Plane R Fest 2026 : Journée 2 sous le signe de la sueur, du métal et des paillettes

Shaârghot ✘ The Browning ✘ Wind Rose ✘ Knuckle Head ✘ Insomnium ✘ Calva Louise ✘ Smash Into Pieces ✘ Imparfait ✘ After The Outbreak ✘ 111 Trio ✘ Formula Juan
Le Réveil des Guerriers : Cadre, Sueur et Poussière
Oubliez le café et les croissants. Ce matin, le réveil à Colombier-Saugnieu a le goût du houblon tiède et de la poussière qui colle aux dents. Pour cette deuxième et dernière journée de la cuvée 2026 du Plane R Fest, le soleil a décidé de jouer les prolongations en mode "thermostat 8", transformant le site en une arène volcanique prête à imploser. L'orée du bois offre un semblant d'ombre aux premiers festivaliers qui traînent la patte, les yeux rougis par les excès de la veille, mais l'ambiance est déjà électrique.
Avec une jauge de public qui ne désemplit pas et une organisation aux petits oignons, le festival rhônalpin confirme son statut de rendez-vous incontournable pour les passionnés de musiques metal. En tant que photographe de concert à Lyon, immortaliser une telle ferveur sous la canicule est un défi brut il faut capturer l'énergie des groupes et festivaliers qui convergent inexorablement vers les deux scènes, là où les amplis chauffent et l'odeur des foodtrucks se mêle à celle de la bière fraîche.
Enfile ton armure de cuir, hydrate-toi au houblon, et prépare tes tympans : Xylia t'embarque pour le récit de ce Jour 2.
Alors que les tentes du camping tremblent encore des rires de la nuit, les balances lointaines annoncent la couleur : aujourd'hui, on ne fait pas de prisonniers.
Mais avant de libérer les fauves et de lancer les premiers circles pits de l'après-midi, il y a un pèlerinage obligatoire pour lancer la machine... Direction le mythique Diskopéro, le rendez-vous incontournable des puristes où le nanar musical côtoie la pinte de la survie, histoire de lubrifier les cordes vocales avant le grand chaos ! Accroche-toi, ça va secouer !
Formula Juan : Le Dancefloor de la Sainte Trinité : Bières, Paillettes et Nuques Brisées !
Alors, on pose le contexte : il est à peine midi, les corps sont encore endoloris par la fessée monumentale de la veille, les foies crient grâce, une bonne grosse meute de rescapés bien décidés à en découdre se rassemble sous les tonnelles. Ce moment-là, c’est le grand choc thermique musical. Un concept gratuit, ouvert à tous, pensé à la base pour reposer « Montcul » avant les gros riffs de l'après-midi, se restaurer et aller choper le merchandising tranquillement sans faire une heure de queue.
Aux platines ? Formula Juan, l'électron libre de la nuit lyonnaise.
Le mec est un mythe : en dehors de ses sets survoltés à La Rayonne ou au Grand Bal de l’Université Lyon 1, il paraît qu'il anime aussi des enterrements et des Bar-mitsvah pour tontons nostalgiques. Un mercenaire du BPM, le type.
Quand il lance son set, c'est un véritable coup de massue. Oubliez la pop gentillette, Formula Juan nous balance un mix frénétique à mi-chemin entre l’Eurotrance rétro, la Hard House et la Hard Groove. C’est ultra-rapide, ça dépasse le mur du son, et c’est surtout truffé de Funky Remixes et de samples improbables des années 90/2000 qui te déconnectent instantanément le cerveau. Imaginez des gros durs en battleJackets, recouverts de paillettes biodégradables, entamant une chenille géante et chaotique dans la poussière en hurlant les paroles de Céline Dion sur une ligne de basse techno à 160 BPM ! Les verres de bière se lèvent en l'air, les hanches s'échauffent sur du gros beat retro-futuriste, et on se surprend à slamer sur des remix improbables de Gilbert Montagné version rave party. C'est l'anarchie la plus totale, un kiff pur et sans concession où toutes les barrières du « true metal » s'effondrent dans une franche camaraderie.
Un grand n'importe quoi magnifique qui décrasse les foies et prépare idéalement le terrain.
Quelle entame de journée ! Ce Diskopero version Formula Juan aura été la meilleure idée du monde pour réveiller les morts et injecter une dose massive d'adrénaline rétro dans les veines des festivaliers. Les sourires sont là, les nuques sont prêtes, et l'ambiance est survoltée. Maintenant que les hanches ont bien remué sous les paillettes, on est parés à voir les portes se rouvrir à 14h30 pour laisser place aux grosses guitares saturées qui vont finir de nous violenter les tympans.
111 : Le Power Trio Lyonnais met le feu au brasier
Ce sont les locaux de 111 qui ont la lourde et noble tâche de brancher les amplis pour ouvrir les hostilités de cette deuxième journée. Et autant te dire, camarade, que le power trio n'est pas là pour faire de la figuration ou amuser la galerie. C'est une performance frontale, volcanique et viscérale qui nous saute direct à la gorge dès les premières secondes. La recette de ce commando rhodanien ? Une noise post-punk abrasive, totalement folle et délivrée sans aucune politesse.
Aux manettes, on retrouve une section rythmique en béton armé : une batterie implacable tenue par Jules Barras qui cogne comme si sa vie en dépendait, et une guitare enragée distillée par Yvain Poncet. Mais le véritable choc visuel et sonore vient de la frontwoman incendiaire, Emma Cordenod. Oublie les artifices, la tornade s’installe armée d'une basse qu'elle martyrise avec une rage pure. Elle fracasse ses cordes électriques pour balancer des riffs saturés, massifs et telluriques qui te secouent les cages à miel. Un jeu physique, hyper agressif, transformant son instrument en une véritable arme de destruction massive au service du groove noise.
Signés chez Le Cri du Charbon, les Lyonnais ne font pas dans la dentelle. Le combo est venu défendre son brûlot, l'album 12 titres Oh Wow ! sorti début 2025. Les textes, hurlés avec les tripes au cœur des lèvres, balancent un féminisme frontal et sans concession, revendiquant la liberté des corps face aux violences et à l'absurdité de notre monde. C'est de la musique pour aller faire la révolution, le genre de bande-son idéale pour foutre le feu aux conventions. La setlist est une véritable déflagration dans la fosse.
On s'est pris l'enchaînement de Again of All et du single éponyme Oh Wow ! en pleine poire, avant de se faire piétiner par le vindicatif Dear Violence. Le groupe crée la surprise générale en balançant ses autres pépites gardées en exclusivité pour le futur album : le public a ainsi pu vibrer sur les brûlants My Demon et Another Murder, des morceaux en cours de production qui s'annoncent déjà redoutables en live, avant que After of All et 61st Second ne viennent enfoncer le clou. Le set se termine dans une rage pure avec l'hymne How Dare Ya ?, laissant le public complètement lessivé et sur les rotules. Malgré la violence du son, l'ambiance sous le cagnard reste éminemment humaine, solidaire et chaleureuse. Une invitation à lâcher prise, à danser sans négocier notre existence, pour oublier la chaleur étouffante et la réalité extérieure. Une entrée en matière incendiaire.
After The Outbreak : Le réveil-matin au marteau-piqueur
À peine le temps de s'essuyer le front que la scène locale vient nous rappeler qui dicte la loi ici. C’est au tour d’After The Outbreak de monter sur les planches, et autant vous dire que les gones ont ramené les gros arguments pour nous découper en rondelles. Il faut dire que les petits gars n'ont pas atterri sur la grande scène par hasard : ce sont eux qui ont fièrement remporté le tremplin du Plane R Fest cette année, gagnant haut la main leur ticket pour venir secouer le festival. Formé en 2020, le combo balance un Metalcore moderne et massif, fortement teinté par des influences à la Polaris ou Architects. C'est simple, leur entrée en matière a la délicatesse d'un 38 tonnes lancé à contre-sens sur l'A43.
La force de frappe du groupe repose sur un duo de frontmen d'une efficacité redoutable. C'est une véritable double décharge de haute tension : pendant que Kev assène ses screams arrachés venus du fond des tripes, Tib lui balance une énergie brute et complémentaire qui pousse le public dans ses derniers retranchements. Derrière eux, c’est une machine de guerre. Leandre martyrise ses fûts avec une précision chirurgicale, imposant un tempo lourd et massif qui sert de fondation au reste de la bande. Soudé comme un bloc de béton, le line-up se complète avec Aymo à la guitare solo, Pith à la rythmique et Aurel à la basse lourde, balançant des riffs écrasants qui te cisaillent direct les genoux.
Le groupe revisite avec une rage folle son premier EP Black Box sorti en novembre 2024. Les morceaux comme "Red Lake" ou "Stone Sword" prennent une dimension proprement titanesque en live. La fosse devient instantanément chaotique, la poussière s'élève à s'en choper une silicose, mais tout le monde s'en fout. On est là pour ramasser nos dents. La vraie mandale de cow-boy arrive cependant avec leur toute dernière actualité : le brûlot "R.I.O.T. (Rebellion Is Our Trigger)", sorti en février 2026. Ce morceau, véritable hymne à l'insurrection auditive issu de leur effort Off My Skin, déclenche les premiers vrais circle pit de l'après-midi. Ça se rentre dedans avec le sourire, les corps s'entrechoquent et l'énergie brute est palpable. Le secret du quintet ? Une science parfaite de la nuance. Ils te cueillent avec des mélodies captivantes et des atmosphères planantes qui te figent sur place en plein cagnard, pour mieux te cisailler les jambes l'instant d'après sous le poids d'un breakdown absolument dévastateur. Ne t'y trompes pas : ce set était une pure démonstration de force brute qui installe définitivement les Lyonnais parmi les clients sérieux de la scène hexagonale. Une tuerie sans concession.
Imparfait :Quand le Nu-Metal flirte avec le Rap
Attention, OVNI sonore en approche. Si tu t'attendais à du metal de papa bien sagement aligné, tu t'es trompé de chapelle. Imparfait déboule sur la scène et impose instantanément son "laboratoire d'expérimentation" musical. Ce combo francilien passe la vitesse supérieure: après s'être fait les dents en ouvrant pour les Nova Twins et avoir retourné les charts alternatifs avec leur premier effort Telema, le groupe est en pleine mutation. En interview récente, ils confiaient vouloir aller encore plus loin dans la violence brute et l'honnêteté crue. Mutation réussie. Ils nous balancent une fusion lourde et hybride de Metal moderne, de Heavy Rock et de Hip-Hop qui te chope par la gorge et ne relâche la pression qu'une fois le set terminé.
Au centre de ce chaos parfaitement orchestré : Prisca Kalengay. Cette meuf possède la scène à un niveau presque effrayant. C’est une pile électrique dotée d’un charisme magnétique sauvage. Elle harangue la foule d’une gestuelle habitée, les yeux exorbités, balançant un flow rap chirurgical avant de basculer, sans transition pour tes pauvres oreilles, sur des hurlements bruts à réveiller les morts. C'est théâtral, c'est viscéral.
Derrière elle, c'est le grand asile. Ça bouge dans tous les sens, la section basse-batterie livre des tempos écrasants qui te vibrent directement dans la cage thoracique. Mention spéciale au batteur, Léo, une véritable pieuvre sous amphétamines : cloué à son siège mais d'une fureur d'exécution terrifiante, il martèle ses fûts avec une telle démence qu'on jurerait qu'il veut traverser la scène. Sa double pédale sonne comme un peloton d'exécution à cadence maximale.
Le set est une déflagration cathartique pure et simple. On passe des missiles sonores de Telema à leur tout dernier single sorti le 1er mai, "Paye Paye". Et parlons-en, de ce morceau ! Taillé pour le live, c’est une machine à pogo d'une efficacité redoutable qui transforme instantanément le pit en un immense shaker humain. Pas de chichis, pas de samples sur-utilisés pour cacher la misère : c'est physique, c'est visuel, c'est du live sans filtre et sans pitié. IMPARFAIT vient d'injecter une dose de pure folie pure et dure dans les veines du Plane
Smash Into Pieces : Les Cyborgs ont Brisé Montcul !
Quand les mecs d’Örebro déboulent sur la scène du Plane'R Fest, la canicule prend instantanément une teinte néon futuriste. Pour leur seule et unique date estivale française de 2026, avant de squatter le Trabendo en novembre prochain, le quatuor suédois est venu nous asséner les missiles de leur tout dernier brûlot, Manifesto, balancé à la face du monde à l'automne 2025.
Sous un soleil de plomb et en plein après-midi, pas besoin d’artifices technologiques pour nous plonger dans leur univers cyberpunk d’Arcadia. Le groupe se présente à nous avec pour seul décor un immense backdrop, laissant la musique et leur présence brute faire tout le boulot. Et au milieu de ce chaos de rock moderne trône le grand prêtre de la machine : The Apocalypse DJ (APOC). Derrière ses fûts, son masque LED clignote furieusement en plein jour, défiant les rayons du soleil et changeant de couleur comme un prédateur cyborg hypnotisant sa proie.
D'entrée de jeu, le groupe ne fait pas de prisonniers avec l'enchaînement destructeur de "Man Or Machine" et "Venom". Les riffs de guitare modernes balancés par Benjamin Jennebo et Per Bergquist coupent l’air étouffant comme des scalpels laser. Mais la véritable baffe à s'en décrocher la mâchoire, c'est la performance de Chris Adam Hedman Sörbye. Comment ce mec peut-il sortir des lignes vocales aussi monstrueusement puissantes, mélodiques et rocailleuses sous une chaleur pareille, sans même avoir l'air de transpirer une goutte de liquide organique ? C'est de l'ordre du miracle ou de l'hybridation humaine !
Le public, à genoux mais hurlant, bascule dans la folie pure lorsque retentit l'hymne "Six Feet Under" (le morceau qui a tout emporté au Melodifestivalen). Le refrain est repris par des centaines de poitrines, créant une onde de choc vibratoire qui secoue tout le champ de foire. Le set alterne habilement les classiques d'Arcadia et les nouveautés explosives. Un intermède instrumental sauvage, le "Apoc Drum Part", permet au batteur de marteler ses pads comme s'il tentait de hacker le système nerveux du public, immédiatement suivi d’un "Guitar Solo" tranchant et électrique.
L'intensité ne faiblit jamais. Sur "Heroes Are Calling", c'est l'implosion générale. Le mix parfait entre les grosses guitares lourdes du metal alternatif et les samples électroniques massifs brise les dernières barrières des puristes. Ça jumpe, ça pogote, la poussière du crash-barrière s'élève jusqu'au ciel lyonnais. Smash Into Pieces achève les survivants avec l'historique "Hollow", laissant la foule exsangue, les oreilles sifflantes de bonheur cybernétique.
Calva Louise : L’éruption Metal-EDM sous perfusion DIY
Quand le trio basé à Londres débarque sur la Mainstage, l'ambiance change instantanément. Oubliez les artifices high-tech et les fioritures des méga-productions. Avec Calva Louise pas de mur d'écrans LED géants, ce groupe farouchement indépendant gère tout à la sueur de son front, et leur univers scénique est brut, viscéral, 100% DIY. Mais aujourd'hui, le concert prend une dimension humaine particulièrement poignante.
La frontwoman Jess Allanic, originaire du Venezuela, porte sur ses épaules le poids d'une actualité terrible. La récente catastrophe humanitaire provoquée par les deux séismes majeurs qui ont ravagé son pays d'origine le 24 juin dernier l'a profondément touchée. Sa détresse et sa rage transpirent dans chaque note. Sur scène, juste à côté du stand de clavier, une affiche "SOS VENEZUELA" est scotchée à la vue de tous, arborant des QR codes pour inciter la foule à faire des dons pour les sinistrés. C'est aussi ça la magie du metal : une putain de grande famille solidaire quand le monde s'écroule.
Musicalement ? C'est une baffe monumentale en pleine face. Un monstre à trois têtes combinant Metal Alternatif, Post-Hardcore et EDM industrielle qui vous chope à la gorge sans jamais relâcher la pression. Jess est une force de la nature : elle passe d'un chant espagnol ultra-mélodique et envoûtant à des cris post-hardcore déchirants, tout en swappant frénétiquement entre sa guitare et ses synthés. Ces derniers sont posés sur un support sur mesure, fabriqué de ses propres mains par le bassiste Alizon. Alizon, parlons-en : il enrichit le mix avec des beats techno crasseux et des samples industriels massifs à la The Prodigy qui font trembler le sol sous nos pieds.Défendant leur quatrième album Edge Of The Abyss sorti à l'été 2025, le groupe balance ses brûlots avec un sourire immense et une sincérité désarmante qui balaie toute distance avec le public. Face à cette décharge d'énergie pure, la fosse capitule et explose en moshpits . Épuisant et viscéral.
Insomnium : Quand la Finlande climatise le Plane'R Fest en plein cagnard !
Le soleil refuse de crever, le thermomètre affiche encore un bon 35°C à l'ombre des scènes de Colombier-Saugnieu, et pourtant… c’est le moment choisi par les darons absolus du Death Metal Mélodique finlandais pour débarquer.
Pour les affamés d'actu qui ont suivi les derniers potins, c’est surtout le baptême du feu ultime. On attendait au tournant le combo avec sa toute nouvelle recrue : le guitariste permanent Tomy Laisto (évadé de Mors Principium Est), officiellement greffé au line-up en janvier 2026 pour pallier le départ de Jani Liimatainen. Verdict ? Le courant passe à 220 volts et la complicité sur les planches saute aux yeux, même sous la lumière rasante d'un début de soirée étouffant. Le set démarre et on se prend la lourdeur d’une tempête de grêle en pleine poire avec l’ouverture magistrale tirée de leur chef-d'œuvre conceptuel, Anno 1696.
Le son qui sort des enceintes est d'une clarté chirurgicale, presque indécente pour un festival en plein air. Les riffs glaciaux s'abattent sur la plaine lyonnaise, portés par le growl d’outre-tombe, surpuissant et possédé, de Niilo Sevänen. Les mecs maîtrisent leur sujet sur le bout des doigts, alternant les agressions sonores pur jus avec des passages acoustiques éthérés d'une beauté à chialer. Enchaîner ça sous un ciel encore orangé, fallait oser, mais la magie opère : le temps suspend son vol et la poussière du pit s'enflamme.
Sur scène, c'est une véritable démonstration de force. Les musiciens balancent les morceaux avec une précision millimétrée, tandis que la section rythmique, déployée comme un rouleau compresseur de l'Est, vient littéralement te remuer les tripes à chaque impact de double pédale. C'est une vague de froid scandinave qui tente de submerger une assistance en sueur, tétanisée par tant de puissance et de splendeur mélancolique sous le cagnard.
Le contraste est d'ailleurs saisissant – et c'est là qu'on reconnaît les grands bonhommes – entre la noirceur absolue de leur musique et l'attitude ultra-chaleureuse de Niilo, qui harangue la foule entre deux morceaux. En coulisses et dans leurs récentes interviews, le groupe ne cache pas sa dalle : ils sont dans une phase de créativité folle et bossent activement sur leur 10e album studio prévu pour cette année 2026. Si on se fie à l'énergie brute balancée ce soir sous le soleil couchant, la prochaine galette va faire de sacrés dégâts.
Insomnium au Plane'R Fest, même avant la nuit ? Une claque magistrale, une leçon de Death Mélo qui te fout les poils en mode stalagmites, peu importe la météo. Une pure merveille d’efficacité.
Knuckle Head : L'Asphalte a fondu, le "Dark Country" a tout cramé !
Quand le duo strasbourgeois déboule sur la scène du Plane’R Fest ce samedi 4 juillet 2026, l’atmosphère change instantanément de dimension d'un coup de médiator, on est propulsés au fond d'un trip halluciné et occulte. Visuellement, le duo casse les codes avec une classe désinvolte et totalement barrée. Derrière ses fûts, Jock arbore fièrement un peignoir à motifs cachemire, lunettes noires vissées sur le nez et tatouages faciaux bien en évidence, brandissant une bouteille de Jack Daniel's comme un trophée de guerre. À ses côtés, Jack balance ses riffs saignants en t-shirt noir sans manches, arborant une barbe impeccable et des lunettes de soleil sombres. Pas de fioritures, juste une attitude de bad boys magnétiques prêts à tout défoncer, flanqués d'un pied de micro surmonté d'un crâne de bélier fixé à une grosse chaîne en acier.
C’était la première fois que je voyais ce groupe en live, et autant vous dire que j’ai pris une sacrée calotte ! Dès les premières notes, la question que tout le monde se pose sur le festival s'évapore : "Mais comment font-ils pour faire autant de bruit à seulement deux ?". C’est simple, Jack (au chant et à la guitare) alterne entre une Flying V blanche agressive et une Telecaster vintage au son poisseux, balançant son signal splitté en direct dans une double décharge d'amplis guitare et basse saturés qui te repeint les tympans au gros sel, tandis que Jock martyrise ses fûts avec une violence rare, levant le genou et frappant ses cymbales Paiste comme si sa vie en dépendait. Le son est lourd, colossal, digne d'un groupe de cinq musiciens.
Le duo est en pleine possession de ses moyens, fort d'une actualité brûlante avec la sortie fin 2025 de leur troisième album studio, le très sombre et acclamé The Dark Road Ahead (chez Klonosphere). Ce concert s'inscrit au cœur de leur gigantesque tournée européenne 2026, et on sent que la machine est parfaitement huilée. Le set mixe habilement les pépites de leur précédent opus Interbellum (2022) et les nouveaux morceaux de The Dark Road Ahead, véritables scuds taillés pour le live. Le public du Plane'R Fest capitule dès le troisième morceau. Le groove hypnotique de leur "Heavy Blues" graisseux s'infiltre sous la peau. Le pit se transforme en un gigantesque et improbable dancing rock où le headbanging le plus furieux copine avec une danse de saloon survoltée. Le charisme brut de Jack, levant sa guitare vers le ciel avec une énergie stoner/sludge ultra-efficace qui rappelle Clutch ou Red Fang, subjugue la foule. Jock, véritable métronome du chaos en peignoir, relance la machine à coups de breaks dévastateurs. Knuckle Head quitte la scène sous une ovation gigantesque, nous laissant K.O., trempés de sueur et la bouche pleine de poussière.
Wind Rose : La taverne des nains en furie
Changement radical d’ambiance sur la Mainstage 2. Le soleil de plomb commence enfin à capituler, laissant place à une lueur crépusculaire idéale pour les forces de l'ombre... ou plutôt pour une joyeuse bande de mineurs transalpins. C’est le moment choisi par les Italiens de Wind Rose pour débarquer sur scène. Et attention, les mecs ne font pas les choses à moitié : ils se pointent en lourdes armures de fantasy, fourrures et tuniques de nains de la Terre du Milieu. Autant vous dire qu'avec la chaleur résiduelle qui transforme le pit en hammam pour Vikings, c'est un pur acte de masochisme héroïque.
Bienvenue dans le temple absolu du "Dwarf Metal". C’est simple : dès l'intro symphonique et les premiers riffs galopants, la fosse n'est plus qu'un gigantesque champ de bataille festif. Le public, chauffé à blanc, a sorti l'artillerie lourde : épées en plastique, boucliers en carton et surtout des centaines de pioches gonflables qui s'agitent dans tous les sens. On se croirait dans un MMORPG sous ecstasy.
En frontman impérial, Francesco Cavalieri mène la charge. Le bougre a une puissance vocale monstrueuse qui balaie le site, appuyé par des chœurs de taverne guerriers qui feraient trembler les fondations de la Moria. Récemment, Francesco confiait en interview que le groupe avait voulu insuffler une énergie encore plus brute et "in-your-face" à leurs shows suite à la sortie de leur dernier opus Trollslayer (fin 2024). Eh bien, promesse tenue !
Les hymnes s'enchaînent sans laisser le temps de respirer. Le break dévastateur d'Army of Stone fait lever les poings, suivi du frénétique Mine Mine Mine!, véritable déclaration d'amour à l'or et à la mine. Visuellement, c'est un régal de folie furieuse : le claviériste Federico Meranda lâche régulièrement ses machines pour venir sur le devant de la scène, haranguant la foule comme un cheerleader survolté sous stéroïdes, tandis que le bassiste Cristiano Bertocchi headbangue à s'en décrocher les cervicales.
Le paroxysme de la démence est bien sûr atteint sur leur reprise virale de Diggy Diggy Hole. À ce moment-là, c’est l'anarchie la plus totale. Le groupe et la masse compacte des festivaliers sautent en chœur, créant un séisme de magnitude 8 sur l'échelle du Metal. La poussière s'élève, les verres volent, les slammers se multiplient. Une communion absolue dans le fun et la puissance brute. Historique, festif et furieusement heavy !
The Browning : quand le Hardstyle te démonte les vertèbres
Disons les choses clairement : si tu es venu ici pour écouter du solo de guitare néo-classique en sirotant une bière sans alcool, tu t’es lamentablement trompé de stand. The Browning, c’est un blender géant dans lequel Jonny McBee a balancé du Deathcore graisseux et de la techno indus à 160 BPM, avant d’appuyer sur "Pulse".
Le combo américain débarque sur la scène du Plane'R Fest avec la bave aux lèvres, pile en pleine promotion de leur monstre Burn This World [EVOLVED] largué en février 2026. Pas un simple remaster de feignasse, non : une reconstruction totale, piste par piste, de leur classique de 2011. Autant te dire que le rendu en live à l'impact d'une cyber-attaque en plein vol qui ferait grignoter le tarmac à un drone de combat. . Jonny McBee, qui vient tout juste de monter son projet parallèle Indus/Metalcore The Deffect, maîtrise son sujet et mène son commando à la baguette.
Le set s'ouvre et c'est l'anarchie immédiate. Le son est d'une propreté clinique mais d'une lourdeur écrasante, un vrai rouleau-compresseur qui te broie la cage thoracique. C'est le paradoxe absolu de The Browning : ça sample du Hardstyle et de la Trance ultra-festive, et la seconde d'après, ça te balance un breakdown bien lourd qui te tasse les vertèbres dans les chaussettes.
Dans la fosse, c'est un joyeux chaos cybernétique. Les kids ne savent plus s’ils doivent sauter comme à la Love Parade ou s'entretuer dans un moshpit. Les versions régénérées de Time Will Tell ou de l’incontournable Bloodlust font gentiment monter la température et trembler le sol de Colombier-Saugnieu. C'est frénétique, c'est dystopique, et ça fait le job sans fioritures.
Pour terminer le set et vider les dernières réserves d'énergie du public, le groupe choisit de clore les débats avec Poison. Jonny McBee balance ses dernières lignes de chant sur un beat techno-indus bien senti qui s'achève sur un breakdown final ultra-efficace. Une jolie communion collective sous le ciel du 69 pour finir de s'essorer avant de rentrer. Les cervicales ont couiné, mais tout le monde est encore debout pour la suite.
Shaârghot : L'invasion des Shadows bienvenue dans la Cité-Ruche
Il est tard, les nuques sont en compote, les foies crient au secours, et c’est précisément le moment choisi par la créature la plus toxique du paysage indus français pour surgir des ombres : Shaârghot. Oubliez la notion même de "concert", on parle ici d'une messe noire industrielle, d'une expérience théâtrale immersive totalement déjantée qui vous agrippe par les tripes pour vous traîner dans le caniveau cyber-punk de leur Cité-Ruche.
Dès l'intro instrumentale, l’atmosphère s’épaissit. Les musiciens déboulent, intégralement recouverts de ce maquillage noir luisant, cette mixture visqueuse devenue leur signature visuelle immortelle. Ils ressemblent à des démons cybernétiques échappés d'un cauchemar post-apocalyptique. Dans le public, c’est le délire : une armée de festivaliers s'est elle-même transformée en "Shadows" pour l'occasion, arborant la fameuse peinture noire. La transe collective est immédiate.
Au centre de ce chaos, Étienne Bianchi le Shaârghot en personne règne en maître absolu du malaise et de la puissance.
Toujours porté par l'onde de choc de leur dernier opus Vol. III - Let Me Out, le groupe balance d’entrée le titre éponyme. C'est l'artillerie lourde. Le son de basse est tellement gras et martial qu'on dirait un défilé de blindés sur nos cages thoraciques.
Le groupe enchaîne sans pitié. Des classiques comme Kill Your God ou Traders Must Die réveillent les morts, alternés avec des missiles ultra-efficaces du troisième volume comme Life and Choices ou le frénétique Cut Cut Cut. Sur scène, le spectacle est total : des comédiens costumés incarnant des "troopers" armés et des "mantis" flippantes arpentent les planches, haranguant et menaçant la foule. Le lightshow, monumental, coupe la nuit à coups de stroboscopes chirurgicaux tandis que la pyrotechnie crache des flammes qui lèchent le ciel de Colombier-Saugnieu.
La fosse ? Un hachoir à viande. Une tempête de sable. Un pogo frénétique géant où la poussière aveuglante se dégageant du sol se mélange à la sueur. Sur Uman Iz Jaws et le rouleau compresseur Great Eye, les corps s'entrechoquent dans une frénésie primitive. Étienne harangue ses troupes avant de lâcher l'hymne Jump : le public s'exécute comme un seul homme, transformant le Plane'R Fest en trampoline géant.
Après avoir traversé le Red Light District et invoqué le titre éponyme Shaârghot, le final explose les derniers thermomètres avec Are You Ready et Something in My Head. Le groupe quitte la scène en laissant le festival totalement exsangue, carbonisé, recouvert de peinture noire et de fluides indéterminés. Une baffe monumentale.
L’Œil du Cyclone : Au Cœur du Brasier (Jour 2)
Avant de clore définitivement ce deuxième chapitre de pure démence et de compter les nouveaux hématomes, on pose les binouzes cinq minutes. Loin de la lumière crue des projecteurs et du fracas des amplis qui fument encore, l'objectif de Yog Sothoth Photography notre photographe de concert à Lyon et région Auvergne-Rhône-Alpes s'est à nouveau engouffré là où ça fait mal : pile au milieu du pit. C’est là, dans la zone de turbulences de Montcul en plein cagnard, que bat le véritable pouls du Plane'R Fest. Regardez-moi ces sourires suspendus au-dessus de la foule, ces slams héroïques portés à bout de bras par une marée humaine, ces accolades poisseuses entre parfaits inconnus. Entre deux slameurs en plein vol, on croise un Père Noël en goguette, un panda déchaîné aux premières loges ou une licorne prête à charger dans le circle pit. C'est l'épicentre du chaos, là où la poussière des pogos ne retombe jamais vraiment sous le soleil de plomb, là où les corps s'entrechoquent et s'agrippent aux crash barrières dans une fraternité brute et violente. Une communion sauvage, costumée et transpirante, capturée sur le vif, au cœur de la mêlée.
Le Bilan du Chaos
Et voilà, camarades du pit, le couperet est tombé. Les derniers stroboscopes de Shaârghot se sont éteints dans la nuit borgne de Colombier-Saugnieu, laissant derrière eux un champ de bataille fumant. Si tu cherches tes dents, elles sont probablement quelque part entre la Mainstage 1 et le stand de crêpes, piétinées par la chenille techno-pailletée de Formula Juan ou ensevelies sous la poussière des nains de Wind Rose.
Cette cuvée 2026 du Plane R Fest n'a pas seulement confirmé son statut de festival incontournable de la région lyonnaise : elle a agi comme un véritable accélérateur de particules métalliques. On est venus chercher de la sueur, on a récolté une canicule biblique à 39°C, des acouphènes collectors et une fraternité brute qui fait chaud aux tripes. Ces deux Jour auront été un marathon de pure démence. L'organisation a frôlé la perfection, le public a prouvé qu'il avait le foie et les cervicales en titane, et les groupes ont tous joué comme si l'apocalypse était pour demain matin.
Le Plane R Fest a refermé ses portes, mais le bourdonnement dans nos oreilles, lui, va rester un bon moment pour nous rappeler qu'on y était.
Pour terminer ce carnet de bord, un immense coup de chapeau s'impose aux artisans de l'ombre. Faire vibrer un festival de cette envergure par 34°C avec la précision d'une horloge suisse est un exploit exceptionnel. Tout notre respect va à l'association Les Sonorités de Montcul, à Mediatone et à l'ensemble des organisateurs. Piloter une programmation internationale tout en gardant un ancrage local et associatif est une prouesse qu'ils réitèrent chaque année. Mentions spéciales également à Élodie Briffard d’Ellie Promotion. Quant aux bénévoles : vous êtes les héros absolus de ce week-end. Servir la bière fraîche sans jamais perdre votre sourire, braver la chaleur pour nettoyer le site et les gobelets, ou veiller sur tout le monde au cœur des moshpits... Rien de tout cela ne serait possible sans vous. Vous êtes l'âme, l'énergie et le moteur du Plane'R Fest. Merci pour tout !
Allez, rentrez bien, hydratez-vous (à l'eau, cette fois), nettoyez cette peinture noire qui vous colle à la peau, et préparez vos armures pour l’année prochaine. Xylia pose le micro, va s'ouvrir une dernière binouze tiède de fin de festival, et vous dit à très vite dans le pit pour de nouvelles chroniques sauvages !
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
---> Report de la Première journée !
Plane’r Fest 2026 : Une ouverture dantesque sous le signe du chaos

Goatfather ✘ Heart Attack ✘ Queensryche ✘ Psykup ✘ Imminence ✘ Revnoir ✘ Kanonenfieber ✘ Sierra Veins
Salut les affreux ! C’est Xylia qui vous cause, en direct du tarmac pour Yog Sothoth Photography. Si vous pensiez que le Plane’R Fest allait s'assagir avec l'âge pour cette édition 2026, vous vous mettez le médiator dans l'œil ! On débarque à Colombier-Saugnieu (à deux pas de Lyon pour les profanes) sous une chaleur absolument indécente. Pas un souffle d'air, une météo de plomb qui transforme la fosse en étuve à sueur dès 18h. Le festival attend une fréquentation record ce week-end, et le public un joyeux melting-pot de métalleux en kilt, de goths en plein free-fight avec la crème solaire et d'adeptes du gros son est déjà chaud bouillant.
Côté nouveautés qui font plaisir : le Metal Market a migré cette année et intègre désormais son propre bar (une bénédiction pour s'hydrater entre deux t-shirts noirs), tandis que le Terminal 2 a vu sa scène légèrement agrandie pour nous envoyer des mandales encore plus massives. Allez, chope ta bière fraîche, on plonge dans le pit !
GOATFATHER : Convoi d’enfer, vapeurs de stoner et goudron brûlant
On ouvre les hostilités au Terminal 1 avec la lourdeur poisseuse de Goatfather. Les Lyonnais ne font pas dans la dentelle et nous balancent d'entrée leur titre pachydermique de issu de Monster Truck, Convoy. Le son est gras, l’atmosphère sent le pneu brûlé et le bourbon. Le quatuor nous sert ses pépites comme Stoner Dream et In Your Face.
Sur scène, ça transpire l'authenticité et le rock graisseux. Pas de fioritures, juste une efficacité brute. La voix rocailleuse et hargneuse d'Olaf arrache les premiers headbangs massifs d'un public conquis, qui oublie instantanément la canicule ambiante pour vibrer au rythme de ce groove omniprésent. Une prestation solide qui confirme que les Lyonnais ont largement les épaules pour s'exporter (ils sont d'ailleurs attendus sur les scènes allemandes cet été). Une mise en jambe idéale pour se décrasser les tympans !
HEART ATTACK : Les Cannois braquent le Terminal 2 à coups de riffs chirurgicaux
On court vers le Terminal 2 agrandi pour ramasser nos dents. Les mecs de Heart Attack sont venus défendre leur « Eiffel Tower Rising Tour 2026 ». On parle d'un groupe en osmose totale, porté par l'arrivée de William Ribeiro au co-chant et à la basse. L’entrée sur scène est théâtrale (avec les masques mystiques de Negative Sun), puis le thrash moderne explose avec Wings of Judgement. Les riffs sont tranchants comme des rasoirs, la section rythmique est un véritable rouleau compresseur. Le clou du spectacle ? Les assauts de leurs récents singles Defeat the Veil et Refuse to Conform. Kevin Geyer harangue la foule, et le premier Wall of Death géant de l'édition se fracasse dans la poussière sur le final d'une violence rare. Une baffe magistrale.
QUEENSRŸCHE : La masterclass Heavy Metal qui défie le temps
Retour au Terminal 1 pour une leçon d’histoire avec les légendes américaines de Queensrÿche. Les gars entament leur set avec le mythique Queen of the Reich (1983). C'est propre, c'est carré, et d'une pureté vocale qui force le respect. Le set fait la part belle à l’album culte Operation: Mindcrime avec des enchaînements parfaits sur Anarchy-X et Revolution Calling. Les guitares jumelées harmonisent à la perfection sous le soleil couchant. Le public, toutes générations confondues, reprend en chœur les hymnes Empire et Eyes of a Stranger. Une prestation XXL pleine de classe.
PSYKUP : Le joyeux asile de l'Autruche Core fête ses 30 balais !
On retourne sur le Terminal 2 qui va subir un traitement de choc psychiatrique. Les Toulousains de Psykup célèbrent leurs 30 ans d’existence avec une tournée marathon en 2026. Venus défendre leur 6ème album The Joke of Tomorrow (2025), le groupe déploie son fameux « Autruche Core » : un joyeux chaos fait de ruptures jazz, de grooves funk absurdes et de déferlantes metal extrême. Le duo vocal entre Ju et le "nouveau" chanteur Matthieu Romarin fonctionne du tonnerre. Le concert vire à la fête foraine hardcore : Julien Cassarino brise la barrière scène/fosse, invitant tout le monde à foutre le bordel. C’est imprévisible, c'est barré, c'est techniquement irréprochable et terriblement interactif. Un pur régal de schizophrénie !
IMMINENCE : Ombres gothiques, breakdowns massifs et violon possédé.
La nuit tombe, les lumières s'éteignent sur le Terminal 1 pour faire place aux Suédois d'Imminence.
Le frontman Eddie Berg entre en scène armé de son violon électrique. Ce qu'ils appellent le "Violincore" prend ici toute sa dimension cinématographique. Le groupe navigue entre la brutalité sauvage du metalcore moderne (les breakdowns sur God Fearing Man ou The Black ont brisé des nuques) et des moments de pure vulnérabilité sacrée portés par les cordes.
Au milieu de ce chaos sonore, Eddie est un homme possédé. Il passe en un battement de cils d'un chant lyrique céleste, d'une justesse à foutre les poils, à des screams viscéraux sortis tout droit des tripes, le tout en faisant hurler les cordes de son violon sous des lumières crues. Les morceaux du récent album prennent une texture encore plus lourde et organique que sur album, portée par une section rythmique qui te tape directement dans le plexus. Une performance habitée et théâtrale qui a mis tout le monde d'accord
REVNOIR : La tornade Dark Électro/Metalcore qui retourne la nuit
Quand on se pointe devant le Terminal 2, on sent tout de suite que la température a pris dix degrés d'un coup. Les petits princes français du moment, fraîchement signés chez les mastodontes d'Arising Empire, ont décidé de ne faire aucun prisonnier. Pour ceux qui pionçaient au fond de la classe, le quatuor mené par un Maxime Rodriguez-Medallo (ex-Merge) survolté n’est pas là pour trier les lentilles. Enchaînant les scuds issus de leurs EPs Revenant et Coma, le groupe montre une dalle monumentale.
Visuellement, c’est brut, sans fioritures électroniques grandiloquentes sur scène : juste quatre mecs en transe qui sautent partout et un frontman qui possède la fosse dès les premières secondes. Ce qui frappe, c'est ce double tranchant linguistique : l'alternance organique du chant en français et en anglais qui te chope les tripes pour les tordre bien comme il faut. Les mecs maîtrisent l’art du breakdown chirurgical, tandis que la batterie cogne si fort qu'on la ressent jusque dans les plombages.
L'instant de grâce sauvage arrive quand le groupe envoie sa dernière bombe, Alchemised, la collab' explosive avec Carpenter Brut. Oubliez l’idée d’une gentille rave électro-gothique ou d'un dancefloor poli : sur le terrain, c'est une véritable déflagration de Metalcore moderne et de beats indus poisseux. La basse te compresse la cage thoracique et les riffs scient l’air ambiant. Pas besoin de setlist précise sous les yeux pour capter le message : c'est une baffe monumentale qui laisse la fosse sur les rotules, en sang et en redemandant. Une sacrée preuve d'une ascension fulgurante qui ne fait que commencer.
KANONENFIEBER : Les tranchées de 14-18 s’ouvrent sur le Terminal 1
L'atmosphère se fige au Terminal 1. Changement de décor total : barbelés sur scène, musiciens en uniformes d'époque, visages masqués. Le projet allemand Kanonenfieber balance son Black/Death Metal martial avec une froideur terrifiante. Le groupe ouvre les hostilités avec Menschenmühle. C'est lourd, oppressant, et les blast-beats tombent comme des obus. La performance est d'une puissance dramatique folle, portée par des titres historiques comme Der Füsilier et le terrible Verdun (tiré de Die Urkatastrophe). L’énergie dégagée par le frontman derrière son micro habille la nuit d'une noirceur mémorable. Saisissant
SIERRA VEINS : Messe Cyberpunk pour achever les survivants
Pour clore cette première journée de folie, il est près de 0h40 lorsque Annelise Morel, alias SIERRA VEINS (anciennement SIERRA), prend les commandes du Terminal 2. Seule derrière ses machines, baignée dans un jeu de lumières géométriques froides et blanches, elle assène un set d’une puissance sonore physique implacable. Sa recette ? Une fusion ultra-violente d'EBM, de techno industrielle et de structures metal issues de son dernier album In the Name of Blood. Les basses écrasantes transpercent les poitrines et font vibrer le sol du festival. Sa voix, balancée en murmures et en spoken word cold-wave, envoûte les derniers rescapés. Un public hétéroclite de métalleux et de clubbers danse ensemble dans la poussière jusqu'à épuisement. Une fin de nuit magistrale et hypnotique.
L’Œil du Cyclone : Au Cœur du Brasier
Avant de tirer le rideau sur ce premier chapitre de pure démence et de compter les hématomes, on pose les binouzes cinq minutes. Loin de la lumière crue des projecteurs et du fracas des amplis qui fument encore, l'objectif de Yog Sothoth Photography s'est engouffré là où ça fait mal : pile au milieu du pit. C’est là, dans la zone de turbulences de Montcul, que bat le véritable pouls du Plane'R Fest.
Regardez-moi ces sourires, ces accolades poisseuses entre parfaits inconnus qui s'aimaient trois secondes plus tôt à coups d'épaules, ces t-shirts collectors élimés par les années de fosse. C'est l'épicentre du chaos, là où la poussière des pogos ne retombe jamais vraiment, là où les corps s'entrechoquent dans une fraternité brute et violente. Une communion sauvage et transpirante, capturée sur le vif, au cœur de la mêlée.
La conclusion à froid (ou presque)
On quitte le site les oreilles siffllantes de bonheur, les rangers blanches de poussière et les muscles en compote. Cette première journée du Plane’R Fest 2026 aura été un modèle du genre : une organisation au top, un son d'une lourdeur impeccable sur les deux scènes, et des prestations mémorables de l'ouverture stoner jusqu'à la transe cyberpunk finale. On va s'enfiler une dernière mousse au bar du Metal Market pour débriefer tout ça, tenter de dormir quelques heures sous la tente, et on remet ça demain pour la suite des hostilités.
Restez sales, les affreux !!
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
---> Report deuxième journée 2
Report Lions Métal Festival 2026 deuxième journée
Sledgehammer ✘ Putrefaction of rotting corpses ✘ Dépérir ✘ P.O.R.C. ✘ Malepeste ✘ Hrothgar ✘ Himinbjorg ✘ Cutterred Flesh ✘ Seth ✘ Darkane ✘ Primordial
Salut les affreux, c’est Xylia, votre live chroniqueuse de choc pour Yog Sothoth Photography notre photographe de concert metal de choc à Lyon !
Si le Jour 1 nous avait déjà bien essoré les tympans, ce dimanche 24 mai, pour la seconde journée de la 8ème édition du Lions Metal Festival, on a carrément franchi les portes du plus profond des abîmes. Installé à la salle Le Trait d'Union à Montagny (à 20 petites minutes de Lyon), ce festival associatif et 100 % bénévole a transformé la commune en épicentre du chaos métallique.Un spot parfait pour tout photographe de concert Lyon en quête de clichés épiques et de moshpits féroces.
Parlons-en des conditions : une chaleur absolument indécente, une étuve moite où le thermomètre a explosé dès la mi-journée sous les assauts répétés des moshpits. Dommage que la canicule ait poussé certains festivaliers à chercher l'ombre plutôt qu’à s'enquiller des pintes de bière locale au bar. Entre cette fournaise et un nombre record de no-shows (les lâcheurs qui achètent leur billet mais restent climatisés chez eux), l’asso se retrouve aujourd'hui dans le rouge financièrement. Mais l’esprit "par des passionnés, pour des passionnés" est immortel et la fosse présente a tout donné. Sortez vos bouchons, on plonge dans le compte-rendu brut, moite et sans concession de ce pèlerinage dominical !
Sledgehammer : L’ouverture au marteau-piqueur .
Pas de préliminaires pour entamer les hostilités dominicales. Sledgehammer déboule sur les planches pour enfoncer le premier clou de la journée avec la force d'un gros pilon de forge. Le public, encore un peu groggy par la chaleur naissante, se prend un mur de décibels en pleine poire.
Mais la véritable sensation, c'est leur frontwoman Alice Lassalle. Bordel, quelle claque ! Loin des clichés, elle mène le combo à la baguette et s'impose en patronne absolue de la fosse. Le groupe vient tout juste de sortir son brûlot Destroy/Rebuild, et les morceaux balancés comme l'incisif "Radium Girls" ou l'hymne ultra-évocateur "More Women In The Moshpit" transforment direct le Trait d'Union en chantier de démolition. Alice éructe, arpente la scène avec une rage folle et harangue les premiers rangs. C'est lourd, c'est direct, ça réveille les morts et ça pose les bases d'une journée qui va faire mal.
Putrefaction of rotting corpses (P.O.R.C.): Gruiiiik-core dans le hachoir lyonnais
Attention les yeux, voilà les régionaux de l'étape ! Formé en 2016 en Rhône-Alpes, le trio infernal de P.O.R.C. débarque avec sa poésie légendaire et ses bruits de cochons réglementaires. On parle d’un groupe qui fête ses dix ans d'existence en envoyant dans la fosse les morceaux de son tout premier LP sorti en avril 2026, l’excellent et destructeur Sociopatia.
Sur scène, oubliez la finesse. Ça blaste à tout va, mélangeant habilement Brutal Death, Grindcore craspec et cassures Hardcore massives. Derrière leurs "meuglements ultimes", les musiciens s’avèrent d'une précision chirurgicale, tricotant des riffs à toute allure pendant que le public répond à coups de mosh pits funs et communicatifs. Les nouveaux morceaux comme "Schizo", "3rd" ou "Circus" passent l'épreuve du live avec un supplément de groove indéniable. Un carnage de pure violence décomplexée !
Dépérir : La bile empoisonnée du blizzard québécois
On change radicalement d'ambiance avec l'arrivée de Dépérir, projet né en 2015 en France mais solidement ancré dans la scène extrême québécoise. Mené par le maître d'œuvre Nico Reymond, seul membre d'origine, le groupe prend le contre-pied total du Black Metal atmosphérique pour nous livrer un tabassage en règle.
En live, c'est un véritable rouleau compresseur. Bob Girard au micro crache ses textes en français comme une bile empoisonnée, soutenu par une section rythmique démente. Le show fait la part belle aux pépites de leur dernier méfait, l'album Black Beast publié chez Adipocere Records. Le morceau "Cold War", issu de leur nouvel EP WAR défendu sur leur To the Lions Tour, enfonce le clou d'une agression millimétrée. Une exécution impeccable, propre et sans concession.
Malepeste : Le retour des patrons de la haine lyonnaise
La dernière fois que je m'étais frottée à la décharge de haine gratuite de Malepeste, c'était au Dark Medieval Fest 2025 à Lamure-sur-Azergues. Ils avaient déboulé là-bas comme un 38 tonnes lancé à pleine vitesse sur l'A7, transformant le site en champ de ruines et nous teasant leur futur album. Eh bien aujourd'hui au Lions Metal, le fameux bébé est de sortie : Ex Nihilo (paru chez Les Acteurs de l'Ombre) est une arme de destruction massive, et la messe noire se joue cette fois-ci à domicile, dans l'étuve confinée du Trait d'Union.
Oubliez la dentelle pour poseurs. Enfermés entre quatre murs, les riffs de Xahaal et Herjann coupent encore plus profondément, pareils à une séance d'acupuncture vicieuse avec des clous rouillés. Larsen au micro n'est pas là pour vendre des gaufres ; le mec est possédé, en pleine crise d'exorcisme théâtral, recrachant ses incantations nihilistes au milieu d'une odeur d'encens étouffante. Derrière les fûts, chaque coup de cymbale de Flexor résonne comme un coup de tonnerre blasphématoire. Le public, déjà liquéfié par la canicule, s'est fait littéralement happer par cette noirceur locale organique. C'était froid, c'était sale, c'était grandiose : Malepeste a prouvé une nouvelle fois qu’ils sont les rois du chaos contrôlé.
Hrothgar : La horde de la Drôme sort les drakkars
On change de mythologie avec Hrothgar, fier combo de Death Métal Mélodique épique fondé en 2012 à Montélimar. Les mecs sont venus présenter leur tout nouveau matériel, à quelques semaines de la sortie de leur deuxième album Tales of Valhöll prévue pour juillet 2026.
Récemment renforcé par l'arrivée du guitariste Benoît Mourenas, le groupe fonctionne comme une véritable horde sur scène. Quentin Peyrouse impose sa présence avec un growl puissant et lourd, tandis que la double pédale incessante et précise de Seb à la batterie pilonne les tympans. Les refrains guerriers et les mélodies mémorisables poussent immédiatement la fosse au headbang et aux chœurs de batailles. Le single "Ulfhednar" fait un carton. Une sacrée dose de communion épique !
Himinbjorg : Les vétérans du metal païen réveillent les dieux
Restons dans le paganisme avec les pionniers incontestés du genre en France : Himinbjorg. Fondé en Savoie en 1996 par l’indéboulonnable Zahaah, le groupe est un monument historique respecté. Ce soir, c'est en version électrique que les Chambériens viennent terrasser le Trait d'Union.
C'est un mur de son Black Metal lourd et guerrier qui s'abat sur nous, loin des clichés du pagan festif de comptoir. Le guitariste Sven épaule parfaitement le leader dans cette démonstration d'intensité noire. Le public headbangue sur les morceaux épiques tirés de The Fall Of Valhalla ("Brother Sequane") ou du classique Wyrd ("Sword of Dignity"). Voir ces vétérans tenir la scène avec autant de hargne après 30 ans de carrière installe un respect immense. Magistral d'authenticité.
Cutterred Flesh : La découpe technique et pachydermique
On repasse à l’international avec l’un des piliers de la scène extrême tchèque, Cutterred Flesh. Signé sur le prestigieux label Transcending Obscurity Records, le groupe a opéré une mutation complexe loin du Brutal Death traditionnel. Venu défendre son 6ème album Love At First Bite, le quintet nous aligne une précision purement chirurgicale.
Jiří Krš balance des gutturaux ultra-puissants tandis que le batteur Jakub Bayer affiche un jeu surhumain, une véritable machine de guerre alignant les blast beats avec une régularité de métronome. Le groove pachydermique se marie à des dissonances mélodiques très sombres qui rappellent la scène technique moderne. Les morceaux récents comme "Le Horla" ou "Berenice", inspirés de la littérature d'horreur classique, provoquent des mosh pits furieux tout en installant des interludes oppressants. Une présence scénique brute et sans fioritures.
Seth : L’apocalypse théâtrale à la française
La soirée prend une trajectoire résolument légendaire avec les Bordelais de Seth. Je les avais quittés marqués au fer rouge après leur prestation dantesque au Bridge to Hell en septembre 2025, et ce soir au Lions, la magie noire opère à nouveau. La nuit s'est abattue, lourde, poisseuse, une chape d'humidité qui colle aux âmes et alourdit les cœurs au Trait d'Union. Les visages se font sombres, la foule est un bloc compact, le silence est une bête prête à rugir... Et puis, la déflagration. Un nuage de fumée qui empeste l’encens noir, des stroboscopes qui déchirent la pénombre, et la silhouette d'Heimoth émerge des ténèbres, la haine en bandoulière. Derrière lui, le commando est au complet avec le prophète Saint Vincent au chant, flanqué de l'orfèvre Pierre le Pape aux claviers et du rouleau compresseur Draakian à la batterie.
Ils sont là pour nous décapiter à la hache avec leur dernier chef-d'œuvre, La France des Maudits (sorti chez Les Acteurs de l'Ombre). Le son, clair et puissant, résonne comme une charge de cavalerie. Saint Vincent, d'une présence scénique purement théâtrale, déclame sa révolte possédée pendant que le public lève les poings. Soudain, une figure sort de l'ombre : la sublime et terrifiante Melainya B, performeuse et danseuse fétiche du groupe. Son costume fait de lanières de cuir laisse deviner sa peau diaphane maculée de traces de sacrifices rituels. Ses mouvements saccadés de poupée désarticulée capturent la souffrance de la musique. Lorsqu'elle se campe devant la scène, crucifix inversé à la main, l'icône blasphématoire vivante hypnotise la foule. C'est du Théâtre de l'Horreur grand style. Mais Seth sait que les puristes veulent de la nostalgie féroce : les riffs légendaires de Les Blessures de l’Âme débarquent alors comme une tempête de désespoir primale, plongeant la salle dans une transe collective absolue.
Darkane : La fessée Thrash/Death technique venue de Suède
On enchaîne avec les maîtres suédois du Death/Thrash technique : Darkane. Le noyau instrumental est d'une cohésion effrayante depuis 1998. Mais le gros défi de la soirée reposait sur les épaules du nouveau hurleur arrivé en mai 2024, Tobiasz Derengowski.
Verdict en direct ? Le mec s'en sort haut la main, apportant une énergie brute très Thrash tout en restituant parfaitement les classiques. La section rythmique portée par Peter Wildoer à la batterie est une véritable machine de guerre, alignant une double pédale surpuissante et propre. Le duo de guitaristes Malmström/Ideberg régale la fosse, les solos néo-classiques et progressifs de Christofer tranchant magnifiquement avec les riffs "murs de briques" de Klas. Bien que le public commence à accuser le coup de la chaleur, l'intensité des tempos de morceaux comme "Innocence Gone" ou "Chaos vs Order" déclenche des moshpits furieux. Une démonstration chirurgicale.
Primordial : Le triomphe tragique des rois d'Irlande
Pour clore ce festival de passionnés, place à la tête d'affiche absolue, les intraitables Irlandais de Primordial. Pas de samples, pas d'artifices technologiques, juste du metal old-school à l'état pur porté par de vrais amplis.
Mené par un Alan Averill (A.A. Nemtheanga) impérial et habité, le frontman se présente le visage maculé de blanc et de "sang" séché, une corde de pendu au cou. Sa performance vocale donne des frissons, oscillant entre hurlements black acérés et chant clair théâtral profondément plaintif. Le quatuor nous offre une setlist millimétrée et viscérale : l'ouverture écrasante sur la lourdeur de "As Rome Burns" reprise en chœur par la foule exsangue ("Sing, Sing, Sing to the Slaves..."), suivie par la tristesse absolue de "The Coffin Ships" évoquant l'exode irlandais. Le concert s'achève dans un chaos triomphal sur l'incontournable "Empire Falls". Une performance dramatique, solennelle et magistrale pour achever les Lions.
En Conclusion : Un Bilan Sanglant Pour Un Festival Indispensable !
Quel week-end, mes agneaux ! Visuellement et musicalement, cette deuxième journée du Lions Metal Festival aura confirmé la réputation d'excellence underground de l'événement. Entre les atmosphères très sombres, les jeux de lumières denses et monochromes qui ont parfois masqué les musiciens pour privilégier l'immersion sonore, et les délires théâtraux des groupes (autels, calices, têtes coupées !), on en a pris plein les yeux et les esgourdes. Les slameurs ont volé jusqu'aux dernières minutes. En tant que photographe de concert à Lyon, c'est un honneur de couvrir des événements d'une telle authenticité.
Mais voilà, le constat est là : malgré la réussite artistique indéniable, l'édition 2026 se solde par un déficit d'environ 6 000 €. L'association a réagi au quart de tour en lançant une cagnotte de soutien sur HelloAsso avec un objectif de 12 000 € pour pérenniser le festival. Le Lions Metal Festival est un pilier de l'extrême authentique en France, géré par des passionnés. Alors si vous voulez continuer à faire trembler les murs du Trait d’Union à Montagny, allez lâcher vos pièces ! Ce genre de festival indépendant est précieux pour notre scène. On se donne rendez-vous l'année prochaine pour rugir à nouveau.
Et si vous cherchez un photographe de concert sur Lyon ou la région pour votre groupe ou votre festival, vous savez où nous trouver !
C’était Xylia, fin de transmission, je vais soigner mes acouphènes et mes bleus dans la glace !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
<---- Report de la Première journée.
Shrimpaler ✘ Hellixxir ✘Aesmah ✘Warside ✘ Darkfall ✘ Exocrine ✘ Maceration ✘ Nightrage✘ Hate✘ Equilibrium ✘ Massacra Legacy
Salut les métalleux ! Ici Xylia, votre plume acérée pour Yog Sothoth Photography.
Vous le savez, le Lions Metal Fest n'est pas juste un festival de plus au calendrier, c'est le pèlerinage obligatoire pour tout fan de métal extrême qui se respecte. Pour cette 8ème édition, ce week-end de la Pentecôte 2026, la salle du Trait d'Union à Montagny s’est transformé en une véritable zone de guerre sonore. La météo, fidèle au poste pour cette Pentecôte, nous a gratifiés d'un samedi caniculaire qui a transformé la fosse en un chaudron bouillonnant. Entre la moiteur ambiante, la ferveur des bénévoles ces héros de l'ombre qui portent le fest à bout de bras ainsi qu’ une affiche qui ferait passer une éruption volcanique pour une sieste au soleil, on a vécu un samedi 23 mai mémorable.
Voici le récit de cette première journée où la sueur et le métal ont coulé à flots.
Shrimpaler : "Already Doomed", et toi aussi !
Si vous n'étiez pas devant la scène à midi pétante, vous avez raté le coche. Les gars de Shrimpaler (Emile au chant/basse, Awen à la batterie, Alexis et Alix aux guitares) sont arrivés sur scène avec la dalle du loup, confirmant tout le bien qu'on pensait de leur EP Already Doomed, sorti en septembre dernier. Leur crossover thrash/thrash metal, dopé aux influences hardcore punk, a littéralement secoué la salle. Dès les premières secondes, le ton est donné : des rythmiques variées, des riffs corrosifs qui vous rentrent dans le crâne, et cette agressivité pure qui leur vaut d'être cités comme un véritable renouveau de la scène thrash. Sur scène, ça ne triche pas. Le chant hargneux d'Emile a harangué le public, bien aidé par une technique indéniable qui transforme leurs compos "sauce pimentée" en un rouleau compresseur.
Le set a enchaîné les pépites de leur EP, avec une énergie brute qui n'a pas laissé le temps de respirer. Ils ont cette capacité rare à capturer l'énergie du live, un aspect déjà remarqué lors de leurs récents passages lyonnais, notamment au Rock'N'Eat ou au WarmAudio plus tôt cette année. C'était une entrée en matière chirurgicale : efficace, sans fioriture, et surtout, putain de méchante.
En conclusion, si Shrimpaler est le futur du thrash français, on est entre de bonnes mains... ou plutôt, on va finir entre leurs griffes. Une prestation qui prouve que la scène lyonnaise est en pleine ébullition. Si vous ne les avez pas encore vus, dépêchez-vous de checker leur vinyle jaune, parce qu'après ce Lions Metal Fest, les places vont devenir chères !
Hellixxir : Le vintage qui fait mal
Si vous pensiez que le calme des Monts du Lyonnais allait adoucir les mœurs, c'est que vous n'aviez pas prévu le passage des Isérois de Hellixxir. Depuis 2001, le groupe nous traîne dans leurs contrées sombres, mélangeant thrash, death et cette noirceur black metal qui leur colle à la peau.Fraîchement débarqués avec leur quatrième album, l'impressionnant Beyond The Frame (sorti fin 2025 chez M&O Music), les gars de Grenoble étaient attendus au tournant. Et autant vous dire qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Marc V. (chant/guitare) et sa clique ont immédiatement posé une ambiance lourde, presque oppressante, dès les premières notes. La setlist, pensée comme un voyage dans la tourmente, a alterné entre la nouveauté et les classiques indémodables:
Marc est habité, Loran à la basse et Julien à la gratte assurent un mur du son massif, tandis que Nico à la batterie martèle ses fûts avec une précision chirurgicale qui ferait pâlir d'envie un horloger suisse. Voir Larvatus Prodeo en live, c'est comprendre toute la portée du concept-album : une narration tortueuse, une haine brute qui se transforme en mélodies sombres et glaciales. Le public, connaisseur, n'a pas mis longtemps à headbanger en rythme sur les riffs incisifs de The Black Fortress. Hellixxir prouve une fois de plus, après plus de 20 ans de carrière, qu'ils n'ont rien perdu de leur rage. Ils restent des artisans du métal extrême, ceux qui ne cherchent pas l'artifice mais l'efficacité pure, l'immersion totale dans les abîmes de l'âme.
Aesmah : La mélancolie tranchante
Puis, le vent a tourné. L'arrivée des Lyonnais sur scène a marqué une rupture atmosphérique saisissante. Désormais rodés dans leur nouvelle configuration en quintet, les musiciens ont livré une prestation d'une intensité rare. Liza s’est imposée comme une véritable force de la nature, passant de murmures éthérés à des growls abyssaux avec une aisance qui en a laissé plus d'un, moi la première, bouche bée. Entre les textures oniriques et la brutalité viscérale de leurs compositions, le groupe actuellement en pleine finalisation de son prochain opus a hypnotisé l’audience, transformant le festival en un voyage mélancolique de haute voltige. Un moment de grâce absolue, à la fois sombre et techniquement irréprochable.
Warside : Le rouleau compresseur lyonnais a tout ravagé !
L'ambiance est lourde, le public est en sueur, et il y a une tension palpable dans l'air. Pourquoi ? Parce que les Lyonnais de Warside viennent de débarquer sur scène. Depuis leur formation en 2018, ces gars-là ont tracé leur route, des clubs underground aux tournées européennes aux côtés de légendes comme Vader. Mais là, pour cette édition 2026, avec la sortie toute fraîche de leur album Cognitive Extinction (avril 2026, chez Gruesome Records), on sent qu'ils ont franchi un palier.
La boucherie commence, dès les premières secondes, le ton est donné ce n'est pas un concert, c'est un raid blindé. Le quatuor, mené par Mathieu au chant, nous balance Invasive Thoughts en pleine face. Le son est massif, chirurgical. On sent l'influence de Kevin Paradis (Benighted) qui a supervisé les batteries de l'album, ça cogne, c'est précis, c'est brutal. Le set enchaîne sans aucun répit. Mindfracture suit, et là, la fosse commence à se transformer en zone de guerre. Warside, c'est ce mélange savant de Brutal Death Metal old-school avec ces petites pointes de grindcore qui viennent tout déstabiliser. Ça alterne entre des passages ultra lourds, sombres, et des accélérations techniques qui te donnent envie de faire un pogo tout en essayant de comprendre la complexité du riff.
Ce qui est frappant (littéralement), c’est l'évolution du line-up. Vincent à la guitare et Jérôme à la basse forment un mur de son infranchissable. Quand ils envoient Last Blood ou Synaptic Decay, on oublie vite les thématiques sociétales sur le déclin cognitif liées aux écrans pour se concentrer sur l'urgence physique du moment. C'est viscéral. Le chant de Mathieu est torturé à souhait. Il habite ses morceaux avec une violence qui rappelle les grandes heures d'Aborted, tout en gardant une identité propre, ancrée dans cette scène française qui n'a vraiment plus rien à envier aux ricains.
C’était chaotique, rapide, technique, exactement ce qu’on attendait bravo !!!
Darkfall : L'invasion autrichienne
Dès les premières notes, le message était clair :
Pour leur première en France, Ils étaient attendus comme le messie. Darkfall, tout juste auréolés de leur récent split Schöcklblut n'est pas venu pour faire de la figuration. Malgré une chaleur étouffante dans la salle, le quatuor a délivré un show d'une précision chirurgicale, une véritable leçon de death metal sans compromis. Il fallait voir la tête du public quand ils ont enchaîné les titres de leur dernier EP, Schöcklblut. Mention spéciale à "Only Death Is Real" qui vous broie les cervicales. Le nouveau batteur, intégré pour ces sessions live de 2026, a assuré une prestation monstrueuse pour son baptême du feu, ne laissant aucun temps mort aux festivaliers. Thomas Spiwak, égal à lui-même, a prouvé qu’il restait l’un des frontman les plus intenses de la scène, communiquant sa passion viscérale pour le Death Metal entre deux assauts soniques. On a eu droit à des riffs vindicatifs, des harmoniques tranchantes et cette lourdeur massive qui fait la signature du groupe. Ce passage de Darkfall au Lions Metal Fest restera, sans aucun doute, comme l'un des sommets de cette édition. Entre la maîtrise technique, l'énergie brute et la promesse d'un album à venir, les Autrichiens ont marqué les esprits et conquis le public français dès leur première incursion. Si vous les voyez passer près de chez vous, ne réfléchissez pas : allez-y, ou vous le regretterez amèrement !
Exocrine : L'équation parfaite du brutal
Quand on parle d'Exocrine, on ne parle pas juste d'un groupe, on parle d'une expérience de haute voltige. Venus tout droit de Bordeaux avec leur dernier brûlot Legend (2024) sous le bras, Sylvain Octor-Perez et sa bande ont prouvé une fois de plus pourquoi ils sont aujourd'hui une référence incontournable de la scène technique européenne. Dès les premières notes, le constat est sans appel : la rigueur est chirurgicale. Théo Gendron, derrière ses fûts, a livré une prestation physique dépassant l'entendement, maintenant des blast beats d'une vitesse ahurissante sans jamais faiblir. Le duo de guitaristes, Sylvain et Nicolas, a fait pleuvoir les riffs complexes et les solos vertigineux avec une fluidité déconcertante. Mais ne vous y trompez pas, Exocrine, ce n'est pas que de la technique froide. Jordy Besse, à la basse et au chant, a imposé une rage animale qui a immédiatement galvanisé la foule. Entre leurs growls profonds et leurs structures progressives presque cinématiques, le groupe a su briser la complexité technique par un groove lourd et addictif. Le résultat ? Un public qui a répondu par des pogos et des mosh pits déchaînés dès les premières minutes. Après avoir conquis les foules lors du Legend Tour 2025 et marqué les esprits sur la scène Altar du Hellfest, les Bordelais ont confirmé qu'ils maîtrisaient parfaitement les grandes scènes. Leur mélange de brutalité pure et d'arrangements orchestraux, parfois proches de la musique prog, crée une atmosphère unique qui vous prend aux tripes. Voir ces musiciens, capables d'une telle précision, s'impliquer avec autant de chaleur et d'énergie communicative avec le public, c'est ce qui fait la différence entre un bon concert et un moment gravé dans le marbre du metal extrême.
Maceration : La tronçonneuse danoise est toujours bien affûtée !
Dire que Maceration est une légende est un euphémisme. Formés en 1990, ces Danois ont débarqué à Montagny pour nous rappeler que le Death Metal Old School, quand il est joué avec cette patte scandinave caractéristique, n'a pas besoin d'artifices pour vous décoller la rétine. Si le groupe a connu une longue période de dormance, leur réveil en 2022 a été fracassant. Avec la sortie de leur troisième album, Serpent Devourment, en janvier 2025, ils ont prouvé qu'ils avaient encore beaucoup à dire. Et quel plaisir de voir que, si la légende Dan Swanö a passé le micro à Jan Bergmann Jepsen pour préserver ses cordes vocales, l'âme de Maceration reste intacte. Le groupe a pioché dans son histoire pour nous concocter un set d'une efficacité redoutable, alternant entre le culte A Seraphic Trance (1992) et leurs nouvelles cartouches de 2022
Le son de guitare, lourd et saturé, rappelant la fameuse pédale Boss HM-2, a littéralement haché menu l'air ambiant. C'était carré, c'était massif, et surtout, c'était authentique.
Les observateurs présents, comme nos collègues de Pavillon 666, ne s'y sont pas trompés : Maceration a livré une prestation qui, par sa structure et sa profondeur, s'inscrit sans rougir dans la lignée actuelle des meilleurs groupes comme Baest. On a senti l'expérience des musiciens sur scène ; ils ne jouent pas du Death Metal, ils l'incarnent. C'était brut, organique, et ça nous a pris aux tripes du début à la fin !
Nightrage : La rage mélodique
Il faut dire que Nightrage, c'est une institution. Fondé par Marios Iliopoulos et Gus G. au début des années 2000, le groupe a fait ses armes à Göteborg, le berceau du Melodeath. Autant dire que le savoir-faire est gravé dans l'ADN du quintet. Une nouvelle ère, une nouvelle furieLe groupe débarque au Lions Metal Fest avec une actualité chargée : le succès de leur dixième album, Remains of a Dead World (sorti en mai 2024), et surtout, une formation consolidée autour de leur nouveau frontman, Konstantinos Togas. Et laissez-moi vous dire, le bougre a un coffre impressionnant ! Il a pris possession de la scène avec une aisance déconcertante, communiquant avec un public déjà chauffé à blanc. Un show chirurgical, Sur les planches, le duo de guitaristes Iliopoulos / Söderman, c'est de l'horlogerie suisse… enfin, de l'horlogerie grecque et suédoise ! La précision de leurs solos harmonisés est bluffante, tout en restant d'une agressivité rare. Le set a été un équilibre parfait entre les hymnes nostalgiques de leur époque dorée et les nouveaux brûlots tirés de Remains of a Dead World. C'était un véritable "rouleau compresseur". La fosse ne s'est pas arrêtée une seconde, les mosh pits se sont enchaînés, portés par une énergie que seul un groupe de cette trempe peut insuffler.
Hate : L'enfer a sonné à notre porte
Quand Hate monte sur scène, on ne parle plus de concert, mais de rituel. Le groupe, mené par l'indéboulonnable Adam "ATF Sinner" Buszko, est venu nous rappeler pourquoi le Blackened Death Metal polonais est, et restera, une référence mondiale. Le groupe nous a livré une performance martiale, enchaînant les titres avec une froideur chirurgicale. La prestation de Hate a été une démonstration de force monumentale. ATF Sinner, tel un général de champ de bataille nihiliste, a mené ses troupes avec une présence imposante, sans jamais tomber dans l'arrogance. Le nouveau batteur, Nar-Sil, a martyrisé ses fûts avec une précision qui frise l'insolence, assurant des blast beats qui ont fait trembler les fondations de Montagny. Il faut souligner que le groupe est en pleine forme olympique en cette année 2026. Fraîchement revenus de la sortie de leur album Bellum Regiis en mai 2025, ils préparent déjà le terrain pour le Cybernetic Domination Tour à venir. Ce passage au Lions Metal Fest était une mise en bouche parfaite pour leur tournée européenne estivale. Ce qui frappe toujours chez eux, c'est cette capacité à passer d'une brutalité frontale à des ambiances mystiques slaves, transformant la salle en un sanctuaire occulte.
Equilibrium : La fête malgré la fin du monde
Quand on parle d'Equilibrium, on parle d'un pilier du Folk/Symphonic Metal. Mais attention, oublie le vieux groupe "peaux de bêtes" d'il y a 15 ans. Avec l'arrivée de Fabian "Fabi" Getto au chant en 2023, le groupe a opéré une véritable mue. Sur scène, Fabian est une pile électrique : il alterne growls dévastateurs et chant clair avec une aisance qui donne des frissons. Le show est un rouleau compresseur cinématographique, le constat est sans appel : le groupe propose un son massif, presque cinématographique, digne des plus grandes bandes originales de Hans Zimmer. René Berthiaume, le cerveau du projet, a orchestré une setlist qui fait le pont entre le passé festif et cette modernité électronique qui définit leur nouvelle ère. Les classiques indémodables comme Blut im Auge ou Met ont fait exploser la fosse, déclenchant des mosh pits et des walls of death comme si c'était la fin du monde. Pourtant, les titres plus récents comme Shelter, Cerulean Skies ou leur petit dernier Gnosis (sorti en 2024), s'intègrent avec une violence organique au reste du set. C'est là toute la force des Bavarois : ils ont réussi à transformer leur imagerie, désormais plus sombre et futuriste, sans jamais perdre cette communion festive qui fait leur légende. Il y a une intelligence dans la manière dont Equilibrium gère son live. Ils ne se contentent pas de jouer, ils construisent un mur de son ultra-léché grâce à des samples massifs en façade. Voir ce groupe qui, au départ, ne devait faire qu'un seul concert en 2001, dominer la scène avec une telle assurance en 2026, c'est la preuve qu'ils ont encore beaucoup à nous raconter.
Massacra Legacy : L'héritage sacré
Il fallait bien un nom aussi mythique pour clore cette première journée, et Massacra Legacy n'a pas déçu. Ce projet, né en mai 2025 sous l'impulsion de Chris Palengat, batteur historique du groupe, n'est pas un simple tribute band c'est un véritable acte de foi et de respect envers l'héritage de feu Fred "Death" Duval. Dès l'intro, l'atmosphère est devenue solennelle, portée par des jeux de lumières travaillés et des torches qui faisaient danser les ombres. Puis, la machine s'est mise en branle : "Agonizing World" et "Final Holocaust" ont déchaîné une ferveur nostalgique et destructrice dans la fosse. Moreno Grosso, au chant, a imposé une rage qui n'a rien à envier à l'original, tandis que J.A. Jacq et Don Brutal assuraient des riffs d'une précision chirurgicale sur des titres cultes comme "Atrocious Crimes" ou "Gods of Hate". Le clou du spectacle reste l'abattage de Chris Palengat. À une époque où beaucoup se reposent sur leurs acquis, le vétéran a martyrisé ses fûts avec une intensité ahurissante, prouvant que son maître blast beat est toujours une référence en France. Le moment de recueillement pour Fred "Death" a ajouté cette touche d'émotion brute qui rend leurs concerts si uniques. Après avoir enchaîné des classiques comme "Ultimate Antichrist" et fini sur "Enjoy the Violence", le groupe a quitté la scène sous une ovation méritée. Entre la composition d'un nouvel album inédit et les tournées européennes qui s'annoncent, Massacra Legacy est bien là pour reprendre le trône.
Conclusion : Une première journée dans les annales
Quelle journée de pur chaos sonore on a vécue ! Si vous pensiez que le Lions Metal Fest 2026 allait nous laisser respirer, vous aviez tout faux. Entre le crossover thrash qui nous a réveillés à midi pétante, le death old-school danois, la brutalité technique bordelaise et la messe noire polonaise pour finir sur cet hommage magistral à Massacra, Montagny est officiellement devenue le centre du monde extrême ce samedi 23 mai.
Il est temps de glacer un peu mes cervicales et de laisser redescendre l'adrénaline. Le festival a réussi son pari fou : mêler héritage sacré et modernité dévastatrice avec une organisation en béton armé. Merci aux bénévoles, ces héros de l'ombre sans qui ce carnage organisé ne serait qu'un rêve, et merci à vous, le public, pour cette ferveur qui transforme chaque fosse en une zone de non-droit où seul compte le riff.
Les oreilles sifflent, le corps réclame une trêve, mais le cœur est définitivement conquis. Le Lions Metal Fest a gravé cette 8ème édition dans le marbre (ou dans le béton, au choix). Mais ne rangez pas vos gilets à patchs trop vite, car si cette première journée était une mise en bouche, la suite promet d'être tout aussi corrosive.
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Report de la Deuxième Journée --->
Dark Medieval Fest 2026 : Entre l'acier et la foudre électrique, la légende s'écrit à Lamure !

Lugh ✘ Sorcières ✘ Odraedir ✘ Frozen Shield ✘ Aexylium ✘ Darkenhöld ✘ Gernotshagen
C’est Xylia, votre serviteuse de choc pour Yog Sothoth Photography. Ce samedi 2 mai 2026, j’ai délaissé mes cryptes habituelles pour aller traîner mes guêtres du côté de la Salle Pluraliste de Lamure-sur-Azergues (69). Pour sa 6ème édition (le bébé grandit bien depuis sa naissance en 2019 grâce à la team de Golden Stone Events), le festival a tout simplement explosé son record d'affluence historique en réunissant 280 festivaliers bien décidés à en découdre. Un vrai pari de programmation à l'heure actuelle, mais putain, quel pied ! Sous un ciel grisâtre typique du printemps lyonnais, alternant fraîcheur humide et lourdeur moite sous les armures de cuir, le marché médiéval en accès libre a envoyé du rêve : 30 artisans sur le pont, la forge qui hurle, de la calligraphie, des combats d'escrime médiévale. Mais trêve de bavardages de taverne, la bière est fraîche, les bouchons d'oreilles sont vissés, et le matos photo est paré à shooter la guerre. En route pour le carnage !
Lugh : quand les légendes celtes fracassent les amplis
Il est à peine 13h30. Autant te dire que pour le métalleux moyen, c'est l'équivalent de l'aube. Ce sont les voisins de Lugh, tout droit débarqués de Lyon, qui ramassent la lourde tâche d’essuyer les plâtres devant les premiers rangs encore un peu engourdis. Le quintet (chant, deux guitares, basse, batterie) pratique un "Métal Théâtral" très couillu. En gros : du métal avant-gardiste et hautement progressif, chanté intégralement en français et en voix claire pour qu'on pige chaque ligne de leurs fables sombres.Pas de chichis ni de blabla interminables entre les morceaux pour meubler : le frontman Lambert harangue la foule comme s'il invoquait les anciens esprits de Brocéliande sous amphétamines, transformant la scène en un autel païen où les runes antiques se fracassent contre des amplis poussés dans le rouge. Après s'être fait remarquer avec leur premier opus conceptuel Les Loges De La Folie (qui explorait les méandres de la démence), le combo lyonnais est venu nous déballer les tripes de son deuxième opus discographique, Légendes, paru l’année dernière. Ils nous plonge ici en plein cœur des récits et légendes bretonnes. L'album est pensé comme un recueil de contes traditionnels revisités à la sauce métal. Visuellement, c’est une immersion totale. Les riffs de guitare sont alambiqués, la section rythmique pilonne avec une précision chirurgicale. Une entrée en matière hautement originale qui pose les bases d'une journée mémorable.
Sorcières : La Tempête Noire des Forêts du Nord
On change radicalement de crèmerie avec les Nordistes de Sorcières. Les mecs sont chauds comme la braise : ils viennent tout juste de lâcher leur deuxième opus, La Nuit des Temps, sorti fin avril 2026 chez L'Ordalie Noire. En interview il y a quelques semaines, le groupe ne cachait pas ses ambitions : proposer un Black/Folk Métal poisseux, ultra-sombre, à des années-lumière des flonflons joyeux et festifs des tavernes traditionnelles.Et bordel, quelle baffe ! C’est une véritable tempête de neige carbonisée qui s'abat sur la Salle Pluraliste. Le chant death/black en français de Pierre-Alain est d'une haine viscérale, tandis que le violon n'est pas là pour vous faire danser la gigue, mais pour lacérer l'air sur des vagues de blasts frénétiques inspirées par Moonsorrow. Le frontman, le regard totalement possédé, harangue les festivaliers avec une énergie sauvage. La fosse se réveille d'un coup, les premiers rangs s'entrechoquent et les cheveux volent dans tous les sens. Une prestation brute, sans concession et d'une efficacité redoutable.
Odraedir : Le Commando Cyber-Pagan survit à l'Apocalypse Électrique
C'est le gros morceau "historique" de ce festival. Les Tchèques d’Odraedir débarquent de Prague pour envoyer leur Pagan Death Metal. Sauf qu’ Odin en a décidé autrement : le groupe se pointe sur scène amputé de sa section rythmique. Pas de batteur, pas de bassiste. Un genou à terre ? Jamais. Les bougres décident de jouer coûte que coûte en balançant la basse et la batterie sur bandes (backing tracks). On se retrouve avec un dispositif inédit : le frontman entouré de ses deux guitaristes. Les deux six-cordes font bloc et balancent des riffs slaves d'une précision chirurgicale pour combler le vide visuel, multipliant les headbangs synchronisés. Et comme si le défi n'était pas assez grand, la malédiction frappe encore : panne électrique en plein milieu du set. Plus d'amplis, plus de lights, le silence complet. L'orga s'arrache les cheveux à la régie tandis que le groupe reste planté dans le noir. Quand le courant revient enfin après de longues minutes, le groupe relance la machine avec une rage décuplée. Le moshpit explose littéralement, le chanteur growle avec les tripes et les deux gratteux scient les têtes. Un immense moment de communion et de résilience rock'n'roll.
Frozen Shield : L'Hiver Catalan Brûle les Planches du Lyonnais
Venu tout droit de Barcelone, Frozen Shield ramène ses partitions de "Symphonic Viking-Metal". Malgré la sueur ambiante et la moiteur de la salle, les Espagnols soufflent un vent de blizzard épique sur le festival. Armés des morceaux de leur album Ínia (2021), ils déploient des orchestrations massives appuyées par des chœurs grandioses qui filent des frissons partout. C’est épique, c’est lourd, digne des grandes heures d'Ensiferum. Sur scène, les mecs vivent le truc à 200 %, arborant peintures de guerre et gilets de cuir. Le contraste entre l'agressivité des guitares et la grandiloquence des structures symphoniques fonctionne à merveille. Le frontman est un monstre de charisme qui sait comment manipuler une foule d'un simple geste du bras. Les refrains ultra-fédérateurs transforment la salle en une seule et unique voix. Un set impérial.
Aexylium : La Tarentelle du Moshpit en Roue Libre
On enchaîne avec la tornade italienne d'Aexylium. Eux ne font pas dans la dentelle mélancolique : c'est du Folk Métal moderne, festif et hautement énergique. Le groupe tourne d'arrache-pied pour défendre son album Myth Of Mankind (sorti chez Rockshots Records), disque qui s’est exporté jusqu’au Japon, et ils viennent tout juste de sortir le clip de "Eclissi", leur premier morceau intégralement écrit en italien.
Sur scène, c'est l'anarchie joyeuse. Contrairement à leurs prédécesseurs, tous les instruments traditionnels (flûte, violon) sont joués en direct et se taillent une place royale dans le mix. Le chanteur est monté sur ressorts, cavale de gauche à droite et finit par exiger un Wall of Death monumental de la part des festivaliers. La Salle Pluraliste s’exécute instantanément dans un joyeux foutoir de poussière et de sueur. C’est frais, c’est ultra-rythmé, et ça fait un bien fou par où ça passe.
Darkenhöld : La Messe Noire des Ruines Médiévales
La nuit est désormais tombée sur Lamure, l'ambiance parfaite pour accueillir Darkenhöld, les gardiens du temple du Medieval Black Metal français. Porté par l'univers organique du guitariste et compositeur Aldébaran (qui puise son inspiration lors de ses randonnées dans les forêts ancestrales et les ruines), le combo est venu nous administrer une leçon d'histoire occulte en puisant notamment dans leur chef-d'œuvre Le Fléau du Rocher (Les Acteurs de l'Ombre).
Dès les premières notes les lights virent au bleu glacial et au blanc tranchant. Le jeu de guitare d'Aldébaran distille des vagues de mélodies épiques et nostalgiques d'une pureté rare, tandis que le hurleur Cervantes crache ses textes sombres d'une voix criarde et ultra-articulée, mimant chaque strophe comme s'il invoquait la wyverne en personne. Le public est littéralement subjugué, figé dans une transe hypnotique devant cette démonstration de noblesse médiévale brute. Un set grandiose, hors du temps et impérial.
L'embrasement avant la tempête
Entre deux assauts sonores, alors que la nuit avait totalement repris ses droits sur Lamure, le public a été invité à braver le froid extérieur pour une parenthèse fascinante. Dans l'obscurité, le silence de la salle a laissé place au vrombissement des torches et au craquement des flammes. Une jongleuse, véritable dompteuse d'étincelles, a investi le parvis pour un show pyrotechnique hypnotique. Entre les colonnes de feu dans le ciel noir et les trajectoires lumineuses dessinées par ses poï, cette danse élémentaire a offert une respiration visuelle intense, réchauffant les cœurs autant que l'air ambiant avant que ne retentissent les dernières salves musicales de la soirée.
Gernotshagen : La Marche des Derniers Grognards Teutons
Nous y voilà, le clou du spectacle... ou plutôt le test d'endurance ultime. Suite aux diverses couilles techniques de l'après-midi (merci la panne d'électricité d'Odraedir), le changement de plateau final traîne en longueur et l’attente devient interminable. Entre la fatigue accumulée, les litres d'hydromel qui pèsent sur les estomacs et le froid de canard qui s'est installé à l'extérieur, le couperet tombe : la salle s'est vidée à moitié lorsque la tête d’affiche du festival, les Allemands de Gernotshagen, entre enfin en scène.
Mais pour les acharnés restés au front, la récompense est dantesque. Vingt-cinq ans de carrière au compteur et pas une ride sur la cotte de mailles pour ces pionniers du Pagan Black teuton, venus en France pour une de leurs très rares dates exclusives de 2026. Le groupe déploie d'emblée un mur du son pachydermique. Porté par des nappes de claviers atmosphériques grandioses et les hymnes de l'indéboulonnable Ode Naturae, le combo écrase tout sur son passage. Le chant, oscillant entre growls abyssaux et envolées solennelles, terrasse les survivants. On jette nos dernières forces dans un headbanging furieux sous les lights stroboscopiques qui découpent la fumée. Une conclusion d'une noirceur et d'une puissance totale qui justifiait amplement de rater son début de nuit.
Bilan de guerre : quand le métal forge sa légende
Ce cru 2026 du Dark Medieval Fest aura été un véritable parcours du combattant, mais c'est aussi ce genre de galères et de triomphes qui forge la légende de la scène underground. Entre le théâtre tragique de Lugh, l'héroïsme en mode "cyber-pagan" d'Odraedir et la démolition finale d'un Gernotshagen qui a récompensé les plus patients, nous avons vécu bien plus qu'un simple concert : une véritable épopée. Si les pannes et les aléas ont mis nos nerfs à rude épreuve, ils n'ont fait que renforcer la cohésion entre les artistes et un public soudé par la sueur et la passion. Un immense big up à Golden Stone Events, aux sonorisateurs d'EGB Sono et NM Prestation qui ont bossé comme des damnés, et à toute la clique de bénévoles qui a tenu la baraque au bar et à la sécu. Malgré les tempêtes techniques, la flamme ne s'est jamais éteinte. Je m'enfile une dernière lichette d'hypocras, et on se donne déjà rendez-vous l'année prochaine pour une 7ème édition qui, je le parie, sera encore plus épique.
Stay Metal, Stay Médiéval.
Xylia pour Yog Sothoth Photography !
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































