
Tagada Jones ✘ High Parasite ✘ Sick N' Beautiful ✘ Lucie Sue ✘ Darken ✘ Monolyth
Furios Fest 2026 - Jour 1 : Quand le Cantal se transforme en chaudron incisif et pyrotechnique !
Salut les banguy, les métalleux, les squatteurs de fosses et les amoureux de décibels qui font saigner les esgourdes ! C’est Xylia pour Yog Sothoth Photography, prête à vous débriefer cette première journée de folie furieuse. Cette sixième édition du Furios Fest marque un tournant historique pour la toute première fois, le festival s’étale sur trois jours entiers ! Et quelle ascension fulgurante quand on repense aux débuts une seule journée dans un simple gymnase ! Aujourd'hui, l'événement a élu domicile en plein air au magnifique Stade de l'Ander à Saint-Flour (Cantal), juché à environ 900 mètres d’altitude. Côté météo, après quelques gouttes taquines en tout début d'après-midi, un grand soleil a vite embrasé la pelouse... avant qu'une fraîcheur montagnarde ne vienne nous mordre les os à la tombée de la nuit (heureusement que le sweat zippé était de la partie !). Le son et les lumières envoient du lourd, le cadre naturel est exceptionnel, et l'ambiance est tout simplement légendaire.
Attachez vos ceintures, voici le récap' du running order de ce vendredi de tous les diables !
Monolyth – Le thrash mélodique en mode commando
Le Furios Fest 2026 a ouvert le bal sous haute tension ! Pour lancer les hostilités, les Oisiens de Monolyth n'ont pas été épargnés par les péripéties. Apprenant à quelques jours du rendez-vous que leur guitariste lead Larry manquait à l'appel pour des raisons personnelles, le groupe a dû repenser tout son set en urgence pour tourner avec une seule guitare, injectant quelques pistes samplées pour ne rien perdre en impact. Et autant te dire que ça n'a pas tremblé.
Forts de leur dernier album Seeds Of Perseverance et d'une solide réputation forgée en partageant la route avec des pointures comme Gojira, les boys ont balancé leur thrash/death mélodique avec un abattage redoutable. Menée par une section rythmique de rouleaux-compresseurs emmenée par Batt Cauchy à la batterie et portée par le chant habité d'Amaury Durand entre clairs et hurlés, la machine a tourné à plein régime. Une entrée en matière redoutable qui a instantanément réveillé les troupes. Sur des titres comme Betrayed Again, This Void Deep Inside ou l'implacable Perseverance, la fosse s'est embrasée. Pas là pour tricoter des chaussettes, ça atomise les tympans au marteau-piqueur ! Le public bien qu’encore clairsemé, a pris sa dose d'adrénaline pure dans la veine.
(Petite info en passant pour les plus motivés : ne ratez surtout pas leur passage à la Firemaster Convention le 24 octobre prochain aux côtés de Klone et Rotting Christ !)
Darken – Le retour des vétérans
Formé à Laval en 1987, pionnier absolu de la scène metal mayennaise avant de s'éclipser en 1991, Darken a fait trembler le bitume en se reformant en 2021. Et pour fendre le silence de trente ans, les vieux briscards sont venus défendre leur tout premier album studio officiel, Welcome to the Light. Sur les planches du Stade de l'Ander, autant vous dire que l'énergie est totalement intacte. Dès les premières notes de Rising to valhalla, le ton est donné, le combo déroule une setlist en forme de rouleau compresseur
Guitares acérées menées par Lorenzo, structures techniques et mélodies ciselées sur End Of Time ou N.D.E. les zicos étaient au charbon pour nous sortir une prestation dantesque. Mention spéciale au batteur de la formation, Liam (le fiston), qui a d'ailleurs récolté les éloges appuyés du batteur de Tagada Jones en backstage. Une vraie cohésion de groupe redoutable sur scène comme en coulisses, pimentée par une franche partie de rigolade avec les filles du merch et un grand moment de partage avec Francis Segut arborant fièrement le t-shirt de Darken !
les vieux briscards ont prouvé qu'ils avaient encore le feu sacré.
Lucie Sue – L'ouragan grunge-rock
Après avoir enflammé les plus grands festivals hexagonaux comme le Hellfest avec son projet solo taillé dans le roc, Lucie Sue a débarqué sur la pelouse de Saint-Flour avec une rage communicative. Accompagnée de Mitch à la batterie, Laura à la basse et d'Enzo à la guitare, l'ancienne bassiste du groupe Furies a déversé son rock alternatif puissant, nourri d'influences nineties à la PJ Harvey ou L7. Portée par les brûlots de son récent album Battlestation et une énergie solaire et détonante, la bande a balancé ses accords comme des pavés dans la mare, la frontwoman a totalement hypnotisé la foule. Entre wall of love, humour cinglant, autodérision et une efficacité frontale redoutable, le set de Lucie Sue s'est avéré être une véritable décharge d'adrénaline brute, prouvant que le projet a définitivement tout d'une grande machine de scène.
Sick N' Beautiful – L’ovni Intergalactique
Portés par leur furieux album Horror Vacui et une réputation de bêtes de scène insatiables, les Italiens de Sick N' Beautiful ont débarqué au Furios Fest avec leur cirque intergalactique. Entre metal alternatif, indus et shock rock, le festival a instantanément basculé dans une dimension de science-fiction trash et colorée !
Dès les premières notes de "March of the Scolopendra", on est kidnappé par des punks du futur. Au centre de cette tornade visuelle, la sublime et incandescente Herma crève l'écran. Véritable créature de scène au magnétisme animal et au look cyberpunk-gothique, elle harangue la foule avec une intensité théâtrale redoutable. Sa voix transperce la brume des amplis, transformant la fosse de Saint-Flour en cocotte-minute sur "(Human) is overrated". L'enchaînement avec "Tonight we go to war" et la reprise de "God of Thunder" enfonce le clou, le groove est massif et la frontwoman impose son charisme qui tient le public en respect du début à la fin.
Mais ne croyez pas qu'Herma soit seule à mener la charge ! Derrière ses fûts, la batteuse Evey (surnommée "la chirurgienne") assure une assise rythmique d'une précision chirurgicale. Sa frappe puissante et impitoyable est le moteur nucléaire de la soucoupe Sick N' Beautiful, propulsant les riffs acérés de L0R1 et Nemes et la basse lourde de Big Daddy Ray avec une énergie dévastatrice.
L'anecdote rock'n'roll de la journée ? C'est Herma qui en fait les frais ! Dès le premier morceau, l'attache de son soutien-gorge de scène lâche au sternum. S'en suivent des SOS paniqués en coulisses et l'intervention salvatrice de leur régisseur Yves, obligé de jouer les mécaniciens de Formule 1 en backstage entre chaque chanson pour tout rafistoler au ruban adhésif gaffer. Une gestion de crise menée avec un second degré et un aplomb remarquables !
Le show repart de plus belle avec les implacables "Raise the Dragon", "Drop it 2 the B" et "Hate Manifesto". Porté par son tandem féminin de choc, le groupe ne lâche rien. Le final arrive déjà trop vite avec "New Witch 666" et "Makin' Angels", laissant un parterre totalement conquis, les bras levés en V.
Une claque visuelle et musicale monumentale !
High Parasite - La messe noire de la Death Pop
Il y a des voix qui racontent les ténèbres mieux que personne. Celle d'Aaron Stainthorpe, figure tutélaire et icône absolue de la mélancolie gothique avec My Dying Bride, résonne comme un repère. Mais sur les planches du Furios Fest, l'homme n'était pas venu pleurer sous les linceuls, aux côtés du bassiste Tombs, il nous a ouvert les portes d'un tout autre royaume avec High Parasite.
Leur mission ? Nous propulser dans un univers de « Death Pop » aussi ténébreux qu'addictif, sculpté sous la houlette bienveillante d'un certain Gregor Mackintosh (Paradise Lost), producteur de leur redoutable premier album, Forever We Burn. Une mue théâtrale et incisive
Voir Stainthorpe libéré des chaînes de la lourdeur funèbre de ses projets historiques a de quoi revigorer le cœur des plus sombres adeptes. Dès les premières notes de Parasite, le ton est donné. La setlist s'emballe rapidement avec l'enchaînement tranchant de Concentric Nightmares et Grave Intentions, embarquant la foule dans une frénésie ténébreuse.
Sur scène, l'exercice prend une dimension théâtrale saisissante. Finies les longues génuflexions mélancoliques place à une intensité rock percutante, frontale, portée par des guitares acérées et des nappes de synth-pop crépusculaires qui transpercent l'atmosphère lors de Drag Me Under et My Syndrome. Le groupe enchaîne sans répit avec le glaçant Cold et l'imposant Widowmaker, avant de faire imploser le pit sur le diptyque We Break We Die et Wasn't Human.
Le quintet, taillé pour les grands espaces après des faits d'armes remarqués aux côtés de Cradle of Filth et Paradise Lost, a littéralement hypnotisé la foule. Après un Hate Springs Eternal incandescent, le concert s'achève en apothéose sur le souffle suspendu de Let It Fail, fondu en un ultime frisson avec le puissant Forever We Burn. Entre l'élégance racée de son frontman et une efficacité mélodique redoutable, High Parasite a signé une véritable claque gothique, aussi racée que viscérale.
Tagada Jones - L'incendie Punk-Metal
Le soleil est maintenant couché, mais la température monte de dix crans d'un coup. Le moment est venu de parler de ces infatigables militants du punk-rock hexagonal Tagada Jones. Avec plus de trente ans de carrière au compteur et un bagage contestataire intact, le quatuor rennais débarque sur les planches du Furios Fest avec la ferme intention de tout brûler sur son passage.
Alors que leur douzième album studio, À Fleur de Peau, vient de pointer le bout de son nez en ce mois d'octobre 2026 (porté par des brûlots comme « Les Flammes de la fête » ou le morceau éponyme qui épinglent les dérives de notre époque connectée), le combo est en roue libre totale. Sur scène, l'énergie est redoutable.
Mais la grosse claque visuelle de ce set auvergnat, c'est l'intégration inédite d'un jongleur et d'une jongleuse de feu et de drapeaux ! Des flammes virevoltent dans le ciel de Saint-Flour, se mariant aux riffs acérés de Stef et aux rythmiques implacables de Job. C'est simple, la scène se transforme en une véritable fournaise pyrotechnique et humaine. Dès les premières mesures de « Le dernier baril », le public de l'Ander s'embrase. Les pogos explosent en un tourbillon de poussière et de t-shirts noirs, tandis que les slams s'enchaînent à un rythme effréné. Niko, fidèle à lui-même, oscille entre discours engagés qui percutent les consciences et un humour potache désarmant, créant une communion immédiate et sincère avec la fosse. L'alternance entre les pépites du petit dernier (À fleur de peau) et les hymnes transgénérationnels massifs comme le mythique « Vendredi 13 » fonctionne au-delà des espérances. Quand résonne « Nous avons la rage », c'est tout le festival qui hurle en un seul homme. Le spectacle visuel offert par les jongleurs de feu amplifie cette sensation viscérale d'appartenir à une grande famille rebelle et vivante. Tagada Jones ne fait pas que jouer de la musique : ils insufflent une force de vie brute qui résonne encore longtemps après la dernière note.
Conclusion : Un premier jour d'anthologie dans le chaudron sanflorain !
Entre les rafales de thrash death mélodique assénées par Monolyth en mode commando, le retour fracassant des vétérans de Darken, la rage solaire de Lucie Sue et l'ovni intergalactique Sick N' Beautiful avec son soutien-gorge rebelle, ce premier jour du Furios Fest 2026 aura tenu toutes ses promesses. High Parasite nous a ensuite transportés dans sa messe noire death pop avant que Tagada Jones ne transforme le Stade de l'Ander en une fournaise pyrotechnique absolue sous les étoiles du Cantal. Une entame historique sur trois jours qui pulse, qui brûle et qui redéfinit les contours du metal en altitude ! C’était Xylia pour Yog Sothoth Photography on reprend son souffle, on secoue la poussière, et on se retrouve demain pour la suite des réjouissances !

Restez connectés, les banguy !
Xylia pour Yog Sothoth Photography.
Crédit photos : Yog Sothoth Photography (Olivier K)




































































































































































































