Live Report Volcanic Fest 2026 Jour 2

Sickmind ✘ Klone ✘ Silver Dust ✘ Eight Sins ✘ Heavylution ✘ Feat The Sun ✘ Waking The Sleeping Bear ✘ Charcoal ✘ Emerald Moon ✘ Naraka ✘ Amon Sethis ✘ Wedingoth ✘ Crystal Throne
Chronique Live : Journée 2 – Samedi 25 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia, toujours en direct du front pour Yog Sothoth Photography ! Si vous croyiez qu'après le séisme de la veille on allait s'accorder une grasse mat' et une camomille, c'est que vous n'avez jamais mis les pieds à Andrézieux-Bouthéon.
Ce samedi 25 juillet 2026, la météo du Forez a décidé de changer de costume. Finie la chaleur écrasante : place à un ciel instable, un peu de vent pour balayer l'esplanade et surtout de sacrées bonnes averses orageuses. Une bénédiction pour les températures, qui ont plafonné autour de 28 °C bien plus respirables, mais un sacré bordel céleste !
Heureusement que Teamduc's Production avait eu la lumineuse idée d'installer l'unique scène à l'intérieur du C.A.B.L. ! On a même pu observer un petit côté "authenticité underground" assez cocasse : la toiture de la salle laissait s'infiltrer quelques gouttes, forçant l'équipe à disposer des seaux au sol pour ramasser l'eau. Mais est-ce que trois fuites d'eau vont arrêter un bon millier de metalleux assoiffés ? Jamais de la vie ! Entre deux sessions de lèche-vitrine sur les stands du Village Volcanic, pendant que les gladiateurs en armures de carton sont de retour sur l'esplanade et que la bière coule à flot la foule s'est engouffrée dans la salle pour suer du gros sel.
Attachez vos ceintures, on retourne dans le brasier !
Crystal Throne : L'apocalypse Heavy/Power
Toi l’ami métalleux qui pionçait encore sous ta tente au camping, sache que si t'étais pas là, t'as carrément raté ta vie. Après plus de 7 heures de routes, les Messins de Crystal Throne sont montés sur les planches pour ouvrir cette deuxième journée avec la dalle d’un Grand Ancien sorti d’un sommeil séculaire. Pas de chichis, le quatuor nous a balancé son Heavy Power/Progressif à l'ancienne en plein buffet. Un véritable rouleau compresseur pour tympans encore mal réveillés.
Dès les premières cartouches, la guitare incisive de Max Waynn (alias Max YME, le vidéaste qu'on ne présente plus) te découpe la viande à vif. Le mec affiche une aisance scénique indécente et manie la six-cordes comme une tronçonneuse. Ça riffe à Mach 2, c'est d'une précision chirurgicale, ça ne bave pas d'un millimètre. Derrière, la section rythmique verrouille le pit comme un bunker : la basse grondante t'éviscère le bide pendant que la frappe martiale de la batterie martèle le plexus. Un son massif, léché, qui te remet direct les cervicales à l'endroit sans passer par la case ostéo. Et que dire du chant de Terry DeFire ? Le type a manifestement trois poumons. Il monte dans les aigus avec une facilité déconcertante, ressuscitant sans vergogne les fantômes de Queensrÿche, Fates Warning et Judas Priest. Ça transpire l'authenticité, la sueur et la confiance absolue. Les mecs envoient des solos harmonisés supersoniques qui te balayent le cerveau. Une ouverture royale, point barre.
Wedingoth : Le voyage hybride et envoûtant
Changement d'ambiance radical avec les Lyonnais de Wedingoth. Actifs depuis 2007, les piliers du Metal Progressif/Alternatif investissent les planches avec une aisance scénique impressionnante. Dès les premières mesures, le contraste fait mouche. Porté par la voix polymorphe de Céline "Nephtys" Staquet, le groupe déploie un show d'une richesse sonore captivante.
Sur scène, pas une seconde de répit : Céline occupe l'espace sans s'arrêter, passant d'envolées cristallines à des tessitures rock beaucoup plus mordantes. Les riffs complexes et les envolées atmosphériques de Steeven Segarra se mélangent à la perfection avec la basse groovy de Manon Fortin.
Défendant l'esprit de leur dernier album live Five Stars (A)live, le quintet fait voyager la fosse entre gros breaks metal et passages lunaires insufflés d'esprit Pink Floyd. Le public du Volcanic Fest se laisse cueillir par cet équilibre parfait entre technicité et émotion. Une parenthèse hypnotique d'une classe folle.
Amon Sethis : la déferlante du péplum égyptien
Rangez vos manuels d'histoire, les Grenoblois d'Amon Sethis sont de sortie ! Les patrons du Power Metal Progressif Symphonique ont transformé la scène du C.A.B.L. en un véritable temple de l'Égypte antique. Inspiré par la 7ème dynastie égyptienne, leur spectacle tenait plus du péplum sanglant sous amphétamines que du simple concert de province. Dès les premières notes, le son t'attrape par les tripes. Julien est tout simplement impérial au micro. Le mec ne se contente pas de chanter : il théâtralise le set comme un grand prêtre en pleine invocation sacrée, alternant entre narrations ténébreuses et envolées Power d'une puissance colossale. En soutien, Laetitia détruit les cervicales du premier rang avec des lignes de basse d'une lourdeur tellurique. Le groupe déroule sans pitié les pièces épiques de leur opus Part III - Dawn Of An Apocalyptic World. Côté instruments, c'est de la haute voltige. Les orchestrations symphoniques et orientales s'encastrent dans des riffs heavy monstrueux assénés par des guitares incisives. La technicité est démoniaque : les nappes de claviers posent une atmosphère cinématographique moite et lourde, pendant que la batterie martèle le sol du C.A.B.L. à coup de double pédale jusqu'à faire trembler les fondations. BOUM. BOUM. Un rouleau compresseur. Mais l'apothéose du spectacle frôle carrément le rituel païen. L'apparition de Mélainya B a fait basculer le show dans une autre dimension. Quand elle s'empare de ses accessoires pour lancer ses jonglages de feu, l'air du C.A.B.L. devient irrespirable. Les flammes dansent, fendent l'air en frôlant les musiciens et illuminent les visages en sueur du pit. La chaleur te brûle les sourcils tandis que le parfum de pétrole lourd se mêle aux pharaons métalliques. C'est hypnotique, dangereux, viscéral, Amon Sethis n'a pas juste joué de la musique : ils ont soulevé une tempête de sable en plein cœur du Forez et nous ont balancés sans sommation en plein désert, entre la poussière, le sang et la braise. Une prestation magistrale, carrée, théâtrale et d'une violence esthétique rare.
Naraka : Un pacte de sang, de riffs et de flammes
La température grimpe de dix crans d'un coup, mais le ciel vient de se couvrir d'un voile poisseux : Naraka débarque au Volcanic Fest,et autant te dire que les mecs n’ont pas traversé la France pour faire du tricot.Dès les premières notes, le combo déboule pour nous faire visiter les gouffres de l'Enfer à coups de Modern Death/Thrash assaisonné d'arrangements Black symphoniques de très haute volée. Sur scène, pas de blabla. C'est un pur rouleau compresseur. Derrière les fûts, le bonhomme aux baguettes a balancé une sauce inhumaine, de la double pédale qui te décolle les tympans et des blast beats réglés comme un métronome sous stéroïdes. Frontman colossal, hargneux au possible, le chanteur domine la fosse de toute sa hauteur et recrache ses growls comme s'il voulait nous dévorer tout crus. S'appuyant sur les brûlots de leur album In Tenebris, le groupe enchaîne les parpaings sans laisser le temps de reprendre son souffle. La guitare découpe l'air à coups de riffs telluriques et la basse fait vibrer le béton armé sous nos pieds. Tu sens immédiatement la bouteille des mecs qui ont arpenté les routes d'Europe aux côtés de géants comme Cradle of Filth ou Fleshgod Apocalypse : la machine de guerre est blindée, rodée, affûtée. Résultat des courses ? Le premier circle pit sauvage de la journée est déclenché. Et soudain, au beau milieu de ce pilonnage auditif, l'ambiance a vrillé vers une ritualisation impie.Comme si les riffs de Naraka n'étaient pas suffisants pour invoquer les Grands Anciens, la scène a été envahie par une vision cauchemardesque mais diablement érotique, la performeuse Mélainya B est de retour. Si t'étais pas là pour voir ça, t'as clairement raté l'instant où le concert a basculé du simple moshpit à la messe noire visuelle. Elle déboule, créature cornue sortie des tréfonds, d'abord drapée dans une élégance funèbre avant de se révéler dans une nudité impériale, à peine masquée par quelques artifices sombres . C'était pas juste de la figuration, c'était une performance organique, crue, viscérale. On l'a vue se barbouiller d'un fluide noir et poisseux, transformant son corps en une toile d'obscurité. C'était d'une beauté dérangeante, un blasphème graphique sous les lights verdâtres. Et puis, il y a eu ce moment... cette interaction avec le guitariste, une bénédiction impie, une onction du chaos ! La tension était palpable, la dévotion totale. Et quand tu croyais que le blasphème visuel avait atteint son paroxysme avec l'onction poisseuse, le chaos a pris une autre dimension. Mélainya B a décidé qu'il fallait qu'on crève tous d'hyperthermie. Juste au moment où les blasts beats et les riffs telluriques fusionnaient en une tempête de distorsion infernale, la performeuse a sorti l'artillerie lourde le feu. Si t'étais au premier rang et que t'avais encore des sourcils, tu peux remercier le Dieu des Ténèbres. L'objectif de Yog Sothoth Photography a eu chaud aux lentilles, mais le résultat est là, sanglant et brûlant. Elle a commencé avec de simples étincelles, un présage lumineux sous les lumières rouges avant de transformer la scène en un bûcher rituel. Le moment où elle a brandi cette chaine enflammée, comme une Furie sortie tout droit de Lovecraft, c’était l'apocalypse. C'est pas une simple jonglerie, c'est une invocation. Elle manie ces flammes avec une fluidité dérangeante, un blasphème graphique où la nudité impériale côtoie la destruction pure. La tension avec Naraka a explosé. Les mecs continuaient de canarder leurs riffs alors que la scène semblait sur le point de fondre. Ce n'était plus un concert, c'était un pacte de sang et de feu scellé en direct. La violence du son et la beauté brute de cette performance pyrotechnique...Le verdict ? Naraka et Mélainya Bathory Naraka et Mélainya B ont sorti le grand jeu et ont rasé le Volcanic Fest en règle, en mode "terre brûlée".
Emerald Moon : La déferlante Hard 70's
BOOM. Changement d’ambiance radical, retour au Classic Rock pur jus, sans filtre et sans concession avec Emerald Moon. Autant te dire que ce supergroupe réunissant des pointures de la scène hexagonale avec des morceaux d'anciens de Laura Cox et Dyslesia dedans n'était pas venu pour distribuer des hosties à la kermesse du coin. Ils sont venus insuffler une sacrée dose de feel-good spirit dans une salle au bord de l'asphyxie. Dès les premières notes, la magie des twin-guitars façon Thin Lizzy t'allume à bout portant. Fabrice Dutour et Michaal Benjelloun se renvoient des solos harmonisés d'une élégance rare, se croisant les pelles comme deux duellistes en plein délire mystique. Au micro, Vanessa Di Mauro t'attrape par le colback : une voix monstrueuse, gorgée de soul et d'énergie rock sudiste, qui te balaye le sous-sol. La nana a bouffé un compresseur au petit-déjeuner, c'est pas possible autrement. Défendant leur brûlot The Sky's The Limit, le quintet déroule un son chaud, organique et terriblement efficace. La section rythmique tenue par le monstre Laurent Falso qui martyrise sa batterie et Anthony Prudent qui martèle sa basse insuffle un groove irrésistible. Ça tourne comme un V8 américain retapé au fond d'un garage délabré. Un show généreux, solaire et vibrant qui prouve une bonne fois pour toutes que le Hard Rock des seventies n'a pas pris une seule ride. Une vraie démonstration de force. Une claque monumentale, distribuée avec le sourire mais calibrée comme un coup de double pédale en plein sternum. Emerald Moon a retourné la salle en rappelant à tout le monde d'où vient le feu sacré.
Charcoal : Du Sleazy taillé au marteau-piqueur
Si vous aimez le cuir, la bière tiède et le rock qui tache, Charcoal était là pour vous ! Le quartet débarque sur les planches en mode commando Sleazy Hard Rock 'n' Roll, bien décidé à faire renaître l’esprit crasseux du Sunset Strip au cœur du Forez. Pas de sombres cérémonies ce soir, juste du rock bête, méchant et diablement jouissif.
Au micro, Cyrille Hawlicki pose ses tripes sur la table. Ça pousse la voix comme si le type avait bouffé des lames de rasoir trempées dans le bourbon. À côté, Damien Leboucher aligne les solos endiablés avec une attitude de guitar hero complètement assumée poseur, hargneux, rapide comme une frappe d'Ancien Dieu. Derrière eux ? Une section rythmique en béton armé qui pilonne sans sommation, un vrai rouleau compresseur qui te fait vibrer la cage thoracique à chaque impact.
Le groupe déroule les morceaux d’une efficacité redoutable tirés de leur EP Rocks. Pas de fioritures, pas de chutes de tension : les brûlots originaux taillés pour la route s’enchaînent comme des coups de poing. Et quand ils balancent leur reprise décapante du traditionnel Whiskey In The Jar, c’est l’émeute. La fosse se transforme en un pub survolté, un moshpit improvisé où les coudes volent et où la sueur gicle jusqu’au plafond. Ça suinte le fun, c’est brut, c’est sans prise de tête. Une pure décharge d'adrénaline qui fait un bien fou par où ça passe !
Charcoal est venu, a posé son paquet sur la table, et a pulvérisé tout ce qui bougeait. Pas de quartier, pas de pitié, juste un concentré d'énergie pure qui te laisse les cervicales en bouillie et les oreilles qui sifflent jusqu'à mardi.
Waking The Sleeping Bear : Secousse sismique et tatanes jurassiennes
Attention, déflagration majeure ! Les Jurassiens de Waking The Sleeping Bear déboulent sur les planches avec la ferme intention de terrasser tout ce qui respire. Pas le temps de dire ouf que ça t'envoie un coup de tatane virtuel bien placé en pleine carotide. Leur Néo Metal / Metal Fusion moderne teinté de rapcore et d'indus ? Une véritable arme de destruction massive, calibrée sur mesure pour t'exploser les cervicales sans sommations. Le quartet déploie un show hyperstroboscopique qui frôle la démence. Ça bave pas d'un millimètre, c'est taillé au scalpel. Porté par un chant intégralement scandé et hurlé en français qui te rentre dans le crâne comme un burin, le combo défend sur scène son tout récent EP Grands Maux, Grands Remèdes - Partie 1. Et bordel, quand ils balancent leurs missiles comme « Le goût de la peur au ventre » , tu sens direct la patte de Fred Duquesne au mixage : c'est lourd, c'est gras, ça fait l'effet d'une division de tanks lancée à pleine balle. Dans la fosse, c’est l'explosion instantanée. Pogo culture activée ! Les samples industriels ultra lourds s'engouffrent dans tes tympans pendant que les riffs accordés au plus bas de la Terre te décollent les plâtres du thorax. La communion avec le public est totale, violente, organique. Une gifle d'énergie pure balancée en pleine gueule qui te laisse KO debout, les oreilles sifflantes et le sourire jusqu'aux tempes.
Waking The Sleeping Bear n'a pas juste réveillé l'ours : ils ont démoli le festival et piétiné les ruines. Si le Néo metal français cherchait ses nouveaux patrons pour la décennie, il vient clairement de se faire braquer par quatre mecs du Jura.
Feat The Sun : L'invocation en mélodies
Au moment où la masse de chevelus commençait à reprendre son souffle, les projecteurs ont braqué la scène. Une tension électrique a traversé la fosse. Des faisceaux de lumière froide ont percé la brume, dessinant des architectures de cathédrale impie. Au centre, la silhouette gracieuse mais menaçante de Lucie dans sa robe ajourée captivait tous les regards, les mains levées pour invoquer des forces telluriques. Les zicos étaient déjà en transe, les muscles tendus, prêts à tout faire péter. Le décor était posé, après le chaos, place à l'énergie mélodique et explosive de Feat The Sun. Les Grenoblois, armés d'un passif de plus de 100 concerts, ont investi la mainstage avec une assurance remarquable. Dès les premiers rangs, l'aisance du combo t'encaisse le buffet. Pas de temps mort, pas de chipotage, leur Rock Alternatif francophone teinté d'accroches Pop et de riffs Metal fait mouche d'entrée de jeu. Défendant l'édition deluxe de leur EP Fragments et leur single Paralysed, le groupe sait comment faire sauter une foule. Ça saute, ça hante le pit, ça ne bave jamais. Le show est visuel, dynamique et ultra généreux. Feat The Sun aura su capter l'attention du festival avec un set taillé sur mesure pour la scène. Carré et ultra-efficace Feat The Sun a plié le Volcanic fest avec un show taillé pour les grands espaces, prouvant qu'on peut allier la puissance des distorsions à des mélodies qui restent gravées dans le crâne.
Heavylution : Le Speed/Heavy Des Locaux
Quand les Stéphanois d'Heavylution déboulent pour jouer à domicile, autant te dire que la pression est à son comble. Jouer devant les copains et la famille, c'est soit le crash en flammes, soit le carnage mémorable. Spoiler alert pour toi l'ami métalleux : ce fut un triomphe absolu, une vraie leçon de violence à l'ancienne. De retour sur les planches avec leur dernier pavé The Cycle sous le bras concept inspiré d'un livre de Science Fiction Cycle de Fondation d'Isaac Asimov. Dès les premiers décibels, c'est un mur de Speed/Heavy à l'ancienne qui te balaye la tronche avec une puissance retrouvée. Carré, affûté, sans le moindre temps mort. Devant, Paul Eyssette est dans une forme tout simplement étincelante. Le type a manqué de bouffer son micro à plusieurs reprises tant la fureur l'habitait, balançant des envolées haut perchées dans la pure tradition de la New Wave of British Heavy Metal. La chair de poule garantie. Côté grattes, le duo Olivier Dupont et Loïc Chalindar s'est livré à un duel de riffs magmatiques et de solos pyro-techniques qui ont littéralement fait voler les étincelles jusqu'au plafond. En embuscade sur les arrières, la section rythmique tourne au marteau-piqueur, quatre cordes hypnotiques et une artillerie lourde au fûts. Le public stéphanois, déchaîné du premier au dernier rang, a réservé un accueil « VOLCANIQUE » et passionné à ses héros locaux. Du headbanging généralisé, des cervicales en compote et une vraie célébration du metal traditionnel comme on n'en fait plus beaucoup.
Eight Sins : Le Destruction Derby
L’atmosphère avant qu’Eight Sins ne foule les planches ? Une cocotte-minute prête à exploser sous la pression. Les regards aguerris des mosheurs en disaient long : ce soir, le sol allait trembler. Le groupe est arrivé sur scène avec une seule idée en tête foutre un bordel monstre, et autant te dire tout de suite qu'ils ont largement dépassé leur objectif. Le Set ? Un carnage sonorisé, cartons et flammes de l'Enfer.
Dès l'attaque de Straight Hate, le mur du son nous a balayés sans sommation. C'est d'une précision chirurgicale, ça dégaine à coups de riffs thrash ultra lourds sans jamais sombrer dans le bâclé, avec juste ce qu'il faut de crasse hardcore pour vous choper aux tripes. Le chant de Loïc ? Un growl affamé, comme s'il avait bouffé le micro au petit-déjeuner. Ça enchaîne sur Slice of Doom puis le rouleau compresseur Acid Hole, la section rythmique pilonne les tempes à coups de double pédale assommantes. Mais là où ça devient véritablement magique, c'est dans le pit. Les enfants, on a assisté au pit le plus complètement déjanté et furieux des trois jours du festival ! Pendant les attaques punk/hardcore d'un Straight to Namek, un circle pit dantesque s'est formé autour d'un combat de chevaliers en armure en carton, immédiatement suivi d'un wall of death titanesque prêt à fracturer des côtes.
Mention spéciale au groupe qui a dédié un titre où le moshpit était réservé exclusivement au public féminin et elles s’en sont données à cœur joie, balançant des coudes et des smileys en plein dans la tronche du patriarcat !
Entre l'incontournable bataille de frites de piscine géante, le traditionnel circle pit tournant autour de la régie et le chanteur Loïc porté en slam royal au-dessus d'un océan de mosheurs survoltés, la démence était totale.
Pour achever ce qui restait de vertèbres dans l'assemblée, le groupe a balancé ses cartouches ultimes, assénant un final démolisseur sur Beers & Moshpit.
C'est au milieu de ce chaos sonorisé qu’est survenu le moment le plus dément de la soirée : un cracheur de feu officiant carrément au milieu du pit avec des flammes de plus de deux mètres ! Un décor post-apocalyptique digne de Mad Max
De la sueur qui vole en gouttes rétroéclairées à la lueur aveuglante des flammes découpant les silhouettes du moshpit au milieu de ce boxon, l'objectif de Yog Sothoth Photography qui fige le massacre.
Eight Sins nous a livré une prestation totalement survoltée qui a marqué cette édition du Volcanic Fest au fer rouge. Un KO technique sur toute la ligne.
Silver Dust : Le Cabaret Macabre
Changement d'univers total avec la déferlante suisse qui s'empare des planches. Au centre du pandémonium, Lord Campbell, vissé dans son haut-de-forme emblématique, mène la danse tel un maître de cérémonie macabre. Le type a un charisme magnétique : une présence scénique qui te hante l'esprit dès les premières secondes.
Leur Metal Gothique teinté de Rock Théâtral balance une sauce d'une précision chirurgicale. Ça ne bave pas d'un millimètre : les riffs lourdissimes viennent te fracasser les côtes, enchevêtrés dans des nappes électroniques synthétiques et une ambiance sombre, très burtonienne. C'est théâtral, c'est grandiloquent, c'est vicieux.
Pendant que les six-cordes et la basse arpentent la scène avec une classe arrogante pour pilonner les cervicales du public, le batteur enchaîne les facéties derrière ses fûts, alternant frappe de sourd et jeu de scène grotesque. En live, leur dernier opus prend une dimension grandiose, quasi hypnotique. Tu te prends une claque visuelle et auditive qui te remet les idées en place.Un show sombre, fascinant et exécuté de main de maître. Une démonstration d'une efficacité redoutable qui te laisse les oreilles sifflantes et les yeux écarquillés.
Klone : Au Sommet De L'hypnose
Après la boucherie des groupes précédents qui nous ont poncé les cervicales à coup de blast beats sauvages, le plateau s'éteint. Le silence s'installe. Pas n'importe quel silence : celui, lourd et poisseux, qui précède la tempête. Les patrons du metal progressif hexagonal débarquent pour refermer les portes de la réalité et nous balancer en plein vortex hypnotique.
Dès les premiers riffs, la clarté sonore te met une gifle chirurgicale. Les gratteux tissent des toiles sonores d'une densité terrifiante. C'est lourd, c'est massif, ça te compresse la cage thoracique comme un étau lovecraftien, mais c'est pourtant empreint d'une mélancolie absolue. Pas de fioritures, pas de démos techniques pour frustrés du manche : de la pure tension atmosphérique. La basse te décolle les plâtres du fond de la gorge pendant que le martèlement de la batterie insuffle une dynamique organique, oscillant entre frappe subtile et rouleau compresseur.
Et puis, il y a la bête au micro. Yann Ligner. Le type ne chante pas, il invoque. Une présence presque chamanique, un charisme magnétique qui te cloue sur place. Sa voix passe d'une douceur cristalline à une puissance brute capable de fissurer le plafond. C'est d'une justesse affolante, te chopant directement aux tripes sans passer par la case départ.
Les textures de synthés et les samples hypnotiques viennent draper cette orgie de riffs dans une brume cosmique, créant un contraste saisissant entre la violence sourde de la rythmique et la poésie tranchante des mélodies.
Dans le public, le pit s'est métamorphosé. Exit la baston, place à la transe. Tout le monde oscille les yeux fermés, balayé par des vagues d'intensité sonore qui te font passer du fond de l'abysse au sommet de la montagne en une fraction de seconde.
Un voyage cosmique hors du temps, une leçon de maîtrise pure et dure. Ces gars-là ne jouent pas de la musique, ils façonnent la matière sonore avec la précision d'un scalpel. Tu ressorts de là le cerveau essoré, l'âme à vif, persuadé d'avoir assisté à une messe noire d'une beauté dévastatrice. Une véritable gifle d'élégance et de lourdeur.
Sickmind : Massacre À La Tronçonneuse Pour Cervicales En Fin De Vie
Il est plus d'une heure du matin. Les cervicales du public ressemblent à un jeu de Mikado après un séisme force 8 sur l'échelle de Richter. Les corps sont concassés, ramassés à la petite cuillère, mais pour clôturer cette deuxième nuit de folie au Volcanic Fest, l'extermination n'est pas tout à fait terminée. Ce sont les Bordelais de Sickmind qui ont la lourde tâche de martyriser les derniers rescapés. Et bordel, ils ne sont pas venus pour distribuer des hosties. Issus des catacombes de la scène underground girondine, les gars débouchent sur scène sans la moindre sommation et nous balancent leur crossover Metal/Thrash/Death en pleine tronche, sans aucune concession. Pas de fioritures, pas de samples préenregistrés pour midinettes, pas d'effets de manche pour briller sur Instagram, du gros son lourd, gras, méchant, balancé avec la violence d'un coup de pelle dans les dents. Dès les premières mesures, c'est l'invocation des forces occultes. La section rythmique pilonne à la double pédale comme une batterie d'artillerie lourde bombardant un cimetière. Les riffs, acérés comme des scalpels rouillés, évoquent la fureur primitive d’un Slayer sous stéroïdes couplée à la lourdeur d'un Bolt Thrower de la grande époque. Le chanteur recrache ses textes avec un growl à décoller le papier peint, haranguant les survivants avec une morgue réjouissante. La fosse résiduelle une poignée de guerriers en vestes à patchs complètement déshydratés et de métalleux en phase terminale puise dans ses toutes dernières réserves de glycogène. Pas besoin d'attendre un wall of death poli, le moshpit se déclenche spontanément dans un élan morbide. On se rentre dedans, les coudes volent, la dignité vole en éclats. Sickmind délivre un set brut, organique et totalement instinctif, scellant cette deuxième journée dans un maelström de décibels saturés où le néant a fini par engloutir ce qu'il restait de nos tympans.Une vraie leçon d'agression pure qui prouve que l'underground français a encore des cartouches pleines de plomb.
Le Verdict
Bordel de merde, quelle boucherie ! Si la flotte a essayé de noyer Andrézieux-Bouthéon par la toiture, le Volcanic Fest a répondu en cramant la baraque à coups de napalm auditif et de pyrotechnie impie ! Entre la démonstration de force Heavy/Power chirurgicale de Crystal Throne, la messe noire viscérale scellée dans le sang et le feu par Naraka et la vénéneuse Mélainya B, le groove saignant d'Emerald Moon et la distribution gratuite de tatanes jurassiennes signée Waking The Sleeping Bear, cette deuxième journée n'était pas un simple festival : c'était une purge cathartique en bonne et due forme. Les seaux du C.A.B.L. ont peut-être ramassé les fuites d'eau, mais dans le moshpit, c'est de la sueur, du sang et de la bière tiède qu'on a récolté à litres entiers ! On a les cervicales en plastique, les tympans réduits en compote et les yeux encore brûlés par les flammes, mais le mugissement de la meute en redemande. Prenez vos tisanes, ramassez vos dents et rechargez vos batteries le carnage n'est pas encore terminé, et Yog Sothoth garde l'œil ouvert sur la suite des hostilités.
L’Œil du Cyclone
Un live report sans sueur, coups de coude et chaleur humaine n'en est pas un. On s'est immergés directement au cœur du réacteur.
Résultat : une sélection de clichés capturés sur la ligne de front. Mosh pit survolté, visages crispés, sourires extasiés… Tout l'esprit de cette deuxième journée résumé en quelques images brutes et intenses.
Stay Heavy, espèces de sauvages !
----> Live report de la première journée

















































































































































































































































































































































































