Live Report Volcanic Fest 2026 : Le line-up du Jour 1 a enflammé la Loire

Black Bomb A ✘ Locomuerte ✘ Dropdead Chaos ✘ Sangdragon ✘ Stone Horns ✘ Perseide ✘ Barth Sky ✘ Oozer Pit
Chronique Live : Journée 1 – Vendredi 24 Juillet 2026
Salut les affreux ! C'est Xylia en direct du front pour Yog Sothoth Photography.
Si vous pensiez que la Loire n'était célèbre que pour sa verveine et ses mines de charbon, détrompez-vous : cette année, c'est la terre elle-même qui s'est ouverte en deux. Oubliez le Hellfest et ses autoroutes de touristes blindées de poseurs, on est allés poser nos objectifs, nos bouchons d'oreilles et nos foies à la toute première édition du Volcanic Fest.
Niveau logistique, l’équipe de Teamduc's Production n'a pas fait les choses à moitié pour ce baptême du feu. Le spot ? Le complexe d'Andrézieux-Bouthéon, juste à côté de Saint-Étienne. Oubliez la galère des parkings boueux à trois kilomètres du site, ici on a droit à un parking énorme et surtout royalement ombragé, le Saint-Graal absolu quand le thermomètre affiche plus de 40 et que ta bagnole menace de se transformer en four à micro-ondes.
Une fois les fouilles passées on découvre le Village Volcanic, un sacré morceau avec un nombre impressionnant d’exposants alignés, transformant les allées en un véritable temple de la culture alternative et metal francophone. Au milieu des amplificateurs à lampes 100 % fabriqués à la main par AmS Amplifiers et des tatoueurs en plein flash, impossible de louper le stand du merch des Poulettes Sisters pris d'assaut par les metalleuses (et les mecs branchés) en quête de sapes rock qui ont de la gueule.
Mais le pèlerinage ne s'arrête pas là. Juste à côté les festivaliers se pressent devant les stands de merch officiel pour choper les vinyles et t-shirts de Klone, Black Bomb A, Eihwar ou encore du Naheulband. Les "distros" indépendantes débordent de cassettes et de raretés underground, tandis que les artisans maroquiniers et créateurs de bijoux en métal forgé peaufinent le look du public.
Les festivaliers ont pu également croiser le chemin de Lady Tinetine InTheDark sur son stand de maquillage elle était présente pour proposer des maquillages médiévaux, fantastiques et festifs, parfaitement dans le thème du festival. Petits et grands pouvaient repartir avec un look personnalisé (guerrier, elfe, viking ou créature légendaire).
C'est aussi l'occasion de tenter sa chance au grand concours organisé pour remporter une borne d'arcade rétro-gaming haut de gamme, conçue de manière artisanale par Arcade Vintage, tout en découvrant les stands ludiques comme celui de Rolliver, le fameux jeu de société qui cartonne dans la communauté metal.
Un Village ultra-complet où la scène émergente, les festivals copains et les passionnés partagent bien plus que de la musique.
Et pour le son ? On s'engouffre dans la salle immense du C.A.B.L. (Complexe d'Animation des Bords de Loire), un espace moderne de 2600 m² parfait pour encaisser les infrabasses. Le concept est roi : une scène unique à l'intérieur pour éviter de courir comme des poulets sans tête sous le cagnard. La jauge reste humaine environ 1 000 enragés venus suer du gros sel mais l'ambiance est électrique.
Entre les sets, pas le temps de s'emmerder : l'esplanade extérieure s'est transformée en cour des miracles version Mad Max. Des combats de catch ultra-violents font trembler les cordes et craquer les os, des cartonnades géantes voient des festivaliers en armures de carton s'auto-détruire dans un rire général, tandis que des jongleurs, cracheurs de feu et des dresseurs de dragons déambulent au milieu de la foule en balançant des étincelles. Un joyeux bordel médiéval-apocalyptique !
Petite larme de sang avant de lancer les hostilités : les monstres de Magoyond ont dû annuler leur venue au au dernier moment pour cause de bébé imminent dans les rangs de la horde. Félicitations au Mago, mais aujourd'hui, on va quand même devoir affronter les secousses sismiques des survivants du jour par ordre d'apparition.
Allez, serre les dents, sors ta plus belle grimace et ton t-shirt noir le moins troué, je t'emmène dans le pit.
OOZER PIT : Une claque Stoner/Doom en ouverture de festival
Il est à peine 15h45 et les Stéphanois d'Oozer Pit déboulent sur scène avec la lourde tâche d'ouvrir les hostilités de cette première édition. Autant vous dire qu'Adrien, Loïs, Olivier et Bastien n'ont pas fait le voyage depuis Saint-Étienne pour cueillir des pâquerettes. Eux, leur truc, c'est plutôt de décaper le tarmac à coups de riffs monolithiques. Grand bien leur a pris de remporter le Tremplin du festival quelques mois plus tôt : ils ont gagné le droit de nous rouler dessus en premier pendant 30 minutes chrono.
Le quatuor attaque direct dans le vif du sujet avec "Lonely Knight". Le son de basse est tellement gras qu'il pourrait boucher les artères d'un bûcheron canadien. On enchaîne sans respirer sur le lourd et poisseux "Dirt" qui transforme instantanément la fosse en un hochement de tête collectif et synchronisé. Leur Stoner/Doom Metal teinté d'une vibration Post-Rock te plaque littéralement au sol. Sur les planches, ça joue serré, ça sue à grosses gouttes et ça balance du lourd. Quand retentissent les premières notes mystiques de "I am the Wizard", l'air du C.A.B.L. devient définitivement irrespirable.
Pour achever les survivants, Oozer Pit sort l'artillerie lourde et achève son set dantesque sur le rouleau compresseur "Black Dog". Les mecs sortent tout juste d'un concert mémorable à Lyon au Rock n'Eat et préparent activement l'enregistrement de leur tout premier EP. Autant dire que ces 30 minutes de pure fuzz graisseuse ont laissé le public sur les genoux. Une sacrée mise en bouche tellurique !
BARTH SKY : La droite Glam-Rock en pleine poire !
Changement radical d’ambiance. Le "Guitar God" de la vieille école, Barth Sky, débarque de cuir rouge vêtu. Après 15 ans à écumer le monde aux côtés de Franck Carducci, le bonhomme sait comment tenir une scène. Flanqué de sa rythmique infernale, il vient défendre son tout premier brûlot solo, Rockstars, sorti fraîchement en juin 2026. C'est une décharge électrique de Hard/Glam Rock ultra-sensuel, infusée aux Guns et à Mötley Crüe. Le son est brut, la voix superbement rocailleuse. Les morceaux "Shake Your Bones" et "Naked Like An Animal" secouent le public comme un prunier.
On retrouve instantanément cette fureur qui sent la sueur, la bière et la route, celle-là même qui nous avait foutu une baffe monumentale à l’Over Eighteen Motors en août 2025. Sauf que ce soir, ils poussent le vice encore plus loin. En plein milieu du set, l'ambiance vire aux meilleurs clubs underground de Los Angeles : Barth délaisse momentanément son micro et sa gratte pour descendre directement faire le tour de la fosse ! Une bouteille de cocktail de sa propre fabrication à la main, il abreuve au goulot les fans assoiffés de son poison maison. Un geste digne des plus grands pour un panache total ! De retour sur les planches, il enchaîne les solos de haute voltige avec un clin d'œil complice permanent au public, avant de finir son show ruisselant de sueur. Du vrai rock'n'roll puissant qui ne s'excuse pas d'être là.
SANGDRAGON : La fureur médiévale à l'état brut
Quand Sangdragon investit la scène, le temps s'arrête. Le combo mâconnais débarque en costumes médiévaux, posant d'entrée de jeu une atmosphère occulte, mystique et résolument théâtrale. Mené par un Lord Vincent Akhenaton plus habité que jamais, le groupe déploie son Symphonic Black/Death Metal avec une puissance dramatique absolument folle. On navigue en pleine Mystic Trilogy, et croyez-moi, l'immersion est totale.
Sur scène, le contraste visuel et sonore est saisissant. C'est un maelström où les hurlements primaux et les assauts chirurgicaux de double pédale se marient à merveille avec la noblesse des chœurs masculins, la voix lyrique envoûtante de leur nouvelle choriste, venue insuffler une dimension mystique inédite à l'ensemble. Récemment, le groupe confiait en interview sa volonté de pousser encore plus loin l'aspect brut et authentique de leur univers sur scène, refusant le tout-échantillonné pour offrir du sang et des tripes. Promesse tenue. Les titres du dernier opus Hierophant, à l'instar du dantesque "Under My Stigmata", transforment instantanément le C.A.B.L. en une gigantesque cathédrale païenne.
Le son est immense, épique, porté par des mélodies glaciales et des blast-beats qui te martèlent le cortex jusqu'à l'alignement des vertèbres. La scène du festival est pourtant très grande, immense même, offrant un terrain de jeu taillé pour les ambitions démesurées du groupe. Et pourtant, malgré cet espace colossal, l'armada visuelle et la déferlante sonore de Sangdragon sont si massives qu'elles semblent presque à l'étroit, comme prêtes à faire imploser les murs. Le groupe transcende les limites physiques pour transformer cette immense scène en un véritable champ de bataille sonore. On sent le sol trembler, les murs suinter la noirceur d'un donjon oublié. C'est un set martial, sombre, magistral. Une prestation qui prouve le travail de longue haleine et l'implication totale d'un line-up soudé et impitoyable. Une expérience auditive intense, un vrai voyage dans les tréfonds de l'âme du métal dont on ne ressort pas indemne.
PERSEIDE : L'Artillerie Lyonnaise !
C'est maintenant aux quatre potes d'enfance de Perseide d’envoyer le bois. Autant vous dire que les mecs ne sont pas venus pour enfiler des perles ou faire de la figuration. Et pour cause : voilà plus de 20 ans que cette fratrie soudée écume les scènes sans aucun changement de line-up ! Autant dire que les automatismes sont gravés dans leur ADN. Fraîchement débarqués avec leur deuxième opus P.I.E.C.E.S. sous le bras et armés de leur tout nouveau single ravageur "Shadows" qui ouvre officiellement l'ère de leur troisième album, les Lyonnais balancent un Metal Alternatif ultra moderne, teinté de samples sombres qui te percutent directement le sternum.
Dès les premières notes, le combo impose son univers sans demander la permission. Le son est massif, compact, sans concession. Les refrains ultra accrocheurs rappellent la grande époque du Nu-Metal des années 2000 (les mecs ont grandi bercés par Korn, Linkin Park et In Flames), mais avec une prod actuelle, lourde et tranchante qui te démonte les cervicales.
Sur scène, c'est une véritable pile électrique : ça bouge dans tous les sens. Adrien et Julien croisent le fer aux guitaires, balançant des rythmiques old-school ultra efficaces pendant que la section basse-batterie de Guillaume et Anthony enfonce des clous de dix centimètres dans les tympans. Le public, bien que cuit par le soleil de l'après-midi, se laisse rapidement séduire par l'énergie communicative des morceaux. Les têtes commencent à bouger en rythme et les premiers rangs s'agitent sérieusement sous l'effet de ces brûlots calibrés pour que « la mort elle-même ait peur de leur musique », comme ils aiment le balancer en interview. Une sacrée mise en bouche qui pose les bases de la journée : la scène hexagonale est bouillante !
LOCOMUERTE : Pura Violencia en immersion
On les avait laissés au printemps à la Xion Metal Night en train de martyriser des crocodiles en plastique. Depuis ? Les locomuerte ont tout simplement hacké le game. En pleine bourre après leur tournée monstrueuse de mars avec les légendes de Luicidal (Suicidal Tendencies spirit !) et leur annonce explosive sur la Mainstage du Hellfest, le gang du 91 est arrivé à Andrézieux avec le statut de patrons absolus. Quand l’intro de La Canción Del Mariachi retentit entre les quatre murs de la salle, tu sens que les fondations du bâtiment vont prendre cher. Ce n'est pas du Crossover, c'est un art martial ! El Termito déboule avec sa dégaine de flibustier de l'Essonne, micro-sabre au poing, prêt à découper tout ce qui bouge. Le mec enchaîne les sauts élastiques déments tandis que son flow en espagnol mitraille la fosse à bout portant.
Le son en salle est d'une lourdeur monolithique : El Mitcho (guitare) et Nico Loco (basse) balancent des parpaings thrash-hardcore ultra-groove, solidement cimentés par les frappes de bucheron d'El Floco derrière les fûts. Dès "Tiro Pa Matar" et "Parano Booster", c'est une avalanche de "violence positive". Le mosh pit devient sauvage, permanent. Les t-shirts "B91" volent dans l’air moite de la salle pendant l’hymne du crew. C'est l'anarchie, mais une anarchie fraternelle. Les crocodiles gonflables font leur apparition et surfent sur une mer de mains moites pendant "Barrio" et "Mi Familia".
Mais le clou du spectacle, le moment où le thermomètre de la salle a littéralement implosé, c'est sur le terrifiant "Pura Violencia" (et les rappels massifs sur "Los Narcos"). El Termito hurle l'ordre de tout cramer : le groupe invite le public à envahir la scène ! C’est l’invasion totale. Une cinquantaine de furieux grimpent sur les planches, micro partagé, sueur partagée. C'est le chaos organisé, le vrai, à s'en briser les côtes ! Ils achèvent les survivants rongeant le sol avec le final cataclysmique sur "La Vida Loca". Une prestation d'une générosité brute et d'une intensité physique rare. Du gros son, du corazón et de la démence pure.
DROPDEAD CHAOS : Le monstre est lâché
La pression ne redescend pas d'un iota avec l'arrivée du rouleau compresseur Dropdead Chaos. Pour ceux qui roupillaient au fond de la classe ces dernières années, ce collectif est né durant le confinement. Ce qui n'était qu'un exutoire à distance est devenu une véritable hydre de scène, un monstre à plusieurs têtes qui a d'ailleurs blindé son line-up et peaufiné sa formule en studio après avoir écumé les plus gros festivals.
Avec son armada de musiciens chevronnés on parle quand même de pointures comme Boris (ex-Betraying The Martyrs), Jacou (Black Bomb A), ou encore Nils (Sirenia) le groupe déploie une énergie cinétique dingue. Ils sont tellement nombreux et survoltés qu'ils se marchent presque dessus sur les planches, mais c'est précisément ce chaos organisé qui fait leur force. En interview récente, les mecs confiaient d'ailleurs à quel point la scène était devenue leur drogue dure, loin des sessions Zoom des débuts, et ça se sent à des kilomètres.
La double formule vocale entre Renato Di Folco et Raphaël Pener apporte une dynamique théâtrale ultra-violente, un jeu du chat et de la souris version uppercut dans les dents. Visuellement et vocalement, c'est une baffe monumentale. Les morceaux issus de leur méfait Underneath The Sound résonnent comme des marteaux qui s'abattent sur l'enclume de nos tympans saturés. Impossible de décrocher quand résonnent les brulots comme "Save Yourself" ou l'oppressant "Black Thoughts" : le son est lourd, moderne, chirurgical, et l'actualité récente du groupe (qui ne cache pas ses ambitions internationales) transpire à chaque accord.
Le point d'orgue du cataclysme ? Le moment où le set bascule dans la folie pure : El Termito (Locomuerte) et Arno (Black Bomb A) déboulent sur scène comme des damnés pour venir prêter main-forte à Renato. Une collision de générations et de styles qui transforme le pit en un gigantesque brasier. Les micros saturent, les postillons volent, et la foule capitule.
Pour couronner le tout, les lascars nous gratifient d'une communion totale avec le public réclamant des walls of death. Ils quittent la scène en laissant la fosse complètement lessivée, le sol jonché de gobelets écrasés et de cervicales brisées. Monstrueux, tout simplement.
BLACK BOMB A : Trente ans de fureur !
On entre dans le money time avec les patrons du Hardcore/Thrash hexagonal : Black Bomb A. Trente ans de bouteille, trente ans de fureur, et les bougres n’ont pas pris une seule ride de fatigue. Au contraire, ils ont développé une sorte d'immunité contre le temps, transformant chaque scène en un réacteur nucléaire à ciel ouvert.
Le set démarre et l’atmosphère est instantanément irrespirable. Poun et Arno forment ce duo vocal légendaire, une symbiose animale où les deux frontmen se renvoient la balle comme des damnés, alternant chant saturé viscéral et hurlements de détresse urbaine. Ils sont venus défendre leur héritage, et le public le sait. Le groupe est en pleine forme, porté par une actualité brûlante avec Unbuild the World qui continue de sonner comme une prophétie apocalyptique parfaitement orchestrée. "The Point of No Return" et "Kill Yourself" enfoncent le clou.
Mais le moment de bascule, l'instant où le temps s'arrête, c'est leur reprise du "Beds Are Burning" de Midnight Oil. Attaque frontale. Ils ont réussi le tour de force de transformer cet hymne rock engagé en une déflagration hardcore sauvage, presque violente dans son intensité. C’est la marque des grands : prendre un classique, lui arracher les entrailles et le recracher avec une urgence nouvelle. Le public a hurlé chaque mot, le poing levé vers ce ciel Stéphanois qui menaçait de nous tomber sur la tête.
Avec "Bulletproof" en guise de coup de grâce, les BBA quittent la scène, laissant derrière eux des corps en sueur et des sourires dévastés. Une prestation d'une sauvagerie absolue qui rappelle, s'il le fallait, pourquoi ces gars-là siègent sur le trône de la scène française depuis trois décennies.
STONE HORNS : Chronique d'une démolition programmée !
Il est minuit passé. Les organismes sont rincés, les genoux grincent, les foies crient grâce et l’air du C.A.B.L. est saturé d'une odeur de bière tiède et de sueur accumulée. Le moment idéal pour achever les survivants, non ? C’est exactement ce que se sont dit les tueurs à gages de Stone Horns. Débarqués de Marseille non pas avec des valises, mais avec une armée de bulldozers sonores, les sudistes étaient là pour fermer le cercueil de cette édition du Volcanic Fest. Et spoiler : ils n'ont pas fait de prisonniers.
Dès les premières notes de "No Mercy", le ton est donné. Le son est d'une lourdeur pachydermique, le genre qui te remue les viscères et te décolle les plombages. Visuellement, le groupe a passé un cap depuis leur récente tournée européenne et les grosses interviews données dans la presse spécialisée cette année, où ils confiaient avoir bossé leur jeu de scène comme des damnés. Ça se voit. Devf, le frontman, est tout simplement impérial. Habité par une rage communicative, il harangue la foule comme un prédicateur de l’apocalypse. Le bougre alterne growls abyssaux et hurlements hardcore avec une aisance insolente. À ses côtés, la paire de grattes balance des riffs cyclopéens.
Le groupe surfe sur une actualité brûlante : entre la sortie récente de la version remasterisée de leur tout premier méfait The Beast Inside, et les morceaux issus de leur brûlot de 2024 Chimaira, la setlist est un enchaînement de parpaings dans la tronche. L’enchaînement "Terra Genesis" et le terrible "Invocation" (petit retour aux sources de Rise of Apophis, 2021) transforme la fosse en un vortex de violence pure. La section rythmique est d'une précision chirurgicale, une véritable machine à broyer de la viande. Les mecs défendent leur tambouille Groove/Death avec la dalle des grands jours. Pas de fioritures, pas de chichis, juste de l’énergie pure balancée en pleine poire.
La surprise du chef arrive en milieu de set avec les missiles "Outta Range" et "Thebes' Chronicle", tirés de leur tout récent EP Chimaira: Lost Chronicles (2025). Le public, pourtant épuisé, trouve des ressources insoupçonnées pour répondre aux assauts. C'est l'anarchie la plus totale dans le pit. Le final sur "In the Clutches of the Abyss" scelle définitivement le sort des festivaliers. Stone Horns unit les derniers rescapés dans un ultime et titanesque mosh pit de fin du monde. Un KO debout.
Conclusion : Le Bilan des Hostilités (Jour 1)
Voilà, les survivants. Passé une heure du mat' le C.A.B.L. ressemble à un champ de bataille après le passage des Huns. Si on m'avait dit qu'on survivrait à ce combo infernal "canicule du Forez + tsunami de décibels", j'aurais parié mon dernier vinyle de Motörhead que c'était impossible.
Pour une première édition, la Teamduc's Production vient tout simplement de poser ses couilles sur la table du metal hexagonal. Entre une organisation carrée, un village d'artisans qui a régalé les bourses (et les yeux), et des animations médiévalo-punk qui ont tenu le public éveillé entre les sets, c'est un sans-faute absolu.
Niveau musique, on est passés par tous les états de la démence : la lourdeur grasse d'Oozer Pit, le show ultra-rock 'n' roll et alcoolisé de Barth Sky, la messe noire théâtrale de Sangdragon, l'efficacité moderne de Perseide, l'invasion de scène chaotique de Locomuerte, le all-star game survolté de Dropdead Chaos, la baffe intergénérationnelle des patrons de Black Bomb A, pour finir sur la démolition chirurgicale signée Stone Horns. Nos cervicales sont officiellement en arrêt maladie, nos t-shirts noirs pèsent trois kilos de sueur pure, et je ne vous parle même pas de l'état des caleçons.
L’Œil du Cyclone
Parce qu'un live report sans la chaleur humaine et les traces de coups, ce n'est pas un vrai report. On a posé notre objectif au cœur du réacteur, là où ça fait mal, entre les barrières de sécurité et les premiers rangs de furieux.
Voici notre sélection de photos capturées depuis la ligne de front.Les corps qui s'entrechoquent dans le mosh pit, les grimaces de douleur et les sourires de pure extase. Bref, toute la violence positive et la folie de cette première journée résumées en quelques clichés.
Le verdict de Xylia : Saint-Étienne n'est plus seulement la ville du charbon, c'est désormais le nouvel épicentre du séisme metal. On va aller éponger tout ça avec une Verveine glacée, tenter de retrouver nos dents dans la fosse, et essayer de dormir trois heures avant de remettre le couvert. Restez branchés, les affreux, parce que si le Jour 1 nous a mis KO, le reste va nous achever !


























































































































































































































