Shrimpaler ✘ Hellixxir ✘Aesmah ✘Warside ✘ Darkfall ✘ Exocrine ✘ Maceration ✘ Nightrage✘ Hate✘ Equilibrium ✘ Massacra Legacy
Salut les métalleux ! Ici Xylia, votre plume acérée pour Yog Sothoth Photography.
Vous le savez, le Lions Metal Fest n'est pas juste un festival de plus au calendrier, c'est le pèlerinage obligatoire pour tout fan de métal extrême qui se respecte. Pour cette 8ème édition, ce week-end de la Pentecôte 2026, la salle du Trait d'Union à Montagny s’est transformé en une véritable zone de guerre sonore. La météo, fidèle au poste pour cette Pentecôte, nous a gratifiés d'un samedi caniculaire qui a transformé la fosse en un chaudron bouillonnant. Entre la moiteur ambiante, la ferveur des bénévoles ces héros de l'ombre qui portent le fest à bout de bras ainsi qu’ une affiche qui ferait passer une éruption volcanique pour une sieste au soleil, on a vécu un samedi 23 mai mémorable.
Voici le récit de cette première journée où la sueur et le métal ont coulé à flots.
Shrimpaler : La claque de midi
On commence à midi, et Shrimpaler ne nous laisse même pas le temps de finir notre première pinte.Une attaque frontale avec un death/thrash qui flirte dangereusement avec le grind. Leur EP Already Doomed résume parfaitement l’expérience : si t’étais pas là, t’es mort. Une énergie brute qui a secoué les retardataires.
Hellixxir : Le vintage qui fait mal
Les Grenoblois d'Hellixxir ne font pas dans la dentelle. Plus de deux décennies à peaufiner leur black/thrash gras, et ça s'entend. La prestance d'Alexandre Manin derrière son micro vintage donne une dimension quasi mystique à leur brutalité. La caisse claire résonne encore dans mes sinus.
Aesmah : La mélancolie tranchante
Le death mélodique d'Aesmah, porté par une section rythmique féminine solide, a apporté une nuance indispensable. Liza, au chant, nous a baladés entre growls abyssaux et murmures atmosphériques. Un set élégant, presque hypnotique, avant que le chaos reprenne le dessus.
Warside : Le rouleau compresseur lyonnais a tout ravagé !
Alors que le public digérait à peine, Warside a servi un festin de brutal-death pur jus au Trait d'Union. Pas de chichi, juste une énergie frontale et une fosse transformée en champ de bataille dès les premières notes.
Le chaos a atteint son paroxysme lorsque Diego, le chanteur du groupe Deadfuck, a rejoint la formation sur scène pour un featuring dévastateur. Une montée en puissance qui a littéralement électrisé la salle, scellant une complicité totale entre les musiciens et un public conquis. Une prestation brute, suintante et d'une efficacité redoutable : Warside a prouvé pourquoi ils sont les héros locaux de la scène lyonnaise. Si vous n'y étiez pas, vous avez raté le moment le plus déjanté de l'après-midi.
Darkfall : L'invasion autrichienne
Pour leur première en France, Ils étaient attendus comme le messie. Darkfall, tout juste auréolés de leur récent split Schöcklblut, ont prouvé pourquoi ils sont les patrons du death/thrash autrichien. Un son massif, des riffs qui tranchent comme des rasoirs et une précision chirurgicale.
Une claque, tout simplement.
Exocrine : L'équation parfaite du brutal
Bordeaux a envoyé ses chirurgiens du son. Exocrine ne se contente pas de jouer vite ; ils jouent avec une précision mathématique. Le death-prog technique devient ici une arme de précision. C’est épique, c’est technique, mais ça te rentre dans le buffet sans demander la permission. Une prestation d'une fluidité désarmante.
Maceration : Le retour du drakkar
Après une éclipse de plusieurs décennies, le retour de Maceration ressemble à un miracle des années 90. Avec Serpent Devourment (2025) dans la besace, ils ont prouvé que leur death old-school a encore toute sa superbe. Les Danois ont transformé la salle en un sanctuaire pour puristes du riff acéré.
Nightrage : La rage mélodique
Nightrage revient irradier Lyon, avec cette efficacité grecque (et suédoise !) qui leur est propre. Le groupe alterne entre mélodies accrocheuses et riffs incisifs. Une prestation carrée qui prouve que le death mélo n'a pas besoin de fioritures pour être efficace. une véritable machine à headbang.
Hate : L'enfer a sonné à notre porte
Quand Hate entre en scène, le climat change. Les Polonais sont des experts en atmosphères oppressantes. Le blackened death est porté par une batterie à la précision chirurgicale, un martèlement constant qui finit de briser nos dernières défenses. C’est occulte, c’est puissant, c’est tout simplement magistral.
Equilibrium : La fête malgré la fin du monde
Le contraste est saisissant avec Equilibrium. Le folk métal épique des Allemands, fêtant leurs 25 ans, a transformé Montagny en un champ de bataille joyeux. Fabian Getto a parfaitement pris ses marques, insufflant une énergie nouvelle aux hymnes comme "Blut im Auge". Le public a dansé, chanté, sauté : un moment de pure communion.
Massacra Legacy : L'héritage sacré
Clore avec Massacra Legacy était l'hommage ultime à notre scène nationale. Chris Palengat aux baguettes, la ferveur démoniaque de chaque musicien... c'était plus qu'un concert, c'était une dévotion. "Seas of Blood" pour finir, en souvenir de Fred "Death" : un instant d'histoire gravé dans nos mémoires.
Conclusion : Une première journée dans les annales
Le Lions Métal Fest 2026 n'a pas volé sa réputation. Entre l'organisation aux petits oignons, les bénévoles qui ont tout donné et une affiche qui a exploré toutes les nuances de l'extrême, Montagny a tremblé de bonheur. On finit la journée les oreilles sifflantes, le corps en vrac, mais l'esprit définitivement conquis. Le dimanche sera une autre paire de manches, mais pour l'instant, on savoure le chaos.
Restez câblés, la suite arrive très vite !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Dark Medieval Fest 2026 : Entre l'acier et la foudre électrique, la légende s'écrit à Lamure !

Lugh ✘ Sorcières ✘ Odraedir ✘ Frozen Shield ✘ Aexylium ✘ Darkenhöld ✘ Gernotshagen
C’est Xylia, votre serviteuse de choc pour Yog Sothoth Photography. Ce samedi 2 mai 2026, j’ai délaissé mes cryptes habituelles pour aller traîner mes guêtres du côté de la Salle Pluraliste de Lamure-sur-Azergues (69). Pour sa 6ème édition (le bébé grandit bien depuis sa naissance en 2019 grâce à la team de Golden Stone Events), le festival a tout simplement explosé son record d'affluence historique en réunissant 280 festivaliers bien décidés à en découdre. Un vrai pari de programmation à l'heure actuelle, mais putain, quel pied ! Sous un ciel grisâtre typique du printemps lyonnais, alternant fraîcheur humide et lourdeur moite sous les armures de cuir, le marché médiéval en accès libre a envoyé du rêve : 30 artisans sur le pont, la forge qui hurle, de la calligraphie, des combats d'escrime médiévale. Mais trêve de bavardages de taverne, la bière est fraîche, les bouchons d'oreilles sont vissés, et le matos photo est paré à shooter la guerre. En route pour le carnage !
Lugh : quand les légendes celtes fracassent les amplis
Il est à peine 13h30. Autant te dire que pour le métalleux moyen, c'est l'équivalent de l'aube. Ce sont les voisins de Lugh, tout droit débarqués de Lyon, qui ramassent la lourde tâche d’essuyer les plâtres devant les premiers rangs encore un peu engourdis. Le quintet (chant, deux guitares, basse, batterie) pratique un "Métal Théâtral" très couillu. En gros : du métal avant-gardiste et hautement progressif, chanté intégralement en français et en voix claire pour qu'on pige chaque ligne de leurs fables sombres.Pas de chichis ni de blabla interminables entre les morceaux pour meubler : le frontman Lambert harangue la foule comme s'il invoquait les anciens esprits de Brocéliande sous amphétamines, transformant la scène en un autel païen où les runes antiques se fracassent contre des amplis poussés dans le rouge. Après s'être fait remarquer avec leur premier opus conceptuel Les Loges De La Folie (qui explorait les méandres de la démence), le combo lyonnais est venu nous déballer les tripes de son deuxième opus discographique, Légendes, paru l’année dernière. Ils nous plonge ici en plein cœur des récits et légendes bretonnes. L'album est pensé comme un recueil de contes traditionnels revisités à la sauce métal. Visuellement, c’est une immersion totale. Les riffs de guitare sont alambiqués, la section rythmique pilonne avec une précision chirurgicale. Une entrée en matière hautement originale qui pose les bases d'une journée mémorable.
Sorcières : La Tempête Noire des Forêts du Nord
On change radicalement de crèmerie avec les Nordistes de Sorcières. Les mecs sont chauds comme la braise : ils viennent tout juste de lâcher leur deuxième opus, La Nuit des Temps, sorti fin avril 2026 chez L'Ordalie Noire. En interview il y a quelques semaines, le groupe ne cachait pas ses ambitions : proposer un Black/Folk Métal poisseux, ultra-sombre, à des années-lumière des flonflons joyeux et festifs des tavernes traditionnelles.Et bordel, quelle baffe ! C’est une véritable tempête de neige carbonisée qui s'abat sur la Salle Pluraliste. Le chant death/black en français de Pierre-Alain est d'une haine viscérale, tandis que le violon n'est pas là pour vous faire danser la gigue, mais pour lacérer l'air sur des vagues de blasts frénétiques inspirées par Moonsorrow. Le frontman, le regard totalement possédé, harangue les festivaliers avec une énergie sauvage. La fosse se réveille d'un coup, les premiers rangs s'entrechoquent et les cheveux volent dans tous les sens. Une prestation brute, sans concession et d'une efficacité redoutable.
Odraedir : Le Commando Cyber-Pagan survit à l'Apocalypse Électrique
C'est le gros morceau "historique" de ce festival. Les Tchèques d’Odraedir débarquent de Prague pour envoyer leur Pagan Death Metal. Sauf qu’ Odin en a décidé autrement : le groupe se pointe sur scène amputé de sa section rythmique. Pas de batteur, pas de bassiste. Un genou à terre ? Jamais. Les bougres décident de jouer coûte que coûte en balançant la basse et la batterie sur bandes (backing tracks). On se retrouve avec un dispositif inédit : le frontman entouré de ses deux guitaristes. Les deux six-cordes font bloc et balancent des riffs slaves d'une précision chirurgicale pour combler le vide visuel, multipliant les headbangs synchronisés. Et comme si le défi n'était pas assez grand, la malédiction frappe encore : panne électrique en plein milieu du set. Plus d'amplis, plus de lights, le silence complet. L'orga s'arrache les cheveux à la régie tandis que le groupe reste planté dans le noir. Quand le courant revient enfin après de longues minutes, le groupe relance la machine avec une rage décuplée. Le moshpit explose littéralement, le chanteur growle avec les tripes et les deux gratteux scient les têtes. Un immense moment de communion et de résilience rock'n'roll.
Frozen Shield : L'Hiver Catalan Brûle les Planches du Lyonnais
Venu tout droit de Barcelone, Frozen Shield ramène ses partitions de "Symphonic Viking-Metal". Malgré la sueur ambiante et la moiteur de la salle, les Espagnols soufflent un vent de blizzard épique sur le festival. Armés des morceaux de leur album Ínia (2021), ils déploient des orchestrations massives appuyées par des chœurs grandioses qui filent des frissons partout. C’est épique, c’est lourd, digne des grandes heures d'Ensiferum. Sur scène, les mecs vivent le truc à 200 %, arborant peintures de guerre et gilets de cuir. Le contraste entre l'agressivité des guitares et la grandiloquence des structures symphoniques fonctionne à merveille. Le frontman est un monstre de charisme qui sait comment manipuler une foule d'un simple geste du bras. Les refrains ultra-fédérateurs transforment la salle en une seule et unique voix. Un set impérial.
Aexylium : La Tarentelle du Moshpit en Roue Libre
On enchaîne avec la tornade italienne d'Aexylium. Eux ne font pas dans la dentelle mélancolique : c'est du Folk Métal moderne, festif et hautement énergique. Le groupe tourne d'arrache-pied pour défendre son album Myth Of Mankind (sorti chez Rockshots Records), disque qui s’est exporté jusqu’au Japon, et ils viennent tout juste de sortir le clip de "Eclissi", leur premier morceau intégralement écrit en italien.
Sur scène, c'est l'anarchie joyeuse. Contrairement à leurs prédécesseurs, tous les instruments traditionnels (flûte, violon) sont joués en direct et se taillent une place royale dans le mix. Le chanteur est monté sur ressorts, cavale de gauche à droite et finit par exiger un Wall of Death monumental de la part des festivaliers. La Salle Pluraliste s’exécute instantanément dans un joyeux foutoir de poussière et de sueur. C’est frais, c’est ultra-rythmé, et ça fait un bien fou par où ça passe.
Darkenhöld : La Messe Noire des Ruines Médiévales
La nuit est désormais tombée sur Lamure, l'ambiance parfaite pour accueillir Darkenhöld, les gardiens du temple du Medieval Black Metal français. Porté par l'univers organique du guitariste et compositeur Aldébaran (qui puise son inspiration lors de ses randonnées dans les forêts ancestrales et les ruines), le combo est venu nous administrer une leçon d'histoire occulte en puisant notamment dans leur chef-d'œuvre Le Fléau du Rocher (Les Acteurs de l'Ombre).
Dès les premières notes les lights virent au bleu glacial et au blanc tranchant. Le jeu de guitare d'Aldébaran distille des vagues de mélodies épiques et nostalgiques d'une pureté rare, tandis que le hurleur Cervantes crache ses textes sombres d'une voix criarde et ultra-articulée, mimant chaque strophe comme s'il invoquait la wyverne en personne. Le public est littéralement subjugué, figé dans une transe hypnotique devant cette démonstration de noblesse médiévale brute. Un set grandiose, hors du temps et impérial.
L'embrasement avant la tempête
Entre deux assauts sonores, alors que la nuit avait totalement repris ses droits sur Lamure, le public a été invité à braver le froid extérieur pour une parenthèse fascinante. Dans l'obscurité, le silence de la salle a laissé place au vrombissement des torches et au craquement des flammes. Une jongleuse, véritable dompteuse d'étincelles, a investi le parvis pour un show pyrotechnique hypnotique. Entre les colonnes de feu dans le ciel noir et les trajectoires lumineuses dessinées par ses poï, cette danse élémentaire a offert une respiration visuelle intense, réchauffant les cœurs autant que l'air ambiant avant que ne retentissent les dernières salves musicales de la soirée.
Gernotshagen : La Marche des Derniers Grognards Teutons
Nous y voilà, le clou du spectacle... ou plutôt le test d'endurance ultime. Suite aux diverses couilles techniques de l'après-midi (merci la panne d'électricité d'Odraedir), le changement de plateau final traîne en longueur et l’attente devient interminable. Entre la fatigue accumulée, les litres d'hydromel qui pèsent sur les estomacs et le froid de canard qui s'est installé à l'extérieur, le couperet tombe : la salle s'est vidée à moitié lorsque la tête d’affiche du festival, les Allemands de Gernotshagen, entre enfin en scène.
Mais pour les acharnés restés au front, la récompense est dantesque. Vingt-cinq ans de carrière au compteur et pas une ride sur la cotte de mailles pour ces pionniers du Pagan Black teuton, venus en France pour une de leurs très rares dates exclusives de 2026. Le groupe déploie d'emblée un mur du son pachydermique. Porté par des nappes de claviers atmosphériques grandioses et les hymnes de l'indéboulonnable Ode Naturae, le combo écrase tout sur son passage. Le chant, oscillant entre growls abyssaux et envolées solennelles, terrasse les survivants. On jette nos dernières forces dans un headbanging furieux sous les lights stroboscopiques qui découpent la fumée. Une conclusion d'une noirceur et d'une puissance totale qui justifiait amplement de rater son début de nuit.
Bilan de guerre : quand le métal forge sa légende
Ce cru 2026 du Dark Medieval Fest aura été un véritable parcours du combattant, mais c'est aussi ce genre de galères et de triomphes qui forge la légende de la scène underground. Entre le théâtre tragique de Lugh, l'héroïsme en mode "cyber-pagan" d'Odraedir et la démolition finale d'un Gernotshagen qui a récompensé les plus patients, nous avons vécu bien plus qu'un simple concert : une véritable épopée. Si les pannes et les aléas ont mis nos nerfs à rude épreuve, ils n'ont fait que renforcer la cohésion entre les artistes et un public soudé par la sueur et la passion. Un immense big up à Golden Stone Events, aux sonorisateurs d'EGB Sono et NM Prestation qui ont bossé comme des damnés, et à toute la clique de bénévoles qui a tenu la baraque au bar et à la sécu. Malgré les tempêtes techniques, la flamme ne s'est jamais éteinte. Je m'enfile une dernière lichette d'hypocras, et on se donne déjà rendez-vous l'année prochaine pour une 7ème édition qui, je le parie, sera encore plus épique.
Stay Metal, Stay Médiéval.
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)
Live Reports Festivals 2026
2026/05/23 Lions Métal Festival 2026 Jour 1Shrimpaler ✘ Hellixxir ✘Aesmah ✘Warside ✘ Darkfall ✘ Exocrine ✘ Maceration ✘ Nightrage✘ Hate✘ Equilibrium ✘ Massacra Legacy |
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2026/05/02 Dark Medieval Fest VILugh ✘ Sorcières ✘ Odraedir ✘ Frozen Shield ✘ Aexylium ✘ Darkenhöld ✘ Gernotshagen |
Rituale Lugdunum Fest V : Quand Lugdunum Pue La Sulfurie !

Chiaroscvro ✘ Decline Of The I ✘ Les Chants de Nihil ✘ Hegemon
Les Ombres Triomphent à Lugdunum

La Ville aux deux fleuves s'est changée en cloaque. Le 27 Septembre 2025, la messe noire lyonnaise du Rituale Lugdunum Fest V a déversé son venin dans les veines anesthésiées de Bron, au Jack Jack. Oubliez la fête de la lumière, on est ici pour célébrer les ombres et l'antimodernisme militant. Cinquième offrande aux dieux du Chaos, ce festival n'est pas un simple concert, c'est une évocation sous le signe du blast beat et du nihilisme. Le Jack Jack, transformé en temple de l'abjection par l'équipe de Kaonoir, sentait déjà la sève des guitares dès l'ouverture des portes. L'atmosphère, lourde comme un linceul gorgé d'eau, annonçait l'immersion totale dans les abysses de la psyché. Quatre formations françaises, quatre visions du Black Metal, étaient prêtes à nous arracher l'âme à coups de hache philosophique. La machine à laver l'âme est en marche. On est là pour se faire démolir, et on adore ça.
La Quarantaine Du Mouroir : 8 Minutes Et 42 Secondes De Cécité
Le rituel s'ouvre, non pas sur un blast, mais sur l'obscénité visuelle et sonore d'une Projection Exclusive. Le Dark Project français, Eros Necropsique, nous a jeté son clip inédit, "En Quarantaine", extrait de l'album "Dépression" sorti en mai 2025. C'est la suite sombre et antagoniste de leur précédent opus, Plénitude Éphémère. Pendant 8 minutes et 42 secondes, le Jack Jack s'est tu, hypnotisé par cet avertissement : "POUR PUBLIC AVERTI".
C'est là que le rock gothique français prend tout son sens : une poésie macabre à la Lautréamont, où chaque mot est une saignée. Le morceau est l'essence même de l'échec et de la solitude, une confession de la tombe. Nous avons tous entendu cette voix spectrale qui nous chuchotait l'indicible : "À jamais fracassé, / À jamais déconstruit. / Voué à demeurer. / Prostré, en quarantaine.". Une entame de festival qui n'est pas une mise en bouche, mais un trou béant dans la tête, annonçant que ce soir, le seul amour sera celui de son propre vide.
CHIAROSCURO : Le Clair-Obscur qui Te Fouette l'Âme
Les Lyonnais de Chiaroscvro (Clair-Obscur, pour les latinistes du fond) ont ouvert les hostilités, et putain, quelle entrée en matière ! Nés en 2020, ils sont le sang neuf de la scène locale, mais avec une maturité qui pèse comme le granite. Leur Black Metal, chanté en français, est imbibé des influences des années 90, mais aussi d'une certaine théâtralité, puisant dans le baroque et le romantisme.
Leur set a été un tourbillon. Riffs assassins, mélancolie destructrice, et une intensité brute. Ombra le chanteur, crachait sa révolte comme un sermon. J'ai senti la salle aspirée par leur énergie.L'assaut a été total, puisant dans leur répertoire sombre et Antimoderniste. On a senti les murs trembler sous le poids des thèmes qu'ils vénèrent – la Mort, la Solitude, l'Après-vie. Le public, ravagé par le tourbillon de colère, s'est pris l'intégralité de la haine froide. Des titres comme "ORAISON" à "ULTIME RÉVÉRENCE" (selon la liturgie des damnés), la performance fut fidèle à la promesse : dChants de Nihiles riffs assassins et une atmosphère de fin du monde. Le public, local et fier, a répondu présent, accueillant chaque salve de riffs avec une ferveur démentielle. Chiaroscvro a frappé fort, prouvant que les monstres surgissent bel et bien du clair-obscur, et ils sont prêts à tout ravager. C'était leur rituel de consécration à domicile.
DECLINE OF THE I : La Neurobiologie du Chaos
L'entité parisienne Decline Of The I, menée par l'énigmatique A.K. (également connu pour ses activités dans Merrimack et Neo Inferno 262), a pris possession de la scène. Ici, on ne fait pas dans la simple rage : on dissèque l'être humain avec une froideur clinique.
Après une trilogie d'albums basée sur les travaux du neurobiologiste français Henri Laborit (un truc qui te fait chauffer le cortex !), leur dernière sortie, « Johannes » (chez Agonia Records), a marqué un virage, s'inspirant cette fois-ci du philosophe et théologien danois Kierkegaard. Le cap est maintenu dans le nihilisme et le pessimisme profond. A.K. aime explorer les recoins les plus sombres de la conscience. Les interviews récentes confirment cette quête d'un Black Metal qui va au-delà des codes, une vraie expérience de pensée.
C'était un set tortueux et rampant. Le Post-Black de Decline Of The I n'est pas là pour te donner des réponses, mais pour te poser des questions existentielles, en braquant les projecteurs sur tes propres tourments. Musicalement, c'est un condensé noir, parfois dissonant, toujours hypnotique. La voix d'A.K. est un hurlement de détresse intellectuelle. Les musiciens, ont créé une ambiance déshumanisée et chirurgicale, parfaite pour accompagner cette exploration de l'inconscient. Le public était en transe, la tête dans le cosmos du désespoir. Ce n'est pas un concert, c'est une séance de thérapie inversée : un rappel brutal que l'enfer, c'est peut-être... nous ! Leur prestation est d'une technicité irréprochable au service du chaos.
LES CHANTS DE NIHIL : La Fureur Bi-Polaire De L'ouest
Le feu a continué de ravager le Jack Jack avec les Bretons des Chants de Nihil. Le groupe se définit par un Black Metal "bi-polaire", et c'est cette folie schizophrénique qui a tout emporté. Leur musique ? C'est le miroir de l'âme torturée qui passe « de la malaisance jusqu'au sabordage ». Le guitariste/chanteur Jerry a déjà confirmé que les périodes d'arrêt leur ont permis de se recentrer, et l'onde de choc sur scène est la preuve que ce recentrage a donné un Black Metal encore plus cinglant.
Leur setlist fut un manifeste de leur nihilisme. "Entropie des Conquêtes" a ouvert le carnage, un maelström de riffs qui nous rappelle que toute œuvre est vouée à la destruction. Des titres comme "La Crue", "Le Tyran & l'Esthète" ou "Ma Doctrine, ta Vanité" ont souligné la dualité stérile de notre existence. Chaque morceau était une exploration de l'inconscient, un hurlement sous la bannière de la destruction. Le quatuor a distillé sa litanie sombre avec une justesse et une intensité incroyables. Le Black Metal des Bretons est tortueux, parfois dissonant, toujours émotionnellement dense. On parle de leur côté "bi-polaire" aussi, mais celui-ci touche aux extrêmes de l'euphorie et du sabordage. L'atmosphère est devenue lourde, oppressante, mais paradoxalement libératrice. Les riffs s'entrecroisent pour former un mur de son dense et impénétrable. Sur scène, l'attitude est sombre, concentrée, mais chaque mouvement, chaque regard sous les projecteurs minimalistes, contribue à l'hypnose. Ils ont pris la salle en otage, nous forçant à contempler l'abîme qu'ils ont si bien dépeint sur leurs disques. Une leçon de Black Metal qui parle à notre part d'ombre la plus inconsciente.
HEGEMON : L'Ode Maléfique à l'Annihilation
Et pour achever nos âmes, les vétérans de Montpellier, Hegemon, ont clôturé ce rituel. Fondé en 1996, le groupe est une institution du Black Metal français, et leurs lives sont, avouons-le, rares. Leur présence était l'événement exclusif de cette soirée, l'aboutissement du pèlerinage pour beaucoup.
Leur dernier monument noir, « Sidereus Nuncius », est sorti en 2021 via Les Acteurs de l'Ombre Productions. Ce disque a réaffirmé leur statut, avec un Black Metal racé et sauvage, aux mélodies imparables. Leurs interviews après cet album soulignent une volonté d'exprimer les tourments nihilistes du groupe et une certaine vision de l'annihilation. Le groupe a aussi connu quelques changements de line-up au fil du temps (notamment au poste de batteur), rendant chaque apparition scénique encore plus précieuse. Ils ont des soldats de l'ombre à défendre !
L'attente était palpable, et dès les premières notes, le Jack Jack s'est transformé en champ de bataille. Le son était massif, la frappe chirurgicale et les guitares délivraient ces mélodies sombres et addictives qui sont leur marque de fabrique. C'est du Black Metal puissant, direct, qui a la capacité de te basculer sans préavis dans l'obscurité. Les morceaux de « Sidereus Nuncius » ont pris une nouvelle dimension en live, avec une fureur contenue mais omniprésente. La salle a rugi lorsque le groupe a asséné le titre emblématique "By This" (tiré de l'album By This, I Conquer de 2002), un serment gravé dans la chair. Des titres comme "Heimarmene", "Warfare Unleashed" et la reprise d'Immortal ont fait de cette prestation, d'une puissance et d'une rareté absolues, une leçon d'histoire sanglante et une méditation sur la destruction. Hegemon, avec une maîtrise scénique indiscutable, a prouvé pourquoi leur culte est si fort : ils ne font pas juste de la musique, ils offrent une transcendance musicale, faisant de chaque auditeur un « soldat de l'ombre prêt à se battre ». Le set, mené de main de maître, a été un climax violent et parfait pour clore cette nuit de rituels.
Conclusion : Gloire à Kaonoir et au Sang versé !
Le Rituale Lugdunum Fest V a tenu toutes ses promesses, ce n'est pas juste une date dans l'agenda, c'est une cicatrice: une programmation 100% française, 100% Black Metal, 100% défonce. De la sauvagerie locale de Chiaroscvro à la froideur intellectuelle de Decline Of The I, en passant par les litanies de Les Chants de Nihil, jusqu'à la puissance implacable des têtes d'affiche Hegemon, on a eu droit à une nuit sans concession. Ces groupes français ont prouvé une fois de plus que notre scène est non seulement vivante, mais porteuse d'une violence intellectuelle et sonore qui n'a rien à envier aux plus grands
Les organisateurs de Kaonoir ont encore frappé un grand coup en offrant une niche de qualité dans le paysage festivalier. Le Jack Jack, notre bunker de l'extrême, a vibré sous le poids des riffs et des âmes torturées.
Je repars avec un bourdonnement dans les oreilles et une vision plus sombre du monde. Mission accomplie. Vivement le volume VI. Gloire au Jack Jack, gloire à Kaonoir, et que la dépression soit notre guide.
Xylia vous salue, et n'oubliez jamais : Restez dans le noir ! HAIL SATAN et surtout, HAIL LE BLACK METAL FRANÇAIS !
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
Plane'R Fest 2025 deuxième jour : Le Défilé des Titans

Perseide ✘ Amon Sethis ✘ Eight Sins ✘ Future Palace ✘ Planet Of Zeus ✘Feuerschwanz ✘ Locomuerte ✘ Gloryhammer ✘ Angelus Apatrida ✘ Perturbator
Salut les guerriers du riff, les fées de la double pédale et tous les survivants de la première journée ! Xylia est de retour du Plane R Fest à Montcul, et après avoir échappé de justesse aux premiers assauts sonores, je suis prête à vous livrer le compte-rendu de cette seconde et dernière journée. Attachez-vous, parce que ce samedi 5 juillet a été un véritable coup de massue qui aurait pu laisser des séquelles ! J'espère que vous avez les cervicales bien accrochées.
Song : Street Trash by Eight Sins !
Et cette année, une nouveauté qui a fait mouche : le Diskopero ! De 11h30 à 13h30, les portes étaient grandes ouvertes pour un apéro-concert des plus originaux. C'était l'occasion de se ravitailler avec des produits locaux de qualité, de choper son merch en avance, et surtout, de se prendre en pleine face le set déjanté de Formula Juan.
Ce type n'est pas humain, c'est la progéniture illégitime d'une Ford Focus RS MKII et de la Berzingue, avec un guépard ascendant grimpeur de vélo comme signe distinctif. À lui seul, ce DJ de l'enfer te balance un set si rapide et furieux que ton cerveau se déconnecte !
Son arme secrète ? Un W pour "Double Vite" qui lui permet de dévaler les autoroutes de l'hyper-cosmos, balançant un groove qui dépasse la vitesse de la lumière.Un mix dément entre les années 90 et 2000, c'est du pur kiff, sans concession, et c'est surtout un foutu décalage dans le temps et l'espace ! .
Une initiative brillante qui a parfaitement lancé les hostilités !
La journée a ensuite pris son envol avec une programmation digne des plus grands pèlerinages sonores.
Perseide : Rock Alternatif pour une Mise en Orbite
Perseide a ouvert les hostilités et putain, quelle entame ! Le soleil cogne, la chaleur monte, mais les Lyonnais, quatre potes d'enfance ne se laissent pas abattre.
Connu pour son mélange de rock, metal et punk américain agrémenté d'une touche électro et de refrains accrocheurs, Perseide a rapidement conquis le public.
Depuis 2010, le groupe s'est forgé une solide réputation grâce à ses mélodies entraînantes et ses breakdowns percutants. Leur dernier album, "P.I.E.C.E.S.", sorti en 2024, a particulièrement fait parler de lui. Sur scène, l'énergie était palpable. Le set a alterné passages mélodiques et explosions de fureur, incitant rapidement le public, encore sous le coup du Diskopero, à se lancer dans un headbanging effréné !
Amon Sethis : Le Tremplin vers la Fosse
Direction le Terminal 1 pour accueillir Amon Sethis, le groupe de death metal mélodique venu d'Égypte. Ou du moins, avec une musique imprégnée de mythologie égyptienne ! Ces Grenoblois, gagnants du tremplin annuel du festival, ont clairement leur place ici. Formé en 2007, le groupe a su s'imposer sur la scène progressive française. Leurs influences, entre rock et metal, créent une ambiance dense et mystique, une véritable invitation au voyage dans les sables ardents du désert.
En backstage, Julien Tournoud, le chanteur et fondateur, racontait que le nom du groupe est une fusion des dieux égyptiens Amon et Seth, un nom qu'il a créé de toutes pièces et qu'ils sont les seuls à porter. Le groupe a sorti un nouvel album, "Dawn Of An Apocalyptic World", qui continue la saga de leur second opus. C'est un véritable "Game of Thrones" à l'égyptienne qui, malgré des musiciens qui vont et viennent, garde une direction artistique bien ficelée.
Leur musique, une épopée cinématographique, prend une dimension encore plus spectaculaire en live. Julien, qui gère également le booking de nombreux groupes, dont le culte Vanden Plas, vit à fond sa passion. Le groupe, qui rêve de jouer sur des scènes plus grandes, a profité de ce concert pour nous offrir un show théâtral, avec le chanteur qui arrive masqué, des flammes et plein d'autres surprises. Et pour sublimer le tout, les performances, danses, costumes et jonglages de feu de Melainya B ont magnifié le show, ajoutant une dimension visuelle spectaculaire et envoûtante à leur rituel sonore qui a transporté l'assemblée.
Eight Sins : Un Chaos Crossover
Eight Sins déboule sur le Terminal 2 avec la force d'un catcheur en pleine rage ! C'est du crossover thrash, du pur jus, qui te rentre dans le bide et ne te lâche plus. On savait que ça allait être le bordel, mais on n'était pas préparés à ça.
Le public a été prévenu en amont, la fosse va se transformer en marmite de furie. C'est parti en couilles au bout de trente secondes de set. Même les gosses à la barrière se sont mis à slammer ! Ces fous-furieux ont clairement mis le feu au festival et ont donné ce que le public attendait, un peu de thrash et de hardcore pour se défouler.
Entre un mur de la mort monumental, des batailles de frites de piscine et un circle pit géant qui s'est formé autour de la régie, soulevant une poussière terrible, des acrobaties scéniques et un batteur qui tape comme un forgeron sous speed, Eight Sins nous offre un show explosif et engagé qui rappelle pourquoi on vient aux festivals : pour se battre et rire, même si ça fait un peu mal.
Future Palace : Post-Hardcore pour l'Âme
Direction le Terminal 1 pour un changement d'ambiance avec Future Palace. Les Allemands nous transportent dans leur univers post-hardcore mélancolique. Si les pogos se calment un peu, l'intensité reste au maximum. La voix de Maria Lessing est à couper le souffle, oscillant entre mélodies aériennes et hurlements viscéraux. En pleine ascension, le trio berlinois a su créer une alchimie particulière, entre émotions brutes et visuels puissants. En coulisses, les membres avouaient que leur musique est une véritable thérapie, une manière de "crier dans le vide" pour extérioriser leurs "âmes tourmentées". D'ailleurs, ils ont même un rituel décalé avant chaque show : se transformer en chiens et aboyer ! Le groupe, qui a vu son dernier album faire des ravages sur les plateformes, prouve avec ce set que sa musique va au-delà du simple divertissement. Elle touche l'âme et inspire même certains de leurs fans à changer de vie. C'est une bouffée d'air frais dans cette journée de furie, un moment plus introspectif qui fait du bien à l'âme.
Planet Of Zeus : Les Dieux du Stoner
Le soleil est à son zénith, et qui de mieux que les Grecs de Planet Of Zeus pour nous faire sentir comme des divinités ? Leur heavy-stoner rock, lourd et poisseux, est un remède parfait contre la chaleur. C'est du riff à l'état pur, des lignes de basse qui te font vibrer le thorax, et un feeling rock'n'roll à l'ancienne. Le groupe, qui se prépare à célébrer ses 25 ans avec un concert spécial à Athènes en septembre prochain, a une présence scénique incroyable, et on sent que chaque note est jouée avec passion. D'ailleurs, comme le confiait le guitariste Stelios Provis, ils se considèrent plus comme un groupe de "heavy rock" qu'un simple groupe de stoner, avec des influences allant de Jimi Hendrix à Iron Maiden. Le set est un enchaînement de titres tirés de leur discographie, avec notamment des morceaux de leur album socio-politique, "Faith In Physics", où ils dénoncent les difficultés que traverse leur pays. C'est brut, c'est puissant, c'est du bon gras qui suinte de chaque morceau. Une pure dose de rock'n'roll burné !
Feuerschwanz : Le Metal Médiéval et Festif
Et là, mes amis, un rebondissement de taille ! Ultra Vomit, malheureusement, a dû annuler sa venue pour raisons médicales. Mais le festival a su rebondir avec brio en nous offrant en remplacement les Allemands de Feuerschwanz ! Ce groupe de folk metal, avec son énergie festive et ses costumes excentriques, est une véritable bouffée d'air frais. Leur dernier album, "Knightclub" confirme leur statut de maîtres de la fête médiévale métal. Leur prestation a été un show grandiose, rempli de blagues, d'interactions avec le public et de tubes entraînants qui ont transformé le Terminal 1 en une taverne géante où chacun s'est mis à danser et à chanter à tue-tête. Un remplacement de haute volée qui a fait l'unanimité
Locomuerte : Le Chicano crossover thrash qui Tue
Le nom ne ment pas. Locomuerte, c'est la mort qui te passe dessus avec un train de marchandise. Le groupe, mélange de thrash, de punk et de hardcore, met le Terminal 2 à feu et à sang. En septembre 2024, ils ont lâché leur dernier bébé, l'album "Parano Booster", et on peut te dire que le public n'était pas là pour enfiler des perles. La fosse se transforme en une gigantesque marmite de furie, les murs de la mort se succèdent, et c'est un véritable champ de bataille. El Termito, le frontman, est un showman né, avec ses grimaces et ses cascades qui font hurler de rire et de plaisir. Le groupe, qui a bossé comme des fous sur ce dernier album, nous offre un set d'une puissance rare, où chaque riff est un coup de marteau dans la tronche. Et pour rajouter à la folie, le chanteur de Eight Sins est venu faire une apparition sur scène, rejoint par deux luchadores ! La fosse est alors devenue le théâtre d'une course de crowd surfing complètement dingue sur des crocodiles gonflables ! Un moment épique et absolument hilarant qui a marqué les esprits, prouvant que le métal, c'est aussi le fun et le grand n'importe quoi organisé !
Une des grosses claques de la journée, sans conteste.
Gloryhammer - Le Power Metal Épique
On bascule dans l'épique avec Gloryhammer sur le Terminal 1 ! Ces Écossais sont les seigneurs incontestés du power metal, avec une scénographie digne d'un film de science-fiction. Le show est un spectacle total, avec des costumes de héros inspirés de films cultes comme Conan le Barbare et une ambiance de "civilisation galactique où chaque village est un royaume". On a beau étouffer sous ce soleil de plomb, Sozos Michael et sa bande n'en ont rien à faire, même si le chanteur avouait récemment qu'il "cuisait littéralement" sous son armure de cuir noir et qu'ils pensent à des costumes plus légers pour l'été.
La voix de Sozos est parfaite pour incarner le héros de l'histoire qu'ils racontent à travers leurs albums, et on sent qu'il a bossé dur ses gammes avec son ancien prof Arnaud Ménard, présent au festival ! La setlist, bien que raccourcie pour le festival, est une succession de hymnes surpuissants qui te font lever le poing au ciel. Le groupe a même récemment lâché deux nouveaux singles, « He Has Returned » et « On A Quest For Aberdeen », en attendant leur prochain album prévu pour 2026. La prestation est grandiose, et le public, comme toujours en France, se montre passionné et bruyant. C'est fun, c'est glorieux, c'est tout ce qu'on aime.
Angelus Apatrida - Le Thrash Metal sans Concession
Retour à l'essentiel avec les Espagnols d'Angelus Apatrida. Le thrash metal à l'ancienne, qui te file des coups de fouet en plein visage. Arrivant tout droit d'Espagne, ils se sont faits un nom en ouvrant pour des groupes comme Sepultura ou Destruction, et leur expérience se ressent sur scène. Le quatuor est une machine de guerre, sans fioritures, qui te balance ses riffs ultra-rapides et ses solos qui déchirent. La fosse se transforme en une gigantesque marmite de furie, et on se prend des pogos monumentaux. C'est brutal, c'est direct, c'est du pur thrash qui fait du bien là où ça fait mal. Et pour couronner le tout, alors que Black Sabbath jouait son tout dernier concert au même moment, les Espagnols ont rendu un hommage vibrant aux légendes en entamant un cover de "Paranoid" ! Un moment chargé d'émotion et de respect pour les pionniers du heavy metal.
Perturbator - La Nuit Tombe sur la Synthwave Noire
Le Plane'R Fest se termine sur une note très différente, mais tout aussi sombre et puissante. C'est l'heure de Perturbator, le maître de la synthwave noire. L'homme est loin de faire dans la nostalgie sucrée, préférant les ambiances cyberpunk et les paysages sonores calcinés. Finis les guitares qui te percent les tympans, place aux basses profondes, aux rythmes électros qui te font danser comme un possédé, et à une ambiance d'outre-monde numérique.
Le concert est une véritable expérience immersive, un cri jeté dans un gouffre existentiel. On est en plein dedans : Perturbator a sorti, plus tôt en 2025, deux singles ultra-percutants, "The Art Of War" et "Apocalypse Now", qui feront partie de son prochain album "Age Of Aquarius" prévu pour octobre. Le son est brutal, la scénographie hypnotique. Mais le moment le plus surprenant du show est arrivé avec "The Swimming Pool". James Kent (le cerveau derrière Perturbator) avait prévenu que c'était un morceau plus "chill" et minimaliste. C'est une petite pause surprenante, presque une respiration avant que l'intensité ne reparte de plus belle. L'artiste, accompagné de son batteur, crée un mur de son hypnotique et oppressant. Les lights sont juste dingues, et le public, d'abord surpris, se laisse emporter par cette vague de ténèbres numériques. C'est la fin parfaite d'une journée de chaos : un final sombre et lumineux à la fois, qui nous laisse avec la certitude que le metal a encore mille visages.
Avant de plonger dans le chaos sonore, je veux vous emmener au cœur du Plane'R Fest. Loin des scènes, c'est là que bat la vraie magie : celle des verres qui se lèvent, des sourires complices, et des pogos spontanés qui font de ce festival une famille.
En bref, cette deuxième journée du Plane'R Fest a été une véritable tempête, un ouragan de genres et d'énergies différentes. Du rock alternatif de Perseide au thrash furieux d'Angelus Apatrida, en passant par le power metal épique de Gloryhammer et la darksynth de Perturbator, le festival a tenu ses promesses, et bien plus encore. L'ambiance était électrique, la fraternité palpable, et la musique a régné en maître sur les terres de Montcul.
Le Diskopero a été une excellente initiative, et le remplacement d'Ultra Vomit par Feuerschwanz une sacrée bonne pioche.
On repart les tympans en feu, les muscles endoloris, et le cœur rempli de souvenirs impérissables. Le Plane'R Fest a encore frappé très fort, et il a prouvé une fois de plus qu'il est bien plus qu'un festival : c'est un lieu de pèlerinage pour tous les damnés de la terre qui vénèrent le riff et le chaos.
Le rideau tombe sur le Plane'R Fest 2025 ! Un immense merci à la municipalité du Village de Colombier Saugnieu pour son accueil, à la team des Sonorités de Montcul et à Mediatone pour l'accréditation, ainsi qu'à tous les bénévoles. Votre dévouement a été la clé de la réussite de cet enfer sonore. Le metal est éternel, et ce festival en est la preuve vivante.
À l'année prochaine, les diables !
Xylia pour Yog Sothoth Photography !












































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































