert. Le stand de merchandising a été littéralement pris d'assaut par une foule assoiffée de t-shirts et de CD. Les retours du public ne mentent pas : "grosse claque", "retour en force", "concert monstrueux". Les mots parlent d'eux-mêmes, c'était LE concert du festival pour une bonne partie des métalleux présents. Et pour ceux qui en veulent encore, rassurez-vous, la suite s'annonce dystopique à souhait :
• Un nouveau single tout chaud : Chope rapidement "NOTHING IS REAL – 2026 Variation" (sorti le 21 août dernier), une relecture modernisée, lourde et sombre de leur classique extrait de By The Cross.
• Le concept triptyque : Les trois singles déjà sortis ("THE MATRIARK OF TRON", "BLOOD" et "AI") ont été déclinés en 3 versions : Electro-Acoustik, Electronik, et Metal Indus. De quoi triturer vos méninges sous tous les angles.
• Le futur album : Tout ça converge vers le projet H+ TRANSHUMANISM, prévu pour 2027.
Zuul FX ne s'est pas contenté d'une simple apparition nostalgique : le groupe a signé un retour en force monumental, viscéral et indiscutable. On est tous ressortis essorés, mais bordel... qu'est-ce que c'était bon !
Sun Brutal Pop – La Barbie gothique qui brise les code
C’est la grande curiosité de la journée au Furios Fest 2026, et quelle baffe monumentale ! Je l'avais découverte en 2025 au Plan R Fest, autant dire que j’attendais ce retour de pied ferme. Karoline Rose SUN et ses compères débarquent sur les planches avec leur concept unique et vénéneux la Brutal Pop. Tout droit sortis de la publication de leur album Krystal Metal en mai 2025, ils montent sur scène avec une esthétique faussement kawaii, rose et pétillante. Mais ne vous y trompez pas dès que les premiers accords de "I Kill My Man" retentissent, c'est l'apocalypse sonore.
Le contraste visuel et musical est total. Karoline passe en une fraction de seconde d'une voix pop cristalline et aérienne à des growls death metal terrifiants, sans la moindre transition. Appuyée par Bassem aux claviers/basse et Boris Le Gal à la batterie (ex-Betraying The Martyrs), la formation retourne le Furios Fest. Les métalleux les plus endurcis se prennent au jeu et slamment avec le sourire aux lèvres. Sa reprise survoltée de "Survivor" des Destiny’s Child termine d'achever les sceptiques. Trop pop pour le metal, trop metal pour la pop ? On s'en fout, sur scène c'est une tuerie sans complexe, une performance stratosphérique !
Greenleaf – Le groove absolu
Le soleil commence à décliner et la nuit s'apprête à envelopper Saint-Flour quand les Suédois de Greenleaf entrent en scène. Forts de leur album The Head & The Habit, les pontifes du stoner rock/hard psychédélique viennent poser leur grosse patte feutrée sur le festival.
Dès que le frontman Arvid Hällagård s'empare du micro, sa voix soul et chaleureuse fait des miracles, accompagnée par le jeu de guitare irrésistible de Tommi Holappa. Des pépites comme "Sweet is the Sound", "Breathe, Breathe Out" et le vrombissant "Howl" transforment le parterre en une grande messe hippie-rock ultra-solaire. Le groove est tellement contagieux qu'on jurerait voir les montagnes du Cantal danser en cadence. Ce soir, Greenleaf nous a proposé une expérience à part, une puissance qui donne de l'élan au lieu de vous clouer au sol. Entre riffs charnus, groove tenace et chant incantatoire, le groupe ne fait pas une démonstration de force aveugle, il lance une invitation au lâcher-prise. Et quand le stoner est joué avec autant de classe, il devient tout simplement irrésistible.
Lordi – Les Démons de la Nuit Débarquent
C'est l'heure du bouquet final ! Pour couronner cette journée d'anthologie, ce sont les monstres finlandais de Lordi qui s'emparent de la tête d'affiche.
Vingt ans après avoir traumatisé et conquis l'Eurovision 2006 avec l'indémodable Hard Rock Hallelujah, célébrant en grande pompe leur héritage et leur album Limited Deadition, Mr Lordi et sa bande de créatures tout droit sorties de films d'horreur des années 80 débarquent avec un sens du spectacle absolu. Indifférent aux tendances actuelles, le groupe reste fidèle à son heavy/hard rock théâtral ! Entre des décors macabres, des effets visuels léchés et un humour caustique permanent de Mr Lordi qui blague sur ses "vieux tubes", la machine heavy/shock rock tourne à plein régime. La section rythmique de Mana et Hiisi envoie du lourd, et les refrains de "Would You Love A Monsterman?", "Blood Red Sandman" et l'inévitable "Hard Rock Hallelujah" sont repris en chœur par des milliers de gorges en folie. Derrière les masques en latex se cachent des musiciens d'une précision diabolique qui offrent une conclusion théâtrale et festive à souhait.
L'œil du cyclone :
Parce que le festival se vit aussi dans la sueur, l'objectif n'a pas chômé ! Entre slams en série, pogos d'une fraternité féroce et sourires carnassiers sous les stroboscopes, nos clichés d'ambiance capturent la folie pure de la pelouse. Des images de communion électrique qui immortalisent la véritable âme du Furios Fest, là où le public ne fait plus qu'un avec la tempête.
Conclusion :
Alors que les dernières notes de "Hard Rock Hallelujah" s'évanouissent dans l'air frais du Cantal et que les monstres de Lordi regagnent leurs cryptes sous un tonnerre d'applaudissements, cette deuxième journée du Furios Fest 2026 s'achève sur les rotules mais avec des étoiles plein les yeux (et des acouphènes pour les trois semaines à venir) !
Entre la déflagration grunge de Faith In Agony pour ouvrir le bal, la messe païenne de Hrothgar, la boucherie old school de Voorhees, le monolithe stoner écrasant de 7 Weeks, la furie nucléaire de Zuul FX, l'ovni Brutal Pop de Karoline Rose SUN, le groove solaire de Greenleaf et l'apocalypse théâtrale des Finlandais volants, le Stade de l'Ander a définitivement vibré au rythme de la passion et de la sueur.
Mais ne rangez pas vos torgnoles tout de suite, les banguy ! Demain, le Furios Fest 2026 nous réserve une troisième et ultime journée historique pour clore cette édition en apothéose totale. Reprenez votre souffle, hydratez-vous un bon coup, massez vos cervicales et gardez vos gants de combat la suite des hostilités arrive plus vite que prévu sur Yog Sothoth Photography ! Skål et restez heavy !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)

Tagada Jones ✘ High Parasite ✘ Sick N' Beautiful ✘ Lucie Sue ✘ Darken ✘ Monolyth
Furios Fest 2026 - Jour 1 : Quand le Cantal se transforme en chaudron incisif et pyrotechnique !
Salut les banguy, les métalleux, les squatteurs de fosses et les amoureux de décibels qui font saigner les esgourdes ! C’est Xylia pour Yog Sothoth Photography, prête à vous débriefer cette première journée de folie furieuse. Cette sixième édition du Furios Fest marque un tournant historique pour la toute première fois, le festival s’étale sur trois jours entiers ! Et quelle ascension fulgurante quand on repense aux débuts une seule journée dans un simple gymnase ! Aujourd'hui, l'événement a élu domicile en plein air au magnifique Stade de l'Ander à Saint-Flour (Cantal), juché à environ 900 mètres d’altitude. Côté météo, après quelques gouttes taquines en tout début d'après-midi, un grand soleil a vite embrasé la pelouse... avant qu'une fraîcheur montagnarde ne vienne nous mordre les os à la tombée de la nuit (heureusement que le sweat zippé était de la partie !). Le son et les lumières envoient du lourd, le cadre naturel est exceptionnel, et l'ambiance est tout simplement légendaire.
Attachez vos ceintures, voici le récap' du running order de ce vendredi de tous les diables !
Monolyth – Le thrash mélodique en mode commando
Le Furios Fest 2026 a ouvert le bal sous haute tension ! Pour lancer les hostilités, les Oisiens de Monolyth n'ont pas été épargnés par les péripéties. Apprenant à quelques jours du rendez-vous que leur guitariste lead Larry manquait à l'appel pour des raisons personnelles, le groupe a dû repenser tout son set en urgence pour tourner avec une seule guitare, injectant quelques pistes samplées pour ne rien perdre en impact. Et autant te dire que ça n'a pas tremblé.
Forts de leur dernier album Seeds Of Perseverance et d'une solide réputation forgée en partageant la route avec des pointures comme Gojira, les boys ont balancé leur thrash/death mélodique avec un abattage redoutable. Menée par une section rythmique de rouleaux-compresseurs emmenée par Batt Cauchy à la batterie et portée par le chant habité d'Amaury Durand entre clairs et hurlés, la machine a tourné à plein régime. Une entrée en matière redoutable qui a instantanément réveillé les troupes. Sur des titres comme Betrayed Again, This Void Deep Inside ou l'implacable Perseverance, la fosse s'est embrasée. Pas là pour tricoter des chaussettes, ça atomise les tympans au marteau-piqueur ! Le public bien qu’encore clairsemé, a pris sa dose d'adrénaline pure dans la veine.
(Petite info en passant pour les plus motivés : ne ratez surtout pas leur passage à la Firemaster Convention le 24 octobre prochain aux côtés de Klone et Rotting Christ !)
Darken – Le retour des vétérans
Formé à Laval en 1987, pionnier absolu de la scène metal mayennaise avant de s'éclipser en 1991, Darken a fait trembler le bitume en se reformant en 2021. Et pour fendre le silence de trente ans, les vieux briscards sont venus défendre leur tout premier album studio officiel, Welcome to the Light. Sur les planches du Stade de l'Ander, autant vous dire que l'énergie est totalement intacte. Dès les premières notes de Rising to valhalla, le ton est donné, le combo déroule une setlist en forme de rouleau compresseur
Guitares acérées menées par Lorenzo, structures techniques et mélodies ciselées sur End Of Time ou N.D.E. les zicos étaient au charbon pour nous sortir une prestation dantesque. Mention spéciale au batteur de la formation, Liam (le fiston), qui a d'ailleurs récolté les éloges appuyés du batteur de Tagada Jones en backstage. Une vraie cohésion de groupe redoutable sur scène comme en coulisses, pimentée par une franche partie de rigolade avec les filles du merch et un grand moment de partage avec Francis Segut arborant fièrement le t-shirt de Darken !
les vieux briscards ont prouvé qu'ils avaient encore le feu sacré.
Lucie Sue – L'ouragan grunge-rock
Après avoir enflammé les plus grands festivals hexagonaux comme le Hellfest avec son projet solo taillé dans le roc, Lucie Sue a débarqué sur la pelouse de Saint-Flour avec une rage communicative. Accompagnée de Mitch à la batterie, Laura à la basse et d'Enzo à la guitare, l'ancienne bassiste du groupe Furies a déversé son rock alternatif puissant, nourri d'influences nineties à la PJ Harvey ou L7. Portée par les brûlots de son récent album Battlestation et une énergie solaire et détonante, la bande a balancé ses accords comme des pavés dans la mare, la frontwoman a totalement hypnotisé la foule. Entre wall of love, humour cinglant, autodérision et une efficacité frontale redoutable, le set de Lucie Sue s'est avéré être une véritable décharge d'adrénaline brute, prouvant que le projet a définitivement tout d'une grande machine de scène.
Sick N' Beautiful – L’ovni Intergalactique
Portés par leur furieux album Horror Vacui et une réputation de bêtes de scène insatiables, les Italiens de Sick N' Beautiful ont débarqué au Furios Fest avec leur cirque intergalactique. Entre metal alternatif, indus et shock rock, le festival a instantanément basculé dans une dimension de science-fiction trash et colorée !
Dès les premières notes de "March of the Scolopendra", on est kidnappé par des punks du futur. Au centre de cette tornade visuelle, la sublime et incandescente Herma crève l'écran. Véritable créature de scène au magnétisme animal et au look cyberpunk-gothique, elle harangue la foule avec une intensité théâtrale redoutable. Sa voix transperce la brume des amplis, transformant la fosse de Saint-Flour en cocotte-minute sur "(Human) is overrated". L'enchaînement avec "Tonight we go to war" et la reprise de "God of Thunder" enfonce le clou, le groove est massif et la frontwoman impose son charisme qui tient le public en respect du début à la fin.
Mais ne croyez pas qu'Herma soit seule à mener la charge ! Derrière ses fûts, la batteuse Evey (surnommée "la chirurgienne") assure une assise rythmique d'une précision chirurgicale. Sa frappe puissante et impitoyable est le moteur nucléaire de la soucoupe Sick N' Beautiful, propulsant les riffs acérés de L0R1 et Nemes et la basse lourde de Big Daddy Ray avec une énergie dévastatrice.
L'anecdote rock'n'roll de la journée ? C'est Herma qui en fait les frais ! Dès le premier morceau, l'attache de son soutien-gorge de scène lâche au sternum. S'en suivent des SOS paniqués en coulisses et l'intervention salvatrice de leur régisseur Yves, obligé de jouer les mécaniciens de Formule 1 en backstage entre chaque chanson pour tout rafistoler au ruban adhésif gaffer. Une gestion de crise menée avec un second degré et un aplomb remarquables !
Le show repart de plus belle avec les implacables "Raise the Dragon", "Drop it 2 the B" et "Hate Manifesto". Porté par son tandem féminin de choc, le groupe ne lâche rien. Le final arrive déjà trop vite avec "New Witch 666" et "Makin' Angels", laissant un parterre totalement conquis, les bras levés en V.
Une claque visuelle et musicale monumentale !
High Parasite - La messe noire de la Death Pop
Il y a des voix qui racontent les ténèbres mieux que personne. Celle d'Aaron Stainthorpe, figure tutélaire et icône absolue de la mélancolie gothique avec My Dying Bride, résonne comme un repère. Mais sur les planches du Furios Fest, l'homme n'était pas venu pleurer sous les linceuls, aux côtés du bassiste Tombs, il nous a ouvert les portes d'un tout autre royaume avec High Parasite.
Leur mission ? Nous propulser dans un univers de « Death Pop » aussi ténébreux qu'addictif, sculpté sous la houlette bienveillante d'un certain Gregor Mackintosh (Paradise Lost), producteur de leur redoutable premier album, Forever We Burn. Une mue théâtrale et incisive
Voir Stainthorpe libéré des chaînes de la lourdeur funèbre de ses projets historiques a de quoi revigorer le cœur des plus sombres adeptes. Dès les premières notes de Parasite, le ton est donné. La setlist s'emballe rapidement avec l'enchaînement tranchant de Concentric Nightmares et Grave Intentions, embarquant la foule dans une frénésie ténébreuse.
Sur scène, l'exercice prend une dimension théâtrale saisissante. Finies les longues génuflexions mélancoliques place à une intensité rock percutante, frontale, portée par des guitares acérées et des nappes de synth-pop crépusculaires qui transpercent l'atmosphère lors de Drag Me Under et My Syndrome. Le groupe enchaîne sans répit avec le glaçant Cold et l'imposant Widowmaker, avant de faire imploser le pit sur le diptyque We Break We Die et Wasn't Human.
Le quintet, taillé pour les grands espaces après des faits d'armes remarqués aux côtés de Cradle of Filth et Paradise Lost, a littéralement hypnotisé la foule. Après un Hate Springs Eternal incandescent, le concert s'achève en apothéose sur le souffle suspendu de Let It Fail, fondu en un ultime frisson avec le puissant Forever We Burn. Entre l'élégance racée de son frontman et une efficacité mélodique redoutable, High Parasite a signé une véritable claque gothique, aussi racée que viscérale.
Tagada Jones - L'incendie Punk-Metal
Le soleil est maintenant couché, mais la température monte de dix crans d'un coup. Le moment est venu de parler de ces infatigables militants du punk-rock hexagonal Tagada Jones. Avec plus de trente ans de carrière au compteur et un bagage contestataire intact, le quatuor rennais débarque sur les planches du Furios Fest avec la ferme intention de tout brûler sur son passage.
Alors que leur douzième album studio, À Fleur de Peau, vient de pointer le bout de son nez en ce mois d'octobre 2026 (porté par des brûlots comme « Les Flammes de la fête » ou le morceau éponyme qui épinglent les dérives de notre époque connectée), le combo est en roue libre totale. Sur scène, l'énergie est redoutable.
Mais la grosse claque visuelle de ce set auvergnat, c'est l'intégration inédite d'un jongleur et d'une jongleuse de feu et de drapeaux ! Des flammes virevoltent dans le ciel de Saint-Flour, se mariant aux riffs acérés de Stef et aux rythmiques implacables de Job. C'est simple, la scène se transforme en une véritable fournaise pyrotechnique et humaine. Dès les premières mesures de « Le dernier baril », le public de l'Ander s'embrase. Les pogos explosent en un tourbillon de poussière et de t-shirts noirs, tandis que les slams s'enchaînent à un rythme effréné. Niko, fidèle à lui-même, oscille entre discours engagés qui percutent les consciences et un humour potache désarmant, créant une communion immédiate et sincère avec la fosse. L'alternance entre les pépites du petit dernier (À fleur de peau) et les hymnes transgénérationnels massifs comme le mythique « Vendredi 13 » fonctionne au-delà des espérances. Quand résonne « Nous avons la rage », c'est tout le festival qui hurle en un seul homme. Le spectacle visuel offert par les jongleurs de feu amplifie cette sensation viscérale d'appartenir à une grande famille rebelle et vivante. Tagada Jones ne fait pas que jouer de la musique : ils insufflent une force de vie brute qui résonne encore longtemps après la dernière note.
Conclusion : Un premier jour d'anthologie dans le chaudron sanflorain !
Entre les rafales de thrash death mélodique assénées par Monolyth en mode commando, le retour fracassant des vétérans de Darken, la rage solaire de Lucie Sue et l'ovni intergalactique Sick N' Beautiful avec son soutien-gorge rebelle, ce premier jour du Furios Fest 2026 aura tenu toutes ses promesses. High Parasite nous a ensuite transportés dans sa messe noire death pop avant que Tagada Jones ne transforme le Stade de l'Ander en une fournaise pyrotechnique absolue sous les étoiles du Cantal. Une entame historique sur trois jours qui pulse, qui brûle et qui redéfinit les contours du metal en altitude ! C’était Xylia pour Yog Sothoth Photography on reprend son souffle, on secoue la poussière, et on se retrouve demain pour la suite des réjouissances !

Restez connectés, les banguy !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)
Live Report Volcanic Fest 2026 Jour 2

Sickmind ✘ Klone ✘ Silver Dust ✘ Eight Sins ✘ Heavylution ✘ Feat The Sun ✘ Waking The Sleeping Bear ✘ Charcoal ✘ Emerald Moon ✘ Naraka ✘ Amon Sethis ✘ Wedingoth ✘ Crystal Throne
Chronique Live : Journée 2 – Samedi 25 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia, toujours en direct du front pour Yog Sothoth Photography ! Si vous croyiez qu'après le séisme de la veille on allait s'accorder une grasse mat' et une camomille, c'est que vous n'avez jamais mis les pieds à Andrézieux-Bouthéon.
Ce samedi 25 juillet 2026, la météo du Forez a décidé de changer de costume. Finie la chaleur écrasante : place à un ciel instable, un peu de vent pour balayer l'esplanade et surtout de sacrées bonnes averses orageuses. Une bénédiction pour les températures, qui ont plafonné autour de 28 °C bien plus respirables, mais un sacré bordel céleste !
Heureusement que Teamduc's Production avait eu la lumineuse idée d'installer l'unique scène à l'intérieur du C.A.B.L. ! On a même pu observer un petit côté "authenticité underground" assez cocasse : la toiture de la salle laissait s'infiltrer quelques gouttes, forçant l'équipe à disposer des seaux au sol pour ramasser l'eau. Mais est-ce que trois fuites d'eau vont arrêter un bon millier de metalleux assoiffés ? Jamais de la vie ! Entre deux sessions de lèche-vitrine sur les stands du Village Volcanic, pendant que les gladiateurs en armures de carton sont de retour sur l'esplanade et que la bière coule à flot la foule s'est engouffrée dans la salle pour suer du gros sel.
Attachez vos ceintures, on retourne dans le brasier !
Crystal Throne : L'apocalypse Heavy/Power
Toi l’ami métalleux qui pionçait encore sous ta tente au camping, sache que si t'étais pas là, t'as carrément raté ta vie. Après plus de 7 heures de routes, les Messins de Crystal Throne sont montés sur les planches pour ouvrir cette deuxième journée avec la dalle d’un Grand Ancien sorti d’un sommeil séculaire. Pas de chichis, le quatuor nous a balancé son Heavy Power/Progressif à l'ancienne en plein buffet. Un véritable rouleau compresseur pour tympans encore mal réveillés.
Dès les premières cartouches, la guitare incisive de Max Waynn (alias Max YME, le vidéaste qu'on ne présente plus) te découpe la viande à vif. Le mec affiche une aisance scénique indécente et manie la six-cordes comme une tronçonneuse. Ça riffe à Mach 2, c'est d'une précision chirurgicale, ça ne bave pas d'un millimètre. Derrière, la section rythmique verrouille le pit comme un bunker : la basse grondante t'éviscère le bide pendant que la frappe martiale de la batterie martèle le plexus. Un son massif, léché, qui te remet direct les cervicales à l'endroit sans passer par la case ostéo. Et que dire du chant de Terry DeFire ? Le type a manifestement trois poumons. Il monte dans les aigus avec une facilité déconcertante, ressuscitant sans vergogne les fantômes de Queensrÿche, Fates Warning et Judas Priest. Ça transpire l'authenticité, la sueur et la confiance absolue. Les mecs envoient des solos harmonisés supersoniques qui te balayent le cerveau. Une ouverture royale, point barre.
Wedingoth : Le voyage hybride et envoûtant
Changement d'ambiance radical avec les Lyonnais de Wedingoth. Actifs depuis 2007, les piliers du Metal Progressif/Alternatif investissent les planches avec une aisance scénique impressionnante. Dès les premières mesures, le contraste fait mouche. Porté par la voix polymorphe de Céline "Nephtys" Staquet, le groupe déploie un show d'une richesse sonore captivante.
Sur scène, pas une seconde de répit : Céline occupe l'espace sans s'arrêter, passant d'envolées cristallines à des tessitures rock beaucoup plus mordantes. Les riffs complexes et les envolées atmosphériques de Steeven Segarra se mélangent à la perfection avec la basse groovy de Manon Fortin.
Défendant l'esprit de leur dernier album live Five Stars (A)live, le quintet fait voyager la fosse entre gros breaks metal et passages lunaires insufflés d'esprit Pink Floyd. Le public du Volcanic Fest se laisse cueillir par cet équilibre parfait entre technicité et émotion. Une parenthèse hypnotique d'une classe folle.
Amon Sethis : la déferlante du péplum égyptien
Rangez vos manuels d'histoire, les Grenoblois d'Amon Sethis sont de sortie ! Les patrons du Power Metal Progressif Symphonique ont transformé la scène du C.A.B.L. en un véritable temple de l'Égypte antique. Inspiré par la 7ème dynastie égyptienne, leur spectacle tenait plus du péplum sanglant sous amphétamines que du simple concert de province. Dès les premières notes, le son t'attrape par les tripes. Julien est tout simplement impérial au micro. Le mec ne se contente pas de chanter : il théâtralise le set comme un grand prêtre en pleine invocation sacrée, alternant entre narrations ténébreuses et envolées Power d'une puissance colossale. En soutien, Laetitia détruit les cervicales du premier rang avec des lignes de basse d'une lourdeur tellurique. Le groupe déroule sans pitié les pièces épiques de leur opus Part III - Dawn Of An Apocalyptic World. Côté instruments, c'est de la haute voltige. Les orchestrations symphoniques et orientales s'encastrent dans des riffs heavy monstrueux assénés par des guitares incisives. La technicité est démoniaque : les nappes de claviers posent une atmosphère cinématographique moite et lourde, pendant que la batterie martèle le sol du C.A.B.L. à coup de double pédale jusqu'à faire trembler les fondations. BOUM. BOUM. Un rouleau compresseur. Mais l'apothéose du spectacle frôle carrément le rituel païen. L'apparition de Mélainya B a fait basculer le show dans une autre dimension. Quand elle s'empare de ses accessoires pour lancer ses jonglages de feu, l'air du C.A.B.L. devient irrespirable. Les flammes dansent, fendent l'air en frôlant les musiciens et illuminent les visages en sueur du pit. La chaleur te brûle les sourcils tandis que le parfum de pétrole lourd se mêle aux pharaons métalliques. C'est hypnotique, dangereux, viscéral, Amon Sethis n'a pas juste joué de la musique : ils ont soulevé une tempête de sable en plein cœur du Forez et nous ont balancés sans sommation en plein désert, entre la poussière, le sang et la braise. Une prestation magistrale, carrée, théâtrale et d'une violence esthétique rare.
Naraka : Un pacte de sang, de riffs et de flammes
La température grimpe de dix crans d'un coup, mais le ciel vient de se couvrir d'un voile poisseux : Naraka débarque au Volcanic Fest,et autant te dire que les mecs n’ont pas traversé la France pour faire du tricot.Dès les premières notes, le combo déboule pour nous faire visiter les gouffres de l'Enfer à coups de Modern Death/Thrash assaisonné d'arrangements Black symphoniques de très haute volée. Sur scène, pas de blabla. C'est un pur rouleau compresseur. Derrière les fûts, le bonhomme aux baguettes a balancé une sauce inhumaine, de la double pédale qui te décolle les tympans et des blast beats réglés comme un métronome sous stéroïdes. Frontman colossal, hargneux au possible, le chanteur domine la fosse de toute sa hauteur et recrache ses growls comme s'il voulait nous dévorer tout crus. S'appuyant sur les brûlots de leur album In Tenebris, le groupe enchaîne les parpaings sans laisser le temps de reprendre son souffle. La guitare découpe l'air à coups de riffs telluriques et la basse fait vibrer le béton armé sous nos pieds. Tu sens immédiatement la bouteille des mecs qui ont arpenté les routes d'Europe aux côtés de géants comme Cradle of Filth ou Fleshgod Apocalypse : la machine de guerre est blindée, rodée, affûtée. Résultat des courses ? Le premier circle pit sauvage de la journée est déclenché. Et soudain, au beau milieu de ce pilonnage auditif, l'ambiance a vrillé vers une ritualisation impie.Comme si les riffs de Naraka n'étaient pas suffisants pour invoquer les Grands Anciens, la scène a été envahie par une vision cauchemardesque mais diablement érotique, la performeuse Mélainya B est de retour. Si t'étais pas là pour voir ça, t'as clairement raté l'instant où le concert a basculé du simple moshpit à la messe noire visuelle. Elle déboule, créature cornue sortie des tréfonds, d'abord drapée dans une élégance funèbre avant de se révéler dans une nudité impériale, à peine masquée par quelques artifices sombres . C'était pas juste de la figuration, c'était une performance organique, crue, viscérale. On l'a vue se barbouiller d'un fluide noir et poisseux, transformant son corps en une toile d'obscurité. C'était d'une beauté dérangeante, un blasphème graphique sous les lights verdâtres. Et puis, il y a eu ce moment... cette interaction avec le guitariste, une bénédiction impie, une onction du chaos ! La tension était palpable, la dévotion totale. Et quand tu croyais que le blasphème visuel avait atteint son paroxysme avec l'onction poisseuse, le chaos a pris une autre dimension. Mélainya B a décidé qu'il fallait qu'on crève tous d'hyperthermie. Juste au moment où les blasts beats et les riffs telluriques fusionnaient en une tempête de distorsion infernale, la performeuse a sorti l'artillerie lourde le feu. Si t'étais au premier rang et que t'avais encore des sourcils, tu peux remercier le Dieu des Ténèbres. L'objectif de Yog Sothoth Photography a eu chaud aux lentilles, mais le résultat est là, sanglant et brûlant. Elle a commencé avec de simples étincelles, un présage lumineux sous les lumières rouges avant de transformer la scène en un bûcher rituel. Le moment où elle a brandi cette chaine enflammée, comme une Furie sortie tout droit de Lovecraft, c’était l'apocalypse. C'est pas une simple jonglerie, c'est une invocation. Elle manie ces flammes avec une fluidité dérangeante, un blasphème graphique où la nudité impériale côtoie la destruction pure. La tension avec Naraka a explosé. Les mecs continuaient de canarder leurs riffs alors que la scène semblait sur le point de fondre. Ce n'était plus un concert, c'était un pacte de sang et de feu scellé en direct. La violence du son et la beauté brute de cette performance pyrotechnique...Le verdict ? Naraka et Mélainya Bathory Naraka et Mélainya B ont sorti le grand jeu et ont rasé le Volcanic Fest en règle, en mode "terre brûlée".
Emerald Moon : La déferlante Hard 70's
BOOM. Changement d’ambiance radical, retour au Classic Rock pur jus, sans filtre et sans concession avec Emerald Moon. Autant te dire que ce supergroupe réunissant des pointures de la scène hexagonale avec des morceaux d'anciens de Laura Cox et Dyslesia dedans n'était pas venu pour distribuer des hosties à la kermesse du coin. Ils sont venus insuffler une sacrée dose de feel-good spirit dans une salle au bord de l'asphyxie. Dès les premières notes, la magie des twin-guitars façon Thin Lizzy t'allume à bout portant. Fabrice Dutour et Michaal Benjelloun se renvoient des solos harmonisés d'une élégance rare, se croisant les pelles comme deux duellistes en plein délire mystique. Au micro, Vanessa Di Mauro t'attrape par le colback : une voix monstrueuse, gorgée de soul et d'énergie rock sudiste, qui te balaye le sous-sol. La nana a bouffé un compresseur au petit-déjeuner, c'est pas possible autrement. Défendant leur brûlot The Sky's The Limit, le quintet déroule un son chaud, organique et terriblement efficace. La section rythmique tenue par le monstre Laurent Falso qui martyrise sa batterie et Anthony Prudent qui martèle sa basse insuffle un groove irrésistible. Ça tourne comme un V8 américain retapé au fond d'un garage délabré. Un show généreux, solaire et vibrant qui prouve une bonne fois pour toutes que le Hard Rock des seventies n'a pas pris une seule ride. Une vraie démonstration de force. Une claque monumentale, distribuée avec le sourire mais calibrée comme un coup de double pédale en plein sternum. Emerald Moon a retourné la salle en rappelant à tout le monde d'où vient le feu sacré.
Charcoal : Du Sleazy taillé au marteau-piqueur
Si vous aimez le cuir, la bière tiède et le rock qui tache, Charcoal était là pour vous ! Le quartet débarque sur les planches en mode commando Sleazy Hard Rock 'n' Roll, bien décidé à faire renaître l’esprit crasseux du Sunset Strip au cœur du Forez. Pas de sombres cérémonies ce soir, juste du rock bête, méchant et diablement jouissif.
Au micro, Cyrille Hawlicki pose ses tripes sur la table. Ça pousse la voix comme si le type avait bouffé des lames de rasoir trempées dans le bourbon. À côté, Damien Leboucher aligne les solos endiablés avec une attitude de guitar hero complètement assumée poseur, hargneux, rapide comme une frappe d'Ancien Dieu. Derrière eux ? Une section rythmique en béton armé qui pilonne sans sommation, un vrai rouleau compresseur qui te fait vibrer la cage thoracique à chaque impact.
Le groupe déroule les morceaux d’une efficacité redoutable tirés de leur EP Rocks. Pas de fioritures, pas de chutes de tension : les brûlots originaux taillés pour la route s’enchaînent comme des coups de poing. Et quand ils balancent leur reprise décapante du traditionnel Whiskey In The Jar, c’est l’émeute. La fosse se transforme en un pub survolté, un moshpit improvisé où les coudes volent et où la sueur gicle jusqu’au plafond. Ça suinte le fun, c’est brut, c’est sans prise de tête. Une pure décharge d'adrénaline qui fait un bien fou par où ça passe !
Charcoal est venu, a posé son paquet sur la table, et a pulvérisé tout ce qui bougeait. Pas de quartier, pas de pitié, juste un concentré d'énergie pure qui te laisse les cervicales en bouillie et les oreilles qui sifflent jusqu'à mardi.
Waking The Sleeping Bear : Secousse sismique et tatanes jurassiennes
Attention, déflagration majeure ! Les Jurassiens de Waking The Sleeping Bear déboulent sur les planches avec la ferme intention de terrasser tout ce qui respire. Pas le temps de dire ouf que ça t'envoie un coup de tatane virtuel bien placé en pleine carotide. Leur Néo Metal / Metal Fusion moderne teinté de rapcore et d'indus ? Une véritable arme de destruction massive, calibrée sur mesure pour t'exploser les cervicales sans sommations. Le quartet déploie un show hyperstroboscopique qui frôle la démence. Ça bave pas d'un millimètre, c'est taillé au scalpel. Porté par un chant intégralement scandé et hurlé en français qui te rentre dans le crâne comme un burin, le combo défend sur scène son tout récent EP Grands Maux, Grands Remèdes - Partie 1. Et bordel, quand ils balancent leurs missiles comme « Le goût de la peur au ventre » , tu sens direct la patte de Fred Duquesne au mixage : c'est lourd, c'est gras, ça fait l'effet d'une division de tanks lancée à pleine balle. Dans la fosse, c’est l'explosion instantanée. Pogo culture activée ! Les samples industriels ultra lourds s'engouffrent dans tes tympans pendant que les riffs accordés au plus bas de la Terre te décollent les plâtres du thorax. La communion avec le public est totale, violente, organique. Une gifle d'énergie pure balancée en pleine gueule qui te laisse KO debout, les oreilles sifflantes et le sourire jusqu'aux tempes.
Waking The Sleeping Bear n'a pas juste réveillé l'ours : ils ont démoli le festival et piétiné les ruines. Si le Néo metal français cherchait ses nouveaux patrons pour la décennie, il vient clairement de se faire braquer par quatre mecs du Jura.
Feat The Sun : L'invocation en mélodies
Au moment où la masse de chevelus commençait à reprendre son souffle, les projecteurs ont braqué la scène. Une tension électrique a traversé la fosse. Des faisceaux de lumière froide ont percé la brume, dessinant des architectures de cathédrale impie. Au centre, la silhouette gracieuse mais menaçante de Lucie dans sa robe ajourée captivait tous les regards, les mains levées pour invoquer des forces telluriques. Les zicos étaient déjà en transe, les muscles tendus, prêts à tout faire péter. Le décor était posé, après le chaos, place à l'énergie mélodique et explosive de Feat The Sun. Les Grenoblois, armés d'un passif de plus de 100 concerts, ont investi la mainstage avec une assurance remarquable. Dès les premiers rangs, l'aisance du combo t'encaisse le buffet. Pas de temps mort, pas de chipotage, leur Rock Alternatif francophone teinté d'accroches Pop et de riffs Metal fait mouche d'entrée de jeu. Défendant l'édition deluxe de leur EP Fragments et leur single Paralysed, le groupe sait comment faire sauter une foule. Ça saute, ça hante le pit, ça ne bave jamais. Le show est visuel, dynamique et ultra généreux. Feat The Sun aura su capter l'attention du festival avec un set taillé sur mesure pour la scène. Carré et ultra-efficace Feat The Sun a plié le Volcanic fest avec un show taillé pour les grands espaces, prouvant qu'on peut allier la puissance des distorsions à des mélodies qui restent gravées dans le crâne.
Heavylution : Le Speed/Heavy Des Locaux
Quand les Stéphanois d'Heavylution déboulent pour jouer à domicile, autant te dire que la pression est à son comble. Jouer devant les copains et la famille, c'est soit le crash en flammes, soit le carnage mémorable. Spoiler alert pour toi l'ami métalleux : ce fut un triomphe absolu, une vraie leçon de violence à l'ancienne. De retour sur les planches avec leur dernier pavé The Cycle sous le bras concept inspiré d'un livre de Science Fiction Cycle de Fondation d'Isaac Asimov. Dès les premiers décibels, c'est un mur de Speed/Heavy à l'ancienne qui te balaye la tronche avec une puissance retrouvée. Carré, affûté, sans le moindre temps mort. Devant, Paul Eyssette est dans une forme tout simplement étincelante. Le type a manqué de bouffer son micro à plusieurs reprises tant la fureur l'habitait, balançant des envolées haut perchées dans la pure tradition de la New Wave of British Heavy Metal. La chair de poule garantie. Côté grattes, le duo Olivier Dupont et Loïc Chalindar s'est livré à un duel de riffs magmatiques et de solos pyro-techniques qui ont littéralement fait voler les étincelles jusqu'au plafond. En embuscade sur les arrières, la section rythmique tourne au marteau-piqueur, quatre cordes hypnotiques et une artillerie lourde au fûts. Le public stéphanois, déchaîné du premier au dernier rang, a réservé un accueil « VOLCANIQUE » et passionné à ses héros locaux. Du headbanging généralisé, des cervicales en compote et une vraie célébration du metal traditionnel comme on n'en fait plus beaucoup.
Eight Sins : Le Destruction Derby
L’atmosphère avant qu’Eight Sins ne foule les planches ? Une cocotte-minute prête à exploser sous la pression. Les regards aguerris des mosheurs en disaient long : ce soir, le sol allait trembler. Le groupe est arrivé sur scène avec une seule idée en tête foutre un bordel monstre, et autant te dire tout de suite qu'ils ont largement dépassé leur objectif. Le Set ? Un carnage sonorisé, cartons et flammes de l'Enfer.
Dès l'attaque de Straight Hate, le mur du son nous a balayés sans sommation. C'est d'une précision chirurgicale, ça dégaine à coups de riffs thrash ultra lourds sans jamais sombrer dans le bâclé, avec juste ce qu'il faut de crasse hardcore pour vous choper aux tripes. Le chant de Loïc ? Un growl affamé, comme s'il avait bouffé le micro au petit-déjeuner. Ça enchaîne sur Slice of Doom puis le rouleau compresseur Acid Hole, la section rythmique pilonne les tempes à coups de double pédale assommantes. Mais là où ça devient véritablement magique, c'est dans le pit. Les enfants, on a assisté au pit le plus complètement déjanté et furieux des trois jours du festival ! Pendant les attaques punk/hardcore d'un Straight to Namek, un circle pit dantesque s'est formé autour d'un combat de chevaliers en armure en carton, immédiatement suivi d'un wall of death titanesque prêt à fracturer des côtes.
Mention spéciale au groupe qui a dédié un titre où le moshpit était réservé exclusivement au public féminin et elles s’en sont données à cœur joie, balançant des coudes et des smileys en plein dans la tronche du patriarcat !
Entre l'incontournable bataille de frites de piscine géante, le traditionnel circle pit tournant autour de la régie et le chanteur Loïc porté en slam royal au-dessus d'un océan de mosheurs survoltés, la démence était totale.
Pour achever ce qui restait de vertèbres dans l'assemblée, le groupe a balancé ses cartouches ultimes, assénant un final démolisseur sur Beers & Moshpit.
C'est au milieu de ce chaos sonorisé qu’est survenu le moment le plus dément de la soirée : un cracheur de feu officiant carrément au milieu du pit avec des flammes de plus de deux mètres ! Un décor post-apocalyptique digne de Mad Max
De la sueur qui vole en gouttes rétroéclairées à la lueur aveuglante des flammes découpant les silhouettes du moshpit au milieu de ce boxon, l'objectif de Yog Sothoth Photography qui fige le massacre.
Eight Sins nous a livré une prestation totalement survoltée qui a marqué cette édition du Volcanic Fest au fer rouge. Un KO technique sur toute la ligne.
Silver Dust : Le Cabaret Macabre
Changement d'univers total avec la déferlante suisse qui s'empare des planches. Au centre du pandémonium, Lord Campbell, vissé dans son haut-de-forme emblématique, mène la danse tel un maître de cérémonie macabre. Le type a un charisme magnétique : une présence scénique qui te hante l'esprit dès les premières secondes.
Leur Metal Gothique teinté de Rock Théâtral balance une sauce d'une précision chirurgicale. Ça ne bave pas d'un millimètre : les riffs lourdissimes viennent te fracasser les côtes, enchevêtrés dans des nappes électroniques synthétiques et une ambiance sombre, très burtonienne. C'est théâtral, c'est grandiloquent, c'est vicieux.
Pendant que les six-cordes et la basse arpentent la scène avec une classe arrogante pour pilonner les cervicales du public, le batteur enchaîne les facéties derrière ses fûts, alternant frappe de sourd et jeu de scène grotesque. En live, leur dernier opus prend une dimension grandiose, quasi hypnotique. Tu te prends une claque visuelle et auditive qui te remet les idées en place.Un show sombre, fascinant et exécuté de main de maître. Une démonstration d'une efficacité redoutable qui te laisse les oreilles sifflantes et les yeux écarquillés.
Klone : Au Sommet De L'hypnose
Après la boucherie des groupes précédents qui nous ont poncé les cervicales à coup de blast beats sauvages, le plateau s'éteint. Le silence s'installe. Pas n'importe quel silence : celui, lourd et poisseux, qui précède la tempête. Les patrons du metal progressif hexagonal débarquent pour refermer les portes de la réalité et nous balancer en plein vortex hypnotique.
Dès les premiers riffs, la clarté sonore te met une gifle chirurgicale. Les gratteux tissent des toiles sonores d'une densité terrifiante. C'est lourd, c'est massif, ça te compresse la cage thoracique comme un étau lovecraftien, mais c'est pourtant empreint d'une mélancolie absolue. Pas de fioritures, pas de démos techniques pour frustrés du manche : de la pure tension atmosphérique. La basse te décolle les plâtres du fond de la gorge pendant que le martèlement de la batterie insuffle une dynamique organique, oscillant entre frappe subtile et rouleau compresseur.
Et puis, il y a la bête au micro. Yann Ligner. Le type ne chante pas, il invoque. Une présence presque chamanique, un charisme magnétique qui te cloue sur place. Sa voix passe d'une douceur cristalline à une puissance brute capable de fissurer le plafond. C'est d'une justesse affolante, te chopant directement aux tripes sans passer par la case départ.
Les textures de synthés et les samples hypnotiques viennent draper cette orgie de riffs dans une brume cosmique, créant un contraste saisissant entre la violence sourde de la rythmique et la poésie tranchante des mélodies.
Dans le public, le pit s'est métamorphosé. Exit la baston, place à la transe. Tout le monde oscille les yeux fermés, balayé par des vagues d'intensité sonore qui te font passer du fond de l'abysse au sommet de la montagne en une fraction de seconde.
Un voyage cosmique hors du temps, une leçon de maîtrise pure et dure. Ces gars-là ne jouent pas de la musique, ils façonnent la matière sonore avec la précision d'un scalpel. Tu ressorts de là le cerveau essoré, l'âme à vif, persuadé d'avoir assisté à une messe noire d'une beauté dévastatrice. Une véritable gifle d'élégance et de lourdeur.
Sickmind : Massacre À La Tronçonneuse Pour Cervicales En Fin De Vie
Il est plus d'une heure du matin. Les cervicales du public ressemblent à un jeu de Mikado après un séisme force 8 sur l'échelle de Richter. Les corps sont concassés, ramassés à la petite cuillère, mais pour clôturer cette deuxième nuit de folie au Volcanic Fest, l'extermination n'est pas tout à fait terminée. Ce sont les Bordelais de Sickmind qui ont la lourde tâche de martyriser les derniers rescapés. Et bordel, ils ne sont pas venus pour distribuer des hosties. Issus des catacombes de la scène underground girondine, les gars débouchent sur scène sans la moindre sommation et nous balancent leur crossover Metal/Thrash/Death en pleine tronche, sans aucune concession. Pas de fioritures, pas de samples préenregistrés pour midinettes, pas d'effets de manche pour briller sur Instagram, du gros son lourd, gras, méchant, balancé avec la violence d'un coup de pelle dans les dents. Dès les premières mesures, c'est l'invocation des forces occultes. La section rythmique pilonne à la double pédale comme une batterie d'artillerie lourde bombardant un cimetière. Les riffs, acérés comme des scalpels rouillés, évoquent la fureur primitive d’un Slayer sous stéroïdes couplée à la lourdeur d'un Bolt Thrower de la grande époque. Le chanteur recrache ses textes avec un growl à décoller le papier peint, haranguant les survivants avec une morgue réjouissante. La fosse résiduelle une poignée de guerriers en vestes à patchs complètement déshydratés et de métalleux en phase terminale puise dans ses toutes dernières réserves de glycogène. Pas besoin d'attendre un wall of death poli, le moshpit se déclenche spontanément dans un élan morbide. On se rentre dedans, les coudes volent, la dignité vole en éclats. Sickmind délivre un set brut, organique et totalement instinctif, scellant cette deuxième journée dans un maelström de décibels saturés où le néant a fini par engloutir ce qu'il restait de nos tympans.Une vraie leçon d'agression pure qui prouve que l'underground français a encore des cartouches pleines de plomb.
Le Verdict
Bordel de merde, quelle boucherie ! Si la flotte a essayé de noyer Andrézieux-Bouthéon par la toiture, le Volcanic Fest a répondu en cramant la baraque à coups de napalm auditif et de pyrotechnie impie ! Entre la démonstration de force Heavy/Power chirurgicale de Crystal Throne, la messe noire viscérale scellée dans le sang et le feu par Naraka et la vénéneuse Mélainya B, le groove saignant d'Emerald Moon et la distribution gratuite de tatanes jurassiennes signée Waking The Sleeping Bear, cette deuxième journée n'était pas un simple festival : c'était une purge cathartique en bonne et due forme. Les seaux du C.A.B.L. ont peut-être ramassé les fuites d'eau, mais dans le moshpit, c'est de la sueur, du sang et de la bière tiède qu'on a récolté à litres entiers ! On a les cervicales en plastique, les tympans réduits en compote et les yeux encore brûlés par les flammes, mais le mugissement de la meute en redemande. Prenez vos tisanes, ramassez vos dents et rechargez vos batteries le carnage n'est pas encore terminé, et Yog Sothoth garde l'œil ouvert sur la suite des hostilités.
L’Œil du Cyclone
Un live report sans sueur, coups de coude et chaleur humaine n'en est pas un. On s'est immergés directement au cœur du réacteur.
Résultat : une sélection de clichés capturés sur la ligne de front. Mosh pit survolté, visages crispés, sourires extasiés… Tout l'esprit de cette deuxième journée résumé en quelques images brutes et intenses.
Stay Heavy, espèces de sauvages !
----> Live report de la première journée
Live Report Volcanic Fest 2026 Jour 3

JJAX ✘ EON ELEMENT OF NOISE ✘ BARDS OF BACKWATER ✘ SMYU ✘ MESS OUT ✘ FAITH IN AGONY ✘ BANGALORE CHOIR ✘ NAHEULBAND ✘ HRAFNGRIMR ✘ EIHWAR
Chronique Live : Journée 3 – Dimanche 26 Juillet 2026
Salut les affreux. C'est Xylia, encore debout sur le front pour Yog Sothoth Photography, même si mes cervicales hurlent à la mort et que mes godasses ont fini par fusionner avec le béton du C.A.B.L. On y est ! Troisième et dernière journée de cette première édition historique du Volcanic Fest 2026 à Andrézieux-Bouthéon. Si vous espériez qu'après deux jours de pelleteuse auditive et de moiteur en salle on allait se reposer sagement, c'est que vous ne connaissez décidément pas la maison. Ce dimanche 26 juillet, la météo extérieure s'est un poil radoucie, mais à l'intérieur du complexe, l'atmosphère reste lourde après trois jours de riffs écrasés et de houblon bien frais. Le Village Volcanic ronronne, les distros tournent à plein régime, et le public, bien qu'au bout de sa vie, est prêt à en découdre. Pas le temps de pleurer sur son sommeil en retard, le planning ne fait pas de cadeaux. Accrochez vos ceintures, voici le déroulé exact des hostilités par ordre de passage avant de plonger dans le cambouis :
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JJAX (13H05 > 13H25)
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EON ELEMENT OF NOISE (13H45 > 14H15)
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BARDS OF BACKWATER (14H35 > 15H15)
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SMYU (15H35 > 16H15)
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MESS OUT (16H35 > 17H20)
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FAITH IN AGONY / PASCAL VIGNÉ & COMBATS DE CATCH (17H40 > 18H25)
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BANGALORE CHOIR (18H55 > 19H40)
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NAHEULBAND (20H10 > 20H55)
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HRAFNGRIMR (21H25 > 22H25)
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EIHWAR (22H55 > 00H25)
JJAX : Hard Rock Moderne et Riffs Asphalte
Putain, 13h05 au compteur ! Alors que les comateux essaient encore de décoller leurs paupières, les Savoyards de JJAX débarquent sur les planches avec la ferme intention de réveiller les cadavres. Formé en 2020 par le multi-instrumentiste Julien Jacquemond le sorcier qu'on croise dans Inner Visions ou Ecclesia, le quatuor est venu défendre son tout premier album studio officiel, Reason to Hope, balancé en février 2026 chez Ellie Promotion.
Dès les premières notes de "Reason to Hope", le ton est donné : c'est un Hard Rock moderne et organique, teinté de Heavy Metal bien burné qui navigue entre la rage d'un ouragan cathartique et la puissance tellurique d'un monolithe de magma en fusion. Karim Attoumane (que les forcenés reconnaissent chez Zuul FX) nous balance des solos de guitare ciselés au scalpel, affûtés comme des lames de rasoir qui font trembler les amplis. Le set s'ouvre sans respirer avec "Gehenna", "Old Age" et "Extand". Le public, encore un peu songeur en ce début d'après-midi, se fait rapidement happer par ce raz-de-marée de décibels bruts. Quand retentit l'hymne "Reason", la fosse commence à frémir, le soufflé monte, et "Are You" puis "Ulysses" achèvent de transformer ce parterre de zombies matinaux en marée humaine prête à secouer la tignasse. Une mise en route sur les chapeaux de roues qui force le respect !
JJAX a plié le match avec l'assurance des grands. Pas de poses de midinettes, juste du Hard Rock racé et couillu injecté à haute pression. Une véritable décharge de 220 volts dans les esgourdes pour lancer cette ultime journée !
À écouter la vitre baissée sur l'autoroute du retour, en vérifiant si tes cervicales tiennent encore le choc !
Eon Element Of Noise : Le Marteau Piqueur du Var
On ne baisse pas la garde, on monte même d'un cran dans la bauxite avec eOn (Element Of Noise). Vingt-cinq ans d'acharnement souterrain au compteur pour ces Toulonnais qui trimbalent leur Groove Metal et leur brutal metalcore depuis 1999. Venu défendre leur quatrième album Angel Of Terror sorti fin 2025, le combo s'impose d'emblée comme une machine de guerre.
Flanqué de Flo au chant et de Ranko (batteur qu'on croise aussi chez Svart Crown ou Loudblast) derrière les fûts, le quintet transforme la scène en zone de quarantaine. Des brûlots comme "Your hate is my pleasure" ou "Heads on pikes" font l'effet d'un direct du droit dans les gencives. Les riffs sont massifs, la rythmique défonce et l'ambiance vire instantanément au désordre dans le pit. C'est brut, c'est sincère, ça transpire le plomb.
Les gaillards n'ont pas fait le déplacement pour distribuer des bons points : c’est autopsie en direct. Dès les premières mesures de "Heads on pikes", Ranko envoie une salve d'artillerie lourde sans sommation, posant un béton armé sur lequel Flo déploie une voix abrasive. Le set déroule une setlist en forme de rouleau compresseur : de "Bullshit avertwhere" à "Lost not found", les Toulonnais démontrent une science du break redoutable. Ça découpe au laser, ça matraque les fûts avec une hargne communicative, et les guitares crachent du feu par tous les pores. Mention spéciale pour "Angel Of Terror" et "Legacy of shame" qui achèvent de transformer le parterre en essoreuse. Pas de fioritures, juste une démonstration de brutalité exécutée au millimètre.
eOn a tout rasé sans demander son reste. Une baffe monumentale du début à la fin qui nous rappelle que le metal hexagonal a encore de beaux restes sous le capot.
Bards Of Backwater : Le Tavern Hardcore
Accrochez vos ceintures et débranchez vos pacemakers, mes zinzins, le folklore médiéval-fantastique a débarqué au C.A.B.L. pour tout raser sur son passage ! Venus tout droit de Meaux et formés en 2022, les costauds de Bards of Backwater ont investi les planches pour défendre leur bouillant EP Welcome To Backwater. Et autant vous le dire tout de suite, le combo a sorti le concasseur industriel. Escortés de leur mascotte officielle ce bon vieux Howard le chevalier chèvre les ambassadeurs autoproclamés du Power Metal celtique ont mis le feu aux poudres sans sommation.
L'infatigable Lise Gimenez, alias "Beth", mène la barque au chant et à la basse avec une ironie mordante qui ferait pâlir un banquier. Avec un groove plus gras qu'une friteuse de festival, elle tient la baraque de main de maître pendant que le combo déroule une set-list taillée pour le pillage : The edge of the glade, l'hymne à leur bouc favori Howard is a looser, l'incendiaire Heaven’s on fire, Saxon are here, The defenders, pour achever le tout avec Tonight we raise our drinks. Entre des structures de chansons de guerre taillées à la serpe et des odes absurdes à la gloire de leur ruminant fétiche, la salle s'est prise au jeu de plein fouet. Ça headbangue avec le sourire aux lèvres, ça reprend les chœurs en chœur. C'est théâtral, c'est totalement déjanté, et ça pose une ambiance de fin de banquet de pillards tout à fait savoureuse.
Une affaire classée avec les honneurs du chapitre Metal ! Les Bards of Backwater nous ont collé une torgnole sous un signe chevaleresque et caprin.
SMYU : Post-Hardcore sous tension
Les Tourangeaux de SMYU (Show Me Your Universe) débarquent sur les planches du C.A.B.L. pour nous rappeler ce qu'est un vrai break metalcore. Formé en 2015, le groupe emmené par Jeremy Dubray (Jem Dolgon) trace sa route après une série de dates au printemps 2026 pour défendre leur EP Queen Spirit.
Dès les premières notes de "Numb By Design", l'impact est immédiat. Le mélange de haine et de mélancolie propre au post-hardcore fait son effet, même si l'ensemble manque parfois d'un peu de mordant. Les guitares lacèrent l'espace et les breakdowns secouent la salle, offrant à la fosse l'occasion de se bouger un minimum. Le combo balance ses riffs avec efficacité : Gygabitch, Dark room & cigars, DD smoker, Sharks, Rhino herd, Violence, BBQ season, Johnny B goode, Number by design, Girl in a truck, et Lousy boy. Les musiciens font le job sur scène, mais la sauce peine parfois à prendre totalement. Une prestation correcte qui fait le travail sans transcender les foules. Ça joue carré, mais on attendait un peu plus de folie pour vraiment marquer les esprits. À revoir lors d'un prochain passage.
Mess Out : La Déflagration Punk-Metal Lyonnaise
Rappelez-vous, c'était le mois dernier : nous avions croisé la route de ces furieux au brutal afterwork à Arnas. Inutile de vous ressortir les vieilles archives du placard, mais gardez bien ça en mémoire : ces bougres-là ne sont pas venus pour cueillir des pâquerettes. Porté par l'actualité incandescente de leur premier album studio complet, We Will Set This Place On Fire, balancé en mai 2026, le quatuor débarque au Volcanic avec la ferme intention de tout cramer.
Dès les premières secondes avec "One Last Time" et "The Fray", le ton est donné. Le combo balance son punk rock aux refrains accrocheurs entremêlé d’une lourdeur propre au metal moderne dans une fournaise moite digne d'une cave de squat en juillet. Maxence, véritable pile électrique au chant, harangue la foule et crache sa colère sociale avec une urgence absolue. C'est engagé, et ça réveille les derniers somnolents au fond de la salle.
La machine s'emballe sur des brulots comme "Crève", où la basse de Maxime vous décolle la plèvre à grands coups de sub-bass. Quand le groupe enchaîne "Idiocratie Généralisée", "Give Our Chance Back" et un "Awake" dantesque, le public est déjà en fusion. Et puis, c'est le moment choisi pour que le concert bascule dans le surréalisme le plus total : une reprise survitaminée du mythique "Bad Touch" des Bloodhound Gang. Le quatuor achève les survivants sur "Kick Me To Death" avant de tout incendier avec le morceau-titre, We Will Set This Place On Fire.
Emballé, c'est pesé : Mess Out a transformé le Volcanic en champ de bataille festif. Un set intense, humain, engagé et complètement déjanté qui prouve que la scène alternative lyonnaise a un sacré train d'avance. Allez, je file au bar m'éponger le front avant la suite des hostilités !
Pause Improvisée : Catch et Guitares Divines
Petit coup dur dans l'après-midi : le groupe Faith In Agony a du, à notre plus grand regret, annuler sa prestation, la chanteuse étant malheureusement souffrante. Mais au Volcanic Fest, on ne se laisse jamais abattre par les imprévus ! L'organisation a immédiatement rebondi pour le plus grand bonheur des festivaliers. À la place, on a eu droit à une session totalement lunaire de combats de catch ultra-violents hommes femmes où les cordes du ring ont failli lâcher sous les descentes de la tête des gladiateurs du dimanche. Et pour couronner le tout, le virtuose de la guitare Pascal Vigné est monté sur scène en solo pour une démonstration de shred et de rock instrumental d'une propreté chirurgicale. Armé de sa technique en legato irréprochable et de son groove légendaire, il a hypnotisé les amateurs de guitare les yeux rivés sur ses manches. Une parenthèse baroque et survoltée !
Bangalore Choir : Le Glam Rock US
Changement d'époques et de continents, les enfants ! L'heure est venue de troquer la brosse à reluire contre un bon vieux perfecto élimé. C'est au tour des légendaires américains de Bangalore Choir de fouler la scène du Volcanic Fest. Fondé en 1991 à Los Angeles par le charismatique David Reece brièvement croisé chez Accept à la fin des eighties le groupe débarque en pleine résurrection après la sortie fin 2025 de leur double album monumental Rapid Fire Succession: On Target Part II. Autant dire que ça sentait la poudre dès les balances !
Dès les premières notes de "One Last Time", le ton est donné. David Reece, arborant une sobriété retrouvée et une clarté vocale bluffante, nous emmène directement dans un voyage temporel tout droit sorti du Headbanger's Ball des années 90. Le combo déroule une setlist menée tambour battant, balançant les watts avec une énergie redoutable.
Porté par des hymnes taillés pour les grands espaces comme "Driver’s Seat" ou les classiques intemporels "Angel In Black" et "Loaded Gun", le public replonge tête la première dans l'âge d'or du Hard Rock mélodique et du Glam US. Les harmonies vocales font mouche, les guitares hurlent avec classe et l'énergie est palpable. Ça joue carré, c'est lourd, c'est puissant : du grand art ! Les mecs ne sont pas là pour faire de la figuration : ça défouraille sec en bas de l'ampli et les riffs crachent du feu. La fosse, chauffée à blanc, reprend les refrains à s'en péter les cordes vocales. Une leçon de Heavy à l'ancienne !
Bangalore Choir nous a collé une torgnole mémorable sans même s'excuser. Une affaire classée avec les honneurs du chapitre Metal qui prouve que les vétérans en ont encore sous le pied !
Naheulband : La Taverne en Délire
Changement d'ambiance radical au festival ! Après des heures de guitares saturées et de décibels, le Naheulband a transformé la salle en véritable taverne fantastique. Inspiré par l'univers culte du Donjon de Naheulbeuk, le collectif est venu insuffler une bouffée d'air frais, déjantée et profondément chaleureuse, au cœur d'une programmation majoritairement metal. C'est pourtant en comité restreint que la troupe s'est présentée sur les planches, avec seulement quatre artistes dont l'incontournable Julien Escalas au chant et à la guitare, accompagné de Ghislain Morel aux bodhrán, cuillères, tambourin et guimbarde. Malgré cette configuration réduite, l'impact a été immédiat. Dès les premières notes, le public entassé en nombre s'est embrasé dans une euphorie collective. Les festivaliers, visiblement conquis par cette parenthèse nostalgique et humoristique, ont repris en chœur et par cœur les morceaux phares du groupe tels que La Bière du Donjon ou Dix Sous Dans Ma poche.
Entre deux vannes, et une reprise complètement barrée de The Final Countdown jouée à la flûte avec une foule mise à contribution pour assurer le chant et la promotion de leur nouvel album, les musiciens ont prouvé une solide maîtrise technique derrière les costumes et l'autodérision. Avec une bonne dose d'humour, des sonorités médiévales et un public survolté ont fait de ce concert un moment suspendu, fédérateur et résolument festif. La setlist a déroulé les hymnes de la taverne, de L'Aventure, Compagnons jusqu'à l'apothéose finale avec Crom. Une sauterie mémorable où Naheulband a plié le match avec un sens de la fête et du foutoir absolu qui a mis tout le monde d'accord. On en redemande !
Hrafngrimr : Le Rituel Neo-Nordic Suspendu
Le soleil commence à baisser et l'atmosphère devient occulte. Place au projet Hrafngrímr, fondé en 2020 par Mattjö Haussy (ex-Skáld). Les adeptes du « Nü-Nordic » et d'ambient pagan prennent le contrôle du festival pour un set qui va littéralement suspendre le temps.
Chanté intégralement en vieux norrois et porté par des instruments traditionnels anciens mêlés à des textures électroniques modernes, le spectacle est un véritable rituel poétique et mystique. La dualité entre la clarté des voix féminines (portées par Christine Roche) et la hargne des chants gutturaux masculins de Mattjö crée une tension magnétique. La fosse, d'habitude prompte à slamer et tout casser, se tait, écoute, les yeux fermés, transportée dans les contrées glaciales de la mythologie scandinave. Une parenthèse hypnotique et d'une beauté à couper le souffle.
Le combo déroule sa setlist avec une précision clinique : Niflíngar Koma (intro), Níu, Bylgjur, Allt Till Valhallar Dura, Niflheims, Auga, Einherjar, Brýr, Blót, suivi de l'Interlude, puis Yfir, Tárin, Holmganga, Óvinr et enfin Skuggar.
Pour l'ultime morceau, le chanteur enfile le masque qui était posé sur scène, une conclusion que l’on peut qualifier de chamanique.
Une baffe monumentale du début à la fin. Une incantation païenne qui vous remet les idées en place et vous laisse le palpitant en lévitation. À consommer sans modération avec les potes !
Eihwar : La Transe Guerrière pour Clore le Fest
Pour clore cette première édition du Volcanic Fest en apothéose, il fallait bien un cataclysme. Le duo Eihwar monte sur scène à 22h55 pour administrer le coup de grâce. Masqués et enveloppés dans une aura mystique, Asrunn et Mark viennent défendre leur terrible deuxième album Hugrheim, sorti en mars 2026 chez Season of Mist.Dès les premières frappes sur les tambours rituels et les beats électroniques de "Nauðiz", le C.A.B.L. se transforme en une immense cocotte-minute. Leur « Viking War Trance » cette fusion agressive et frénétique de folk néo-nordique, de percussions tribales massives et de rythmes techno/EBM met le feu aux poudres. Oubliez la quiétude de Hrafngrímr : ici, c'est la grosse fiesta sauvage et tribale ! La fosse entre en transe collective, ça saute, ça hurle, ça transpire à grosses gouttes dans une communion païenne totalement folle. La machine tourne à plein régime, les infrabasses font vibrer les tripes du premier rang et les percussions dictent une cadence d'enfer.Un final dantesque pour un festival qui restera gravé dans les annales ! Les gaillards ont plié le game sans demander leur reste.
Mission Accomplie pour le Volcanic Fest !
Minuit et demi sonne la fin de la récréation. Le C.A.B.L. ressemble à un véritable champ de bataille jonché de gobelets écrasés et de festivaliers rincés mais heureux. Pour une toute première édition, la Teamduc's Production a placé la barre tellement haut qu'on se demande bien comment ils vont faire l'an prochain. Une organisation aux petits oignons, un village d'artisans vivant, des animations déjantées entre deux concerts et une programmation artistique couillue qui a su mélanger la crème de la scène émergente et des vétérans légendaires. Saint-Étienne et Andrézieux-Bouthéon ont officiellement été rayées de la carte par un séisme magnitude 9 sur l'échelle de Richter du metal.
Mais l'apocalypse a un coût, les affreux. Si la fête a été totale, la réalité financière derrière cette folie furieuse pique un peu plus qu'un bain d'acide.
Comme l'a rappelé le festival dans son communiqué officiel, lancer un tel monstre à partir de zéro en 2026 relève du pari suicidaire :
« Lancer une première édition à partir de zéro, c’est un pari fou. Vous avez répondu présent, l’énergie dans le pit était incroyable, et le Volcanic Fest a enfin pris vie !!! [...] Mais sortir de terre un nouveau festival metal en 2026 n’a pas été facile et a laissé des séquelles. Entre la réalité des coûts de production d’une première année et les imprévus du direct, l’équilibre financier est difficile à atteindre. »
Pas question de laisser le volcan s'éteindre ! La famille des métalleux est appelée en mission commando. Si vous avez aimé suer dans la fournaise et que vous voulez que l'aventure continue, une cagnotte solidaire a été ouverte.
Un partage ou un don, c'est le moment de sauver les meubles et l'avenir du fest!
Je range mon calepin, je vais m'enfiler une Verveine glacée pour faire passer tout ça, et je ne peux pas repartir sans saluer ceux qui ont rendu cette boucherie possible. Un immense merci à l'orga, à Elodie Briffard, à tous les bénévoles qui ont bossé comme des bêtes au charbon, et bien sûr à vous, festivaliers en folie !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)
----> Live report de la première journée
----> Live report de la deuxième journée
Live Report Volcanic Fest 2026 : Le line-up du Jour 1 a enflammé la Loire

Black Bomb A ✘ Locomuerte ✘ Dropdead Chaos ✘ Sangdragon ✘ Stone Horns ✘ Perseide ✘ Barth Sky ✘ Oozer Pit
Chronique Live : Journée 1 – Vendredi 24 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia en direct du front pour Yog Sothoth Photography.
Si vous pensiez que la Loire n'était célèbre que pour sa verveine et ses mines de charbon, détrompez-vous : cette année, c'est la terre elle-même qui s'est ouverte en deux. Oubliez le Hellfest et ses autoroutes de touristes blindées de poseurs, on est allés poser nos objectifs, nos bouchons d'oreilles et nos foies à la toute première édition du Volcanic Fest.
Niveau logistique, l’équipe de Teamduc's Production n'a pas fait les choses à moitié pour ce baptême du feu. Le spot ? Le complexe d'Andrézieux-Bouthéon, juste à côté de Saint-Étienne. Oubliez la galère des parkings boueux à trois kilomètres du site, ici on a droit à un parking énorme et surtout royalement ombragé, le Saint-Graal absolu quand le thermomètre affiche plus de 40 et que ta bagnole menace de se transformer en four à micro-ondes.
Une fois les fouilles passées on découvre le Village Volcanic, un sacré morceau avec un nombre impressionnant d’exposants alignés, transformant les allées en un véritable temple de la culture alternative et metal francophone. Au milieu des amplificateurs à lampes 100 % fabriqués à la main par AmS Amplifiers et des tatoueurs en plein flash, impossible de louper le stand du merch des Poulettes Sisters pris d'assaut par les metalleuses (et les mecs branchés) en quête de sapes rock qui ont de la gueule.
Mais le pèlerinage ne s'arrête pas là. Juste à côté les festivaliers se pressent devant les stands de merch officiel pour choper les vinyles et t-shirts de Klone, Black Bomb A, Eihwar ou encore du Naheulband. Les "distros" indépendantes débordent de cassettes et de raretés underground, tandis que les artisans maroquiniers et créateurs de bijoux en métal forgé peaufinent le look du public.
Les festivaliers ont pu également croiser le chemin de Lady Tinetine InTheDark sur son stand de maquillage elle était présente pour proposer des maquillages médiévaux, fantastiques et festifs, parfaitement dans le thème du festival. Petits et grands pouvaient repartir avec un look personnalisé (guerrier, elfe, viking ou créature légendaire).
C'est aussi l'occasion de tenter sa chance au grand concours organisé pour remporter une borne d'arcade rétro-gaming haut de gamme, conçue de manière artisanale par Arcade Vintage, tout en découvrant les stands ludiques comme celui de Rolliver, le fameux jeu de société qui cartonne dans la communauté metal.
Un Village ultra-complet où la scène émergente, les festivals copains et les passionnés partagent bien plus que de la musique.
Et pour le son ? On s'engouffre dans la salle immense du C.A.B.L. (Complexe d'Animation des Bords de Loire), un espace moderne de 2600 m² parfait pour encaisser les infrabasses. Le concept est roi : une scène unique à l'intérieur pour éviter de courir comme des poulets sans tête sous le cagnard. La jauge reste humaine environ 1 000 enragés venus suer du gros sel mais l'ambiance est électrique.
Entre les sets, pas le temps de s'emmerder : l'esplanade extérieure s'est transformée en cour des miracles version Mad Max. Des combats de catch ultra-violents font trembler les cordes et craquer les os, des cartonnades géantes voient des festivaliers en armures de carton s'auto-détruire dans un rire général, tandis que des jongleurs, cracheurs de feu et des dresseurs de dragons déambulent au milieu de la foule en balançant des étincelles. Un joyeux bordel médiéval-apocalyptique !
Petite larme de sang avant de lancer les hostilités : les monstres de Magoyond ont dû annuler leur venue au au dernier moment pour cause de bébé imminent dans les rangs de la horde. Félicitations au Mago, mais aujourd'hui, on va quand même devoir affronter les secousses sismiques des survivants du jour par ordre d'apparition.
Allez, serre les dents, sors ta plus belle grimace et ton t-shirt noir le moins troué, je t'emmène dans le pit.
OOZER PIT : Une claque Stoner/Doom en ouverture de festival
Il est à peine 15h45 et les Stéphanois d'Oozer Pit déboulent sur scène avec la lourde tâche d'ouvrir les hostilités de cette première édition. Autant vous dire qu'Adrien, Loïs, Olivier et Bastien n'ont pas fait le voyage depuis Saint-Étienne pour cueillir des pâquerettes. Eux, leur truc, c'est plutôt de décaper le tarmac à coups de riffs monolithiques. Grand bien leur a pris de remporter le Tremplin du festival quelques mois plus tôt : ils ont gagné le droit de nous rouler dessus en premier pendant 30 minutes chrono.
Le quatuor attaque direct dans le vif du sujet avec "Lonely Knight". Le son de basse est tellement gras qu'il pourrait boucher les artères d'un bûcheron canadien. On enchaîne sans respirer sur le lourd et poisseux "Dirt" qui transforme instantanément la fosse en un hochement de tête collectif et synchronisé. Leur Stoner/Doom Metal teinté d'une vibration Post-Rock te plaque littéralement au sol. Sur les planches, ça joue serré, ça sue à grosses gouttes et ça balance du lourd. Quand retentissent les premières notes mystiques de "I am the Wizard", l'air du C.A.B.L. devient définitivement irrespirable.
Pour achever les survivants, Oozer Pit sort l'artillerie lourde et achève son set dantesque sur le rouleau compresseur "Black Dog". Les mecs sortent tout juste d'un concert mémorable à Lyon au Rock n'Eat et préparent activement l'enregistrement de leur tout premier EP. Autant dire que ces 30 minutes de pure fuzz graisseuse ont laissé le public sur les genoux. Une sacrée mise en bouche tellurique !
BARTH SKY : La droite Glam-Rock en pleine poire !
Changement radical d’ambiance. Le "Guitar God" de la vieille école, Barth Sky, débarque de cuir rouge vêtu. Après 15 ans à écumer le monde aux côtés de Franck Carducci, le bonhomme sait comment tenir une scène. Flanqué de sa rythmique infernale, il vient défendre son tout premier brûlot solo, Rockstars, sorti fraîchement en juin 2026. C'est une décharge électrique de Hard/Glam Rock ultra-sensuel, infusée aux Guns et à Mötley Crüe. Le son est brut, la voix superbement rocailleuse. Les morceaux "Shake Your Bones" et "Naked Like An Animal" secouent le public comme un prunier.
On retrouve instantanément cette fureur qui sent la sueur, la bière et la route, celle-là même qui nous avait foutu une baffe monumentale à l’Over Eighteen Motors en août 2025. Sauf que ce soir, ils poussent le vice encore plus loin. En plein milieu du set, l'ambiance vire aux meilleurs clubs underground de Los Angeles : Barth délaisse momentanément son micro et sa gratte pour descendre directement faire le tour de la fosse ! Une bouteille de cocktail de sa propre fabrication à la main, il abreuve au goulot les fans assoiffés de son poison maison. Un geste digne des plus grands pour un panache total ! De retour sur les planches, il enchaîne les solos de haute voltige avec un clin d'œil complice permanent au public, avant de finir son show ruisselant de sueur. Du vrai rock'n'roll puissant qui ne s'excuse pas d'être là.
SANGDRAGON : La fureur médiévale à l'état brut
Quand Sangdragon investit la scène, le temps s'arrête. Le combo mâconnais débarque en costumes médiévaux, posant d'entrée de jeu une atmosphère occulte, mystique et résolument théâtrale. Mené par un Lord Vincent Akhenaton plus habité que jamais, le groupe déploie son Symphonic Black/Death Metal avec une puissance dramatique absolument folle. On navigue en pleine Mystic Trilogy, et croyez-moi, l'immersion est totale.
Sur scène, le contraste visuel et sonore est saisissant. C'est un maelström où les hurlements primaux et les assauts chirurgicaux de double pédale se marient à merveille avec la noblesse des chœurs masculins, la voix lyrique envoûtante de leur nouvelle choriste, venue insuffler une dimension mystique inédite à l'ensemble. Récemment, le groupe confiait en interview sa volonté de pousser encore plus loin l'aspect brut et authentique de leur univers sur scène, refusant le tout-échantillonné pour offrir du sang et des tripes. Promesse tenue. Les titres du dernier opus Hierophant, à l'instar du dantesque "Under My Stigmata", transforment instantanément le C.A.B.L. en une gigantesque cathédrale païenne.
Le son est immense, épique, porté par des mélodies glaciales et des blast-beats qui te martèlent le cortex jusqu'à l'alignement des vertèbres. La scène du festival est pourtant très grande, immense même, offrant un terrain de jeu taillé pour les ambitions démesurées du groupe. Et pourtant, malgré cet espace colossal, l'armada visuelle et la déferlante sonore de Sangdragon sont si massives qu'elles semblent presque à l'étroit, comme prêtes à faire imploser les murs. Le groupe transcende les limites physiques pour transformer cette immense scène en un véritable champ de bataille sonore. On sent le sol trembler, les murs suinter la noirceur d'un donjon oublié. C'est un set martial, sombre, magistral. Une prestation qui prouve le travail de longue haleine et l'implication totale d'un line-up soudé et impitoyable. Une expérience auditive intense, un vrai voyage dans les tréfonds de l'âme du métal dont on ne ressort pas indemne.
PERSEIDE : L'Artillerie Lyonnaise !
C'est maintenant aux quatre potes d'enfance de Perseide d’envoyer le bois. Autant vous dire que les mecs ne sont pas venus pour enfiler des perles ou faire de la figuration. Et pour cause : voilà plus de 20 ans que cette fratrie soudée écume les scènes sans aucun changement de line-up ! Autant dire que les automatismes sont gravés dans leur ADN. Fraîchement débarqués avec leur deuxième opus P.I.E.C.E.S. sous le bras et armés de leur tout nouveau single ravageur "Shadows" qui ouvre officiellement l'ère de leur troisième album, les Lyonnais balancent un Metal Alternatif ultra moderne, teinté de samples sombres qui te percutent directement le sternum.
Dès les premières notes, le combo impose son univers sans demander la permission. Le son est massif, compact, sans concession. Les refrains ultra accrocheurs rappellent la grande époque du Nu-Metal des années 2000 (les mecs ont grandi bercés par Korn, Linkin Park et In Flames), mais avec une prod actuelle, lourde et tranchante qui te démonte les cervicales.
Sur scène, c'est une véritable pile électrique : ça bouge dans tous les sens. Adrien et Julien croisent le fer aux guitaires, balançant des rythmiques old-school ultra efficaces pendant que la section basse-batterie de Guillaume et Anthony enfonce des clous de dix centimètres dans les tympans. Le public, bien que cuit par le soleil de l'après-midi, se laisse rapidement séduire par l'énergie communicative des morceaux. Les têtes commencent à bouger en rythme et les premiers rangs s'agitent sérieusement sous l'effet de ces brûlots calibrés pour que « la mort elle-même ait peur de leur musique », comme ils aiment le balancer en interview. Une sacrée mise en bouche qui pose les bases de la journée : la scène hexagonale est bouillante !
LOCOMUERTE : Pura Violencia en immersion
On les avait laissés au printemps à la Xion Metal Night en train de martyriser des crocodiles en plastique. Depuis ? Les locomuerte ont tout simplement hacké le game. En pleine bourre après leur tournée monstrueuse de mars avec les légendes de Luicidal (Suicidal Tendencies spirit !) et leur annonce explosive sur la Mainstage du Hellfest, le gang du 91 est arrivé à Andrézieux avec le statut de patrons absolus. Quand l’intro de La Canción Del Mariachi retentit entre les quatre murs de la salle, tu sens que les fondations du bâtiment vont prendre cher. Ce n'est pas du Crossover, c'est un art martial ! El Termito déboule avec sa dégaine de flibustier de l'Essonne, micro-sabre au poing, prêt à découper tout ce qui bouge. Le mec enchaîne les sauts élastiques déments tandis que son flow en espagnol mitraille la fosse à bout portant.
Le son en salle est d'une lourdeur monolithique : El Mitcho (guitare) et Nico Loco (basse) balancent des parpaings thrash-hardcore ultra-groove, solidement cimentés par les frappes de bucheron d'El Floco derrière les fûts. Dès "Tiro Pa Matar" et "Parano Booster", c'est une avalanche de "violence positive". Le mosh pit devient sauvage, permanent. Les t-shirts "B91" volent dans l’air moite de la salle pendant l’hymne du crew. C'est l'anarchie, mais une anarchie fraternelle. Les crocodiles gonflables font leur apparition et surfent sur une mer de mains moites pendant "Barrio" et "Mi Familia".
Mais le clou du spectacle, le moment où le thermomètre de la salle a littéralement implosé, c'est sur le terrifiant "Pura Violencia" (et les rappels massifs sur "Los Narcos"). El Termito hurle l'ordre de tout cramer : le groupe invite le public à envahir la scène ! C’est l’invasion totale. Une cinquantaine de furieux grimpent sur les planches, micro partagé, sueur partagée. C'est le chaos organisé, le vrai, à s'en briser les côtes ! Ils achèvent les survivants rongeant le sol avec le final cataclysmique sur "La Vida Loca". Une prestation d'une générosité brute et d'une intensité physique rare. Du gros son, du corazón et de la démence pure.
DROPDEAD CHAOS : Le monstre est lâché
La pression ne redescend pas d'un iota avec l'arrivée du rouleau compresseur Dropdead Chaos. Pour ceux qui roupillaient au fond de la classe ces dernières années, ce collectif est né durant le confinement. Ce qui n'était qu'un exutoire à distance est devenu une véritable hydre de scène, un monstre à plusieurs têtes qui a d'ailleurs blindé son line-up et peaufiné sa formule en studio après avoir écumé les plus gros festivals.
Avec son armada de musiciens chevronnés on parle quand même de pointures comme Boris (ex-Betraying The Martyrs), Jacou (Black Bomb A), ou encore Nils (Sirenia) le groupe déploie une énergie cinétique dingue. Ils sont tellement nombreux et survoltés qu'ils se marchent presque dessus sur les planches, mais c'est précisément ce chaos organisé qui fait leur force. En interview récente, les mecs confiaient d'ailleurs à quel point la scène était devenue leur drogue dure, loin des sessions Zoom des débuts, et ça se sent à des kilomètres.
La double formule vocale entre Renato Di Folco et Raphaël Pener apporte une dynamique théâtrale ultra-violente, un jeu du chat et de la souris version uppercut dans les dents. Visuellement et vocalement, c'est une baffe monumentale. Les morceaux issus de leur méfait Underneath The Sound résonnent comme des marteaux qui s'abattent sur l'enclume de nos tympans saturés. Impossible de décrocher quand résonnent les brulots comme "Save Yourself" ou l'oppressant "Black Thoughts" : le son est lourd, moderne, chirurgical, et l'actualité récente du groupe (qui ne cache pas ses ambitions internationales) transpire à chaque accord.
Le point d'orgue du cataclysme ? Le moment où le set bascule dans la folie pure : El Termito (Locomuerte) et Arno (Black Bomb A) déboulent sur scène comme des damnés pour venir prêter main-forte à Renato. Une collision de générations et de styles qui transforme le pit en un gigantesque brasier. Les micros saturent, les postillons volent, et la foule capitule.
Pour couronner le tout, les lascars nous gratifient d'une communion totale avec le public réclamant des walls of death. Ils quittent la scène en laissant la fosse complètement lessivée, le sol jonché de gobelets écrasés et de cervicales brisées. Monstrueux, tout simplement.
BLACK BOMB A : Trente ans de fureur !
On entre dans le money time avec les patrons du Hardcore/Thrash hexagonal : Black Bomb A. Trente ans de bouteille, trente ans de fureur, et les bougres n’ont pas pris une seule ride de fatigue. Au contraire, ils ont développé une sorte d'immunité contre le temps, transformant chaque scène en un réacteur nucléaire à ciel ouvert.
Le set démarre et l’atmosphère est instantanément irrespirable. Poun et Arno forment ce duo vocal légendaire, une symbiose animale où les deux frontmen se renvoient la balle comme des damnés, alternant chant saturé viscéral et hurlements de détresse urbaine. Ils sont venus défendre leur héritage, et le public le sait. Le groupe est en pleine forme, porté par une actualité brûlante avec Unbuild the World qui continue de sonner comme une prophétie apocalyptique parfaitement orchestrée. "The Point of No Return" et "Kill Yourself" enfoncent le clou.
Mais le moment de bascule, l'instant où le temps s'arrête, c'est leur reprise du "Beds Are Burning" de Midnight Oil. Attaque frontale. Ils ont réussi le tour de force de transformer cet hymne rock engagé en une déflagration hardcore sauvage, presque violente dans son intensité. C’est la marque des grands : prendre un classique, lui arracher les entrailles et le recracher avec une urgence nouvelle. Le public a hurlé chaque mot, le poing levé vers ce ciel Stéphanois qui menaçait de nous tomber sur la tête.
Avec "Bulletproof" en guise de coup de grâce, les BBA quittent la scène, laissant derrière eux des corps en sueur et des sourires dévastés. Une prestation d'une sauvagerie absolue qui rappelle, s'il le fallait, pourquoi ces gars-là siègent sur le trône de la scène française depuis trois décennies.
STONE HORNS : Chronique d'une démolition programmée !
Il est minuit passé. Les organismes sont rincés, les genoux grincent, les foies crient grâce et l’air du C.A.B.L. est saturé d'une odeur de bière tiède et de sueur accumulée. Le moment idéal pour achever les survivants, non ? C’est exactement ce que se sont dit les tueurs à gages de Stone Horns. Débarqués de Marseille non pas avec des valises, mais avec une armée de bulldozers sonores, les sudistes étaient là pour fermer le cercueil de cette édition du Volcanic Fest. Et spoiler : ils n'ont pas fait de prisonniers.
Dès les premières notes de "No Mercy", le ton est donné. Le son est d'une lourdeur pachydermique, le genre qui te remue les viscères et te décolle les plombages. Visuellement, le groupe a passé un cap depuis leur récente tournée européenne et les grosses interviews données dans la presse spécialisée cette année, où ils confiaient avoir bossé leur jeu de scène comme des damnés. Ça se voit. Devf, le frontman, est tout simplement impérial. Habité par une rage communicative, il harangue la foule comme un prédicateur de l’apocalypse. Le bougre alterne growls abyssaux et hurlements hardcore avec une aisance insolente. À ses côtés, la paire de grattes balance des riffs cyclopéens.
Le groupe surfe sur une actualité brûlante : entre la sortie récente de la version remasterisée de leur tout premier méfait The Beast Inside, et les morceaux issus de leur brûlot de 2024 Chimaira, la setlist est un enchaînement de parpaings dans la tronche. L’enchaînement "Terra Genesis" et le terrible "Invocation" (petit retour aux sources de Rise of Apophis, 2021) transforme la fosse en un vortex de violence pure. La section rythmique est d'une précision chirurgicale, une véritable machine à broyer de la viande. Les mecs défendent leur tambouille Groove/Death avec la dalle des grands jours. Pas de fioritures, pas de chichis, juste de l’énergie pure balancée en pleine poire.
La surprise du chef arrive en milieu de set avec les missiles "Outta Range" et "Thebes' Chronicle", tirés de leur tout récent EP Chimaira: Lost Chronicles (2025). Le public, pourtant épuisé, trouve des ressources insoupçonnées pour répondre aux assauts. C'est l'anarchie la plus totale dans le pit. Le final sur "In the Clutches of the Abyss" scelle définitivement le sort des festivaliers. Stone Horns unit les derniers rescapés dans un ultime et titanesque mosh pit de fin du monde. Un KO debout.
Conclusion : Le Bilan des Hostilités (Jour 1)
Voilà, les survivants. Passé une heure du mat' le C.A.B.L. ressemble à un champ de bataille après le passage des Huns. Si on m'avait dit qu'on survivrait à ce combo infernal "canicule du Forez + tsunami de décibels", j'aurais parié mon dernier vinyle de Motörhead que c'était impossible.
Pour une première édition, la Teamduc's Production vient tout simplement de poser ses couilles sur la table du metal hexagonal. Entre une organisation carrée, un village d'artisans qui a régalé les bourses (et les yeux), et des animations médiévalo-punk qui ont tenu le public éveillé entre les sets, c'est un sans-faute absolu.
Niveau musique, on est passés par tous les états de la démence : la lourdeur grasse d'Oozer Pit, le show ultra-rock 'n' roll et alcoolisé de Barth Sky, la messe noire théâtrale de Sangdragon, l'efficacité moderne de Perseide, l'invasion de scène chaotique de Locomuerte, le all-star game survolté de Dropdead Chaos, la baffe intergénérationnelle des patrons de Black Bomb A, pour finir sur la démolition chirurgicale signée Stone Horns. Nos cervicales sont officiellement en arrêt maladie, nos t-shirts noirs pèsent trois kilos de sueur pure, et je ne vous parle même pas de l'état des caleçons.
L’Œil du Cyclone
Parce qu'un live report sans la chaleur humaine et les traces de coups, ce n'est pas un vrai report. On a posé notre objectif au cœur du réacteur, là où ça fait mal, entre les barrières de sécurité et les premiers rangs de furieux.
Voici notre sélection de photos capturées depuis la ligne de front.Les corps qui s'entrechoquent dans le mosh pit, les grimaces de douleur et les sourires de pure extase. Bref, toute la violence positive et la folie de cette première journée résumées en quelques clichés.
Le verdict de Xylia : Saint-Étienne n'est plus seulement la ville du charbon, c'est désormais le nouvel épicentre du séisme metal. On va aller éponger tout ça avec une Verveine glacée, tenter de retrouver nos dents dans la fosse, et essayer de dormir trois heures avant de remettre le couvert. Restez branchés, les affreux, parce que si le Jour 1 nous a mis KO, le reste va nous achever !
----> Live report de la deuxième journée




















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































